,

Nicholas Hoult, le goût du masque

Portrait d’un acteur anglais qui, depuis trente ans, refuse de se laisser fixer, et dont les mois à venir dessinent la trajectoire la plus dense de toute sa carrière

Il existe une catégorie d’acteurs que le public croit connaître et qu’il ne reconnaît jamais tout à fait. Nicholas Hoult en est le spécimen le plus accompli de sa génération. Le gamin au bonnet de laine d’About a Boy, l’adolescent vénéneux de Skins, le savant bleu des X-Men, le conducteur suicidaire de Mad Max: Fury Road, l’empereur imbécile et touchant de The Great, le clerc terrifié de Nosferatu, le Lex Luthor de Superman, tous ces visages appartiennent au même homme, et aucun ne le résume. Nicholas Hoult s’est construit une carrière sur une opération contraire à celle de la plupart des vedettes anglaises de son âge, il n’a jamais cherché à imposer une signature. Il s’efface, il se transforme, il revient sous un autre masque. Trente ans après ses premiers pas devant une caméra, cette discrétion méthodique fait de lui l’un des interprètes les plus employés et les moins prévisibles du cinéma anglophone.

Nicholas Caradoc Hoult naît le 7 décembre 1989 à Wokingham, dans le Berkshire. Son prénom médian, emprunté au moyen gallois, signifie « bien-aimé », et ce détail dit assez le goût familial pour les héritages discrets. Sa mère, Glenis, née Brown, enseigne le piano. Son père, Roger Hoult, pilote de ligne, passe une partie de sa vie au-dessus des continents. La maison de Sindlesham, dans le bourg de Wokingham, abrite quatre enfants, un frère aîné, deux sœurs et le benjamin. Nicholas Hoult a décrit une enfance passée dehors, dans le jardin, à construire des cabanes.

Le théâtre entre dans cette vie par la bande. Le frère aîné et les sœurs suivent des cours, courent les auditions, montent sur les planches. Le petit dernier accompagne, regarde, attend. À trois ans, lors d’une représentation où joue son frère, un metteur en scène remarque sa faculté de concentration et lui propose un rôle dans sa production suivante, Le Cercle de craie caucasien. La vocation naît ainsi, par contagion fraternelle, sans que personne l’ait décidée.

Une part de sa formation vient de la danse. Nicholas Hoult a dansé dans des productions du Lac des cygnes et de Casse-Noisette avec l’English National Ballet, expérience dont son travail d’acteur a gardé quelque chose, une conscience du corps comme instrument, une discipline du geste. Il joue du trombone, chante dans la chorale de sa paroisse, dispute des matches de basket-ball avec les Reading Rockets, club de la ligue anglaise dont il deviendra plus tard l’ambassadeur. La formation dramatique proprement dite arrive en 2002, à douze ans, quand il entre à la Sylvia Young Theatre School de Londres. Elle sera brève. À quatorze ans, il quitte l’établissement pour Ranelagh School, à Bracknell, préférant une scolarité ordinaire. En 2006, il rejoint le Sixth Form College de Farnborough, dans le Hampshire, où il étudie la littérature anglaise, la biologie et la psychologie. La première saison de Skins interrompt tout. Il abandonne ses études et devient acteur à plein temps.

Sa première apparition au cinéma remonte à 1996, dans Intimate Relations, où il paraît à six ans. Suivent la télévision anglaise et ses grandes machines populaires, Casualty, Brass Eye, Silent Witness, The Bill, Judge John Deed, Doctors. Il y a chez cet enfant une absence de calcul qui frappe. Interrogé bien plus tard sur ces années, il expliquait n’avoir jamais été amoureux du métier, l’avoir vécu comme l’on joue dans une équipe de football, avec le plaisir d’être choisi et celui de rencontrer des inconnus.

Tout bascule en 2002 avec About a Boy, adapté du roman de Nick Hornby par Chris et Paul Weitz. Nicholas Hoult, onze ans au tournage, y compose Marcus, garçon solitaire et bizarre, fils d’une mère dépressive, souffre-douleur de la cour de récréation, qui s’attache à un célibataire oisif joué par Hugh Grant. Le film dépasse cent trente millions de dollars de recettes mondiales et repose, pour l’essentiel, sur la gravité désarmante du jeune interprète. La première à Leicester Square reste l’un de ses souvenirs les plus violents. Il a raconté être sorti de la voiture au milieu des hurlements, les genoux tremblants, terrifié.

