Les Sourds-Doués : « Sur un malentendu »

Les Sourds-Doués sont quatre instrumentistes classiques venus nous proposer un voyage à travers un pot-pourri de musiques prétexte à facéties, le tout dans un bel univers de finesse et de poésie. L’on accroche !

Ils ont pour point commun d’avoir fait les meilleures conservatoires, d’être virtuoses d’un instrument à vent et de vouloir faire vivre la musique, toutes les musiques, avec une bonne dose d’humour. Musiciens, acteurs, capables de jouer les magiciens, ils ont su créer un univers un peu déjanté, rappelant celui des grands films muets, ceux là mêmes où l’on n’entendait aucune parole, où l’accompagnement musical venait se juxtaposer à l’interprétation. Dans « Sur un malentendu », chacun d’eux campe un personnage, joue un rôle et une partition pour nous faire participer à une histoire toute en sensibilité et en drôlerie. Le public adhère dès les premières notes, s’amuse et applaudit tout en reconnaissant, avec une certaine délectation, les morceaux interprétés. Musique classique, jazz, tubes de la chanson ou musique de films, notre quatuor a choisi l’éclectisme. Le mariage entre le son et le l’humour est parfaitement réussi. Aucune fausse note, rien n’est pesant, on nage dans un univers léger et subtil, saupoudré par une pincée de folie rendant l’ensemble irrésistible. Le spectateur se laisse entrainer de bonne grâce dans ces épisodes pleins de fantaisie. En chemises noires et cravates oranges, Adrien Besse, Pierre Pichaud, Nicolas Josa, François Pascal, auxquels vient s’adjoindre, en alternance, Colin Peigné, nous offrent un moment musical d’une grande pureté et nous font rire sans jamais se départir d’une touchante élégance. Leur interprétation, portée par la mise en scène subtile de Pierre Cachia, visiblement à l’unisson avec ses quatre musiciens désopilants, ne laisse prise au moindre bémol critique. Quand la musique et le spectacle se rejoignent dans un moment aussi joyeux et enchanteur, il ne nous reste plus qu’à savourer et à dire bravo en réclamant un bis !

Texte et photos : Philippe Escalier, tous droits réservés

Théâtre Trévise : 14, rue Trévise 75009 Paris
Tous les lundis à 19 h 30

DSC_0945 copieDSC_1091 copieDSC_0963 copieDSC_0803 copie

Publié dans Artistes, Divertissement, Musique, Spectacle musical, Spectacle vivant | Tagué , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Jonathan Osers

Jonathan Osers illustre parfaitement le mariage parfait que, parfois, le corps et l’esprit peuvent faire. Ce jeune sportif de 29 ans, ancien gymnaste de l’équipe nationale du Canada, travaillant aujourd’hui comme coach spécialisé dans l’entraînement physique et la gymnastique tout en étant aussi modèle, deux activités qui le passionnent, est également poète et amoureux des Arts. Lui qui adore la nature, pratique le jiu-jitsu (consacré aux techniques de combat développées par les samouraïs), qui entraine tous les jours son corps parfaitement sculpté, n’a jamais fait mystère de son goût pour le dessin, la peinture, la danse et la poésie.
Jonathan Osers est né à Vancouver au Canada et a été élevé dans sa grande banlieue (Langley). Son attrait pour l’écrit s’est développé très tôt, ses premiers poèmes ayant été écrit à l’âge de huit ans. C’est une libraire, Mrs Price, habituée à venir durant les cours pour lire des poésie, qui a ancré chez lui cette attirance pour la versification. Cette forme d’écriture s’est vite révélée naturelle. Jongler avec les mots afin d’exprimer la variété de ses sentiments est devenu son autre mode d’expression. « J’avais besoin de créer du sens avec mes phrases, tout en leur donnant une particularité sonore quand on les lit à haute voix » aime-t-il préciser.
L’écriture pour Jonathan Osers passe d’abord et surtout par le papier, l’ordinateur ne venant que bien après, pour compiler et imprimer. Marquées par l’alternance de liberté et de discipline, ses séances d’écriture régulièrement programmées laissent place à des moments où seule l’inspiration commande. Par ailleurs, une ou deux fois par an, Jonathan se tient à se rendre sur des lieux qu’il aime et qui nourrissent son imaginaire. Il se livre alors à de longs moments d’écriture, non sans avoir auparavant observé attentivement tout ce qui l’entourait pour s’imprégner de l’atmosphère locale. « Une fois que je me sens dans mon élément, les mots viennent à moi sans trop de difficulté, c’est toujours très stimulant. J’ai l’intention de travailler de plus en plus de la sorte » dit-il sur le ton de la confidence.
Nous avons eu envie de vous faire découvrir son travail en vous présentant « An Ocean of Waves », dans son anglais originel (bien que Jonathan, du fait de son pays d’origine, parle aussi notre langue avec facilité).
Il a écrit ce poème après les récents décès de son père et de sa grand-mère, dont il était très proche. Dans le but de laisser libre cours à ses sentiments les plus profonds mais aussi, et cette générosité est bien dans sa nature, pour aider ceux qui ont perdu des êtres chers.

