Verdi en majesté avec la Staatskapelle de Dresde à la Philharmonie

La Sächsische Staatskapelle Dresden et Daniele Gatti referment leur passage à Paris avec un Requiem de Verdi habité, porté par quatre solistes d’exception.

Après la magnifique soirée Wagner, Saint-Saëns et Debussy de vendredi, on brûlait de retrouver la Sächsische Staatskapelle Dresden dans Verdi. Qu’allait donner cette sonorité saxonne, déjà saluée la veille, confrontée à la fougue dramatique du Requiem ? Samedi soir, Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris, Daniele Gatti a apporté la réponse, magistrale. Le Requiem de Verdi y a trouvé un équilibre rare entre le sacré et le théâtre, entre la prière et le frisson.


Une partition tendue vers le drame, un agnostique au pied de l’autel


Verdi écrit son Requiem en 1874, à la mémoire d’Alessandro Manzoni, et la pièce porte en elle toutes les tensions de l’opéra. Mais elle porte aussi, plus secrètement, celles d’un compositeur agnostique mettant en musique le texte de la liturgie romaine pour saluer un catholique libéral. De cette contradiction féconde naît une œuvre où la prière ne va jamais de soi, où chaque verset semble arraché à l’incertitude. Le Dies irae jette ses coups de timbales, le Lacrimosa s’élève comme un cantabile, le Libera me explose en fugue avant de retomber dans le murmure. Daniele Gatti connaît cette partition par cœur. Sa lecture, ample, charnelle, choisit le drame là où d’autres choisissent la liturgie, sans jamais perdre de vue que le drame, ici, est métaphysique. Les contrastes sont franchement assumés, les pianissimi tenus jusqu’au bord de l’inaudible, les fortissimi taillés dans la masse orchestrale sans jamais saturer. La formation saxonne répond avec cette plénitude sonore qui trouve dans Verdi une langue idéale.


Un chœur en pleine lumière


Le Chœur de l’Orchestre de Paris, préparé par Richard Wilberforce, mérite une mention particulière. Les attaques sont nettes, la diction italienne soignée, la masse vocale équilibrée entre les pupitres. Du chuchotement initial du Requiem aeternam à la fugue finale du Libera me, le chœur parisien tient une ligne d’une cohésion remarquable. Dans le Dies irae, la masse est terrifiante, dans le Sanctus, légère et bondissante, dans l’Agnus Dei, presque irréelle. Voilà une formation chorale qui se hisse sans peine à la hauteur de l’orchestre et la rencontre fait étincelles.


Quatre voix d’exception


Le quatuor de solistes réuni pour cette soirée tient du rare bonheur d’affiche. Quatre artistes en pleine maturité, chacun apportant à l’œuvre une couleur singulière, et l’ensemble formant un alliage d’une cohérence peu commune. La soprano italienne Eleonora Buratto offre un Libera me bouleversant. La voix est ample, charnue, traversée d’une lumière dramatique qui n’est pas sans rappeler la grande tradition des Tebaldi et des Caballé dans ce répertoire. La ligne reste tenue jusque dans les aigus les plus exposés, le timbre garde son grain, et l’engagement émotionnel fait trembler la dernière prière de l’œuvre.
À ses côtés, la mezzo lettone Elīna Garanča déploie ce timbre sombre et velouté qui en a fait, depuis vingt ans, l’une des grandes voix du répertoire italien. Son Liber scriptus est un moment suspendu, où la hauteur de l’émission le dispute à l’acuité du dire. La voix descend dans les graves avec une opulence presque contralto, monte vers les aigus sans la moindre dureté, et le legato déploie une autorité de tragédienne qui force l’admiration. On songe, par moments, à la Cossotto des grands soirs.
Le ténor Benjamin Bernheim, voix franço-suisse parmi les plus accomplies de sa génération, livre un Ingemisco d’une élégance rare. Le timbre est clair, lumineux, la projection facile, la diction parfaite, et chaque phrase semble portée par une intelligence du texte qui dépasse la simple beauté du son. Sa pudeur, son refus de l’effet, héritage évident d’une école française qui passe par Vanzo et Alagna, lui donnent une présence proprement émouvante.
La basse italienne Riccardo Zanellato, verdien chevronné des grandes maisons italiennes, complète l’ensemble avec une autorité tranquille. Le Confutatis est une démonstration de tenue vocale et de présence dramatique. La voix, profonde, libre dans toute son étendue, dessine la figure de la mort sans la moindre emphase, dans cette manière proprement italienne où l’effroi se dit sans cris.
Quand les quatre voix se réunissent, dans les ensembles du Recordare ou de l’Offertoire, l’écoute mutuelle est telle que l’on entend un véritable quatuor de chambre, où chacun ajuste sa couleur à celle des autres.


