Aztèques

La Compagnie Teknaï joue Aztèques au théâtre 13

 

 

Fondée par Quentin Defalt avec des comédiens de sa promotion, la Compagnie Teknaï, après avoir joué Britannicus sous une forme déambulatoire aux Archives Nationales, nous présente Aztèques de Michel Azama. La pièce, écrite en 1992, retrace les débuts de la conquête du Mexique par les Espagnols. Avec Quentin Defalt, son metteur en scène et le comédien Yohann Chanrion, nous avons exploré le parcours de deux membres d’une compagnie pas comme les autres.

 

 

Quentin Defalt

 

 

Ce grand brun aux épaules larges cache plus facilement une certaine timidité que la difficulté d’affronter le froid parisien après plusieurs semaines d’une tournée avec Teknaï en Nouvelle-Calédonie. Autour d’un café, il explique que le choix d’Aztèques est lié indirectement à sa première rencontre avec une œuvre de Michel Azama en 1999. Il fait alors ses débuts avec Croisades dans le cadre d’un festival organisé par la mairie de Paris au terme duquel lui est décerné le prix de la mise en scène. Pour cet amoureux des défis, ces pièces peu faciles à monter aux nombreux personnages évoluant en divers lieux, sont une aubaine. Du reste, il attend pour s’attaquer à Aztèques que son entrée à l’ESAD, École Supérieure d’Art Dramatique de la ville de Paris, lui permette de fonder sa compagnie. Avec dix comédiens et un musicien (un altiste) il se sent prêt à propulser les spectateurs en l’an de grâce 1519, au moment où Cortés débarque au Mexique et rencontre l’Empereur Moctezuma.

 

Auparavant, en mai et juin 2003, Britannicus lui permet de jouer aux Archives nationales dans des salles habituellement fermées au public. Très intéressé, ce dernier ne manque pas le rendez-vous et réserve au spectacle un accueil chaleureux. De cette expérience, Quentin Defalt tire la conclusion qu’il doit délaisser son travail d’acteur au profit de la mise en scène. «Jouer m’empêchait d’être efficace à 100%. Et puis j’ai plus envie de décider de mes spectacles que d’aller me vendre !» Lui qui a travaillé avec des professeurs assez mordants affirme qu’il a l’ambition d’être aimable. «Je suis quelqu’un de très calme, du coup, s’il m’arrive de m’énerver, on comprend que c’est grave. C’est tout de même mieux que le drame permanent !»

 

Grand lecteur, Quentin Defalt essaye d’alterner classiques et œuvres contemporaines. «Je voudrais travailler Le miracle de Saint-Antoine de Maeterlinck, pratiquement jamais montée parce qu’on refusait de voir cet auteur dans le registre comique». Un choix qui confirme son intérêt pour les œuvres délaissées ou qui abordent des problématiques liées à la «dinguerie des hommes». Cet amoureux de l’Histoire, matière approfondie durant ses études universitaires, n’ignore pas que la colonisation espagnole s’est traduite par plusieurs dizaines de millions de morts. Au demeurant, ces thèmes n’obligent nullement à se cantonner à un registre dramatique. Aztèques laisse une place à l’originalité (le décor, une salle de musée, fait appel à l’imagination des spectateurs) et à des moments drôles.

 

Homme de fidélités, Quentin Defalt fêtera son trentième anniversaire lors des toutes premières représentations. Il ne fait guère de doute qu’une nouvelle idylle entre sa compagnie et le public constituera son plus beau cadeau.

 

 

Yohann Chanrion

 

Hernan Cortés, le grand conquistador, c’est lui ! Issu de la même promotion que Quentin Defalt, il consacre une bonne part de sa vie artistique à la Compagnie Teknaï. Angèle d’Alexandre Dumas, mis en scène par Gilles Gleize au Silvia Monfort en 2003 où il était acteur et assistant metteur en scène ou encore le Festival de danse de Gavarnie dirigé par François Joxe font partie des quelques aventures qu’il a menées de son côté.

Pour varier les plaisirs, Yohann Chanrion alterne des rôles très différents, avec une prédilection pour les personnages forts. «Cortès est un rôle difficile car il ne faut pas montrer qu’une face de ce personnage. Complexe, parfois à la limite de la folie, ce grand meneur d’homme, mégalomane comme il se doit, avait aussi ses côtés tendres» précise-t-il. Autre personnage historique célèbre flirtant avec l’irrationnel, le personnage de Néron qu’il a eu tant de plaisir à jouer dans Britannicus aux Archives Nationales. Dans Jacques ou la soumission que Quentin Defalt a pour projet de monter, il se retrouverait dans les habits d’un rôle plus commun, si tant est qu’il en existe dans l’univers bizarroïde d’Eugène Ionesco.

Sa première expérience à la mise en scène lui a laissé un souvenir agréable. Il récidivera sans nul doute, mais, pour l’instant, ne ressent guère la nécessité de franchir le pas car dit-il, «en ce moment, j’ai une envie énorme de plateau». Une envie qu’il va pouvoir assouvir durant les six semaines de représentation d’Aztèques.

 

 

Philippe Escalier

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Photo en costume avec Benjamin Penamaria et Yohann Chanrion : crédit : Jérémy Defalt.  

