Mayumana

MAYUMANA

Ils sont dix danseurs et ils mettent littéralement le feu au Trianon. Arrivée à Paris le 19 janvier, ils offrent l’un des plus beaux spectacles de danses rythmiques jamais vus.

Je laisse l’article en l’état….sachez juste que, suite à une baisse de fréquentation due aux vacances scolaires, la troupe a pris la décision d’arrêter les représentations. Cela a surpris tout le monde (au point que France 3 a passé un reportage de 6 mn alors qu’ils n’étaient déjà plus à l’affiche!!!)….Comme quoi on peut avoir beaucoup de talent et ne pas savoir très bien gérer sa vie artistique…Ils doivent revenir en novembre….Le spectacle est tellement beau qu’on oubliera ce départ précipité pour les retrouver avec joie ! 

Ce spectacle de percussions, de rythme, d’humour et de danse est incroyablement inventif et dynamique. Née en Israël, la troupe a su tiré profit de la richesse des éléments de nationalités diverses qui la composent. On retrouve ainsi une grande variété de danses (orientales, capoeira ou flamenco) à côté de numéros d’une inventivité géniale, soudés par l’humour.

 

Les premières minutes sont relativement sobres, mais l’explosion ne tarde pas. Alignés devant nous, ils frappent sur des seaux avec des baguettes, puis avec les pieds. En rythme, on tape sur tout avec tout ! Le colossal travail de percussion n’empêche ni la beauté des thèmes musicaux, ni celle des mouvements, les yeux sont à la fête autant que les oreilles.

 

Parmi les nombreux numéros, l’apparition des conteneurs est un grand moment lumineux et sonore: vous ne regarderez plus jamais votre poubelle de la même façon ! Chaque fois, les prouesses techniques et physiques sont étonnantes, l’énergie dégagée contagieuse, on peut sentir la salle vibrer à l’unisson. D’ailleurs, il est bien difficile de rester sur son siège sans bouger. De grands sourires illuminent les visages à la sortie qui s’attardent autour du bar pour y savourer les bis que les danseurs viennent y donner. Rarement le bonheur des spectateurs aura été plus facilement perceptible.

Philippe Escalier

Le Trianon : 80 bd de Rochechouart  75018 M° Anvers – mardi au samedi à 20h15, matinées : samedi & dimanche 15h – attention : placement libre – 01 53 41 02 40

 

Catherine Lara

Elle parle vite, rit facilement, répond sans détour. Catherine Lara reçoit au Bar des Ondes, à Radio France, entre deux interviews, dans ce léger désordre qui lui va si bien. L’album « Graal » vient de paraître, accueilli chaleureusement par un public qui ne l’a pas oubliée. Rencontre avec une artiste entière, curieuse de tout, indifférente aux modes et fidèle, depuis toujours, à une certaine idée de la liberté.

Vous a-t-il fallu beaucoup de temps pour atteindre le « Graal » ?

Après la sortie d’« Aral », je suis restée au calme pendant huit ans, le temps nécessaire à la réflexion. J’ai l’habitude de ressentir et d’écrire la musique avec une intime conviction. Je ne veux pas que mes albums sortent au rythme du Beaujolais nouveau ! J’ai fait un grand break pour écrire sur la légende du Graal qui me tient à cœur. C’est un univers onirique avec plein de symboles et de magie qui, je l’espère, fera rêver les mômes de 7 à 77 ans ! Pour moi, le Graal, au-delà de l’objet, c’est l’envie de la perfection que l’on va chercher au fond de soi. On vit dans un monde chaotique, il vaut mieux s’accrocher à de belles valeurs.

Comment avez-vous constitué votre équipe musicale ?

Cela a pris quatre ans. J’avais envie de trouver des chanteurs qui ne soient pas seulement des « performeurs ». Je les ai choisis pour leurs qualités de comédiens, il fallait qu’ils correspondent au rôle. La plupart ne sont pas très connus, mis à part Curt Close, l’une des plus belles voix de Belgique, et Pablo Villafranca.

Pourquoi deux disques presque coup sur coup ?

Je ne suis pas montée sur scène depuis huit ans et le public me manque. J’ai eu envie d’écrire. Même si je suis une amoureuse des jeux de mots les plus nuls et les plus rigolos, en même temps, ils deviennent merveilleux aussitôt qu’ils sont poétiques. Ce disque va s’appeler « Passe-moi le ciel ». C’est l’album dans lequel j’ai attaché le plus d’importance à la véracité de mes émotions, le plus théâtral. C’est le côté de moi le plus féminin qui ressort dans cette histoire, alors que ma voix n’a jamais été aussi grave ! Elle a pris son envol en baissant !

