20 centimètres

 

En signant son deuxième long métrage, le réalisateur Ramon Salazar vient prouver que la relève du cinéma espagnol est assurée. Entre folie, poésie, musique et tendresse, la réussite est au rendez-vous. On est sous le charme !  

 

On serait étonné à moins : un titre (et un sous-titre : « peut-on mesurer le bonheur ?») des plus racoleurs, les premières séquences pouvant faire songer à une copie d’Almodovar et pourtant… Au final, on repart avec une multitude d’images en tête et le souvenir d’un grand film déconcertant, vivant, avant tout d’une originalité tonifiante. Avec en prime, et ce n’est pas rien, le plaisir de voir jouer Monica Cervera, une actrice découverte par le réalisateur, à la dégaine d’enfer et au charme peu banal.

 

Marieta  vit avec dans un monde interlope fait de vies brinquebalantes. De son corps d’homme, elle n’a conservé qu’un appendice conséquent (d’où le titre) dont elle rêve de se débarrasser. Pour passer sur le billard, elle tapine et économise. Par hasard, elle rencontre un beau mâle (le sensuel Pablo Puyol), à la fois primaire et primeur qui en pince… pour sa virilité, donnant lieu, au passage, à quelques scènes croustillantes où les rôles masculins féminins sont inversés avec un subtil mais féroce sens de la dérision.

Les diverses séquences de cette histoire aux nombreuses ramifications sont ponctuées par des moments musicaux. Des airs connus (Dalida, Queen notamment) sont chorégraphiés dans un style kitch et drôle, assez inimitable, entre Jacques Demy, Bob Fossé et Lloyd Weber, le délire en prime. Avec de tels mélanges, il fallait un sacré savoir-faire pour ne jamais tomber dans l’excès ou le ridicule et donner à l’ensemble une parfaite allure homogène. Ramon Salazar a réussi cet exploit. Tout en éblouissant nos mirettes, il nous fait vivre une aventure attachante avec ce film ne ressemblant à aucun autre, qui devrait faire parler de lui. Aller, plus que trois semaines et il est à l’affiche !

 

 Sortie le 12 octobre 2005 : 1h49

 

 

 

Philippe Escalier

Richard III

 

 

Pour les amateurs de théâtre classique, la rentrée vient de se faire aux Amandiers avec la pièce la plus jouée au monde après « Hamlet ». « Richard III » est présenté dans la mise en scène de Philippe Calvario avec Philippe Torreton dans le rôle titre.  

 

L’action se déroule lors de la guerre des Deux Roses, suite de guerres civiles sanglantes entre la maison royale de Lancastre et celle d’York qui prit fin en 1485 avec la mort de Richard III au champ d’honneur « à la différence de Roberto Zucco dont je me suis emparé précédemment, la barbarie et la sauvagerie de Richard III sont dictées par une soif intarissable de pouvoir » explique Philippe Calvario. Et d’ajouter : «Le spectateur vient voir LE MAL incarné sur un plateau, il cherche même inconsciemment voire consciemment à être séduit par lui, comme Lady Anne sera séduite par cet homme qui a tué son mari et son père. La distance historique rend tolérable cette fascination. » Pour cette pièce impressionnante, jouée par quinze comédiens, la scénographie de Karin Serres s’inspire du Japon et des samouraïs.

 

Philippe Torreton excelle ici dans ce rôle grandiose et horrible, tortueux et torturé qui prend fin sur cette dernière phrase, restée célèbre, « Mon royaume pour un cheval ». Impossible de mettre en scène une pareille épopée sans faillir. Philippe Calvario (comment lui reprocher d’être un peu dépassé par l’œuvre !) avec ses maladresses et parfois ses enfantillages ne parvient pas à nous convaincre vraiment. Mais en apportant un autre coup de chapeau mérité au grand comédien qu’est Jean-Luc Revol, c’est bien la distribution que nous retiendrons. Elle porte la pièce à ses hauteurs habituelles.

 

Philippe Escalier

 

Théâtre Nanterre-Amandiers : 7, avenue Pablo-Picasso 92022 Nanterre – RER Nanterre-Préfecture (ligne A) & navette assurée avant et après la représentation – du vendredi 16 septembre au dimanche 23 octobre du mardi au samedi 20h, dimanche 15h30 – 3h30 avec entracte – 01 46 14 70 00

Lady Di

 

Après Coluche, Mozart, Rainier, l’envie de faire parler les morts est venue frapper à nouveau. Quoi de plus tentant que te faire réentendre la voix de la Princesse du peuple, (voilà bien le contraire d’un pléonasme !) en lui faisant prononcer nos propres mots …Espérons que l’humour restera un peu britannique !

 

L’ampleur de l’émotion suscitée par votre mort a dû vous étonner ?

C’est surtout l’accident qui m’a surprise ! Le chauffeur devait se croire « in England » pour rouler autant à gauche… ! émotion impressionnante mais rassurante. Le seul qui m’ait battue, à ce jour, c’est Jean-Paul II, ce qui, depuis, a provoqué une petite guéguerre entre nous à la cantine… !

 

Auriez-vous des révélations à faire sur le drame ?  On dit parfois que vous avez été assassinée ?

Je sais, cela fait plus romantique ! Soyez logique une seconde : la Couronne ayant horreur des divorces, si j’avais dû être tuée, cela aurait été juste avant mon divorce. Et puis, on ne fait pas tuer les gens comme ça ! Oh, mais j’ai tout de même une confidence à vous faire : un jour, une voyante m’a prédit que je finirais ma vie sous les ponts…ce qui, à l’époque, m’avait fait mourir de rire ! Comme quoi, il vaut mieux écouter les cartomanciennes que ces « bloody journalists » !

 

Suivant vos traces, William est en train de devenir la coqueluche des Anglais !

Oui, je sais qu’il plait beaucoup aux filles, j’ai même entendu dire que les garçons en sont fous… Well, c’est normal, la séduction ne connaît pas de frontières !

 

Y-a-t-il des choses là-haut que vous regrettez ?  

À part mes fils, aucune ! Si ! J’aurais juste aimé pouvoir assister au mariage d’Elton et de David. Sinon, je maintiens que l’enfer est nulle part ailleurs que sur terre. Vous savez, les gens pensent qu’une princesse a tout pour être heureuse. Wrong ! En fait, on vit une vie de martyrs pour que vous puissiez rêver en lisant vos magazines chez le coiffeur ! Je ne souhaite à personne de subir l’horreur du protocole…ce n’est pas humain ! On choisit tout pour vous, même vos vêtements !

 

Vous ne le souhaitez même pas à Camilla ?

Non, j’ai jeté la rancune à la Seine !  Je la plains…Par contre, elle, je pense qu’elle doit vraiment s’habiller toute seule… !

 

Concernant la Reine ?

The Queen ? Elle est à la politique ce que Lance Armstrong est au sport : une très grande professionnelle !  La seule différence : elle ne s’est jamais dopée… quoi que, parfois je me demande !

 

Personnellement, je pense que vous avez été victime de votre quête du prince charmant ?

Ah, parce que de votre côté, vous cherchez un prince affligeant ? J’ai été victime des hommes ! Entre Camilla Parker-Bowles et moi, qui hésiterait ? C’est pourtant elle qu’il a choisi ! So, si je revenais sur terre, je me transformerais en Cruella, je porterais du cuir et une cravache. La plupart des hommes ne cherchent que la difficulté ! Je me dis parfois que j’aurais dû être joueuse de tennis ou actrice de cinéma… lesbienne de préférence !

 

Sir Philip Escalier

 

 

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