De Varsovie aux scènes de Liège, de Bruxelles et de Paris, le parcours d’un jeune ténor polono-bulgare, élève de José van Dam, qui forge sa voix dans les seconds rôles en attendant les grands emplois lyriques
Alexander Marev apprend son métier sur le plateau, rôle après rôle, dans l’ombre portée des premiers plans. Né le 23 avril 2000 à Varsovie, de double ascendance polonaise et bulgare, il entre à seize ans à la Chapelle musicale Reine Elisabeth, dont il devient le plus jeune artiste en résidence de l’histoire, et José van Dam lui transmet son art. Depuis ses débuts scéniques en 2022, l’Opéra royal de Wallonie-Liège et la Monnaie de Bruxelles lui confient une douzaine de seconds rôles, de Giuseppe Verdi à Jacques Offenbach, d’Antonín Dvořák à Camille Saint-Saëns, tandis que Bergame, Athènes, Turin, Toulon et Varsovie l’appellent tour à tour. La critique salue une voix de ténor lyrique au timbre clair, qui regarde déjà vers des emplois plus larges. Richard Wagner occupe dans ce parcours une place singulière. Melot, l’ami félon de Tristan et Isolde, l’accompagne depuis 2025, de Liège à Montpellier, jusqu’à ses débuts à la Philharmonie de Paris, le 25 septembre 2026, sous la direction de Jaap van Zweden. Quelques répliques à peine, où se lit une carrière à son moment le plus instructif, celui où une voix promise aux premiers rôles fait ses gammes dans les marges.
Entre Varsovie et la mémoire bulgare
Alexander Marev naît et grandit à Varsovie, dans une famille de non-musiciens où la musique circule pourtant en permanence. Sa mère l’emmène enfant au Teatr Wielki, l’Opéra national de Pologne. Du côté bulgare, un grand-père mélomane, qui avait étudié à Budapest, fréquentait l’opéra ou le ballet presque chaque semaine. Ce grand-père est mort en 2012 dans un accident de voiture, deux ans avant les premières leçons de chant de son petit-fils. Le ténor a rapporté de lui, en mars 2026, dans un entretien accordé au site OperaWire, une anecdote qui dit beaucoup de la Bulgarie communiste.
« Il existe une histoire de famille. Pendant le deuil national qui suivit la mort de la fille de Todor Jivkov, la musique forte était interdite. Mon grand-père et ses amis écoutaient Rigoletto de Verdi à plein volume lorsque la milice a frappé à la porte pour exiger le silence. Mon grand-père a répondu : “C’est le camarade Rigoletto.” On lui a rétorqué : “Demandez au camarade Rigoletto de se taire.” Manifestement, eux aussi aimaient l’opéra. »
Lioudmila Jivkova, qui avait conduit la politique culturelle du régime, était morte en juillet 1981. La vocation, elle, se dessine tôt, au sens propre. À l’école primaire, invité à représenter le métier de ses rêves, l’enfant dessine un pilote, et Luciano Pavarotti.
L’apprentissage commence en novembre 2014 auprès du ténor bulgare Kaludi Kaludov, se poursuit à l’école de musique Józef Elsner de Varsovie, puis bascule en 2016 avec l’admission à la Chapelle musicale Reine Elisabeth, à Waterloo, dans la classe de José van Dam. Le jeune homme y travaille l’allemand, l’italien, le français et le russe, chante ses premiers concerts d’envergure et se place à l’école d’un maître qui faisait de la netteté du mot et de la tenue de la ligne une manière d’éthique. En décembre 2018, il chante au Palais royal de Bruxelles le concert de Noël donné devant la famille royale, et signe la même année un premier engagement avec la Monnaie. Le Conservatoire royal de Bruxelles, dans la classe de Valérie Guillorit, puis la MM Academy, le programme de jeunes artistes de la Monnaie, où il côtoie Alain Altinoglu et Olivier Py, achèvent la formation. Il s’établit à Bruxelles en 2021. Vers vingt-deux ans, placé devant le choix entre le conservatoire et le plateau, il opte pour le plateau, où il apprend au contact de collègues aux décennies d’expérience.
