Paris en liberté : Doisneau

 

 La mairie de Paris expose plus de 280 photos de Robert Doisneau formant, sans aucun souci chronologique, un libre parcours à travers la capitale. Soixante ans séparent la première photo de la dernière, prise le 25 septembre 1993 par cet amoureux de la Ville lumière.

 

Il s’agit de la première grande rétrospective consacrée au photographe depuis 1995, quand, un an après sa mort, le musée Carnavalet lui rendait hommage.

« Ma photo, c’est le monde tel que je souhaite qu’il soit », avait coutume de dire Doisneau. De fait, cette exposition se veut comme une promenade dans son imaginaire parisien et apporte la démonstration que nul autre mieux que lui n’a su redonner l’illusion de l’instantané. Mêlant une grande majorité de clichés pris sur le vif avec quelques images recomposées, l’artiste, pour qui la photo était indispensable, aimait à brouiller les pistes avec un talent hors du commun.

 

Salle Saint-Jean

5, rue Lobau 75004 Paris

Tlj sauf dimanches et fêtes de 10 h à 19 h

Jusqu’au 17 février 2007

Entrée gratuite

 

Crédit Photo : Atelier Robert Doisneau

Cyrille Thouvenin

 

Le théâtre : une question d’amour !

 

Curieusement, cet ancien élève du Conservatoire a d’abord été connu grâce à la télé et au cinéma. Il s’attaque au théâtre, la saison dernière, avec Vincent River avant de faire l’affiche du Gardien d’Harold Pinter, un défi majeur qu’il aborde avec humilité et générosité.

 

Avec Vincent River, vous n’avez pas choisi la facilité !

C’est vrai, mais cette pièce a eu l’avantage de me faire « grandir ». Elle m’a fait comprendre, avec ses émotions, sa force, parfois sa violence, que mon envie était d’être sur scène.

 

Que s’est-il passé après Vincent River ? Des vacances ?

Non, j’ai eu la grande chance de pouvoir réaliser une adaptation de L’Avare avec Michel Serrault dans le rôle titre pour une diffusion télé prévue durant les fêtes. J’ai dû faire un travail de dingue. Molière est mon auteur fétiche (je sais, ça fait pas très branché !), mais vraiment, c’était un rêve absolu.

 

Depuis vos débuts, comme ici dans Le Gardien où vous jouez en compagnie de Robert Hirsch et de Samuel Labarthe dans une mise en scène de Didier long, vous avez eu la chance de ne participer qu’à des projets de grande qualité !

Lorsque la proposition est arrivée, je n’ai pas eu à réfléchir très longtemps avant de dire « oui » ! Effectivement, je choisis, et donc j’ai refusé plusieurs propositions (venues de la télé surtout) qui me paraissaient médiocres. Quand je rentre et qu’exténué je regarde un peu n’importe quoi, ce n’importe quoi, je veux bien le voir mais surtout pas le tourner ! Le seul qui pourrait s’en plaindre c’est mon banquier !

 

Le cinéma est plus porteur ?

Oui, je suis sur plusieurs projets et je croise les doigts afin qu’ils se réalisent. Mais rien n’est plus fragile que de vouloir tourner un long métrage de qualité sans tête d’affiche…

 

Vous avez un fan-club. Comprenez-vous l’admiration que beaucoup de jeunes vous portent ?

Pas vraiment ! Et puis, est-ce bien raisonnable ? Je crois que j’ai encore tellement de choses à prouver et de défauts à travailler !

 

Quels sont vos petits plaisirs quand vous ne travaillez pas ?

Je relis l’intégrale des Rougon-Macquart ! Non, sérieusement, j’ai une vraie tendance à l’oisiveté, on m’a dit que c’était dû à mon signe (Taureau)… Je cherche à construire ma vie, à la remplir, notamment par des lectures. Je suis curieux, avec l’envie de connaître le maximum de choses. J’adore m’informer et suis un grand consommateur de podcast.

 

J’ai le sentiment que vous abordez la trentaine avec sérénité.

J’ai eu, à une époque, mon lot de peurs ; là, tout va bien. Je ressens le sentiment (non partagé par ma voisine qui me prend encore pour un adolescent attardé) d’avoir grandi. Aujourd’hui je me sens plutôt apaisé, même si quelque part, tout reste à faire.

 

Sur le plan privé : heureux ?

Oui, je crois que j’ai un peu tout ce qui contribue à l’équilibre. Ceci dit, comme tout le monde, j’ai mes périodes de joies et d’autres un peu moins gaies !

 

Comme dans le travail en somme ?

Oui, et quand je travaille, je suis un moine… enfin je n’ai pas encore prononcé mes vœux !

 

 

Philippe Escalier

www.sensitif.fr

 

 

Le Gardien au théâtre de l’œuvre : 55, rue de Clichy 75009 Paris – M° Place de Clichy

du mardi au samedi à 21 h, matinée samedi 18 h – 01 44 53 88 88

 

Photo Vincent Fleuret

Le Cabaret des hommes perdus

 

La surprise de la rentrée

 

Véritable moment de grâce musical et théâtral, Le Cabaret des hommes perdus offre une soirée inoubliable. Un auteur (Christian Siméon), un metteur en scène (Jean-Luc Revol), père du projet, et quatre comédiens (Jérôme Pradon, Alexandre Bonstein, Sinan Bertrand et Denis D’Arcangelo), accompagnés par l’excellent pianiste Patrick Laviosa (compositeur des chansons), et la magie est au rendez-vous. Le public aussi qui, d’entrée, répond présent et plébiscite ce moment magique.