Une œuvre offerte dans toute sa vérité


Il y a, dans le Requiem de Verdi, une question que la musique pose sans la résoudre : celle d’un homme qui ne croit peut-être plus, mais qui, devant la dépouille d’un ami, retrouve les mots du Dies irae comme on retrouve une langue maternelle. C’est tout le mystère de cette partition, où l’incroyance même se fait offrande, et où la peur de Dieu vaut peut-être prière. Daniele Gatti, son chœur et ses solistes en ont restitué, samedi soir, toute la vibration humaine. Après le dernier murmure du Libera me, le silence a tenu plusieurs secondes, presque insoutenable, avant qu’une ovation immense ne fasse vaciller la Grande salle Pierre Boulez. Ceux qui auront eu la chance d’assister aux deux concerts de la phalange saxonne savent qu’ils ont vécu, en deux soirs, l’une des plus belles aventures musicales de la saison.


Philippe Escalier

Messa da Requiem de Giuseppe Verdi. Sächsische Staatskapelle Dresden. Chœur de l’Orchestre de Paris. Direction Daniele Gatti. Chef de chœur Richard Wilberforce. Avec Eleonora Buratto, soprano. Elīna Garanča, mezzo-soprano. Benjamin Bernheim, ténor. Riccardo Zanellato, basse. Philharmonie de Paris, Grande salle Pierre Boulez, 221 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris.

La Staatskapelle de Dresde à la Philharmonie de Paris

À la tête de l’orchestre, Daniele Gatti fait sonner Wagner, Saint-Saëns et Debussy, avec Gautier Capuçon en soliste lumineux.

Ce vendredi 29 mai 2026, la Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris accueillait la Staatskapelle de Dresde sous la baguette de son nouveau directeur musical, le chef italien Daniele Gatti, en poste depuis la saison 2024-2025. Au programme, un voyage entre Wagner, Saint-Saëns et Debussy, avec Gautier Capuçon en soliste invité. Le résultat est de ces moments dont on parlera longtemps.


Une couleur d’orchestre


Dès la première mesure de l’Ouverture des Maîtres chanteurs de Nuremberg, on comprend que la sonorité de cet orchestre n’est pas comme les autres. Quelque chose de profond, de chaud, de tissé. Les cordes ont cette patine soyeuse que l’on entend rarement, une rondeur d’archet qui semble venir d’un autre temps. Les bois respirent à l’unisson, les cuivres avancent sans jamais brusquer la ligne. Daniele Gatti ne cherche pas l’effet, il sculpte. Sa direction, ample et précise, laisse aux phrases le temps de s’épanouir. La page de Wagner gagne ainsi une noblesse souriante, presque familière, comme si l’orchestre la portait dans sa mémoire depuis toujours.


Le violoncelle souverain de Gautier Capuçon


Puis vient le Concerto pour violoncelle n° 1 de Camille Saint-Saëns. Gautier Capuçon entre en scène avec cette tranquillité qui caractérise les plus grands. Dès les premières notes, son violoncelle prend la parole avec une autorité naturelle. Le son est plein, charnu, traversé d’une émotion contenue qui donne à chaque phrase une présence singulière. Le dialogue avec l’orchestre est d’une intelligence touchante, le violoncelliste écoute autant qu’il chante, et Daniele Gatti accompagne avec une délicatesse de chambriste. Dans l’allegretto central, le miracle opère, les pizzicati des cordes posent un voile dansant sur lequel le soliste brode une mélodie d’une élégance souveraine. Le public, suspendu, comprend que l’on assiste à un instant d’unisson entre un musicien et une formation.


Debussy en transparence, Wagner en plénitude


On notera, au passage, la cohérence du programme : trois compositeurs que l’histoire a opposés et que la musique réconcilie, entre fascination wagnérienne, résistance française et reconquête d’un langage propre. Après l’entracte, La Mer de Claude Debussy déploie ses trois mouvements comme un livre d’images sonores. Daniele Gatti choisit la transparence, refusant l’étiquette impressionniste que Debussy lui-même récusait, pour révéler le détail des plans, la respiration des houles, l’éclat brusque d’une vague. La Staatskapelle de Dresde donne ici une démonstration de finesse, chaque pupitre cisèle sa contribution sans jamais peser. La harpe scintille, les cors chantent à mi-voix, les contrebasses dessinent une mer qui n’écrase rien.


Pour conclure, Prélude et Mort d’Isolde, extrait de Tristan et Isolde, referme la soirée sur un sommet. C’est là que la sonorité de l’orchestre saxon prend toute sa mesure, une plénitude qui semble pousser les murs sans jamais saturer. Daniele Gatti construit la grande montée avec une science du temps qui laisse pantois, et la Mort d’Isolde s’élève comme une lumière qui s’éteint doucement, en cercle. La salle, immobile, retient son souffle plusieurs secondes avant que l’ovation ne s’élance, longue et reconnaissante.


Voilà ce que peut offrir un orchestre dont la fondation remonte à 1548 et qui n’a cessé, depuis, d’affiner son timbre. Voilà aussi ce que peut faire un chef qui aime sa formation et qui en connaît chaque souffle. Voilà enfin ce que sait inventer Gautier Capuçon lorsqu’un cadre à sa hauteur lui est offert. Il est rare, à Paris, d’entendre une telle concentration de qualité dans une seule soirée. Ceux qui étaient là ce vendredi savent qu’ils n’oublieront pas, et ceux qui rejoindront la salle samedi pour le Requiem de Verdi peuvent s’attendre, eux aussi, à un moment de musique exceptionnel.

Philippe Escalier

Wagner, Saint-Saëns, Debussy. Sächsische Staatskapelle Dresden, direction Daniele Gatti, avec Gautier Capuçon, violoncelle. Au programme : Ouverture des Maîtres chanteurs de Nuremberg et Prélude et Mort d’Isolde de Richard Wagner, Concerto pour violoncelle n° 1 en la mineur de Camille Saint-Saëns, La Mer de Claude Debussy. Philharmonie de Paris, Grande salle Pierre Boulez, 221 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris.

BorAnBor : la compagnie Flamenco974 à Komidi

L’Espagne et La Réunion bord à bord

Sous les voûtes de l’Auditorium de Saint-Joseph, la compagnie Flamenco974 a offert l’un des beaux moments du festival Komidi 2026. Le titre, « BorAnBor », qui sonne comme une formule créole, dit déjà l’essentiel, et rivage contre rivage, soude La Réunion et l’Espagne. Deux musiques nées de la douleur, devenues au fil du temps des chants de résistance, le maloya et le flamenco, s’y répondent comme deux sœurs longtemps séparées qu’une rencontre artistique réunit enfin.

Le travail mené par Lea Llinares, qui signe la mise en scène et danse au plateau, refuse tout effet de simple juxtaposition. Le compás andalou épouse les pulsations du roulèr, la voix créole s’ouvre au cante jondo, et de cette traversée naît une langue commune, faite de battements, de souffles et d’appels. Tout est tenu, précis, ciselé, sans rien perdre de la chaleur ni de l’urgence propres aux deux traditions convoquées. La scénographie, sobre, laisse toute sa place au geste, au rythme et à la voix.

Lea Llinares danse avec une intensité magnétique, chaque pose, chaque taconeo semblant prolonger la note d’un instrument. Gwendoline Absalon, dont la voix rayonne bien au-delà de l’océan Indien, déploie un timbre d’une rare beauté, capable de passer du maloya le plus charnel à la mélopée flamenca avec une justesse remarquable. À ses côtés, Alex Carrasco et Guillermo Guillén, musiciens d’une écoute exemplaire, tissent une trame sonore où guitare, percussions et voix dialoguent sans relâche avec la danse, dans un jeu d’échos et de reprises d’une grande finesse.

Le spectacle s’achève par une longue ovation. Le public, debout, salue l’évidence d’une rencontre où l’île intense et l’Andalousie semblent enfin se reconnaître, comme si l’océan avait toujours rapproché ce que l’Histoire avait disjoint.

Philippe Escalier

« BorAnBor » par la compagnie Flamenco974. Mise en scène de Lea Llinares. Avec Gwendoline Absalon, Lea Llinares, Alex Carrasco et Guillermo Guillén. Auditorium de Saint-Joseph, 97480 Saint-Joseph (La Réunion). Représentation donnée dans le cadre du festival Komidi 2026.

Siegfried au Théâtre des Champs-Élysées avec Yannick Nézet-Séguin

Le chef d’orchestre poursuit son odyssée wagnérienne avec un Ring en version de concert qui confirme, à mi-parcours, la justesse d’une lecture attentive aux équilibres, à la transparence des pupitres et à la respiration du chant.

Il aura fallu quatre ans à Yannick Nézet-Séguin et à l’Orchestre philharmonique de Rotterdam pour franchir les trois premières étapes de « L’Anneau du Nibelung ». Après « L’Or du Rhin » en 2022 et « La Walkyrie » en 2024, ce dimanche 19 avril 2026, le Théâtre des Champs-Élysées accueillait « Siegfried », troisième volet de la Tétralogie. Œuvre charnière que Richard Wagner abandonne en 1857 pour composer « Tristan et Isolde » puis « Les Maîtres Chanteurs », avant d’y revenir sept ans plus tard, cette deuxième journée porte en elle la synthèse des audaces harmoniques qui bouleverseront l’opéra tout entier.

Dès le prélude, Yannick Nézet-Séguin installe une tension sourde, tramée par les timbales et les contrebasses, que les cuivres rotterdamois nuancent avec une souplesse étonnante. Son geste, d’une précision chambriste, respire avec les chanteurs et privilégie la transparence des pupitres. À l’acte II, les Murmures de la forêt s’élèvent comme une miniature ciselée, hautbois, clarinette et cordes graves tissent un paysage diaphane, attentif au moindre souffle. Partout, l’attention portée aux solistes confine à l’écoute chambriste ; les tuttis eux-mêmes, rutilants, n’écrasent jamais les voix.

