Moment rare qui conjugue l’art circassien et l’humour le plus décoiffant, le remarquable spectacle donné par la jeune compagnie québécoise « La Machine de cirque » à La Scala tient le public en apesanteur pendant 1 h 30. Jubilatoire !
Des moments de cirque nous en avons vu pléthore ! Mais aussi passionnant, aussi abouti, aussi drôle et touchant, il faut convenir que c’est assez rare. Seul un travail d’équipe talentueuse, soudée et complice pouvait permettre d’atteindre un tel degré de réussite.
La Machine de cirque a été créée en 2013 dans le double but de placer ses productions sous le signe de l’excellence tout en assurant un épanouissement artistique et personnel durable pour ses membres. L’objectif est atteint. Les quatre artistes assurant les performances scéniques (de tout premier ordre) ont aussi participé à l’écriture et à la mise en scène du show placé sous l’égide de Vincent Dubé. Tout à la fois acrobates, voltigeurs et jongleurs, Yohann Trépanier, Raphaël Dubé, Ugo Dario, Maxim Laurin et Elias Larsson vont nous offrir une série de numéros spectaculaires, mat chinois, trapèze, planche coréenne (à couper le souffle), monocyle, j’en passe et des meilleurs !
Pour cimenter leurs prestations, Frédéric Lebrasseur est appelé à la rescousse. Ce percussionniste, guitariste et bruiteur se charge de la musique tout en faisant partie intégrante du spectacle qu’il n’hésite pas à troubler avec espièglerie, quand bon lui semble. L’osmose entre eux est totale et la direction artistique de Vincent Dubé est un modèle du genre, avec un humour déjanté auquel personne ne saurait résister, mettant parfaitement en valeur la qualité artistique des numéros. Rire et poésie font corps grâce au savoir-faire efficace et percutant caractéristique du professionnalisme des artistes nord-américains. Le numéro des serviettes, exceptionnel moment de détente, délicieusement aguicheur (peut-être le plus risqué !), comme celui du monocyle (qui mélange dextérité et délire), démontrent les qualités comiques d’une troupe formidablement douée, ne se prenant jamais au sérieux. Tout est d’une extrême précision, y compris les moments désopilants, toujours d’une justesse exemplaire. Le public adhère dès les premières minutes et marque son plaisir par des applaudissements aussi nombreux que chaleureux. C’est peu dire que La Machine de cirque nous apporte joie et plénitude. Redevenus à leur contact de grands enfants, nous savourons ce moment léger, plein d’originalité aussi joyeux que techniquement impressionnant, en un mot : irrésistible !
Philippe Escalier
La Scala Paris : 13, boulevard de Strasbourg 75010 Paris
Du mardi au samedi à 18 h 30, dimanche à 18 h
01 40 03 44 30 – https://lascala-paris.com/

L’évocation de Barbara proposée par Raphaëlle Lannadère, accompagnée par le pianiste Babx, mis en scène par Thomas Jolly dans Un jardin du silence à La Scala est une délicate conversation musicale laissant apparaitre la chanteuse dans sa plus profonde authenticité.
C’est à une expérience terriblement originale que nous convie la compagnie A2R avec cette mise en espace d’une adaptation d’Hamlet signée Léonard Matton et donnée au château de Vincennes.
L’un des derniers écrits d’Oscar Wilde, l’émouvant De Profundis, nous est proposé au Ranelagh, pour neuf exceptionnelles, dans une lecture musicale faite par Michel Voletti accompagné du pianiste Mickaël Lipari-Mayer. Une redécouverte d’un grand texte qui donne lieu à un moment d’une incomparable intensité.

Adapté par Stéphane Laporte et Virginie Lemoine, le premier roman posthume Irène Némirovsky consacré à la seconde guerre mondiale donne lieu, au théâtre La Bruyère, à un spectacle d’une incroyable force porté par l’interprétation virtuose de Franck Desmedt.
C’est à une belle et douce ballade sur les chemins de la curiosité et de l’amour des livres que nous invite Cliff Paillé à l’Essaïon. En compagnie de Pauline Phélix, son histoire est écoutée et vécue par le spectateur avec curiosité et gourmandise.