Liège, une maison artistique
L’histoire liégeoise commence par une audition. À vingt ans, Alexander Marev décroche un petit rôle dans Alzira de Verdi, sous la baguette de Gianluigi Gelmetti, mais la pandémie repousse la production. Ses débuts scéniques ont finalement lieu en mars 2022, en Matteo Borsa dans le Rigoletto mis en scène par John Turturro et dirigé par Daniel Oren. La critique relève d’emblée une projection facile et un timbre lumineux. L’Opéra royal de Wallonie devient aussitôt son port d’attache. En deux saisons, il lui confie une galerie de silhouettes, de Gioachino Rossini à Francesco Cilea, de l’Alzira enfin montée à L’Île de Tulipatan, pendant que la Monnaie l’appelle pour Henry VIII de Saint-Saëns, puis pour Turandot de Giacomo Puccini, où il chante Pang et le Prince de Perse. En novembre 2023, le festival Donizetti Opera de Bergame lui confie Rivers dans Alfredo il Grande. Autant de rôles brefs, où l’on apprend à exister en quelques mesures.
Le premier moment de reconnaissance survient en janvier 2024, lorsque Liège monte Rusalka. Les quelques phrases du Chasseur suffisent au ténor pour faire impression, et ResMusica y entend « une authentique leçon de style par le galbe de sa ligne de chant et la clarté enivrante de son timbre ». La même revue le trouve, un gros mois plus tard, « un rien timoré et prudent » en Docteur Caius dans Falstaff. La nuance donne du prix à l’éloge. L’artiste résume ainsi son attachement au Théâtre royal.
« Chaque retour à l’Opéra royal de Wallonie-Liège me donne le sentiment de rentrer dans ma maison artistique, une maison forte d’une grande tradition vocale et d’un public qui écoute vraiment. »
L’année 2025 élargit le cercle. Le Teatro Regio de Turin l’accueille en Marcellus dans Hamlet d’Ambroise Thomas, l’Opéra de Toulon en Flavio dans Norma de Vincenzo Bellini, rôle qu’il reprend à la Monnaie en décembre, et le Teatr Wielki de son enfance en Abdallo dans Nabucco. Première Loge le juge alors, en Flavio, « remarquablement assuré », doté d’un timbre séduisant et déjà mûr pour des rôles plus exposés.

Le Chorus mysticus, une âme entre la terre et l’éternité
Alexander Marev perd son maître le 17 février 2026. José van Dam s’éteint à quatre-vingt-cinq ans, après près de vingt ans d’enseignement à la Chapelle musicale Reine Elisabeth. Le 21 mars, son ancien élève monte sur la scène de l’Opéra royal de Wallonie-Liège pour tenir la partie de ténor de la Faust-Symphonie de Franz Liszt, sous la direction de Giampaolo Bisanti, au terme d’une soirée ouverte par la création de Prophetic Book, œuvre d’Andrea Battistoni inspirée de William Blake. Pour la première fois, le chanteur occupe la position de soliste au sommet d’une œuvre majeure. C’est après Tristan et Isolde à Liège que Giampaolo Bisanti a eu l’intuition de faire appel à lui.
La partie est courte, et décisive. Franz Liszt avait achevé sa symphonie en 1854, avec ses trois portraits de Faust, de Marguerite et de Méphistophélès, puis lui avait ajouté pour la création à Weimar, en 1857, un Chorus mysticus sur les derniers vers du second Faust de Johann Wolfgang von Goethe. C’est là que le ténor s’élève au-dessus du chœur d’hommes. Le chanteur en livrait, peu avant le concert, une lecture très méditée.