Deux films de 2005 prolongent l’apprentissage. Wah-Wah, écrit et réalisé par Richard E. Grant d’après sa propre adolescence, le montre en garçon confronté à la décomposition de sa famille dans le Swaziland des années soixante. The Weather Man, de Gore Verbinski, lui offre ses débuts à Hollywood dans le rôle du fils d’un présentateur météo en crise. Les deux films passent inaperçus.

En 2006, étudiant à Farnborough, Nicholas Hoult est choisi pour incarner Tony Stonem dans Skins, série adolescente de la chaîne E4. Il doute d’en être capable. Tony Stonem est un manipulateur, un égocentrique glacé, un antihéros de dix-sept ans qui joue avec ses amis comme avec des pions, et le jeune acteur se reconnaît davantage dans le personnage secondaire de Sid, timide et gauche. Il accepte, et la série devient un phénomène. Deux saisons lui suffisent pour devenir le visage d’une génération anglaise.

La contrepartie est brutale. L’attention le submerge au point qu’il envisage sérieusement d’arrêter. Cette hésitation, chez un garçon de dix-sept ans devenu du jour au lendemain une figure nationale, éclaire tout ce qui suivra. Nicholas Hoult n’a jamais couru après la célébrité, il a passé vingt ans à négocier avec elle.

L’année 2009 marque la bascule. Tom Ford prépare A Single Man, adaptation du roman de Christopher Isherwood, quand l’acteur pressenti pour Kenny Potter se retire à quelques jours du tournage. Nicholas Hoult, qui avait envoyé une bande d’essai et suivait le projet de loin, est appelé en urgence. Kenny, étudiant homosexuel qui bouscule le professeur endeuillé joué par Colin Firth, exige un accent américain que l’acteur travaille dans l’urgence. Le film est unanimement salué. Pour la première fois, la critique regarde Nicholas Hoult comme un adulte.

La même année, il fait ses débuts dans le West End avec New Boy, adaptation du roman de William Sutcliffe, aux Trafalgar Studios. Le spectacle, qui le montre en lycéen brillant et sexuellement troublé, bat des records de billetterie grâce à la popularité de Skins, mais ne tient l’affiche qu’une semaine, l’acteur étant attendu sur le tournage du Choc des Titans, sorti en 2010. Les réactions sont partagées. Dominic Cavendish, dans The Daily Telegraph, trouve la performance persuasive, quand Lyn Gardner, dans The Guardian, lui reproche de ne pas faire affleurer la tension sexuelle qui court sous les dialogues. Ce sera, à ce jour, sa seule expérience du théâtre professionnel. En 2010, il prête aussi sa voix au personnage d’Elliot dans le jeu Fable III.

George Miller veut Nicholas Hoult pour Mad Max: Fury Road dès 2010, mais le film s’enlise. Les pluies exceptionnelles qui verdissent le désert australien retardent la préproduction, l’acteur se retrouve libre et accepte le rôle de Hank McCoy, alias le Fauve, dans X-Men : Le Commencement, réalisé par Matthew Vaughn. Le choix repose sur une qualité qu’il possède en propre, la douceur doublée d’une capacité de fureur. Pour composer le personnage, il s’inspire de la diction de Kelsey Grammer, qui l’avait incarné dans X-Men : L’Affrontement final, sans jamais l’imiter, cherchant l’élégance et le charme du timbre. Il reprendra le rôle en 2014 dans X-Men : Days of Future Past, en 2016 dans X-Men : Apocalypse, en 2019 dans Dark Phoenix. Le maquillage bleu, jusqu’à trois heures et demie de fauteuil, lui offre une liberté qu’il a décrite avec gourmandise, celle de jouer très grand sous la fourrure, et de disposer ainsi de deux techniques dans un même film.

Mad Max: Fury Road se tourne finalement en 2012 dans le désert namibien et sort en 2015. Nux, esclave condamné par la maladie, kamikaze extatique du Citadelle, tient à la fois de l’enfant et du fanatique. Nicholas Hoult se rase le crâne, maigrit sévèrement, exécute des cascades qui l’effraient, et défend le choix de George Miller de filmer des actions réelles au lieu de fonds verts, parce que le corps de l’acteur, placé dans une situation véritable, ne ment pas. Le film devient l’un des grands objets du cinéma d’action de la décennie, et la performance de Nicholas Hoult, entre exaltation et pathétique, y tient une place que personne n’avait anticipée.

