Ses récitals du 17 mai et du 14 juin 2024 sont l’occasion de découvrir Christian Hohn, un jeune baryton, allemand de naissance et parisien d’adoption. Avec lui, nous sommes revenus sur son parcours et le programme des deux soirées sur le thème du rêve, données au Studio L’Accord Parfait à Paris.
Vous avez déjà donné quelques représentations « Träume- Rêves ». Quand et comment ce récital est-il né ?
Nous l’avons créé en février 2023 à Mons dans une salle prêtée par l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie. J’ai rencontré ma collègue et désormais amie, la pianiste Katia Weimann en 2017 sur « Les Noces de Figaro ». L’entente entre nous est parfaite, ce qui est indispensable dans ce genre de concert, où chanteur et pianiste sont si proches. Le fait de travailler ensemble depuis longtemps est précieux.
Au moment de composer notre programme, nous nous sommes donnés beaucoup de libertés. Nous voulions exposer nos deux cultures, Katia étant française même si son nom sonne aussi allemand que le mien, avec des œuvres qui font partie de notre panthéon commun, autour du thème du rêve au sens large (la nuit, l’espoir, la nostalgie). Nous avons rassemblé douze compositeurs, dont Strauss, Brahms, Ravel et Debussy pour dix-sept mélodies qui concrétisent parfaitement le mariage de la musique et de la poésie.
À quand remonte ce désir de chanter ?
Cela m’est tombé dessus un peu sur le tard. Je n’ai pas grandi avec la musique classique pour laquelle j’avais certains a priori comme cela arrive souvent. J’ai toujours eu une passion pour le chant qui se matérialisait à travers la soul ou le jazz. Le déclic se fait en arrivant à Paris en 2010, où j’ai déménagé en même temps qu’une amie chanteuse qui venait y faire ses études. J’ai pu alors assister à ses concerts, découvrir le chant lyrique, ressentir les sensations et les émotions apportées par la voix. À ce moment-là, je faisais un master en médiation culturelle qui devait me permettre de travailler pour la scène. D’évidence, c’était une façon de me cacher derrière mon vrai rêve : être sur scène et chanter.

Après avoir sauté le pas, quelles formations avez-vous suivies ?
J’ai commencé à prendre des cours dans les conservatoires d’arrondissement à Paris. J’ai fait ensuite un cycle spécialisé au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris. J’ai suivi une formation au Pole Lyrique d’Excellence de Lyon avec Cécile De Boever qui a été mon enseignante pendant plusieurs années.
Après ce parcours, j’ai rencontré mon professeur, Neil Semer pour des cours privés ponctuels mais intensifs. Ces formations destinées à des professionnels sont particulièrement utiles quand il s’agit d’aborder un nouveau répertoire ou un nouveau rôle. C’est avec Neil Semer que je me suis préparé à interpréter en août prochain le comte Almaviva dans « Les Noces de Figaro » avec le Lyric Opéra Studio de Weimar. Par ailleurs, je suis aussi des cours à l’Arcal, une compagnie ayant fondée La Jeune Scène Lyrique où sont données des masters class sur des thématiques précises.
Comment envisagez-vous votre progression vocale future ?
Aujourd’hui, on se spécialise moins qu’autrefois. Il est de plus en plus indispensable d’être polyvalent, sans pour autant bruler les étapes. De fait, certains compositeurs comme Verdi ou Puccini demandent une certaine maturité et, de par l’importance des parties orchestrales, exigent une ampleur vocale, sans parler des capacités à jouer des personnages et à se glisser dans des mises en scène pouvant être exigeantes.
Mais concrètement, j’aimerais aborder prochainement des rôles tels que Silvio dans « Pagliacci » (Leoncavallo) ou encore Marcello dans « La Bohème » (Puccini). Les rôles que je rêverais de chanter dans quelques années seraient plutôt Germont dans « La Traviata » (Verdi), Valentin dans « Faust » (Gounod) ou encore le rôle-titre dans Hamlet (Thomas).

Pendant un récital où la proximité avec le public est grande, que ressentez-vous ?
Chaque concert est différent. Je n’ai jamais éprouvé deux fois la même chose. Je ressens beaucoup l’énergie de la salle qui, par définition, varie selon le public.
Seul devant le piano, on se sent comme mis à nu. Le récital est dépourvu de dimension théâtrale et on est là pour partager une musique douce et très intime. Dans notre programme, figurent quatre airs d’opéra mais ensuite, ce sont des mélodies ou des lieder. Le chanteur est plus un conteur qu’un personnage et forcément cette intimité permet un moment de partage toujours très intense.
Propos recueillis par Philippe Escalier – Photo concert : © Sylvain Crasset – Portraits signés © Gilles Erard









Pascal Nowak est d’abord une voix, l’on en veut pour preuve ses nombreux doublages de grandes série comme Desperate Housewives, Game of Thrones ou de films dont le récent Mary Poppins de Walt Disney (rôle de Lin Manuel Miranda). En parallèle, la musique pop soul reste sa passion comme le montrent les concerts qu’il a donnés, notamment au cours des derniers mois. Le prochain, celui du 15 novembre 2019 sonne comme une récompense après une série de dates parisiennes. C’est aussi un nouveau départ avec un groupe légèrement réorganisé, composé de 6 artistes, un guitariste, un pianiste, un batteur, une basse et deux choristes, qui s’est consolidé avec l’arrivée de Stéphane Bertin, directeur musical et arrangeur. Ensemble, ils préparent un nouvel album d’une quinzaine de chansons, annoncé pour 2020 et suivi d’une tournée. Si l’on trouvera toujours ce qui est un peu sa marque de fabrique, de belles ballades, pimentées d’humour, répertoire idéal pour sa belle voix puissante et chaude, on notera une évolution vers des tonalités plus modernes et plus électro. Et toujours une écriture et des musiques sortant des sentiers battus, à la fois originales et percutantes, émanation d’une vraie personnalité artistique. Le concert du vendredi 15 novembre 2019 qui bénéficiera de la direction scénique du batteur Jean-Luc Dhayes et de la collaboration, à la fois ancienne et fidèle avec le guitariste auteur-compositeur Gérald Odile, débutera à 20 heures. En première partie, la chanteuse « Mill » sera accompagnée d’une guitare et d’un piano, le groupe Nowak prenant place vers 21 h. Pouvait-on rêver mieux que Le Zèbre de Belleville pour découvrir la bête de scène qu’est Pascal Nowak, ses nouveaux titres et son groupe ?!
















Après dix années de scène, ces deux magiciens de la chanson ont imprimé leur marque et créé un magnifique univers. Ils vont fêter une décennie de concerts à l’Olympia le 18 mai 2019 et offrir, pour l’occasion, le meilleur d’un répertoire à la fois poétique, facétieux et pour tout dire, unique !