Dans le rôle-titre, Clay Hilley déploie une endurance de véritable Heldentenor et tient la distance sans faiblir, dardant un aigu lumineux lors de la forge de Notung. Ya-Chung Huang campe un Mime vif, ciselé, dont la rouerie se colore d’une humanité authentique. Le Wanderer de Brian Mulligan, noblement phrasé, fait résonner toute la douleur intime de Wotan, face à un Alberich de Samuel Youn qui mord et griffe avec une âpreté saisissante. Wiebke Lehmkuhl offre à Erda un contralto minéral, venu des profondeurs, tandis que Soloman Howard prête à Fafner une basse caverneuse, d’une ampleur souveraine. Julie Roset, en Oiseau de la forêt, dessine un chant ailé d’une pureté confondante. Appelée en remplacement de Tamara Wilson, la soprano britannique Rebecca Nash aborde Brünnhilde avec un timbre ample et un engagement qui embrasent le duo final, porté par un orchestre incandescent.

Dépourvue de toute mise en scène, (parfois c’est heureux !), la soirée n’en fut que plus habitée : chaque chanteur, par le seul regard, par un jeu de gestes et la tension du corps, donnait chair au drame. Quatre heures d’une intensité ininterrompue, saluées par une longue ovation. Rendez-vous est déjà pris pour « Le Crépuscule des dieux ».

Philippe Escalier

« Siegfried » de Richard Wagner, deuxième journée de « L’Anneau du Nibelung ». Avec Clay Hilley (Siegfried), Ya-Chung Huang (Mime), Brian Mulligan (Wanderer), Samuel Youn (Alberich), Rebecca Nash (Brünnhilde), Wiebke Lehmkuhl (Erda), Soloman Howard (Fafner) et Julie Roset (Oiseau de la forêt). Orchestre philharmonique de Rotterdam, direction Yannick Nézet-Séguin. Théâtre des Champs-Élysées, 15 avenue Montaigne, 75008 Paris. Dimanche 19 avril 2026, 18 h.

TranscenDanses et les Productions Albert Sarfati : douze saisons au sommet

Il y a quelque chose d’assez remarquable dans l’aventure des Productions Internationales Albert Sarfati : celle d’une maison de production privée qui, depuis plus de soixante-quinze ans, aura su traverser les époques sans jamais trahir l’exigence artistique qui est sa raison d’être. Fondée en 1948 par Albert Sarfati, imprésario visionnaire qui parcourut l’Europe, le Japon et la Russie pour y rassembler les formations les plus prestigieuses, l’agence prit un nouveau visage en 1992, à la disparition de son fondateur, lorsque son épouse Lily Sarfati et ses filles Cathy et Vony en reprirent la direction. Ce qui aurait pu marquer une rupture devint au contraire une relève exemplaire. Aujourd’hui, les Productions Internationales Albert Sarfati, connues sous le sigle PIAS, combinent trois activités complémentaires : production de spectacles, management artistique et tournées internationales, avec pour partenaires privilégiés le Théâtre des Champs-Élysées, la Philharmonie de Paris, Carnegie Hall et le Lincoln Center de New York. Cette présence simultanée sur les deux rives de l’Atlantique dit assez l’envergure d’une maison qui, depuis sa fondation, n’a jamais confondu la rigueur avec l’étroitesse.

C’est dans cet esprit qu’en septembre 2014, Vony Sarfati lance TranscenDanses au Théâtre des Champs-Élysées : une série chorégraphique entièrement conçue, financée et produite par un opérateur privé, dans un paysage parisien pourtant déjà très riche en offres subventionnées. Le défi était réel. Il a été relevé avec éclat. Douze saisons plus tard, le bilan est éloquent : quarante-cinq spectacles présentés, deux cent cinquante représentations, quelque trois cent cinquante mille spectateurs, vingt-quatre compagnies internationales, trente-cinq chorégraphes, quarante-cinq danseurs solistes invités. Ces chiffres, pour impressionnants qu’ils soient, ne disent qu’une partie de l’histoire. L’autre partie tient à la qualité constante d’une programmation qui a su mêler, sans jamais les hiérarchiser, grandes formations mondialement connues et compagnies émergentes, répertoire consacré et création contemporaine. Jirťí Kylián, Mats Ek, William Forsythe, Akram Khan, Crystal Pite, Angelin Preljocaj, Roland Petit, John Neumeier, Ohad Naharin, Martha Graham, figurent parmi les chorégraphes célébrés par la série. Du côté des interprètes, Sylvie Guillem, Nicolas Le Riche, Mathieu Ganio, Hugo Marchand, Tamara Rojo, Eleonora Abbagnato ou Dorothée Gilbert y ont successivement enchanté les soirées avenue Montaigne. TranscenDanses s’est ainsi imposée comme l’un des rendez-vous incontournables de la danse à Paris, s’intégrant avec une cohérence naturelle aux côtés des grands acteurs publics du spectacle vivant, de l’Opéra national de Paris au Théâtre national de Chaillot.

La douzième saison, celle qui pachève ce premier cycle, s’achève en juin 2026 sur une soirée particulièrement chargée de sens : le Dutch National Ballet rend hommage à Hans van Manen, figure majeure de la danse néoclassique et contemporaine européenne, récemment disparu, dans un programme conçu comme un geste de mémoire collective autant que comme un acte artistique de plein exercice.

Dans l’éditorial qui accompagne le bilan de ces douze saisons, Vony Sarfati souligne avec conviction que le spectacle vivant reste, à l’heure du tout-numérique et de l’intelligence artificielle, un espace de liberté que rien ne saurait remplacer, l’un des derniers lieux où l’authenticité et l’émotion s’éprouvent directement, dans une communion sans intermédiaire entre les artistes et le public. C’est cette conviction, portée depuis l’origine par les Productions Internationales Albert Sarfati, qui aura fait de TranscenDanses bien davantage qu’une simple série chorégraphique : un acte de foi dans la puissance irréductible du corps en mouvement.

Philippe Escalier

Frédéric Ruiz, jeune compositeur au service de l’image

Saxophoniste de formation initiale et compositeur spécialisé dans la musique à l’image, Frédéric Ruiz représente cette nouvelle génération de créateurs français qui conjuguent exigence artistique et polyvalence professionnelle. Son parcours s’inscrit dans une tradition d’excellence qui l’a mené du Conservatoire de Bordeaux au prestigieux Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, tout en cultivant une fascination précoce pour les grandes partitions hollywoodiennes.

Dès ses débuts musicaux, le jeune artiste manifeste un intérêt marqué pour l’univers de la musique à l’image, se nourrissant des œuvres de compositeurs emblématiques tels que Jerry Goldsmith, Michael Giacchino, Thomas Newman ou encore Mychael Danna. Cette attirance pour le dialogue entre son et image structure l’ensemble de sa formation et définit sa trajectoire professionnelle.


Le parcours académique de Frédéric Ruiz témoigne d’une formation rigoureuse et progressive. Au Conservatoire de Bordeaux, il obtient ses premiers prix dans trois disciplines fondamentales : le saxophone, l’écriture et la formation musicale. Cette triple compétence lui confère dès l’origine une maîtrise technique qui dépasse la simple pratique instrumentale pour embrasser les dimensions théoriques de la musique et la composition.
Cette solide base bordelaise lui ouvre les portes du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, institution phare de l’enseignement musical français. Il y poursuit un cursus spécialisé en écriture, orchestration et musique à l’image, couronnant cette formation par l’obtention d’un master en écriture. Cette expérience parisienne lui permet d’affiner ses techniques de composition tout en développant une compréhension approfondie des codes narratifs propres au cinéma et à l’audiovisuel.

Un jeune homme en pull jaune se tenant devant une clôture blanche, avec un regard pensif.


La carrière de Frédéric Ruiz se caractérise par une remarquable diversité de projets qui témoigne de sa capacité d’adaptation et de son ouverture aux différents formats de la création audiovisuelle. Il compose notamment pour de nombreux courts-métrages d’animation issus d’écoles prestigieuses comme Gobelins à Paris ou CalArts aux États-Unis, mais également pour des courts-métrages de fiction. Cette collaboration avec les écoles d’animation les plus réputées lui permet de travailler avec de jeunes réalisateurs prometteurs et d’explorer des univers graphiques variés.
Son activité s’étend également au domaine publicitaire, où il signe des compositions pour des clients aussi divers que l’Opéra de Paris ou des campagnes commerciales. Cette polyvalence reflète sa conviction profonde que la diversité stylistique enrichit le langage musical et stimule constamment le renouvellement créatif. Le compositeur affirme d’ailleurs que son apprentissage varié des différents styles musicaux et son amour pour l’image le poussent à réinventer continuellement son écriture pour s’adapter aux exigences narratives qui lui sont proposées.


Au-delà de son activité de compositeur, Frédéric Ruiz participe activement à la vie culturelle dédiée à la musique de film. Il prend part à divers événements consacrés à la promotion de cet art, notamment le Festival Sœurs Jumelles ou le festival Musique et Cinéma à Marseille. Ces engagements témoignent de son désir de contribuer à la reconnaissance et à la valorisation d’un genre musical encore parfois considéré comme mineur dans les sphères académiques traditionnelles.
Des collaborations institutionnelles de premier plan
Depuis 2023, Frédéric Ruiz développe des collaborations significatives avec des ensembles spécialisés dans le répertoire cinématographique. Il signe des arrangements et des orchestrations pour l’orchestre Curieux, formation dynamique de quinze jeunes musiciens professionnels qui se distingue par son approche moderne et accessible de la musique narrative. Cet orchestre, fondé en 2019 et dirigé par Daniel Sicard, se consacre notamment aux œuvres de John Williams et Hans Zimmer, proposant des concerts immersifs mêlant instruments acoustiques, sound design et sonorités électroniques.
Parallèlement, il compose pour Cinephonia, chœur semi-professionnel événementiel spécialisé dans les musiques de films et de jeux vidéo. Cette formation chorale a notamment participé à des productions d’envergure comme les concerts symphoniques de Joe Hisaishi consacrés aux films du Studio Ghibli ou les ciné-concerts du Seigneur des Anneaux dans les plus grandes salles françaises et européennes. Ces collaborations permettent à Frédéric Ruiz de confronter son écriture aux exigences de la grande forme orchestrale et chorale.

Portrait d'un jeune homme souriant portant un pull jaune, avec un fond flou de verdure.


Plus récemment, le compositeur franchit une nouvelle étape professionnelle en collaborant avec Microïds, éditeur français de jeux vidéo reconnu. Il signe la partition d’un jeu vidéo dont la sortie est attendue prochainement. Cette incursion dans l’industrie vidéoludique témoigne de sa volonté d’explorer tous les territoires de la musique interactive et narrative, domaine en pleine expansion qui offre aux compositeurs des possibilités créatives inédites.


La démarche créative de Frédéric Ruiz repose sur une conception profondément artistique du rapport entre l’image et le son. Il évoque régulièrement cette fascination pour le dialogue intime entre ces deux dimensions et pour la beauté qui en résulte. Cette sensibilité particulière le conduit à considérer chaque projet non comme une simple illustration sonore, mais comme une véritable rencontre esthétique où la musique enrichit la narration visuelle tout en conservant sa propre cohérence expressive.
Sa formation de saxophoniste, instrument au timbre particulièrement expressif, transparaît sans doute dans sa recherche constante de couleurs orchestrales singulières et dans son attention portée aux nuances. Cette double identité d’instrumentiste et de compositeur lui confère une compréhension intime des possibilités techniques et expressives de chaque pupitre orchestral.


Un jeune artiste prometteur dans le paysage français

Un homme en chemise à carreaux et t-shirt blanc se tient sur un mur de briques, avec des immeubles modernes en arrière-plan et un ciel bleu.


À l’heure où la musique à l’image connaît un regain d’intérêt en France, tant auprès du public que des institutions culturelles, Frédéric Ruiz incarne cette génération de compositeurs français formés aux standards internationaux tout en conservant un ancrage solide dans la tradition musicale hexagonale. Son parcours témoigne de la vitalité de l’école française de composition pour l’image, longtemps éclipsée par les productions anglo-saxonnes mais désormais reconnue pour son excellence et sa créativité.
La diversité de ses collaborations, qui embrassent aussi bien l’animation étudiante que la publicité, les concerts événementiels que le jeu vidéo, révèle un artiste en construction permanente, refusant de se cantonner à un seul registre. Cette approche protéiforme, loin de disperser son talent, semble au contraire nourrir une écriture musicale capable de s’adapter aux contraintes les plus variées tout en conservant une identité propre.


Frédéric Ruiz s’inscrit ainsi dans le sillage de compositeurs français qui ont su imposer leur signature dans l’univers exigeant de la musique narrative, tout en développant une carrière qui ne cesse de s’enrichir de projets nouveaux et ambitieux. Son parcours, encore jeune mais déjà substantiel, laisse présager des réalisations futures de grande envergure dans un domaine où la France cultive désormais une ambition internationale.

Texte et photos : Philippe Escalier

Concert Yves Levêque à la salle Gaveau

Le 23 novembre 2025, le concert de l’Orchestre Colonne à la Salle Gaveau permettra aux mélomanes d’entendre, en présence du compositeur, « Ariana, le temps suspendu », le concerto pour piano d’Yves Levêque, interprété par Caroline Fauchet.

Un parcours singulier entre tradition et éclectisme


Yves Levêque naît le 29 janvier 1948 à La Guerche-de-Bretagne. Son héritage familial musical est éloquent, un aïeul qui chanta comme baryton sur la scène de l’Opéra de Paris et une mère pédagogue du clavier. Au Conservatoire de Rennes, le jeune homme accumule les disciplines : clavier, cordes, vents, rythmique, théorie musicale et harmonie. Cette formation classique nourrit un tempérament d’artiste protéiforme, tour à tour pianiste, violoniste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre.


Sa carrière le conduit d’abord vers la chanson d’auteur, couronnée en 1982 par le premier Prix de la Chanson Francophone. Il explore ensuite la musique de film et la mise en scène de spectacles musicaux, du grand opéra rock « La Révolution Française » aux adaptations des « Misérables » ou de « Cats ». Mais c’est en 2019 qu’une commande inattendue fait basculer sa trajectoire : celle d’un générique pour une série télévisée narrant le destin d’une jeune pianiste prodige confrontée à la mafia lui inspire l’idée d’un concerto pour piano.

Née de cette étincelle narrative, l’œuvre baptisée « Ariana » se déploie en trois mouvements structurés selon la tradition classique. L’inspiration puise dans le répertoire des grands maîtres romantiques, particulièrement Rachmaninov, avec une écriture qui allie vigueur orchestrale et lyrisme, moments intimes et éclats spectaculaires. Créé en novembre 2022 à la Salle Colonne sous la baguette du compositeur, le concerto en do mineur s’impose rapidement dans les compétitions internationales. Les distinctions pleuvent : World Classical Music Awards, World Grand Prix Music Contest, Royale Music Compétition, Franz Schubert International Music Compétition. L’enregistrement réalisé avec la pianiste Caroline Fauchet et l’Orchestre Colonne paraît en janvier 2024 chez Indésens Calliope Records et suscite l’enthousiasme de la critique spécialisée.