La décennie suivante ressemble à un long banc d’essai. En 2013, il porte deux films, Warm Bodies, où il joue un zombie amoureux dont il a construit la gaucherie en s’inspirant d’Edward aux mains d’argent et en travaillant avec des artistes du Cirque du Soleil, et Jack le chasseur de géants, de Bryan Singer, échec commercial et critique où sa composition est jugée fade. Suivent Young Ones de Jake Paltrow, tourné dans un désert sud-africain et préparé par la lecture de S. E. Hinton, Dark Places d’après Gillian Flynn, Kill Your Friends, Equals de Drake Doremus aux côtés de Kristen Stewart, Collide, Newness, encore de Drake Doremus. Plusieurs de ces films échouent. Nicholas Hoult, lui, travaille.

En 2017, il déclare préférer les personnages susceptibles de le faire progresser, observant que les acteurs qu’il admire ont commencé à donner le meilleur d’eux-mêmes au début de la trentaine, et qu’il approchait de cet âge. La série de films biographiques qu’il enchaîne alors procède de cette conviction. Il incarne J. D. Salinger dans Rebel in the Rye, se plongeant dans L’Attrape-cœurs et dans les biographies de l’écrivain, fasciné par un homme qui avait débarqué le 6 juin 1944, souffert de troubles post-traumatiques intermittents et découvert la philosophie du Vedanta. Il joue Nikola Tesla dans The Current War, laisse pousser une moustache, prend des leçons d’électromagnétisme et de dynamos, maigrit encore. Dans Sand Castle, il campe un soldat américain en Irak et s’entraîne dans une maison de tir en conditions réelles sur une base militaire jordanienne, expérience physiquement la plus dure de sa vie, dit-il, où les acteurs devaient évacuer un blessé comme s’il l’était vraiment.

Puis vient La Favorite, en 2018, où Yorgos Lanthimos lui confie Robert Harley, courtisan vipérin, perruque monumentale et morgue absolue. Le personnage est secondaire, la présence considérable. La même année, il prête sa voix à Fiver dans l’adaptation animée des Garennes de Watership Down. En 2019, il incarne J. R. R. Tolkien dans le film qui porte le nom de l’écrivain.

The Great, série créée par Tony McNamara et diffusée de 2020 à 2023, change la perception de l’acteur. Nicholas Hoult y joue Pierre III de Russie, empereur puéril, cruel, narcissique et follement drôle, dans une fantaisie historique qui traite l’exactitude avec une désinvolture revendiquée. Le rôle exige un équilibre presque impossible, faire rire aux dépens d’un tyran tout en le rendant, par instants, déchirant. Il y réussit trois saisons durant. Cette virtuosité comique lui laissera d’ailleurs un tic dont il devra se défaire, un jeu de sourcils permanent que sa partenaire Anya Taylor-Joy lui signalera quelques années plus tard.

Depuis 2022, la trajectoire s’accélère et s’élève. The Menu, comédie noire gastronomique, lui offre un gastronome imbécile et servile. Renfield le place face à Nicolas Cage en Dracula, dans un registre de bouffonnerie sanglante. Garfield, héros malgré lui lui vaut de doubler Jon Arbuckle en 2024. La même année, il tourne coup sur coup trois films qui redéfinissent sa stature. The Order, de Justin Kurzel, le montre en chef d’un groupuscule suprémaciste américain, glaçant de conviction tranquille. Juré n° 2, de Clint Eastwood, le place au centre d’un dilemme moral d’une pureté classique. Nosferatu, de Robert Eggers, lui confie Thomas Hutter, jeune clerc précipité dans l’épouvante.

Ce dernier tournage compte parmi les plus marquants de sa carrière. Nicholas Hoult avait cherché Robert Eggers pour la raison exacte qui rendait le projet difficile, son intransigeance, son érudition, sa fidélité maniaque à la recherche historique. Il fallait tout désapprendre de la comédie, jusqu’au mouvement des sourcils.

En 2025, James Gunn lui confie Lex Luthor dans Superman. Nicholas Hoult décrit un homme obsessionnel, déterminé, incapable de s’arrêter, et exige que la menace soit crédible face à un être invulnérable. Le film domine l’été. Le petit garçon d’About a Boy est devenu l’adversaire de Superman, et personne, en le voyant, ne pense au petit garçon.