Que pensez-vous de la chanson française aujourd’hui ?

Il y a d’un côté une chanson de qualité. Il y a toujours Jonas, Sheller, Murat, Cabrel, Souchon et les autres. Mais on entend à la radio des programmes uniformisés avec des chanteurs à voix qui ont tendance à chanter le bottin. Ils ont parfois du talent, parmi tous les mômes de la Star Ac par exemple, certains doivent avoir une belle âme, mais je trouve toujours terrible de donner la limousine avant de la mériter ! Les choses arrivent trop vite. On vit dans une société de consommation « kleenex » et ça me gonfle ! Je ne veux pas passer pour une vieille conne en train de radoter, mais quand je vois comment se sont construites les carrières des gens que je citais tout à l’heure, sur de belles fondations, on est loin des HLM en carton pâte que l’on produit aujourd’hui ! En fait, on abîme ces pauvres mômes qui croient que c’est arrivé. Notre société en fait des polaroids qui jaunissent très vite !

Comment expliquez-vous les échecs que vous avez connus ?

C’est complètement normal ! D’abord je ne suis pas universelle, ensuite j’ai le droit à l’erreur, enfin je ne me suis pas assez aimée pour me recopier pendant vingt-cinq ans : je me serais drôlement emmerdée ! Mais dans la vie on ne peut pas faire que des tubes. J’ai le sentiment de me respecter, d’avoir fait des choses que je ressentais vraiment et non pas de suivre la mode, ce qui est très démodé ! Vous savez, quand j’ai fait « Aral », je n’ai jamais imaginé qu’il marcherait dans vingt-huit pays ! Je l’ai fait avec amour.

Vous avez essayé presque tous les genres musicaux. Lequel a votre préférence aujourd’hui ?

J’ai la porte immensément ouverte à toutes les formes de musiques capables de me convaincre. Cela va de Mozart à NTM, en passant par IAM, le R&B, la bonne variété. Je suis un peu moins jazz. Tout peut me séduire. J’aime les chants bulgares et, d’une façon générale, je suis très attirée par les musiques du monde, d’où qu’elles viennent.

Si on parle un peu de la femme, aujourd’hui, êtes-vous heureuse ?

Extrêmement ! Avec mes petites merdouilles, comme tout le monde, car je ne vis pas dans le bleu ciel comme une imbécile ! Tout me touche, ce qui arrive dans le monde m’inquiète, mais j’ai tendance à être une femme épanouie : je vis une très belle histoire d’amour, j’ai la chance d’avoir encore ma vieille mère de 90 ans qui pète le feu et conduit toujours, et le métier que j’aime me fait vivre. Du coup, j’ai de quoi me réveiller de bonne humeur tous les matins !

Je suppose que vous n’avez jamais regretté d’avoir dit la vérité sur votre vie ?

Non, je ne peux pas regretter d’avoir été honnête. Je m’aperçois qu’on ne m’a jamais enquiquinée avec ça, jamais ! Je me sens libre, il m’arrive de me promener main dans la main avec la compagne avec laquelle j’ai la chance de vivre. Je vis une histoire d’amour et je sens réducteur de dire que l’on est homo ou hétéro. Je n’ai pas envie de me faire enfermer dans un ghetto quel qu’il soit. Jamais je ne me suis posé la question de savoir si telle ou telle chose se faisait ou pas. Je suis une femme amoureuse, point barre ! Je l’ai été avec des hommes, au début de ma vie, et c’était aussi de belles histoires.

Pourtant vous avez dans votre entourage des gens connus qui se cachent…

Oui, mais cela, il faut le respecter aussi. Certains sont timides, on n’est pas obligé de tout dire non plus. On fait partie d’un monde très médiatisé où le show-business doit passer à confesse. Quand on m’a posé la question, j’ai eu envie de répondre. Mais laissons à chacun son libre arbitre et sa part de jardin secret !

Vos fans se plaignent que vos premiers albums ne soient plus disponibles. Y a-t-il des rééditions en vue ?