« Le ténor soliste, avec le chœur d’hommes, agit presque comme un commentaire venu d’en haut, à la manière du chœur dans le drame antique. Le ténor soliste n’est pas Faust. Il représente une âme qui a souffert et se tient désormais entre la terre et l’éternité. »
Il voulait donc une voix calme, sage, détachée, à l’opposé du héros romantique que l’on attend d’un ténor. Le soir venu, Olyrix le décrit chantant « les yeux fermés, incliné vers le haut », d’une voix « si bien installée qu’elle permet une projection vigoureuse », jusqu’à un aigu « aussi soutenu que couvert, mais avec des reflets éclatants ». Le calendrier a voulu que cette âme suspendue entre deux mondes échoie à l’élève quelques semaines après la disparition du maître.
Un ténor à l’épreuve de Wagner
Alexander Marev rencontre Richard Wagner par la plus modeste des portes, en mai 2022, parmi les écuyers d’un Parsifal donné en concert à Bozar sous la baguette d’Alain Altinoglu. C’est là, dit-il, que naît son amour pour cette musique. Melot vient trois ans plus tard, en janvier 2025, à Liège, où Tristan et Isolde revenait après près d’un siècle d’absence, dans la mise en scène de Jean-Claude Berutti. Face à Michael Weinius, Lianna Haroutounian et Violeta Urmana, le jeune ténor « tire son épingle du jeu », note Première Loge. Le 11 juillet 2026, au Festival Radio France Occitanie Montpellier, Jaap van Zweden donne l’ouvrage en version de concert à l’Opéra Berlioz du Corum, avec Stuart Skelton et Anja Kampe. L’accueil est favorable. Forum Opéra juge la distribution « parfaitement complétée par le Melot d’Alex Marev », Olyrix relève « des lignes de chant soutenues avec noblesse », Première Loge un Melot « autoritaire et immédiatement identifiable ».
Le 25 septembre 2026, le même chef a dirigé le deuxième acte dans la grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris, précédé du Prélude des Maîtres chanteurs de Nuremberg et du Prélude et Mort d’Isolde. La soirée s’inscrivait dans les premières semaines d’un mandat, Jaap van Zweden ayant pris le 1er septembre la direction musicale de l’Orchestre philharmonique de Radio France, et France Musique la retransmettait en direct. L’équipe de Montpellier se retrouvait presque tout entière. Autour de Stuart Skelton, qui avait déjà chanté Tristan sous la direction du chef néerlandais à l’Opéra national de Corée en décembre 2025, Kwangchul Youn en roi Marke, Iain Paterson en Kurwenal, Tanja Ariane Baumgartner en Brangäne et Alexander Marev en Melot étaient rejoints par Miina-Liisa Värelä, nouvelle Isolde. Dans une soirée où le Tristan de Stuart Skelton, éprouvé, a manqué de rayonnement, Bachtrack a salué un Melot « fielleux à souhait, lançant ses invectives avec hargne », dont l’interprète « fait corps avec ce rôle ingrat ».
Dans cet acte tout entier voué à la nuit, Melot est l’homme du jour qui se lève. Il surgit avec le roi au terme du grand duo d’amour, malgré les avertissements de Brangäne. Il invite le souverain à juger si son accusation était fondée, puis se tait pendant la longue plainte de Marke, trahi par le neveu qu’il aimait. Tristan le provoque enfin, abaisse sa garde et s’offre à son épée. Le rôle tient en une poignée de phrases, lancées dans un orchestre qui a fini de chanter l’extase. Il réclame une voix tranchante, capable de percer la masse sonore en un instant, et un chanteur qui sache habiter le silence tout le reste du temps. C’est cette école de la concision que le ténor fréquente depuis ses débuts.