Nicholas Hoult a formulé sa conception du travail avec une netteté rare pour un acteur de sa discrétion. Interrogé sur sa préparation, il expliquait en novembre 2025 : « J’aime jeter un filet très large, les idées peuvent venir de n’importe où. Je peux être en train de courir, d’écouter un livre audio, ou sous la douche, il s’agit simplement de laisser l’imagination tourner autour d’une idée qui a déclenché quelque chose. Ensuite on commence à ramener le filet, en travaillant avec le réalisateur ou les scénaristes, sur le ton, sur ce dont un moment précis a besoin. Ce que j’aime dans le jeu, c’est qu’il faut être extrêmement présent. On peut préparer énormément en amont, mais au moment de tourner la scène, on jette tout par la fenêtre et l’on existe simplement dans l’intervalle entre “action” et “coupez”. Cette concentration intense, cette présence absolue, voilà ce que je trouve de très particulier dans ce métier. »

Le reste de sa méthode tient dans quelques principes fermes. La peur d’abord, qu’il revendique comme moteur. À la lecture d’un scénario qui lui plaît, l’enthousiasme est immédiatement suivi d’une vague de doute, en suis-je capable, et c’est cette inquiétude qui le pousse à travailler. La confiance ensuite, dans le réalisateur, dans le projet, dans soi. Il assume le ridicule comme condition du métier, il faut savoir rater, tenter, échouer, recommencer, et cela suppose un metteur en scène capable de créer un espace où l’essai est permis. L’attention à l’autre enfin, leçon reçue de George Miller sur le tournage de Mad Max: Fury Road, qui lui conseillait d’observer son partenaire avant chaque prise et de se caler sur ce qu’il fait, au lieu de se perdre dans le bruit de ses propres préoccupations.

Ce goût du risque est chez lui explicitement revendiqué. Il choisit les personnages qui ne lui vont pas d’évidence, un zombie amoureux, un fanatique suicidaire, un empereur de Russie, parce que la difficulté le rend meilleur et déstabilise le spectateur. Quant à la critique, il en a pris la mesure sans amertume, observant que plusieurs des plus grands films de l’histoire furent d’abord mal reçus, et qu’il vaut mieux juger une expérience sur ce qu’elle fut au moment de la vivre.

Le travail avec Clint Eastwood lui a laissé une image qu’il dit conserver toute sa vie. Sur les plateaux du cinéaste, aucun « action », aucun « coupez ». Une voix rocailleuse dit « quand vous voulez », et l’on joue jusqu’à ce qu’elle dise « ça suffira comme ça ».

Entre 2010 et 2013, il partage la vie de Jennifer Lawrence, rencontrée sur le tournage d’X-Men : Le Commencement, relation qui prend fin au terme du tournage de X-Men : Days of Future Past. Depuis décembre 2016, il vit avec le mannequin américain Bryana Holly. Un premier enfant naît en 2018, un second en 2022. Le couple n’a jamais annoncé son mariage, que l’acteur a confirmé par une simple habitude de langage en novembre 2024, en parlant publiquement de sa femme et de ses enfants. Leur première apparition commune sur un tapis rouge date de la présentation de Nosferatu, en décembre 2024, huit ans après le début de leur histoire.

Il partage son temps entre Londres et Huntington Beach, en Californie. Il joue au basket-ball et au golf, s’entraîne au jiu-jitsu et à la boxe. Le sport lui a d’ailleurs coûté cher, une rupture du ligament croisé antérieur survenue au milieu de l’année 2025 sur un terrain de basket-ball, opérée en octobre suivant.

Sa passion la plus sérieuse reste l’automobile. Amateur de Formule 1 et de vitesse moto, il sort diplômé en 2022 du Corso Pilota, l’école de pilotage de Ferrari, et court depuis en Ferrari Challenge. En 2024, il remporte le Track Attack de Watkins Glen au volant d’une 296 GTB. En mars 2026, il fait ses débuts en Ferrari Challenge North America au Thermal Club, en Californie, dans la catégorie Coppa Shell Am, terminant cinquième puis huitième. Le pilotage occupe chez lui la place que d’autres accordent à la scène, un lieu où le contrôle et l’abandon se disputent la même seconde.

Ses engagements caritatifs, enfin, tournent autour de l’enfance et de la maladie. Premier jeune ambassadeur de la National Society for the Prevention of Cruelty to Children, il soutient depuis 2009 le Teenage Cancer Trust, dont il continue de visiter les patients. Il a voyagé à Nairobi pour Christian Aid dans le cadre d’un programme d’accès à l’eau potable, dessiné des pulls pour Save the Children, et traversé trois mille kilomètres de routes indiennes en tuk-tuk, en janvier 2017, pour lever des fonds.

L’année qui vient est la plus chargée de sa carrière, et la plus contrastée.

Le 4 septembre 2026 sort aux États-Unis How to Rob a Bank, réalisé par David Leitch. Nicholas Hoult y tient le rôle de Ryan, chef d’une bande de braqueurs masqués qui filment leurs coups et les diffusent sur les réseaux sociaux avec un discours anticapitaliste. Le personnage relève de la zone grise, un homme qui commet des actes discutables pour des raisons qu’il estime justes. La distribution réunit Zoë Kravitz, Pete Davidson, Anna Sawai, Christian Slater, John C. Reilly, Tati Gabrielle et Rhenzy Feliz.

Vient ensuite le projet le plus ambitieux, Cry to Heaven, de Tom Ford, seize ans après A Single Man. Le film adapte le roman d’Anne Rice publié en 1982, plongée dans le monde des castrats de l’Italie du dix-huitième siècle. Nicholas Hoult y incarne Tonio Treschi, jeune noble vénitien castré par son propre frère pour lui ravir la fortune familiale, et qui devient l’un des plus grands sopranos d’Europe. Aaron Taylor-Johnson joue Guido, le maître qui le forme. Autour d’eux, Colin Firth, Paul Bettany, Thandiwe Newton, Hunter Schafer, Owen Cooper, George MacKay, Mark Strong, Ciarán Hinds, Lux Pascal, et Adele pour ses débuts d’actrice. Le tournage s’est déroulé à Rome du 19 janvier au 23 mars 2026. La sortie est annoncée pour l’automne 2026, certaines sources évoquant 2027.

Le 20 avril 2026 s’est ouvert le tournage de Man of Tomorrow, suite du Superman de James Gunn, dont la sortie est fixée au 9 juillet 2027. Lex Luthor y fera cause commune avec Superman contre une menace nouvelle, et revêtira pour la première fois au cinéma l’armure de combat vert et violet familière aux lecteurs de bandes dessinées. Nicholas Hoult, qui avait réclamé cette armure dès ses premières conversations avec James Gunn, s’est soumis à une transformation physique considérable.

Le 11 août 2026, HBO a annoncé son engagement dans la deuxième saison de sa série Harry Potter, adaptée de Harry Potter et la Chambre des secrets. Il y jouera Gilderoy Lockhart, professeur de défense contre les forces du mal, imposteur vaniteux et virtuose du sortilège d’amnésie, personnage tenu par Kenneth Branagh dans le film de 2002. Le tournage doit débuter à l’automne 2026.

À la télévision toujours, il retrouvera Tony McNamara, l’auteur de The Great, pour Mosquito, comédie noire en six épisodes destinée à Hulu et à Disney+. Il y donnera la réplique à Daisy Edgar-Jones dans le rôle d’Ed, jeune marié dont la vie conjugale se fissure à cause d’un moustique importun. Le tournage est prévu en 2026.

Enfin, il figure au générique de l’adaptation cinématographique de CoComelon, annoncée par Universal pour le 19 février 2027, aux côtés notamment de SZA et d’Ike Barinholtz.

Nicholas Hoult appartient à cette génération d’acteurs anglais nés à la fin des années quatre-vingt qui ont grandi sous l’œil des caméras et dû inventer, une fois adultes, les moyens de leur survie artistique. Beaucoup ont choisi le prestige du théâtre subventionné ou la persona médiatique. Il a pris un troisième chemin, celui de l’ouvrier polyvalent, disponible pour les blockbusters comme pour les films minuscules, indifférent à la cohérence apparente de sa filmographie, attentif seulement à ce que chaque rôle lui apprend. Ce nomadisme lui a coûté des années de demi-succès et lui vaut aujourd’hui une position singulière, celle d’un acteur que les grands metteurs en scène appellent parce qu’il ne ramène jamais un personnage à lui-même.

Il a dit un jour n’avoir jamais vraiment été une vedette. La formule est trop modeste, et pourtant elle décrit exactement le contrat qu’il a passé avec son métier. La lumière l’intéresse moins que le travail. C’est peut-être pour cette raison que, de tous les enfants prodiges du cinéma anglais de ce siècle, il est celui qui a le mieux vieilli.