 

Théâtre 13 : 103A Bd Auguste Blanqui 75013 Paris M° Glacière – du mardi au samedi à 20h30 sauf jeudi à 19h30 & dimanche 15h30 – 01 45 88 62 22 – www.theatre13.com

L’Ami

Un acteur et un texte ponctué de quelques extraits musicaux et voilà le spectateur embarqué, en toute simplicité, dans une histoire extraordinaire, donnant naissance à un formidable moment de théâtre. Cette histoire d’ange nous laisse sur un nuage !

 

On peut le voir, voilà qui l’étonne ! Pour s’en convaincre, à peine arrivé sur scène il demande aux spectateurs de lui faire un signe. Cet homme est un ange, un vrai, tombé du Ciel, venu raconter comment le Tout Puissant a organisé, une fois l’univers créé, une compagnie d’archanges chargés de la gestion des affaires courantes. L’un est responsable des étoiles, tel autre de la paix, un troisième à l’accent marseillais hérite…du soleil. Le frère de Cupidon, Célestin et son inséparable ami Ermogène ont été oublié dans la divine distribution. À titre de compensation, le premier se voit confier une trompette destinée distraire les étoiles, le second devient dépositaire d’une poignée de graines à éparpiller dans le cosmos, une fois tous les millénaires. Forcément peu enthousiastes, les deux amis, par pure espièglerie, vont si bien faire que, par pur hasard, ils créent l’Amitié, une valeur sure, venant du coup, contrarier l’influence de Cupidon, réclamé par tous mais dont les flèches, puissantes, sont souvent de courte durée. 

 

Ce texte simple et beau d’Emmanuel Vacca, léger comme une plume, rempli de facéties, joue sur la comparaison entre amour et amitié, avec le Créateur adepte de du déhanchement, en arrière plan. On retrouve l’esprit humain dépeint avec une poésie au ton parfois mordant, le tout enveloppé dans une infinie bienveillance. On sourit, on rit souvent en suivant le comédien qui, comme nul autre, sait captiver son auditoire. Accompagné de Julien Grange faisant quelques courtes apparitions, il se fait mime, danseur et clown avec une sidérante facilité, apportant la démonstration que l’on peut réaliser un magnifique spectacle avec très peu de moyens pour peu que le talent soit au rendez-vous. Et du talent, Emmanuel Vacca en a à profusion !

 

Philippe Escalier

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Le Ranelagh : 5 rue des Vignes 75016 Paris M° La Muette – du mardi au samedi à 21h & dimanche à 17h – 01 42 88 64 44

Star Wars l’Expo

 
du 18 octobre 2005 au 27 août 2006

 

Les passionnés, et ils sont nombreux, vont être au paradis, la tête au milieu des étoiles. Pas moins de 150 objets originaux, une centaine de dessins, maquettes, éléments de décor et costumes ayant réellement servi à la réalisation des films, le parcours restituant l’ambiance de la double trilogie ne manque pas de surprises. Ses personnages, costumes, maquettes dont un exemplaire du Chasseur N-1 Naboo de 10 mètres de long et du Podracer d’Anakin s’étalent sur 1 500 m2 : pas question donc de guerre de l’espace, ici le spectateur respire et bien mieux que Dark Vador !

 

Afin de valoriser l’apport novateur de Star Wars dans le domaine des effets spéciaux, l’exposition explique les procédés techniques utilisés pour la création d’un décor, le tournage d’une scène de combat ou encore la conception d’une créature. On mesure ainsi le travail de titan accompli  (les documentaires sur ce thème sont extrêmement précis et édifiants). C’est d’ailleurs au terme du premier film en 1976 que George Lucas créa sa propre société, Industrial Light & Magic. Si l’apport de Star Wars dans ce domaine fut sans précédent, on apprend, non sans surprise, qu’en la matière, de veilles recettes déjà connues du temps de la naissance du cinéma furent utilisées pour produire les effets que personne n’a oublié.

 

Pour ne pas rester dans le seul monde de l’imaginaire, les «questions de science» apportent des éclairages sur la physique, la robotique et la biologie des créatures de chaque planète. Comportant de très nombreux extraits sonores, l’exposition pêche néanmoins par son côté un peu brouillon et un manque d’informations écrites. Mais l’on oublie volontiers ces petits défauts tant l’univers de  Star Wars a su être mis en valeur, avec notamment des animations particulières organisées en marge de l’expo. C’est dire qu’il ne serait pas inutile de préparer sa visite à la Cité des Sciences et de réserver son entrée, l’affluence dépassant par moments les capacités d’accueils. Padmé, Yoda, Chewbacca, R2D2 et C3PO, Jar Jar Binks,  l’Empereur Palpatine et la Princesse Leïla n’ont pas fini de nous faire rêver !

 

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Cité des Sciences et de l’Industrie : 30, avenue Corentin-Cariou 75019 Paris M° Porte de la Villette – Exposition en 3 langues : français, anglais, espagnol accessible aux personnes handicapées – Jusqu’au 27 août 2006 du mardi au samedi de 10h à 18h, dimanche jusqu’à 19h. Fermeture le lundi – Information du public : www.cite-sciences.fr – 01 40 05 80 00

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