Vous pouvez suivre son travail sur Instagram, où il publie certains de ses textes, en accompagnement de ses nombreuses et belles photos.
Page Instagram : Jonathan_osers

An Ocean of Waves

There is an ocean of waves before me
Which one of them is you?
There is an ocean of waves before me
Which one could I hold onto?

When I stand among your tide
I feel you come
I feel you go
I’m moved by push
I’m moved by pull
I feel your guidance and I know
where to dip, dip my hand
so with you I can stand
with you dripping from my palm
fast or slow until you’re gone

I lace my fingers
to make a cup
Again,
I reach in
to raise you up
My hands are clasped
seamless and true
but sill, I must be
to hold on to you
I am rooted
with waves all around
washing life against balance
I have on the ground

A balance that waivers
to eternal force
I am compelled to dive
and go it’s course

I am relaxed
I am carried
I am calm
I a married

I move if I will
with you all around me
the water is cool
I have peace,
never ending

There is an ocean of waives,
beside and behind me
Which one of them is you?
There is an ocean of waves before me.
that now, I can swim through

Written by: Jonathan Osers
Langley, July 17, 2018

 

image1image3image4image1image3image7

 

Publié dans Artistes, Poèsie | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

OHLALA

Grégory Knie (membre d’une dynastie à l’origine du cirque national Suisse) a donné naissance à un spectacle étonnant, installé à l’Alhambra jusqu’au 30 septembre 2018. « Ohlala » réunit un ensemble d’artistes qui se produisent dans une ambiance musicale et festive, aux tonalités humoristiques et sexy. Résultat : deux heures de bonheur !

Donner des numéros de cirque ou de cabaret à la suite, fussent-ils étonnants, peut être plaisant pour les yeux mais peut devenir rapidement lassant. « Ohlala » a trouvé le remède avec une mise en scène riche et originale, construite sur une dose de folie et de frivolité et une bonne touche de volupté. Tout commence à l’entrée des spectateurs, quand les artistes, parés dans de belles tenues baroques, semblant sortir d’un bal costumé vénitien, viennent défier ou jouer avec le public dans l’attente du lever de rideau. C’est dans la salle aussi que Léa Crevon, (le spectacle lui doit beaucoup), commence, avec son inimitable voix, à égayer les spectateurs avant de monter sur scène pour ponctuer toute la représentation (elle danse, chante et joue comme personne !) de ses apparitions déjantées. Mais « Ohlala » ne serait rien sans le talent de ses artistes. Ce cabaret burlesque a mis la barre haut et les numéros étonnants s’enchainent accompagnés, excusez du peu, par un orchestre en live et une sublime voix, celle de la chanteuse Aurore Delplace. Si vous ajoutez à cela la plastique irréprochable de tous les participants, bien mise en valeur, vous comprendrez le succès que rencontre actuellement la troupe. Les superbes et sensuels numéros individuels, les acrobaties de Tiago Eusébio, le tissu aérien de Thibault Brégère, le hula hoop sportif d’Anton Monastyrsky, la baignoire et l’envoutant duo aérien de Cécile Magdeleine et Roman Bonaton, le spectaculaire moment de roller skates d’Emi Velkova et Carlino Triberti sont ponctués d’épisodes dansés d’une parfaite énergie. La troupe de danseuses et de danseurs (d’un excellent niveau, ils n’ont rien à envier aux solistes) fait partie intégrante du spectacle. L’ensemble fonctionne donc impeccablement et « Ohlala » s’achève avec l’explosion de joie de la salle dont une partie n’hésite pas à rejoindre spontanément les artistes sur scène pour exprimer, en dansant, tout le plaisir pris durant cette soirée exceptionnelle.

