A Simple Space ou le corps comme seul décor

Voila un spectacle qui tombe à pic ! Avec « A Simple Space », la compagnie australienne Gravity & Other Myths, à Bobino nous dit d’entrée de jeu combien elle se moque de la gravité. Fondée à Adélaïde en 2009, cette troupe d’acrobates et de musiciens a depuis parcouru le monde, laissant partout le même sillage d’enthousiasme et d’incrédulité. Leur spectacle à nul autre pareil, (oubliez tout ce que vous savez du cirque contemporain), est un bien belle surprise !

Le titre dit tout, ou presque. Un espace simple : un plateau nu, deux petites colonnes de lumières blanches qui délimitent l’aire de jeu, et rien d’autre, sinon les sièges des spectateurs qui vont pouvoir assister au spectacle sur scène. Pas de décor, pas de maquillage, pas de machinerie dissimulée dans les cintres. Ce dépouillement radical n’est pas une contrainte budgétaire mais un parti pris esthétique d’une cohérence absolue. Ce que la compagnie affiche ainsi, c’est sa confiance totale dans le corps humain comme matière première et instrument du spectacle. La scénographie, si l’on peut appeler ainsi cette absence revendiquée, oblige le regard à se concentrer sur l’essentiel : la chair, le souffle, l’équilibre et sa rupture. Christopher Lacopetta, seul musicien de la soirée, tient la pulsation de l’ensemble depuis son poste de percussionniste, guidant les enchaînements avec une précision et une énergie qui transforment la musique en colonne vertébrale invisible du spectacle. La composition d’Elliot Zoerner, mérite d’être saluée : elle sait accompagner l’effort avec toute l’énergie qui convient.

Ashley Youren, David Trappes, Emily Gare, Georgia Webb, Hamish McCourty, Leann Gingras, Skip Walker-Milne débarquent sur scène comme une bande de copains. On sent que ces artistes se connaissent, qu’ils ont appris ensemble à tomber et à se relever, que la confiance entre eux n’est pas un effet de scène mais une réalité profondément vécue. Certains se connaissent depuis l’enfance, d’autres ont rejoint la compagnie en cours de route, mais tous partagent cette qualité rare : une présence totale, sans calcul ni distance. Avec cette décontraction solaire (très australienne) qui irrigue tout le spectacle, ils enchaînent les figures avec une fluidité déconcertante, portés, renversés, projetés, rattrapés au dernier instant, et ce qui pourrait n’être qu’une démonstration de virtuosité physique devient quelque chose de plus trouble et de plus beau, une conversation muette sur la confiance, la vulnérabilité et l’abandon consenti. L’humour surgit là où on ne l’attend pas, dans un regard échangé après une figure réussie, dans la feinte d’un échec qui n’en est pas un, dans ce concours de saut à la corde où chaque faute conduit à enlever un vêtement, bref, dans cette façon qu’ont ces sept acrobates de ne jamais se prendre au sérieux tout en donnant le meilleur d’eux-mêmes.

Ce qui distingue « A Simple Space » de bien des spectacles de cirque contemporain, c’est la nature de la relation qu’il instaure avec le public. La salle de Bobino, configurée pour rapprocher les spectateurs de la scène, amplifie encore cette intimité voulue, revendiquée, travaillée. On perçoit la respiration des acrobates, on ressent presque la chaleur dégagée par leurs corps en effort, on vit de l’intérieur le risque pris à chaque figure. Il n’y a plus de quatrième mur, plus de convention théâtrale qui protégerait le spectateur de ce qu’il voit : simplement des êtres humains qui repoussent leurs limites de l’équilibre et de l’agilité et cette honnêteté désarmante qui est la marque de fabrique de la compagnie.

Ce que Gravity & Other Myths offre à Paris en ce printemps 2026, c’est une leçon d’humanité déguisée en exploit physique. Rarement le cirque contemporain aura semblé aussi proche et aussi nécessaire.

