Le jeu incandescent de Thomas Willaime que Jean-Christophe Barbaud a mis en scène au Lucernaire permet de redécouvrir, une superbe adaptation de L’ingénu de Voltaire.
Interpréter une œuvre en prose au théâtre est souvent périlleux. Il s’agit de faire vivre un texte n’ayant pas été écrit pour la scène et qui nécessite en amont un travail subtil, dans lequel tous les participants sont en parfaite osmose. L’on retrouve dans L’Ingénu la combinaison d’une adaptation réussie, d’une mise en scène accomplie et d’une interprétation magistrale.
Nous voici transportés en Basse-Bretagne pour revivre les aventures d’un jeune Huron qui devient vite la coqueluche du lieu (son allure sa franchise et son courage lui valent de nombreux suffrages, féminins en particulier) avant que son départ pour Versailles, où il est censé recueillir le fruit de son attitude héroïque au combat, ne tourne au désastre après qu’il ait fait preuve de compassion pour les protestants.
Le texte, dans une langue d’une grande pureté et d’une précision remarquables, est une satire sociale, religieuse et politique faisant l’éloge de la tolérance très symptomatique de l’époque des Lumières à laquelle il appartient. Cette plaidoirie se fait, avoir l’air d’y toucher, avec une extrême légèreté, par le récit de multiples aventures écrites avec le ton humoristique piquant qui caractérise si bien Voltaire.
Thomas Willaime qui a signé avec Jean-Christophe Barbaud l’adaptation du texte, nous captive et nous « embarque » dés les premières secondes. Son jeu, très théâtral, nous ramène dans ce Grand Siècle où l’on est en représentation permanente et où l’expression se fait avec emphase. Le parti pris est assumé, il fonctionne parfaitement d’autant que le comédien excelle et que des ruptures nourrissent l’intérêt constant du spectateur. Thomas Willaime multiplie les incarnations : un geste, une attitude, une respiration suffisent à nous faire changer de lieu ou de personnage. Ce virtuose nous prend par la main, dés la première seconde, pour ne plus nous lâcher, passant en une seconde, du masculin au féminin avec une redoutable efficacité. Tantôt avec énergie, tantôt avec malice, alternant la fougue et la douceur, il s’épanouit avec brio dans la difficulté du rôle et fait fi de tous les obstacles. Sur la scène, un fauteuil, un livre, un grand voile noir et une guitare. Avec ces quatre simples éléments, Jean-Christophe Barbaud nous fait voyager, campe un décor, une situation, évoque une figure, démontrant qu’une mise en scène réussie est affaire d’idées et non de mobilier !
Toutes les conditions sont réunies pour que le spectateur savoure ce moment, heureux de voir sous ses yeux, toujours renouvelée, l’éternelle et envoutante magie du spectacle vivant.
Philippe Escalier – Photo © Adrien Debré
Lucernaire : 53, rue Notre-Dame des Champs 75006 Paris
Du mardi au samedi à 18 h 30 et dimanche à 15 h
01 45 44 57 34 – http://www.lucernaire.fr
Jusqu’au 26 janvier 2020
Dates de tournée à venir :
11 et 12 janvier 2020 : Fontainebleau
13, 14, 22 et 27 mars 2020 : St-Maur
19 et 20 mars : Witry

Pascal Nowak est d’abord une voix, l’on en veut pour preuve ses nombreux doublages de grandes série comme Desperate Housewives, Game of Thrones ou de films dont le récent Mary Poppins de Walt Disney (rôle de Lin Manuel Miranda). En parallèle, la musique pop soul reste sa passion comme le montrent les concerts qu’il a donnés, notamment au cours des derniers mois. Le prochain, celui du 15 novembre 2019 sonne comme une récompense après une série de dates parisiennes. C’est aussi un nouveau départ avec un groupe légèrement réorganisé, composé de 6 artistes, un guitariste, un pianiste, un batteur, une basse et deux choristes, qui s’est consolidé avec l’arrivée de Stéphane Bertin, directeur musical et arrangeur. Ensemble, ils préparent un nouvel album d’une quinzaine de chansons, annoncé pour 2020 et suivi d’une tournée. Si l’on trouvera toujours ce qui est un peu sa marque de fabrique, de belles ballades, pimentées d’humour, répertoire idéal pour sa belle voix puissante et chaude, on notera une évolution vers des tonalités plus modernes et plus électro. Et toujours une écriture et des musiques sortant des sentiers battus, à la fois originales et percutantes, émanation d’une vraie personnalité artistique. Le concert du vendredi 15 novembre 2019 qui bénéficiera de la direction scénique du batteur Jean-Luc Dhayes et de la collaboration, à la fois ancienne et fidèle avec le guitariste auteur-compositeur Gérald Odile, débutera à 20 heures. En première partie, la chanteuse « Mill » sera accompagnée d’une guitare et d’un piano, le groupe Nowak prenant place vers 21 h. Pouvait-on rêver mieux que Le Zèbre de Belleville pour découvrir la bête de scène qu’est Pascal Nowak, ses nouveaux titres et son groupe ?!