Sensitif et Artisthea reviendront sur la pièce et vous présentent, pour l’heure, deux des quatre comédiens, Denis D’Arcangelo et Sinan Bertrand.

 

Denis D’Arcangelo

 

Chantons dans le placard, La Duchesse de Langeais, Madame Raymonde, c’est lui ! Mais une seule de ses prestations suffit pour ne pas l’oublier. Que ce soit dans ses spectacles pour enfants, ses rôles classiques, son théâtre de rue, Denis D’Arcangelo apporte à ses personnages une vérité et une humanité touchantes. Jean-Luc Revol l’a transformé en maître de cérémonie dans le rôle du Destin. Denis explique : « Le projet a mis trois ans pour éclore. Christian Siméon (un de nos grands auteurs contemporains) a pris le temps de venir voir jouer chacun d’entres nous pour écrire un texte qui nous colle à la peau. »

 

Capable de tout jouer, ce comédien, né en Normandie d’une famille originaire d’Italie, a fait ses débuts au mythique Piano Zinc. « C’était ma deuxième maison, un endroit charnière où j’ai décidé de mon métier, où j’ai rencontré mes amis, ceux avec qui je travaille aujourd’hui. » S’il reconnait que le plaisir du comédien consiste à alterner les genres, il avoue qu’en tant que spectateur, le théâtre musical est celui qu’il préfère. En tant qu’interprète, il y est formidablement à l’aise, avec sa voix atypique, lui qui chante plutôt intuitivement avec une certaine gouaille, tout comme madame Raymonde ! Ce personnage dont il revêt les atours régulièrement date de ses débuts dans le théâtre de rue avec son compagnon Philippe Dilheir. Arletty dans Hôtel du Nord les a inspirés, mais très vite le personnage est devenu indépendant.

 

N’ayant jamais choisi la facilité, toujours défenseur de spectacles, certains modestes mais tous excellents, Denis D’Arcangelo ne cache pas sa joie : pour lui, ce cabaret est une bénédiction, un cadeau tombé du ciel. « Travailler en ce moment avec des gens que j’aime et que j’admire me pousse à donner le meilleur de moi-même. »

 

Sinan Bertrand

 

« On me propose surtout des projets musicaux et j’adore ça. » Ce chanteur né en Turquie, ayant fait son lycée au Caire avant de s’installer en France à l’âge de dix-sept ans, a participé à Zapping, Créatures, Hair et Ali Baba, qui a occupé deux ans de sa vie. « Ce métier que j’aime me permet de vivre, c’est une grande chance ! », dit-il avant de préciser qu’il s’agit de tout sauf d’une existence sédentaire. Avant de s’installer au Rond-Point, il participe à une tournée de six mois en Italie avec Conchita Bonita d’Alfredo Arias. Un emploi du temps ayant des répercutions sur la vie privée, il faut savoir s’adapter, souligne Sinan, « seuls les gens du spectacle peuvent comprendre (et accepter) les rythmes qui sont les nôtres ».

 

Homme de troupe (« mes meilleurs souvenirs sont avant tout liés à de bonnes équipes »), il est comblé par le projet : « Moi qui déteste le faux copinage, ici je suis vraiment heureux. » D’autant que le travail s’est fait uniquement dans la joie, ici personne ne prétend que la création doit passer par la douleur ! Ce bonheur à quatre (avec Denis D’Arcangelo, Jérôme Pradon et Alexandre Bonstein) est partagé par les spectateurs trouvant ici, de l’avis général, un spectacle avec des qualités et un savoir-faire digne de Broadway. Au passage, Sinan lance une fleur à Patrick Laviosa : « Sans parler de ses talents de compositeur, tellement évidents, il est tout de même le meilleur accompagnateur de Paris ! »

Pour Le Cabaret des hommes perdus, Sinan Bertrand doit entrer dans la peau de deux personnages féminins, une drag-queen et une vieille star déchue, haute en couleur et hystérique, née dans l’esprit de Jean-Luc Revol d’une multitude de références cinématographiques. « Un défi ! Il fallait apprendre à se maquiller (on a une costumière hors pair, par contre nous n’avons pas de maquilleuse), à bouger sur des talons (ce n’est pas rien !) ou à chanter avec une voix tronquée. » Sans oublier les changements de costumes fréquents et hyper rapides capables de rendre Arturo Brachetti jaloux ! Allez vous étonner ensuite que les comédiens aient le sentiment de se sentir en apnée durant la représentation et sur les rotules à la fin…

Il n’est pas étonnant non plus que Sinan ait planifié, après les représentations du Rond-Point, des vacances à Londres où ce fou de comédies musicales pourra aller entendre les nouveautés de la rentrée, en songeant que pour une fois, Paris n’a aucune raison de se montrer jaloux !

 www.sensitif.fr

Théâtre du Rond-Point : 2 bis, rue Franklin-Roosevelt 75008 Paris – M° Franklin-Roosevelt

Jusqu’au 22 octobre avec possibilités de prolongation, du mardi au samedi à 21 h et dimanche à 17 h 30

01 44 95 98 00

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