Antoine Coutou

 

Il est deux atouts que le travail n’apportera jamais à un comédien : le charisme et la présence sur scène. Antoine Coutou a la chance de posséder les deux. Et comme si cela ne suffisait pas, le jeune artiste découvert dans Bent aux Déchargeurs où il joue le rôle de Wolf, (voir l’article suivant) cache derrière une personnalité bouillonnante une véritable exigence et un souci des autres qui n’est pas forcément la qualité la plus partagée dans son métier !

Si l’on excepte le chant qu’il n’a presque pas pratiqué sur scène, Antoine Coutou, à vingt-six ans, s’est déjà frotté à nombre de disciplines. Le théâtre ancien (Aristophane), contemporain (Brecht), classique (Marivaux), les spectacles de rue, mais aussi le mime, les marionnettes et dans un tout autre domaine, la publicité. Visiblement quelques grandes marques comme Sony et Ericsson n’ont pas voulu se priver de l’éclat vert-bleu de son regard, ni de son sourire (comment ne pas s’amuser en découvrant dans son parcours un rôle d’Apollon ?). N’attendez pas après cela que monsieur ait la grosse tête. C’est tout l’inverse ! Lui qui a suivi le Cours Florent entend continuer sa formation sur le tas, en se frottant sans ménagement à la vie. L’école-cocon, sérail hors des réalités, n’est pas sa tasse de thé.

Le théâtre, à ses yeux, est une discipline. Ce sportif originaire des Vosges considère qu’il est là pour tout donner, avec énergie, comme dans le triathlon dont il ne peut se passer. « Je ne veux pas me trouver d’excuses, j’ai envie d’y aller à fond, sans m’économiser. La pièce je la veux en intraveineuse. » Et d’ajouter : « L’orgueil, pour moi, consiste à penser aux autres. » Visiblement, cette générosité – à la base de son travail et de son caractère – lui importe puisqu’au sujet des grands créateurs, il aura cette formule : « J’ai le sentiment qu’avoir du génie c’est d’abord savoir protéger les gens autour de soi ! »

Faire son portrait demanderait des pages, il faudrait aborder les films expressionnistes qu’il affectionne, la peinture qui est son jardin encore secret, ces visages marqués par l’existence qui l’attirent, l’élégance intérieure qui le fascine. Et les chemins balisés qu’il refuse d’emprunter pour leur préférer les sentiers plus abrupts suivis par ceux qui désirent se construire en se dépassant.

Après Bent, il attend un rôle « énorme » (comme il le dit en riant) qui révèlera le meilleur de lui-même. Son potentiel évident le prédispose à cela. Il y a chez Antoine Coutou les qualités et la richesse intérieure qui sont la marque des gens peu ordinaires.

 Philippe Escalier 

Les Déchargeurs : 3, rue des Déchargeurs 75001 Paris M° Chatelet-Les Halles Du mardi au samedi à 19 h 30 jusqu’au 29 septembre 2007 – 08 92 70 12 28

A propos Sensitif

Journaliste, photographe, éditeur du magazine Sensitif : www.sensitif.fr
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