Texte et photos : Philippe Escalier

L’Alhambra : 21, rue Yves Toudic 75010 Paris
Du mercredi au samedi à 20 h 30 et dimanche à 17 h
01 40 20 40 25 – http://www.alhambra-paris.com

DSC_9096 (1)DSC_9128 (1)DSC_9176DSC_9205 (1)DSC_9234DSC_9323 (1)DSC_9374 (1)DSC_9481 (1)DSC_9493 (1)DSC_9923

Publié dans Cabaret, Cirque, Divertissement, Musique | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La Commission des destins

Marc Tourneboeuf et Martin Campestre, deux bêtes de scène, jouent dans un spectacle construit essentiellement à base de jeux de mots, d’allitérations, ponctués de quelques alexandrins et de joyeuses facéties. Le tout avec une énergie débordante et un humour dévastateur capable de tenir l’auditoire en haleine de bout en bout.

Pour une surprise, c’est une surprise ! Voici deux (très) jeunes comédiens sortis du Cours Florent ayant décidé de monter leur propre spectacle. Leur fond de commerce est le jeu de mots et le calembour. En évitant tous les pièges du genre (facilité, vulgarité), Marc Tourneboeuf et Martin Campestre réussissent le tour de force d’éblouir. Mieux, ils se montrent capables d’alterner les styles, passant du texte à l’expression corporelle, à travers la scène et la vidéo. Tout en gardant leur personnalité (forte et affirmée), les deux artistes nous font penser au meilleur de quelques-uns de nos plus grands comiques. Bref, l’on se demande ce que ces deux saltimbanques classieux pourraient ne pas savoir faire ?
La seule finesse du texte de Marc Tourneboeuf (auteur prometteur!) qui se hisse au niveau des grands maîtres du genre (Raymond Devos, Vincent Rocca ou Stéphane De Groodt) mérite notre visite. Nous voici, dès les premières secondes, emportés dans un malestrom verbal. Visiblement, le spectateur se délecte sans interruption, les deux artistes ayant su nous éviter de passer des jeux de mots aux maux de tête. L’on reste ébahi par la forme très élaborée de « La Commission des destins » qui nous permet d’être surpris à chaque instant, nous ne sommes pas dans un alignement de sketches mais bien dans une histoire brillamment imaginée et élaborée. Si l’on excepte quelques très courtes baisses d’intensité (bien normales vu le rythme et le niveau atteints dés le départ), c’est bien un petit bijou que Marc Tourneboeuf et Martin Campestre nous proposent. Embarqué dans leur virevoltante aventure débouchant sur la question très sartrienne : est-on libre ou conditionné ?, posée avec le sérieux et surtout la légèreté qui conviennent ici, l’auditoire jubile. L’on sort du théâtre heureux et rafraîchi, bien décidé à suivre les prochaines aventures artistiques de ces deux jeunes comédiens au talent protéiforme.

Texte et photos © Philippe Escalier

Théâtre Tremplin : 7, rue du bon pasteur 84000 Avignon
À 15 h 30 – 04 90 85 05 00

Capture d_écran 2018-07-27 à 15.51.58DSC_8512DSC_8612DSC_8523

Publié dans Café théâtre, Divertissement, Spectacle vivant | Tagué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La Cigale sans la Fourmi

Jean de la Fontaine et ses plus célèbres fables font l’objet d’un détournement musical et humoristique signé Stéphane Laporte et Gaëtan Borg qui est juste…fabuleux ! L’équipe des comédiens qui nous permet de partager cette douce folie pleine d’originalité est à la hauteur et remplit de joie les spectateurs de tous âges du Collège de la Salle en Avignon.