Pour moi, les premiers albums sont si loin et je vis tournée vers l’avenir. Mais, en effet, Universal vient de sortir une jolie compilation qui s’appelle la « Long Box », où l’on retrouve beaucoup de titres dont certains ne sont plus disponibles.

Pour continuer dans le passé, quel souvenir gardez-vous de Barbara ?

C’est très dur de parler d’elle, parce que c’est encore à vif pour moi. Elle me manque. Ses messages qu’elle écrivait en faisant des dessins et qu’il fallait déchiffrer me manquent. C’était une merveilleuse créature, elle avait tout ce que j’aime. Le charisme, d’ailleurs, le charisme, c’est elle qui l’a inventé ! L’humour, j’ai tellement ri avec elle. L’intelligence, la beauté. Rien de commun, ni d’ordinaire. Je pourrais vous en parler pendant des heures. C’était une princesse, une magicienne. À l’époque, c’était mon Merlin à moi !

Propos recueillis par Philippe Escalier


« Graal » — BMG Media
« Passe-moi le ciel » — Tréma / AZ / Universal Music (avril 2005)
« Long Box » — AZ Universal, coffret 3 CD

Stage Beauty

Sortie le 2 mars – 1h47  

Au XVIIe siècle, la plus célèbre et la plus belle actrice d’Angleterre se prénommait…Edward ! La scène interdite aux femmes, il revenait aux hommes d’interpréter leurs rôles en travestis. Lorsque le Roi Charles II rentre d’exil, mettant fin à dix-huit années de puritanisme imposés par Cromwell, le théâtre reprend tous ses droits. Edward Kynaston, devenu la coqueluche des londoniens, rayonne. Mais, peu attiré par le sexe opposé, il a le malheur de déplaire à la maîtresse du souverain qui fait abolir le décret interdisant aux femmes de monter sur scène. C’en est fini du règne du jeune comédien, condamné à hanter les bas-fonds de la capitale pour continuer à jouer et à survivre.

Véridique, cette histoire renaît grâce au talent de Richard Eyre qui signe là son cinquième long métrage, le plus abouti de tous. Homme de théâtre, il est inspiré par un sujet qu’il maîtrise et affectionne. Le destin de Kynaston est retracé avec le faste qui caractérise ces années 1660, où l’Angleterre renaît. Dans des costumes et des décors magnifiques, servis par une photo d’une qualité remarquable, il construit son film comme un thriller, avec une distribution idéale. Dans le rôle principal, Billy Crudup (débute en 1996 dans « Sleepers », puis tourne une quinzaine de films dont « Big Fish » en 2003) étonne. On n’attendait pas forcément ce bogosse brun dans un tel rôle. Le voilà tout d’un coup, plus attirant encore en femme qu’en homme, doué d’une sensualité étonnante, jouant Desdémone avec les coquetteries de l’époque. En face de lui, Claire Danes interprète l’amoureuse éconduite, celle qui va devenir une rivale redoutable. La comédienne (elle a tourné dans « The Hours ») crève l’écran par sa présence, sa beauté naturelle et son talent. Plus que jamais royal, Rupert Everett incarne Charles II avec une majesté toujours impertinente et ironique qui lui va si bien. On remarquera aussi la présence de Ben Chaplin dans la peau du second duc de Buckingham, à voile ou à vapeur, selon d’où vient le vent !

Formidablement intéressant, magnifiquement interprété, il faudrait nous payer fort cher pour nous faire dire, un tant soit peu, du mal d’un film que nous avons adoré !

Philippe Escalier

Les Muses orphelines

Le mal de mère

Plus qu’une réussite, cette pièce intimiste, vivante et dynamique, mise en scène par Didier Brengarth au Tristan Bernard est une vraie révélation !

 

Nous sommes dans un coin perdu du Québec où, jadis, pour suivre un homme, Lucie a créé le scandale en abandonnant ses quatre enfants. Adultes, ils sont loin d’avoir digéré le drame. Luc porte le souvenir et parfois les habits de sa mère. Isabelle est restée un peu simplette sous la houlette de Catherine tandis que Martine a trouvé son salut de lesbienne en rejoignant l’armée. Cette famille éclatée se trouve réunie, au moment où le retour la mère indigne semble enfin au programme.

 

Entre de multiples rebondissements, alternant humour et émotion, l’œuvre du québécois Michel-Marc Bouchard (visiblement inspirée par les Muses) est captivante. La difficulté de vivre la famille est finement décrite. Ici les dialogues sont simples mais diablement efficaces. Couvée par sa grande sœur, parfois un peu malmenée, toujours un cahier à la main pour y écrire des mots nouveaux, Isabelle est le personnage pivot de la pièce. C’est elle qui est à l’origine des retrouvailles. Avec sa grande naïveté, elle met en évidence les fêlures de cette étrange fratrie. Malgré la tension toujours présente, ses attitudes et ses réparties font jaillir de la salle de grands éclats de rire. Dans ce rôle, Emmanuelle Bougerol réalise une prestation tout à fait exceptionnelle. À ses côtés, Magaly Godenaire est parfaite de sobriété et d’intensité, tout comme Stéphanie Colonna, tandis que David Macquart marque avec beaucoup de force les nombreux moments émouvants de la pièce.

 

Sans aucune vedette, jouée par une troupe jeune, il est réjouissant qu’un grand théâtre ait eu l’audace d’une telle programmation. Le pari est gagné au delà de tout espoir. « Les Muses orphelines » sont bien la surprise de cette année théâtrale.

Philippe Escalier

Tristan Bernard : 64 rue du Rocher 75008 – M° Villiers – du mardi au samedi à 21h, matinée samedi à 18h – 01 45 22 08 40

 

 

Le songe d’une nuit d’été

Au Mouffetard, mise en scène de folie et troupe inspirée : Shakespeare doit être aux anges !

Ceux qui craignent l’endormissement provoqué par les styles intello-pompeux n’ont aucun souci à se faire ! Sophie Lorotte a choisi de respecter l’esprit de l’époque élisabéthaine qui ne respectait rien ! Le théâtre du père William, avant tout vivant et foisonnant, aborde ici les thèmes intemporels d’histoires d’amours croisées et contrariées si souvent déclinées par la littérature puis le cinéma. Avec une pointe d’esprit manga, des costumes exagérés rappelant le cirque et des facéties sans nombre, cette mise en scène a décidé de populariser un théâtre truculent, souvent trop sacralisé. Certes, la poésie y perd quelque peu, comme le texte, sensiblement raccourci, mais au final, le résultat est assez tonique et surprenant pour que nous ne boudions pas notre plaisir. D’autant que les comédiens assurent ! À commencer par Stéphane Brel, toujours en grande forme, formidablement dynamique et expressif, faisant oublier par ses qualités d’acteur, un physique presque trop parfait ! Nicolas Beaucaire (remplacé du 18 au 23 janvier par Jean-Christophe Laurier) donne belle allure à Démetrius et une joie communicative à Starveling, son second personnage. Cyril Aubin (les habitués du petit écran reconnaîtront sa frimousse), se glisse avec une insolente facilité dans la peau de Puck, un rôle hilarant, particulièrement remuant. Face à ces trois mousquetaires, Julie Deliquet et Herrade von Meier ne sont pas en reste, étonnantes de vivacité et de subtilité. David Seigneur (Obéron) est sobre et imposant, tout comme sa partenaire, Julie André (Titania) tandis que Frédéric Souterelle, aux allures de jeune Falstaff, incarne Bottom. Amours contrariées, fées espiègles, univers fantastique, rebondissements et happy end, la richesse de l’univers shakespearien est restituée par une distribution qui va emporter votre adhésion.

Philippe Escalier

 

Théâtre Mouffetard : 73 rue Mouffetard 75005 Paris M° Monge – jusqu’au 26 février du mardi au samedi à 21h, dimanche 15h – 01 43 31 11 99

 

Alexandre d’Oliver Stone

En moins de trois heures, Oliver Stone a retracé l’incroyable destin du plus grand mythe de l’Histoire occidentale.

Parti d’un petit royaume grec, la Macédoine, Alexandre se taille un empire colossal, mettant à genoux la puissante Perse. Général de génie, administrateur avisé, l’homme s’empare des nombreux territoires qu’il traverse durant les treize années d’une conquête insatiable. Il disparaît à 33 ans (si le Christ meurt au même âge, cela n’a rien d’un hasard !) et son Empire est partagé entre ses compagnons d’armes.

Il y a au moins deux raisons d’aller voir ce film non exempt de défauts, un certain goût pour le bavardage et d’horribles décors flambants neufs, faisant plus penser au Louvre des Antiquaires qu’à l’Antiquité ! D’abord, qui peut résister à l’incroyable prestation de Colin Farrell ? Capable de jouer sur des registres très différents, il est tout aussi crédible lorsqu’il regarde Hephaïstion avec des yeux de biche que lorsqu’il charge, couvert de sang et fou furieux, la cavalerie perse. Dans «Alexandre», le grand Colin Farrell confirme sa capacité à égaler les meilleurs. Avec un peu d’ironie, on notera que l’acteur, à l’image de celui qu’il incarne, est parti d’un petit pays européen (en l’occurrence l’Irlande) pour conquérir le plus puissant cinéma du monde.

Ensuite, si incertaine qu’elle soit parfois, Oliver Stone a choisi de scrupuleusement respecter la vérité historique. Cette attitude est trop rare, notamment dans un film américain, pour ne pas être applaudie. Respectueux des faits, le réalisateur n’a pas éludé l’homosexualité et la passion pour Hephaïstion, l’ami unique, l’alter ego à la mort duquel Alexandre ne survivra que quelques mois. Avec ses cheveux longs et ses regards tendres, Jared Leto, vu récemment dans «La Ligne rouge» et «Panic Room», donne au personnage une troublante véracité. On pourra pinailler en notant que cette relation est davantage montrée sous l’angle de la complicité virile. Mais d’évidence, pour un film très grand public, il y a là une heureuse nouveauté qui nous fait oublier le discours un peu embrouillé sur la tri sexualité du macédonien tenu par Oliver Stone durant le lancement du film. Sur ce sujet, nous préférons retenir que Colin Farrell « récidive » avec «La Maison au bout du monde» (sortie courant 2005) où il interprète un rôle d’homo.

Avec une belle distribution, Antony Hopkins, Angelina Jolie, Val Kilmer (surprenant dans le rôle de Philippe de Macédoine), «Alexandre» mérite d’être vu. Les américains l’ont un peu boudé, au motif qu’il était trop long, trop didactique et pas assez romancé. Parions que «la vieille Europe» saura se montrer plus subtile !

Philippe Escalier

Mana

MANA ET LES FARFADAIS

Onze danseurs, acrobates, chanteurs ont travaillé durant plusieurs années pour produire «Mana», un moment de rêve haut en couleurs.

 

Au commencement était le big bang. L’énergie créatrice du monde, appelée Mana par les Incas, se développe autour des quatre éléments transformés par les Farfadais en divinités. Entre elles, beaucoup de conflits et un peu d’amour. Outre un nombre incalculable de costumes, le spectacle comprend des parties dansées, chantées et bien sûr de surprenants moments de voltige. Le tout en racontant une histoire qui tient de la science fiction et de l’héroic-fantasy. Le résultat est sidérant : dans les airs, avec une grâce absolue, ils défient les lois de l’apesanteur. Qui plus est, les artistes travaillent sans filet ni longe. La moindre erreur serait lourdement payée mais attachés, les numéros des Fardais ne seraient pas réalisables. Alors, pour la troupe fondée par les frères Haffner (ils ont rassemblé une bande de copains aux compétences diverses), la sécurité est une obsession de tous les jours.

L’histoire des Farfadais aurait de quoi nourrir un roman. Attirés par le stylisme, Alexandre et Stéphane Haffner commencent, très jeunes, par monter une ligne de vêtements. Ces deux gymnastes décident de transformer leurs défilés de mode en spectacle. Ils vont naturellement évoluer vers l’événementiel qui leur donne l’occasion de concevoir une partie des numéros qu’ils présentent aujourd’hui. La troupe se forme peu à peu et s’entraîne dans un lieu unique, à Aubervilliers. Vivant comme une famille, les membres de la compagnie se partagent les tâches qui ne manquent pas : depuis le chapiteau jusqu’aux costumes, les Farfadais font tout eux-mêmes.

Sans le savoir, vous avez déjà pu voir Stéphane Haffner ou son assistant, Emiliano illustrer des pages de mode pour de très grands stylistes attirés par leur souplesse physique peu commune. Dans leurs grands costumes colorés, vous ne les reconnaîtrez certainement pas. Une chose est certaine : vous vous souviendrez de leur spectacle.

Philippe Escalier

 

Chapiteau Mana : Pelouse de Saint Cloud 75016 Paris  –  jusqu’au 17 avril : vendredi samedi 20,  & dimanche 16h – 680 places – 0 892 702 803- 90 mn avec entracte

www.lesfarfadais.com   

 

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