Une oreille avant un regard
Alexander Marev pense son art à partir du son. Il dit réagir davantage à ce qu’il entend qu’à ce qu’il voit, d’où son goût pour le concert, espace de liberté où le soliste, privé de décor et de costume, construit ses propres images intérieures par la seule voix. Cette intelligence du texte musical se prolonge dans une vision exigeante du métier. Le ténor tient les chanteurs pour des athlètes de la voix, qui négligent pourtant trop souvent leur santé physique et mentale. Il met en garde contre les mauvais maîtres, rappelant que bien des voix ont été abîmées par un enseignement défaillant, déguisé en autorité charismatique de gourou, et évoque ouvertement la dureté matérielle des débuts, le coût des auditions, les revenus qui tardent.
Son répertoire obéit à la même sagesse. Il désigne comme emplois de l’heure Lenski dans Eugène Onéguine, Tebaldo dans I Capuleti e i Montecchi, Alfredo dans La traviata et Narraboth dans Salomé, l’ouvrage même où il chante cet automne le Troisième Juif. Plus loin se dessine le répertoire lirico spinto, qu’il dit fascinant « vocalement et psychologiquement », avec Des Grieux dans Manon Lescaut, Dick Johnson dans La fanciulla del West, Éléazar dans La Juive, Werther, et surtout Faust dans Mefistofele, écho inattendu à la symphonie de Liszt. Parsifal et Lohengrin restent un rêve pour plus tard, car « rêver demande de la patience ». Les seconds rôles wagnériens en constituent les premières marches.
Une vie tenue à l’écart des projecteurs
Alexander Marev entend préserver ses jardins secrets. Ce que l’on sait de l’homme tient à ses passions déclarées. La peinture d’abord, qu’il aime associer à la musique. À la Fondation Louis Vuitton, il a parcouru la rétrospective Gerhard Richter, présentée d’octobre 2025 à mars 2026, en écoutant le troisième acte de Tristan et Isolde et la Cinquième Symphonie de Gustav Mahler, expérience qu’il dit bouleversante. L’aviation ensuite, rêve d’enfance qu’il juge conciliable avec le chant, à l’exemple de Michael Fabiano ou de Klaus Florian Vogt, ténors et pilotes. Polyglotte, il parle couramment le polonais, le bulgare, l’anglais, le français et l’italien, et passe de l’une à l’autre selon le répertoire qu’il chante. Installé à Bruxelles depuis 2021, le ténor s’apprête à quitter la capitale belge et songe à s’établir à Paris.
Horizons
La saison 2026-2027, ouverte par Wagner, se poursuit avec Richard Strauss et Franz Schreker. Du 22 novembre au 13 décembre, il retrouve le Teatr Wielki pour la Salomé de Claus Guth, coproduite avec le Teatro Real de Madrid et dirigée par Yoel Gamzou, où il chante le Troisième Juif. Il reprend le rôle en avril 2027 au Teatro Regio de Turin, la scène même qui accueillit en 1906 la création italienne de l’ouvrage, dans la mise en scène de Kornél Mundruczó, sous la direction d’Axel Kober. En juillet 2027, il fera ses débuts aux Tiroler Festspiele Erl, dans le Tyrol, en Chevalier dans Der ferne Klang, mis en scène par Calixto Bieito et dirigé par Christian Blex. L’enfant qui dessinait un pilote à côté de Luciano Pavarotti a tenu, pour l’heure, les deux promesses de son dessin à sa manière. Il accumule ses heures de vol dans les seconds rôles, en attendant de prendre les commandes.
Le ténor nous a longuement parlé de ses maîtres, de ses langues et du choix de ses futurs rôles dans un entretien qui prolonge ce portrait.
Chronologie
2000 — Le 23 avril, naissance à Varsovie d’Alexander Marev, de double ascendance polonaise et bulgare. Il y grandit.
2012 — Mort de son grand-père, grand amateur d’opéra, dans un accident de voiture.
2014 — En novembre, premières leçons de chant auprès du ténor bulgare Kaludi Kaludov.
2015 — Entrée à l’école de musique Józef Elsner de Varsovie, classe de Maria Olkisz.