Depuis plus de trois siècles, les écoliers apprennent sagement La Fontaine. Ses animaux font partie du bestiaire commun et font la joie de tous, offrant, au passage des leçons de morale, aussi sages qu’universelles. Comment s’étonner dès lors que les stars du plus célèbre des zoos aient envie de s’évader et de visiter un monde moins moral et plus jubilatoire ? Voici que la cigale disparait pour réapparaitre dans un monde souterrain où l’on vit (enfin!) comme l’on veut, en se souciant de dame morale comme d’une guigne ! Mais la fourmi ne l’entend pas de cette oreille et mobilise les copains tortue, renard, grenouille et lièvre pour faire revenir l’excentrique dans le droit chemin. Avec beaucoup de subtilité, les épisodes cocasses s’enchainent et si les animaux gardent leur principales qualités, attendez-vous à les découvrir sous un angle bien différent de celui auquel vous êtes habitués. D’autant que, pour faire vivre cette fable inattendue, iconoclaste et irrésistible, le meilleur de la comédie musicale est mis en scène par Marina Pangos. Cloé Horry, Vincent Gilliéron, Simon Heulle, Camille Nicolas, Angélique Rivoux et Jacques Verzier font assaut de talent pour donner à leur personnage, leur voix, leur sensibilité et leur drôlerie. Autre tour de force des magiciens que sont Stéphane Laporte et Gaëtan Borg, l’écriture de leur texte, mis en musique par Julien Goetz, est à double entrée et convient aussi bien aux parents qu’aux enfants qui ne pourront que survoler les allusions croquinolesques et subtiles à destination d’oreilles un peu moins chastes.
Pour nous, « La Cigale sans la Fourmi », l’une des révélations du Off d’Avignon 2018, pourrait être sous-titré « Délices au pays des merveilles » ! Avec ces auteurs et cette troupe, le chemin de l’école (ou du collège) se reprend avec un plaisir non dissimulé et jamais le spectacle n’aura été aussi vivant et musical !

Texte et photos : Philippe Escalier

Collège de la Salle : 3, place Pasteur 84000 Avignon
Tous les jours à 15 h 10 – 04 90 83 28 17

Cigale-40x60_Mise en page 1DSC_7915DSC_7901DSC_7883

Publié dans Comédie musicale, Divertissement, Spectacle musical, Spectacle vivant, Théâtre | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Suite française

L’œuvre et le destin d’Irène Némirovsky, en particulier « Suite française » méritaient le meilleur. C’est bien ce que proposent Virginie Lemoine et Stéphane Laporte à l’origine d’une adaptation fidèle et passionnante, créée pour la première fois dans le Off d’Avignon, au théâtre du Balcon, avec une troupe, en tous points magnifique.

Irène Némirovsky, nait en 1903 à Kiev. La révolution russe la pousse, avec sa famille, vers l’exil. Baignée de culture française depuis son enfance, elle finit par s’installer à Paris, s’inscrit à la Sorbonne avant de publier ses premiers livres. Son dernier opus, « Suite française », inachevée, du fait de sa déportation en 1942 à Auschwitz où elle meurt du typhus, a la particularité d’être le seul roman à recevoir un Prix, (le Prix Renaudot) à titre posthume. Dans ce récit, inscrit dans la terrible actualité de la défaite, elle entreprend un tableau du début de l’occupation, à travers la vie d’une famille. Le fils est prisonnier en Allemagne, la mère vit avec sa belle-fille qu’elle ne semble pas porter dans son cœur. Arrive un officier de la Wehrmacht qui réquisitionne la demeure. On se prend à penser au « Silence de la mer » de Vercors, la belle-mère considérant que parler à un allemand revient à trahir sa patrie. La belle-fille, que son mari, délaissait pour une maîtresse, est sensible à la présence de l’officier dont elle tombe amoureuse, sans s’abandonner pour autant. L’ensemble des personnages permet une fresque intimiste, ciselée, qui décrit parfaitement la déchirante bataille entre les élans du cœur et du devoir, dans cette époque terrible. Si le texte, tout en finesse, s’attache aux personnes et aux petits détails, son sens en est bien universel. Le drame est partout présent, « j’écris sur de la lave brulante » disait Irène Némirovsky et pourtant, l’humour n’est jamais loin. Les mots toujours simples sont d’une beauté et d’une précision exemplaires. Une richesse du propos soutenue par la mise en scène très efficace, vivante et subtile de Virginie Lemoine et le jeu de comédiens merveilleux. Florence Pernel est parfaite en belle-fille douce et déchirée, Béatrice Agenin, impériale en belle-mère inflexible, Christiane Millet incarne une vicomtesse truculente, qui se pose en altruiste, prenant bien soin de ne jamais s’oublier. Emmanuelle Bougerol est juste, expressive, délicate comme toujours, dans son rôle de domestique. Coté masculin, Samuel Glaumé est un officier allemand, mélomane (jouant une musique signée Stéphane Corbin), déchiré, tout en retenue et Cédric Revollon un révolté, jaloux et bouillonnant. Deux personnages dont on sent bien qu’ils ont entamé un combat avec la mort dont ils ne sortiront pas vainqueurs. « Suite française » nous convie à un rendez vous avec l’intensité et l’émotion. Personne ne voudra le manquer !