Philippe Escalier – Photos © Steve Ullathorne


« A Simple Space », création collective de la compagnie Gravity & Other Myths. Avec Ashley Youren, David Trappes, Emily Gare, Georgia Webb, Hamish McCourty, Leann Gingras, Skip Walker-Milne. Musiciens en alternance : Mik Lavage et Christopher Lacopetta. Composition musicale : Elliot Zoerner. Bobino, 14-20 rue de la Gaîté, 75014 Paris. Du 26 mars au 23 avril 2026. Durée : 1 h

Cirque Éloize — iD-Evolution au Théâtre Montparnasse

Il y a quelque chose d’un peu vertigineux, au sens propre comme au figuré, à voir surgir la fureur d’une mégalopole imaginaire dans l’écrin feutré du Théâtre Montparnasse. Les moulures dorées, les velours bordeaux, l’architecture bourgeoise de la salle à l’italienne : tout cela jure superbement avec ce qui, dès les premières secondes, envahit la scène. Le Cirque Éloize ne s’installe pas ; il déferle.

La compagnie québécoise dirigée par Élise Charbonneau et mise en scène par Jeannot Painchaud, avec la complicité chorégraphique d’Elon Hoglund, ne se contente pas de revisiter iD-Evolution, le show culte créé il y a plus d’une décennie : il en fait franchir un seuil décisif, ouvrant un nouveau chapitre dans l’histoire d’Éloize. La scénographie, résolument urbaine et traversée d’accents rétrofuturistes, est portée par un environnement sonore entièrement repensé, dont la densité et la précision confèrent au spectacle une dimension quasi cinématographique. Au centre, une armature métallique résume toute l’architecture de ce monde : une jungle d’acier autour de laquelle s’organisent les conquêtes, les défis et les célébrations d’une troupe de neuf artistes d’une incomparable virtuosité.

Danseur en pleine performance, portant un haut rouge, s'étirant avec un bâton lumineux sur une scène éclairée par des lumières vives.

C’est peut-être dans l’art du mouvement urbain que la troupe révèle le mieux son identité collective. Kayden Woodridge s’empare du mât chinois avec une autorité athlétique fascinante, enchaînant poses horizontales et verticales dans une maîtrise du corps qui nous laisse pantois. Alexia Medesan ouvre des parenthèses de grâce pure dans son grand numéro de contorsionniste auquel participe Adam Dransfield, bboy et époustouflant funambule de l’équilibre sur mains. « Slinky » Bryan Boyer et « Kiki » Lakesshia Pierre, dont le hip-hop et le waacking électrisent chaque transition, incarnent cette énergie de rue que la compagnie québécoise a su transformer en langage scénique exigeant. Christophe Bate, suspendu aux sangles puis tournoyant dans sa roue Cyr lumineuse, semble échapper à toute loi physique connue.

Difficile, pourtant, de ne pas réserver une mention particulière à Trevor Bodogh et à son vélo de trial. Ce cheval d’acier déboule sur scène comme une aparition, frôle les corps immobiles, franchit des obstacles avec une désinvolture calculée qui arrache aux spectateurs autant de cris que d’éclats de rire nerveux. À un centimètre des premiers rangs, il s’arrête. Le silence d’après est aussi éloquent que l’exploit lui-même.

Un groupe de performers sur scène avec un artiste montant sur un vélo tout en effectuant une figure acrobatique, entouré de décors urbains et de graffitis.

JP Deltell, enfin, tient le rôle inclassable du spectacle : comédien, danseur, jongleur, trampoliniste, il est à la fois le liant dramaturgique et le bouquet final de la soirée, jonglant avec une dizaine de balles entre des parois de verre dans un numéro dont la précision hallucinante laisse la salle sans voix avant de déclencher une ovation méritée.

Trois artistes de cirque en performance, avec un jongleur au centre lançant des objets tout en étant entouré de deux partenaires, l'un en tenue de travail et l'autre portant un casque de sécurité, sur scène décorée de graffiti.

La cohésion, l’enthousiasme, l’élégance et l’éclatant brio de cette troupe pour laquelle tout parait si facile, constitue le véritable miracle du spectacle. Ce qui distingue fondamentalement Éloize de bien d’autres compagnies de cirque contemporain, c’est son refus d’opposer le spectaculaire à l’intime. Chaque numéro porte une intention dramatique, chaque virtuosité technique s’inscrit dans une narration qui, sans jamais alourdir l’ensemble, lui confère une profondeur rare. L’interaction avec le public, sollicité, embarqué, entraîné dans les rythmes de la bande-son, n’est pas un artifice de style : elle est structurelle. La salle vibre, frappe dans ses mains, retient son souffle, et finit par se lever.

Un artiste acrobate exécutant un saut spectaculaire en utilisant des sangles roses sur scène, dans une ambiance sombre et colorée.


Trente ans après sa fondation, Éloize n’a rien perdu de l’audace des débuts. iD-Evolution en est la preuve éclatante : un spectacle qui réussit le prodige de réconcilier, le temps d’une soirée, les dorures de la vieille Europe avec la jeunesse insolente d’un monde qui ne tient plus en place. Et qui nous offre, avec une belle générosité, le meilleur de l’univers circassien.


Philippe Escalier – © Photos : Caroline Thibault

Si vous avez aimé le Cirque Éloize, vous aimerez certainement « A Simple Space » ou le corps comme seul décor

iD-Evolution — Cirque Éloize / Théâtre Montparnasse, Paris (13-29 mars 2026)
 / Mise en scène : Jeannot Painchaud — Chorégraphie : Elon Hoglund
Avec : Alexia Medesan, Florence Amar, Kayden Woodridge, Trevor Bodogh, Christophe Bate, Adam Dransfield, Bryan « Slinky » Boyer, Lakesshia « Kiki » Pierre, JP Deltell


Les 52ème Folies Gruss

L’Héritage en lumière

Au carrefour des Cascades, à l’orée du Bois de Boulogne, le chapiteau familial est devenu le palais des mémoires. Avec cette 52ème création, la dynastie Gruss franchit un seuil inédit en transformant son répertoire circassien en partition chantée. L’idée de faire dialoguer l’art équestre avec les codes de la scène musicale contemporaine pourrait sembler périlleuse. Pourtant, dès l’ouverture orchestrale, l’osmose s’impose. Dirigé par Stephan Gruss avec la complicité scénographique de Grégory Antoine, ce spectacle dense refuse les facilités du divertissement formaté pour plonger dans l’intimité d’une transmission artistique bouleversante.

Le prétexte narratif se déploie avec une naïveté touchante mais non sans finesse : comment naît un spectacle Gruss ? La troupe nous convie dans les coulisses de sa propre alchimie créatrice, dévoilant les tâtonnements, les audaces, les fulgurances qui président à chaque nouvelle proposition, souvent avec une pointe d’humour. Cette mise en abyme devient le terreau d’une célébration émouvante de la famille comme creuset artistique. Trois générations se côtoient en piste, des aînées Gipsy Gruss et Svetlana Gruss jusqu’aux benjamines Gloria Florees et Venecia Florees, tissant devant nous la chaîne vivante d’un savoir-faire transmis de main en main, de regard en regard. L’absence du patriarche Alexis Gruss, disparu en 2024, plane sur l’ensemble comme une présence tutélaire que chacun honore à sa manière, par la grâce d’un souvenir, d’une figure équestre ou l’élan d’une voltige aérienne..

La cavalerie demeure évidemment l’épine dorsale de l’édifice. De nombreux chevaux de races variées évoluent sous la direction impeccable de Maud Gruss, qui perpétue l’exigence paternelle du dressage précis et respectueux. Chaque race possède ses caractéristiques propres et le spectacle célèbre cette diversité animale avec une science du rythme remarquable. Les numéros se succèdent dans une accélération progressive qui culmine avec un grand numéro de virtuosité où les cavaliers enchaînent sauts et voltiges sur des montures lancées au galop. Firmin Gruss, les jumeaux Charles et Alexandre Gruss y déploient une maîtrise confondante, mêlant puissance athlétique et légèreté chorégraphique.

Mais cette création affirme également son ambition aérienne avec une intensité troublante. Le jeune Alexander Malachikhin, nouvelle recrue de la compagnie, s’impose d’emblée par un numéro de sangles qui sidère par sa fluidité musculaire et son amplitude gestuelle. Suspendu à plusieurs mètres du sol, l’acrobate sculpte l’espace avec une élégance tout en retenue, alternant les figures de force pure et les tableaux contemplatifs où le corps semble flotter dans un ralenti onirique. Sa prestation dialogue magnifiquement avec celles de Pauline Mikolajczyk et Jeanne Gruss, qui maîtrisent le tissu aérien et le cerceau avec une grâce souveraine. L’équilibre entre l’esthétique circassienne traditionnelle et les codes contemporains du nouveau cirque s’installe ici avec fluidité, chaque artiste apportant sa singularité sans rompre l’harmonie d’ensemble.

Un acrobate exécutant une figure aérienne, suspendu par des cordes, avec une pose dynamique dans un décor bleu.

La dimension musicale constitue l’autre grande réussite du spectacle. Les compositions originales de Sylvain Rolland, Massimo Murgia, Julien Teissier et Cyril Moret enveloppent chaque tableau d’une atmosphère spécifique, du lyrisme intimiste aux envolées festives. Margot Soria, chanteuse de talent et coautrice des textes, habite la scène vocale avec un tempérament affirmé. L’orchestre en direct, composé de sept musiciens, insuffle une énergie palpable que nulle bande préenregistrée ne saurait égaler. Cette présence sonore vivante dialogue constamment avec les corps en mouvement, créant une texture sensible où le geste et la note se répondent dans un jeu de miroirs subtil.

La scénographie de Grégory Antoine, conjuguée aux costumes de Sylvain Rigault, opte pour une palette chromatique éclatante sans verser dans le clinquant. Lumières changeantes, jeux d’ombres sur la toile du chapiteau, accessoires minimaux qui laissent toute latitude aux corps et aux animaux : tout concourt à faire de la piste un espace de projection imaginaire où chaque spectateur peut broder sa propre rêverie. L’ensemble respire une générosité franche, un désir communicatif de partager l’excellence sans ostentation.

Un groupe de performers en costume sur scène, exécutant une chorégraphie dynamique. L'éclairage met en valeur leurs poses et expressions joyeuses.

Qui mieux que les Gruss pouvait célébrer la famille avec autant de conviction et de force ? Le spectacle possède cette vertu cardinale de conjuguer une extraordinaire technique et une profonde humanité. Dans ce grand moment d’unité, aucun numéro ne semble gratuit, chacun s’inscrit dans la trame narrative comme une confidence ou un aveu. Célestine Gruss, Olivia Gruss, les sœurs Florees : tous affirment leur personnalité propre tout en servant une vision collective qui transcende les ego. Cette cohésion familiale, loin d’être une simple image d’Épinal, irrigue chaque instant du spectacle d’une authenticité rare dans l’univers du divertissement contemporain.

Les Folies Gruss signent avec cette 52ème création une œuvre mûre et profondément émouvante, qui honore la mémoire d’Alexis Gruss tout en projetant la compagnie vers de nouveaux horizons. Entre tradition équestre et audaces scéniques, intimité familiale et ambition spectaculaire, Stephan Gruss et les siens trouvent un équilibre fragile et précieux. Un spectacle habité, généreux, drôle, qui fait briller dans nos regards d’adultes la lumière intacte de l’enfance et qui nous a profondément touché.

Philippe Escalier Photos © O. Brajon

Affiche promotionnelle pour les Folies Gruss, comédie musicale équestre et saltimbanque, prévues pour octobre 2025 à Paris. On y voit un artiste en costume sur un cheval, entouré de notes de musique et des monuments parisiens en arrière-plan.

Les Folies Gruss

Le 50ème anniversaire de cette grande dynastie circassienne ne pouvait se fêter qu’avec un spectacle exceptionnel. C’est bien ce à quoi nous convie la famille Gruss, pendant plusieurs mois, sous leur grand chapiteau installé au Carrefour des Cascades à l’orée du Bois de Boulogne depuis 2001.

Cet anniversaire est majeur à double titre. Il célèbre un demi-siècle de vie artistique parisienne de la Compagnie Gruss consacrée au cirque et à l’art équestre. C’est aussi un hommage marqué, à Alexis Gruss, disparu le 6 avril dernier. De fait, « Les Folies Gruss » conçues comme une comédie musicale, avec la présence d’un orchestre, dans une mise en scène originale faisant appel à 50 chevaux et à 25 artistes, frappe un grand coup. Le spectacle mêle l’art équestre, la musique et les performances aériennes, tout en racontant une séduisante histoire dans un décor modernisé, totalement repensé.

Stephan Gruss assure la direction artistique, brillamment assisté à la mise en scène et à la scénographie par Grégory Garell, qui signe aussi la chorégraphie et la composition musicale qui a su faire la part belle à un excellent duo de chanteurs, Candice Parise et Xavier Ducrocq. Dans cette réjouissante ambiance, la troupe composée pour l’essentiel de la famille Gruss peut proposer durant 1 h 30 des numéros surprenants de virtuosité. Impossible de ne pas remarquer les jumeaux Charles et Alexandre Gruss, dignes représentants de la sixième génération et qui comptent parmi leurs plus belles récompenses, un Clown d’Or attribué cette année à leur étonnant et périlleux travail de jonglerie à cheval.

Deux jongleurs exécutent des acrobaties sur des chevaux au cirque, sous des lumières tamisées.


Cette célébration grandiose de l’héritage de la famille Gruss, met parfaitement en lumière leur talent et leur passion pour les arts du cirque. Très abouties, « Les Folies Gruss » séduisent tout autant les adultes qu’un très jeune public qui reste béat d’admiration devant la magie qui prend vie sous leurs yeux… pour le plus grand plaisir de leurs parents !

À noter que les spectateurs qui veulent rester dans cette ambiance festive et souhaitent prolonger leur visite, peuvent profiter d’une restauration faite maison, rythmée et agrémentée, encore et toujours, par des performances artistiques et musicales.

Philippe Escalier

Photos © Eloise Vene et © Olivier Brajon

Un groupe de danseurs sur scène célébrant les 50 ans des Folies Gruss, dans des costumes colorés, en pleine action avec des poses dynamiques.


























La Machine de cirque

Moment rare qui conjugue l’art circassien et l’humour le plus décoiffant, le remarquable spectacle donné par la jeune compagnie québécoise « La Machine de cirque » à La Scala tient le public en apesanteur pendant 1 h 30. Jubilatoire !

Des moments de cirque nous en avons vu pléthore ! Mais aussi passionnant, aussi abouti, aussi drôle et touchant, il faut convenir que c’est assez rare. Seul un travail d’équipe talentueuse, soudée et complice pouvait permettre d’atteindre un tel degré de réussite.
La Machine de cirque a été créée en 2013 dans le double but de placer ses productions sous le signe de l’excellence tout en assurant un épanouissement artistique et personnel durable pour ses membres. L’objectif est atteint. Les quatre artistes assurant les performances scéniques (de tout premier ordre) ont aussi participé à l’écriture et à la mise en scène du show placé sous l’égide de Vincent Dubé. Tout à la fois acrobates, voltigeurs et jongleurs, Yohann Trépanier, Raphaël Dubé, Ugo Dario, Maxim Laurin et Elias Larsson vont nous offrir une série de numéros spectaculaires, mat chinois, trapèze, planche coréenne (à couper le souffle), monocyle, j’en passe et des meilleurs !

Pour cimenter leurs prestations, Frédéric Lebrasseur est appelé à la rescousse. Ce percussionniste, guitariste et bruiteur se charge de la musique tout en faisant partie intégrante du spectacle qu’il n’hésite pas à troubler avec espièglerie, quand bon lui semble. L’osmose entre eux est totale et la direction artistique de Vincent Dubé est un modèle du genre, avec un humour déjanté auquel personne ne saurait résister, mettant parfaitement en valeur la qualité artistique des numéros. Rire et poésie font corps grâce au savoir-faire efficace et percutant caractéristique du professionnalisme des artistes nord-américains. Le numéro des serviettes, exceptionnel moment de détente, délicieusement aguicheur (peut-être le plus risqué !), comme celui du monocyle (qui mélange dextérité et délire), démontrent les qualités comiques d’une troupe formidablement douée, ne se prenant jamais au sérieux. Tout est d’une extrême précision, y compris les moments désopilants, toujours d’une justesse exemplaire. Le public adhère dès les premières minutes et marque son plaisir par des applaudissements aussi nombreux que chaleureux. C’est peu dire que La Machine de cirque nous apporte joie et plénitude. Redevenus à leur contact de grands enfants, nous savourons ce moment léger, plein d’originalité aussi joyeux que techniquement impressionnant, en un mot : irrésistible !

Philippe Escalier

La Scala Paris : 13, boulevard de Strasbourg 75010 Paris
Du mardi au samedi à 18 h 30, dimanche à 18 h
01 40 03 44 30 – https://lascala-paris.com/

Le Cirque du Soleil de retour à Paris

ALEGRIA

 

Le Cirque du Soleil a déjà ébloui Paris en 2005 avec Saltimbanco. Après deux ans d’attente, la venue d’Alegria permet aux Parisiens de renouer avec ce cirque d’exception.

 

Bien loin des chapiteaux d’antan, il n’est nullement exagéré de prétendre que vous n’avez jamais connu pareil cirque ! Celui-ci est né il y a plus de vingt ans, à Baie-Saint-Paul, près de la ville de Québec, de la rencontre de quelques saltimbanques passionnés par les spectacles de rue sous l’égide de son directeur actuel, Guy Laliberté. La troupe a grandi avec des succès, considérables et comporte aujourd’hui, toutes catégories confondues, plus de 3 600 personnes. Plusieurs « Cirque du Soleil » différents se produisent, en même temps, sur tous les continents et ses spectateurs se comptent par dizaines de millions.

 

Avec Alegria, c’est l’allégresse, la jubilation et la magie qui entourent les numéros traditionnels de l’art circassien déclinés sous la forme la plus spectaculaire qui soit. La mise en scène à la fois festive, colorée, musicale et stylisée est étudiée pour que tout jusqu’au moindre détail soit beau à couper le souffle. Les amateurs de sensations fortes seront servis : un spectacle du Cirque du Soleil est une féérie impossible à oublier !

Jusqu’au 15 juillet 2007

Rue André Campra 93210 Saint-Denis

RER D Stade de France

Du mardi au dimanche

www.cirquedusoleil.com

 

Le Cirque du Soleil : 7 semaines pour éblouir Paris

Son arrivée à Lille, en novembre 2004, a fait des envieux. Paris peut aujourd’hui admirer ce cirque hors du commun qui avec « Saltimbanco » nous entraîne vers un univers spectaculaire et inattendu, difficile à oublier.

Vous allez en voir de toutes les couleurs ! Bien loin des chapiteaux d’antan, il n’est nullement exagéré de prétendre que vous n’avez jamais connu pareil cirque ! Celui-ci est né il y a vingt d’ans, à Baie Saint-Paul, près de la ville de Québec, de la rencontre de quelques saltimbanques passionnés par les spectacles de rues, sous l’égide de son directeur actuel, Guy Laliberté. La troupe a grandi avec ses succès – considérables – et comporte aujourd’hui, toutes catégories confondues, plus de 3600 personnes.  Plusieurs « Cirque du Soleil » différents se produisent, en même temps, sur tous les continents. Inhabituelle, cette organisation ne l’a pas empêché de conserver intacte la magie de l’art circassien, en faisant la part belle à une présentation très haute en couleurs, où la musique (l’orchestre est présent sur scène) et le rêve règnent en maître.

 

Dans un grand show à l’américaine, 55 artistes venus de 15 pays différents proposent des numéros de voltiges ou d’acrobatie à couper le souffle. Le spectaculaire (le duo d’acrobates masculins – deux jumeaux polonais – ou encore les sauts périlleux d’une toute jeune fildefériste, sont sidérants, mais il faudrait les citer tous pour être juste !) alterne avec le comique. La soirée commence par des éclats de rire qui resteront présents tout au cours de la représentation. La mise en scène, toujours surprenante, inventive, avec des costumes fabuleux aux couleurs bariolées, sait provoquer les émotions les plus fortes. Créé il y a dix ans, « Saltimbanco » a été vu par plus de 7 millions de spectateurs. Cette ode à la vie, débordante de joie et d’optimisme, bourrée de fantaisie et de poésie, est vraiment un moment unique. Sous l’immense chapiteau, les spectateurs debout saluent cette féerie novatrice et audacieuse, qu’il ne faut rater sous aucun prétexte !  

Philippe Escalier    

Chapiteau Cirque du Soleil : Rue Yves Kermen, 92 Boulogne Billancourt – M° Billancourt – jusqu’au 26 mai à 20h30 du mardi, au samedi, matinées vendredi, samedi 16h30 & dimanche 13h & 17h – 2h50 avec entracte – 0 892 705 105 (0,34€/mn)

Cirque Eloize

“Nomade”

Lors de son dernier passage à Paris en 2003, ce jeune cirque venu du Québec a laissé un souvenir émerveillé. Jusqu’au 17 avril, il est installé au théâtre des Folies-Bergère pour deux heures de rêve. À ne  rater sous aucun prétexte !

 

Imaginez-vous invités d’une grande fête donnée lors d’un mariage. Pour festoyer, dans une ambiance digne des films de Kusturica et de Fellini où musique et chants sont omniprésents, les numéros spectaculaires s’enchaînent. Tous font la part belle à ce qui défie les lois de l’apesanteur, voltige, acrobatie ou jonglerie. Dans un esprit proche de celui du Cirque du Soleil, les extraordinaires prouesses techniques sont d’abord mises au service du rêve et de l’imaginaire. Entre la beauté des images, celles des participants, la sonorité envoûtante des thèmes musicaux produite par quatre musiciens présents sur scène, on se sent hypnotisé. Merveilleux moments que l’on souhaiterait sans fin !

 

Jeannot Painchaud a participé à la création d’un cirque dont il est devenu directeur artistique. Des îles de la Madeleine situées au cœur du golfe Saint-Laurent d’où il vient, “éloize” signifie “éclair de chaleur”. Fulgurants et chaleureux définissent parfaitement les quatorze jeunes artistes venus du Canada, de Pologne, de France, de Suisse ou de Guinée, mis en scène par Daniele Finzi Pasca. Créateur du “Théâtre de la Caresse”, ce spécialiste des clowns, foisonnant d’idées, leur a donné une formidable tonicité doublée d’une vraie sensualité. En sortant, le spectateur, totalement subjugué, ne peut que reprendre à son compte le slogan du spectacle : “Dans la nuit, le ciel nous semble plus grand.” Après pareils instants, le retour sur terre s’avère quelque peu difficile.  

Philippe Escalier

 

Folies-Bergère : 32 rue Richer 75009 M° Grands Boulevards – mardi, jeudi, vendredi 20h30 samedi 15h & 20h30 dimanche 15h du 8 mars au 17 avril  – 0 892 70 77 05

 

Mana

MANA ET LES FARFADAIS

Onze danseurs, acrobates, chanteurs ont travaillé durant plusieurs années pour produire «Mana», un moment de rêve haut en couleurs.

 

Au commencement était le big bang. L’énergie créatrice du monde, appelée Mana par les Incas, se développe autour des quatre éléments transformés par les Farfadais en divinités. Entre elles, beaucoup de conflits et un peu d’amour. Outre un nombre incalculable de costumes, le spectacle comprend des parties dansées, chantées et bien sûr de surprenants moments de voltige. Le tout en racontant une histoire qui tient de la science fiction et de l’héroic-fantasy. Le résultat est sidérant : dans les airs, avec une grâce absolue, ils défient les lois de l’apesanteur. Qui plus est, les artistes travaillent sans filet ni longe. La moindre erreur serait lourdement payée mais attachés, les numéros des Fardais ne seraient pas réalisables. Alors, pour la troupe fondée par les frères Haffner (ils ont rassemblé une bande de copains aux compétences diverses), la sécurité est une obsession de tous les jours.

L’histoire des Farfadais aurait de quoi nourrir un roman. Attirés par le stylisme, Alexandre et Stéphane Haffner commencent, très jeunes, par monter une ligne de vêtements. Ces deux gymnastes décident de transformer leurs défilés de mode en spectacle. Ils vont naturellement évoluer vers l’événementiel qui leur donne l’occasion de concevoir une partie des numéros qu’ils présentent aujourd’hui. La troupe se forme peu à peu et s’entraîne dans un lieu unique, à Aubervilliers. Vivant comme une famille, les membres de la compagnie se partagent les tâches qui ne manquent pas : depuis le chapiteau jusqu’aux costumes, les Farfadais font tout eux-mêmes.

Sans le savoir, vous avez déjà pu voir Stéphane Haffner ou son assistant, Emiliano illustrer des pages de mode pour de très grands stylistes attirés par leur souplesse physique peu commune. Dans leurs grands costumes colorés, vous ne les reconnaîtrez certainement pas. Une chose est certaine : vous vous souviendrez de leur spectacle.

Philippe Escalier

 

Chapiteau Mana : Pelouse de Saint Cloud 75016 Paris  –  jusqu’au 17 avril : vendredi samedi 20,  & dimanche 16h – 680 places – 0 892 702 803- 90 mn avec entracte

www.lesfarfadais.com   

 

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