2016 — Admission à la Chapelle musicale Reine Elisabeth de Waterloo, dans la classe de José van Dam.
2018 — Premier engagement par la Monnaie. En décembre, concert de Noël au Palais royal de Bruxelles, aux côtés de la soprano Louise Kuyvenhoven, retransmis par la RTBF, RTL et TV5Monde.
2019 — Diplôme de l’école Józef Elsner. Conservatoire royal de Bruxelles, classe de Valérie Guillorit, et travail avec le ténor Laurence Dale.
2020 — Premier engagement à l’Opéra royal de Wallonie-Liège, pour Alzira sous la direction de Gianluigi Gelmetti, production reportée par la pandémie.
2021 — Installation à Bruxelles. Entrée à la MM Academy de la Monnaie pour la saison 2021-2022.
2022 — Débuts scéniques en Matteo Borsa dans Rigoletto (Liège, Daniel Oren, John Turturro). Un écuyer dans Parsifal en version de concert (Bozar, Alain Altinoglu). Albazar dans Il turco in Italia (Liège, Giuseppe Finzi, Fabrice Murgia). Ovando dans Alzira (Liège, Giampaolo Bisanti, Jean Pierre Gamarra).
2023 — Cacatois XXII dans L’Île de Tulipatan d’Offenbach (Opéra royal de Wallonie-Liège, Charleroi). Poisson dans Adriana Lecouvreur (Liège, Christopher Franklin, Arnaud Bernard). Garter et un officier dans Henry VIII de Saint-Saëns (la Monnaie, Alain Altinoglu, Olivier Py). Rivers dans Alfredo il Grande de Gaetano Donizetti (Donizetti Opera, Bergame, novembre).
2024 — Le Chasseur dans Rusalka (Liège, Giampaolo Bisanti, Rodula Gaitanou). Docteur Caius dans Falstaff (Liège, Giampaolo Bisanti, Jacopo Spirei). Flavio dans Norma à Athènes. Pang et le Prince de Perse dans Turandot (la Monnaie, Ouri Bronchti, Christophe Coppens).
2025 — Melot dans Tristan et Isolde (Liège, Giampaolo Bisanti, Jean-Claude Berutti). Marcellus dans Hamlet d’Ambroise Thomas (Teatro Regio de Turin, Jérémie Rhorer, Jacopo Spirei). Flavio dans Norma (Opéra de Toulon à Châteauvallon, Andrea Sanguineti, Emmanuelle Bastet). Abdallo dans Nabucco (Teatr Wielki, Varsovie, Carlo Montanaro, Marek Weiss). L’Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel pour les dix ans de la MM Academy (Bozar, Alain Altinoglu). Flavio dans Norma (la Monnaie, George Petrou, Christophe Coppens).
2026 — Mort de José van Dam, le 17 février. Soliste de la Faust-Symphonie de Liszt, le 21 mars (Liège, Giampaolo Bisanti). Melot dans Tristan et Isolde au Festival Radio France Occitanie Montpellier, le 11 juillet, puis dans le deuxième acte pour ses débuts à la Philharmonie de Paris, le 25 septembre (Orchestre philharmonique de Radio France, Jaap van Zweden). Le Troisième Juif dans Salomé, du 22 novembre au 13 décembre (Teatr Wielki, Yoel Gamzou, Claus Guth).
2027 — Le Troisième Juif dans Salomé, en avril (Teatro Regio de Turin, Axel Kober, Kornél Mundruczó). Débuts aux Tiroler Festspiele Erl en Chevalier dans Der ferne Klang de Schreker, les 10, 18 et 25 juillet (Christian Blex, Calixto Bieito).
Site officiel
Le ténor présente son parcours et sa revue de presse sur son site officiel, http://www.alexmarev.com, ainsi que sur son compte Instagram, @alexander_marev_tenor.
Les citations d’Alexander Marev sont traduites de l’anglais, d’après l’entretien publié par OperaWire en mars 2026.




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