Philippe Escalier

Théâtre du Balcon : 38, rue Guillaume Puy 84000 Avignon
Tous les jours à 19 h – 04 90 85 00 80

Affiche Suite Française HD 11 juinDSC_8227

Publié dans Spectacle vivant, Théâtre | Tagué , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Les Demoiselles du K-barré

Le OFF d’Avignon ne manque pas de pépites. Aussi inventif que festif, « Les Demoiselles du K-barré », un cabaret déjanté, imaginé par Pauline Uzan, a tout pour nous séduire. On a beaucoup aimé cette troupe de quatre artistes qui met, dans la douceur, le feu à L’Arrache-Cœur.

Pas simple de s’attaquer au thème du cabaret. Beaucoup y ont laissé des plumes ! Pauline Uzan a décidé de s’emparer du genre mais pour casser les codes. Mission accomplie. Avec « Les Demoiselles du K-barré », elle a créé un spectacle bourré d’humour, cravaché par une bonne dose de dérision, biberonné à la folie et charpenté par une construction irréprochable. Rien n’est laissé au hasard, ce spectacle, indubitablement pro, est galvanisé par une générosité incroyable : la troupe a visiblement décidé de donner le meilleur au public. Aux côtés de Vanessa Ghersinick et Roxane Merlin, Pauline Uzan, qui assure aussi la mise en scène, nous donnent une vision de la femme, séductrice, dominatrice, mais aussi fragile et surtout, délivrée des canons sévères et restrictifs de la froide beauté classique. Nous assistons à un festival de charme d’autant plus dévastateur qu’il est empli d’humour. Les quatre artistes se moquent de tout et surtout d’eux-mêmes. Au milieu de ces trois filles à fort caractère, jouant les aguicheuses comme personne, Harold Simon est loin d’être perdu ! Un peu tyrannisé au départ, (l’homme objet, quelle tentation !), il incarne le partenaire idéal. Sexy, souriant et dynamique, (visiblement doué et en rien, prisonnier d’un physique avantageux), le jeune comédien, si expressif, apporte sa part de fraicheur. Il joue le jeu avec autant de force et de ferveur que ses trois partenaires. Tous quatre sont parfaitement à l’unisson. La salle est le cinquième acteur de ce spectacle original et décoiffant. Elle participe et réagit tout du long et finit en envahissant la scène pour danser avec la troupe. Il n’est pas de spectacle réussi sans échange. Il est ici parfaitement au rendez-vous. Le public vote avec ses mains…et ses pieds, les trainant au maximum pour quitter la salle.

Texte et photos : Philippe Escalier

L’Arrache-Cœur : 13, rue du 58e R.I. 84000 Avignon
Jusqu’au 29 juillet 2018  à 22 h 20

Relâches les 18 et 25 juillet –  04 86 81 76 97

IMG_6924DSC_8066DSC_8010DSC_7999DSC_8051

Publié dans Cabaret, Danse, Divertissement, Non classé, Spectacle musical, Spectacle vivant | Tagué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire