Jean-Pierre Marielle

 

Il est de retour mi-septembre 2007 au théâtre de l’Œuvre
avec Les Mots et la Chose. Face à une
jeune comédienne chargée de synchroniser des films érotiques incarnée par
Agathe Natanson, Jean-Pierre Marielle est le professeur venu apporter des cours
de vocabulaire sur ce qui, de près ou de loin, concerne « la
chose » ! Rencontre avec un immense comédien, qui, entre autres
confidences, nous dit son bonheur de jouer le texte truculent de Jean-Claude Carrière.

Comment êtes-vous
arrivé sur ce spectacle ?

J’ai beaucoup travaillé avec Jean-Claude Carrière et j’ai
déjà joué Les Mots et la Chose face à
Carole Bouquet avant de le reprendre avec Agathe Natanson. Mais c’est la
première fois que je fais ce genre de spectacle où il faut s’effacer derrière
les mots pour faire passer l’humour, la grâce et le charme que Jean-Claude
Carrière a mis dans ce texte.

C’est un plaisir de
retrouver le théâtre de l’Œuvre ?

Tous les soirs quand j’arrive dans le foyer où nous sommes
je lance : « Bonsoir monsieur
Anouilh ! »
Durant deux ans, j’y ai joué sa pièce Les Poissons rouges avec Michel Galabru.
C’est un endroit qu’Anouilh adorait. Du reste, je le vois, il est toujours
là !

Au cinéma, vous avez
eu la chance d’avoir des rôles très différents !

Oui, j’ai eu un type d’emploi comme on les appelle mais j’en
suis sorti, notamment grâce à l’énorme succès que furent Les Galettes de Pont-Aven. Ensuite j’ai fait des films avec des
personnages qui ne se ressemblaient pas, et tant mieux, car c’est la diversité
qui m’intéresse dans ce métier.

Dans le lot, y a-t-il
eu un personnage qui vous ressemblait ?

Vous savez, j’ai un peu de mal à parler de moi parce que je
ne sais pas trop à quoi je ressemble. Jouer c’est ma vie et j’ai commencé au
lycée poussé par mon prof de lettres qui m’a dit un jour : « Si j’étais vous, je me présenterais
au Conservatoire. »
rires). Quelque part, il avait raison, parce que pour moi, les
choses se sont passées simplement. Je dirais qu’elles se sont faites à mon
insu, je n’ai jamais sollicité, je n’ai jamais passé d’audition, j’ai tourné
très jeune, des petits rôles (j’ai eu beaucoup de seconds rôles) et puis cela
s’est fait, de façon relativement facile ; c’est de la chance cela !

Ce que j’ai fait et quand j’en suis sorti, j’ai
tout de suite commencé à travailler, ce qui a fait dire à mon père que ce
métier était vraiment d’une facilité incroyable (

Entre vous et Agathe
Natanson, le metteur en scène a eu l’idée de glisser un jeune musicien…

Oh oui, un jeune homme formidable ! Pierre-François
Dufour fait partie du Grand Orchestre de Bordeaux où il est violoncelle solo.
Et, le soir, lorsqu’il n’est pas avec nous, pour son plaisir, il devient
batteur de jazz. Il a une grande présence en scène et apporte beaucoup au spectacle.

Sur le plan
personnel, vous êtes amateur de musique ?

Beaucoup. Je suis un grand fan de jazz. Je vais souvent au
New Morning. Dans le temps, j’allais au Vieux Colombier. À l’époque, quand nous
jouions dans cette salle, il y avait en dessous Sidney Bechet qui jouait et
nous devions parler plus fort pour passer par-dessus sa musique. Cela dit,
ensuite on allait l’écouter !

Propos recueillis par Philippe Escalier pour :
http://www.sensitif.fr

Théâtre de l’œuvre :
55, rue de Clichy 75009 Paris M° Place de Clichy

Du mardi au samedi à 19 h jusqu’au 3 novembre 2007

01 44 53 88 88

 

Denyse Willem

Par Vincent Dessouroux

 

 

Une imagination débordante et des personnages atypiques évoluant dans des univers hors du temps ont permis à Denyse Willem de s’imposer dans l’univers de l’art plastique.

 

Tout commence pour elle en 1943 dans le petit village de Blégny où elle voit le jour. Déjà toute jeune, elle s’adonne à de nombreuses activités récréatives telles que le dessin et le théâtre, avant de franchir, un peu plus tard, les portes de l’Académie royale des beaux-arts de Liège en 1958. Là, elle perfectionne le dessin, la gravure et la peinture décorative, faisant de la femme son thème de prédilection. De fait, l’artiste aime à s’approprier les rôles de la femme revendicatrice, de la femme fatale, en passant par la Méduse aux cheveux de serpents, usant de ses charmes paralysants, ou encore celui du Chaperon rouge, tenant fermement le loup par la main. Denyse Willem, qui aime à jouer avec les fables et les mythes, cache derrière le loup sa propre vision de l’homme, qu’elle dépeint aussi parfois avec des traits plus féminins, suscitant la curiosité et l’enthousiasme des personnes de son sexe. Sorte d’utopie de l’androgynie mais surtout de la véritable égalité des hommes et des femmes.

à partir du milieu des années 70, l’art de Denyse Willem se transpose au théâtre. L’artiste aborde la mise en scène avec des tons acidulés où, une fois les rideaux rouges relevés, les personnages, costumés et évoluant dans des paysages aux passés lointains, esquissent leurs sourires ironiques afin de donner à la vie ses aspects comiques ou tragiques. William Shakespeare disait d’ailleurs : « Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle. »

Toutes ces caractéristiques font de l’œuvre de Denyse Willem un ensemble riche et visuel offrant des filiations avec les peintures de l’Amérique latine, et plus particulièrement celle de Frida Kahlo ou encore de Paul Delvaux où des figures féminines, fortement érotisées, évoluent dans des paysages oniriques. Poétique, magique et enchanteur, autant d’adjectifs pouvant qualifier l’art de cette grande artiste qui s’inscrit à part entière dans le mouvement de la « néo-peinture », celui-là même qui consacre le retour aux mythes.

Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus sur l’univers étonnant de cette artiste, un seul lien : www.denysewillem.com. Il faut également signaler qu’elle sera visible à la prochaine foire internationale d’art de Toronto du 25 au 29 octobre 2007 et représentée par la galerie Mineta Contemporary de Bruxelles.

 

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