Deux artistes posent ensemble sur scène, l'un en costume noir et l'autre en robe noire, avec un éclairage tamisé en arrière-plan.

Une soirée placée sous le signe de l’éclectisme français

Pour cette soirée du 23 novembre, Yves Levêque a conçu un programme où son œuvre dialogue avec un florilège de pages françaises du XIXᵉ siècle. Le public découvrira l’Ouverture de la Princesse Jaune de Saint-Saëns, le Clair de Lune de Debussy orchestré, le Pizzicato extrait de Sylvia de Delibes, les Pavanes de Fauré et Ravel, le Galop infernal d’Offenbach et des pages choisies de Carmen de Bizet. La pianiste virtuose Caroline Fauchet sera au clavier, sous la direction de Julien Leroy, entourée de l’Orchestre Colonne, de la mezzo-soprano Carine Chassol et des chœurs Oya Kephale. Un rendez-vous exceptionnel qui promet de révéler la vitalité d’une écriture contemporaine nourrie aux sources du grand romantisme. Un rendez-vous auquel tout mélomane voudra répondre présent !

Philippe Escalier

Affiche de concert pour "Ariana" avec l'Orchestre Colonne, présentant un concerto pour piano d'Yves Léveque, le 23 novembre 2025 à la Salle Gaveau, et soutenant la lutte contre la mucoviscidose.

Récital de Jan Lisiecki au Théâtre des Champs-Élysées

Technique irréprochable, sensibilité rare, intériorité du jeu et clarté de phrasé, Jan Lisiecki, pianiste canadien d’origine polonaise, reconnu pour sa maturité et sa profondeur d’interprétation, sait mettre en valeur les nuances les plus subtiles des œuvres qu’il aborde.
Très tôt, il s’est imposé comme l’un des interprètes les plus expressifs et raffinés de sa génération. Signataire d’un contrat avec Deutsche Grammophon à l’âge de 15 ans, il a depuis développé une discographie, notamment autour de Chopin, Schumann, Beethoven et Mendelssohn.

Son récital à Paris autour des Préludes de Chopin, Brahms et Rachmaninoff mais aussi Bach, Szymanowski, Messiaen et Górecki s’inscrit dans la lignée de ses récentes explorations de ce genre. Il a d’ailleurs présenté un programme similaire acclamé au Carnegie Hall de New York en mars 2024, où sa performance a été saluée pour sa capacité à offrir une lecture nuancée et « multicolore » des préludes, notamment ceux de Chopin. Quelques mois plus tard, le 18 juillet 2024, c’est ce même programme qu’il donne à entendre à Londres, lors de son récital à Wigmore Hall faisant à nouveau la démonstration de sa virtuosité de de sa maîtrise remarquable de la forme brève.

Après l’avoir ovationné à la Seine Musicale le 30 novembre 2023 où il a interprété le concerto de Grieg avec le Hr-Sinfonieorchester Frankfurt, sous la direction d’Alain Altinoglu, les parisiens auront la joie de retrouver Jan Lisiecki au Théâtre des Champs-Élysées. Le 7 juin 2025, nous sommes invités à une immersion dans un univers sonore où chaque pièce, bien que courte, ouvre des horizons émotionnels profonds. Sa sensibilité et son approche nuancée promettent une soirée unique de musique introspective et lumineuse.

Philippe Escalier – Photo © Ksawery Zamoyski

https://www.theatrechampselysees.fr/

Vladimir Kornéev chante Dalida

Théâtre des Gémeaux Parisiens

Les 28 et 29 avril 2025 le chanteur Vladimir Kornéev donnera un concert autour de Dalida au Théâtre des Gémeaux Parisiens. Une occasion unique de découvrir un jeune artiste prometteur à la carrière internationale déjà bien amorcée. Avec lui, nous revenons sur sa trajectoire et ses premiers pas sur une scène française.

Vladimir Kornéev est né en Géorgie. À cinq ans, la guerre l’oblige à quitter son pays. Ses parents s’installent à Berlin. Une période difficile que sa carrière artistique lui permet de dépasser : pour cet apatride, la scène est devenue sa patrie. « Mon enfance a été marquée par de nombreux traumatismes et jusqu’à 17 ans, il m’était difficile de parler du fait d’un bégaiement assez prononcé. Le piano d’abord, plus tard le chant et le théâtre m’ont permis de guérir ce défaut. La musique a toujours été mon moyen d’expression le plus profond. Mais elle a été plus que cela en vérité, elle m’a permis de survivre et de surmonter toutes les difficultés. Sur scène, je me connecte à mon public, je peux respirer, je suis apaisé. C’est un point commun avec Dalida que ce besoin de trouver un foyer et une sécurité sur scène. »

C’est à Berlin où il vit qu’il lance, entre 2014 et 2019, ses trois premiers albums récitals, avant de faire, en 2021, ses débuts au Canada avec l’orchestre Philharmonique du Québec. En 2023, les Allemands découvrent son nouveau concert « Le Droit d’aimer » qui deviendra pour la France, l’année suivante, « La Vie en Piaf ».

La venue à Paris de Vladimir Kornéev est d’abord le fruit de sa collaboration avec son manager, Lionel Lavault, un parisien habitant à Montréal. « Il m’a découvert sur You Tube où il a vu mon concert « Youkali » autour de Kurt Weill. Il m’a contacté. Il travaille avec la grande chanteuse Ginette Reno, ce qui m’a permis de donner un très beau concert avec elle. Notre duo intitulé « Le bon côté du ciel » a connu le succès et a rapidement atteint le statut de disque de platine après sa sortie. » Cette étape importante dans sa carrière est aussi l’aboutissement d’une passion pour la langue française et les deux grands noms de la chanson que sont Edith Piaf et Dalida, si présentes dans son parcours. Un choix essentiel pour lui ayant motivé l’envie d’apprendre le français. Il le parle aujourd’hui couramment, comme le russe, l’allemand et l’anglais.

Vladimir Kornéev travaille avec les producteurs Les Lucioles. « Nous avons eu la chance de trouver Les Gémeaux qui ont le double avantage d’avoir une tradition de théâtre et une salle convenant parfaitement à mon spectacle. Je suis acteur et mon spectacle de chant est bien sûr mis en scène. J’ai beaucoup travaillé les arrangements avec Jean-Félix Lalanne ainsi que la création d’un fil dramatique : atmosphères, transitions, ambiance. Les textes et récits entre les chansons, je les ai écrits avec le scénariste berlinois Paul Schulz. Je conçois toujours mes concerts comme un film ! ». Une vision toute particulière mais si naturelle pour un artiste qui est aussi un excellent acteur. Nous avons pu le voir à l’écran à plusieurs reprises, notamment dans la série Netflix « L’Impératrice » où il incarne le tsar Alexandre II.

Vladimir Kornéev confie que Dalida est pour lui bien plus qu’une chanteuse. « C’est une immense actrice ayant vécu entre la lumière et l’ombre qui incarne chaque émotion avec une intensité incroyable. Ses chansons portent une vérité universelle sur l’amour, l’espoir, la solitude aussi et ce, même quand elle est dans un style disco. Elle fait vibrer quelque chose en moi que je ne peux pas expliquer. Avec ce spectacle, je ne rends pas seulement hommage à son héritage, je réponds à un appel intérieur profond qui m’a conduit vers sa musique. « Je suis malade » est la toute première chanson française que j’ai apprise, et la première version que j’ai entendue est celle de Dalida. Ce fut le moment où j’ai compris ce que je voulais faire dans ma vie, être un chanteur qui par sa voix et ses interprétations déclenche chez les autres toutes les émotions que j’ai moi-même ressenties. »

Les deux soirées aux Gémeaux Parisiens seront une occasion unique d’entendre et de découvrir Vladimir Kornéev. En attendant ses prochaines dates en France qui ne manqueront pas de venir très rapidement.

Philippe Escalier – Photo © Lisa Reider

https://www.vladimirkorneev.com

Tangueada – Mosalini-Teruggi Cuarteto

Théâtre de la Ville

Après avoir ébloui le Théâtre des Abbesses en décembre 2024 et avant de partir en tournée, le Mosalini-Teruggi Cuarteto vient fêter ses dix ans d’existence en présentant « Tangueada » leur 3eme et tout nouvel album à Paris. On ne pouvait rêver plus bel anniversaire !

Entre créations originales et interprétations des classiques, Juanjo Mosalini (bandonéon) et Leonardo Teruggi (contrebasse) incarnent ce que le Tango contemporain produit de meilleur. Ces dignes héritiers de Hilario Durán, Alberto Ginastera et d’Astor Piazzolla ont su apporter à leur musique des influences d’autres pays d’Amérique Latine ou de l’univers du jazz. Un mariage aussi réussi que celui qu’ils ont voulu célébrer dans ce troisième album entre le Tango et la musique de chambre française avec Romain Descharmes au piano et Sébastien Surel au violon.

Cet ensemble qui n’aurait pas à rougir devant les meilleures formations classiques, nous laisse à entendre les sonorités les plus envoutantes et les plus vives que le genre puisse produire. Le raffinement et la sensualité de cette musique, traditionnelle et moderne à la fois, emporte le public sur des chemins jamais pratiqués jusqu’alors. Ce voyage musical, agrémenté d’un narratif, d’une remarquable sensibilité, construit autour de l’Histoire du Tango vu par le Quatuor Mosalini-Teruggi est exceptionnel en tous points. Cette expérience unique permet de redécouvrir le Tango dans ce qu’il a de plus original et de plus beau. De la grande musique assurément !

Philippe Escalier

Affiche pour le concert de Mosalini Teruggi Quartet, intitulé 'Tangueda', mettant en avant l'élégance du tango argentin. Dates et lieux des concerts listés en bas.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