À trente-six ans, Nicholas Hoult s’apprête à porter simultanément l’armure de Lex Luthor, la robe d’un castrat vénitien et la cape ridicule de Gilderoy Lockhart. Cette collection de masques n’a rien d’une dispersion. Elle est le programme d’un homme qui a compris très tôt que la meilleure façon d’exister devant une caméra consiste à disparaitre.

Philippe Escalier


Chronologie

1989 — Naissance le 7 décembre à Wokingham, Berkshire, Angleterre

1993 — Repéré à trois ans par un metteur en scène, premier rôle au théâtre dans Le Cercle de craie caucasien

1996 — Premier film, Intimate Relations

1997-2001 — Apparitions à la télévision britannique, Casualty, Brass Eye, Silent Witness, The Bill, Judge John Deed, Doctors

Années 1990-2000 — Danse avec l’English National Ballet dans Le Lac des cygnes et Casse-Noisette

2002 — About a Boy, de Chris et Paul Weitz, dans le rôle de Marcus. Entrée à la Sylvia Young Theatre School

2004 — Départ de la Sylvia Young Theatre School pour Ranelagh School, à Bracknell

2005 — Wah-Wah, de Richard E. Grant, et The Weather Man, de Gore Verbinski

2006 — Entrée au Sixth Form College de Farnborough. Distribution dans Skins

2007 — Première saison de Skins, dans le rôle de Tony Stonem. Abandon des études

2008 — Deuxième saison de Skins. Apparition dans le pilote de Wallander

2009 — A Single Man, de Tom Ford. Débuts dans le West End avec New Boy aux Trafalgar Studios. Début de son engagement auprès du Teenage Cancer Trust

2010 — Le Choc des Titans. Voix d’Elliot dans le jeu Fable III. Début de sa relation avec Jennifer Lawrence

2011 — X-Men : Le Commencement, de Matthew Vaughn, dans le rôle de Hank McCoy

2012 — Tournage de Mad Max: Fury Road dans le désert namibien

2013 — Warm Bodies, de Jonathan Levine, et Jack le chasseur de géants, de Bryan Singer. Fin de sa relation avec Jennifer Lawrence

2014 — Young Ones, de Jake Paltrow, et X-Men : Days of Future Past

2015 — Mad Max: Fury Road, de George Miller, dans le rôle de Nux. Dark Places, Kill Your Friends, Equals

2016 — X-Men : Apocalypse, Collide. Début de sa relation avec Bryana Holly en décembre

2017 — Newness, Rebel in the Rye dans le rôle de J. D. Salinger, Sand Castle. Traversée de l’Inde en tuk-tuk au profit du Teenage Cancer Trust

2018 — La Favorite, de Yorgos Lanthimos, dans le rôle de Robert Harley. The Current War, dans le rôle de Nikola Tesla. Voix de Fiver dans Les Garennes de Watership Down. Naissance de son premier enfant

2019 — Tolkien, de Dome Karukoski, et Dark Phoenix

2020 — Première saison de The Great, de Tony McNamara, dans le rôle de Pierre III

2021 — Deuxième saison de The Great. Those Who Wish Me Dead

2022 — The Menu, de Mark Mylod. Diplôme du Corso Pilota de Ferrari. Naissance de son second enfant

2023 — Troisième et dernière saison de The Great. Renfield, face à Nicolas Cage

2024 — Garfield, héros malgré lui, The Order de Justin Kurzel, Juré n° 2 de Clint Eastwood, Nosferatu de Robert Eggers. Victoire au Track Attack de Watkins Glen en Ferrari 296 GTB. Première apparition publique avec Bryana Holly en décembre

2025 — Superman, de James Gunn, dans le rôle de Lex Luthor. Rupture du ligament croisé antérieur, opérée en octobre

2026 — Tournage de Cry to Heaven, de Tom Ford, à Rome, du 19 janvier au 23 mars. Débuts en Ferrari Challenge North America au Thermal Club en mars. Ouverture du tournage de Man of Tomorrow le 20 avril. Sortie de How to Rob a Bank, de David Leitch, le 4 septembre. Engagement annoncé le 11 août dans la deuxième saison de Harry Potter, tournage à l’automne. Tournage de la série Mosquito, de Tony McNamara

2027 — Sortie de Man of Tomorrow, de James Gunn, le 9 juillet. Sortie du film CoComelon le 19 février

Où le suivre

Nicholas Hoult ne dispose pas de site officiel. Son compte certifié sur Instagram, @nicholashoult, constitue sa seule adresse publique régulière.

À lire aussi

Commentaires

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Sensitif.org

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture