Malandain Ballet Biarritz

Pour sa dernière saison à la tête de la compagnie, Thierry Malandain offre au public parisien trois ballets qui vont de la ferveur franciscaine aux mystères de minuit

Mardi soir, sous la coupole, le Malandain Ballet Biarritz, avec TranscenDanses, ouvrait au Théâtre des Champs-Élysées une série parisienne chargée d’émotion. Vingt-huit ans après son arrivée au Centre chorégraphique national de Biarritz, Thierry Malandain vit sa dernière saison de directeur, avant de passer la main à Martin Harriague le 1er janvier 2027. Trois pièces, trois éclats d’une magnifique écriture reconnaissable entre toutes.

L’Oiseau de feu, messager de lumière

Créé à Chaillot en 2021 sur la suite de 1945, L’Oiseau de feu transporte le conte russe au pays de François d’Assise dont on connait l’amour pour les volatiles. Une communauté de moines vêtus de noir y chemine des ténèbres vers la clarté, guidée par un oiseau rouge sang, messager de consolation. Hugo Layer, qui porte le rôle depuis la création, lui prête un corps d’une souplesse animale, des bras qui battent l’air, une incandescence à la fois cruelle et fragile.

2021/12/22 Spectacle Stravinski « L’oiseau de feu » ©Olivier Houeix

Le Boléro, prison et délivrance

Dans le Boléro de 2001, douze danseurs enfermés dans un carré de parois translucides épousent l’obsession de Maurice Ravel. Les unissons se resserrent au rythme du crescendo, la tension gagne chaque muscle jusqu’à l’embrasement final, puis le silence tombe sur des corps soudain rejetés au dehors. Un quart de siècle après sa création, la pièce garde son pouvoir hypnotique.

Minuit et demi, l’heure des âmes

Dernière création du chorégraphe, Minuit et demi, ou le Cœur mystérieux sonne l’heure du surnaturel avec les douze coups de minuit de la Danse macabre de Camille Saint-Saëns. Viennent ensuite des mélodies avec orchestre du compositeur, beaucoup plus confidentielles, où se croisent la mort, le désir et l’amour perdu. Les longs manteaux sombres s’ouvrent sur des tuniques noires et bleu ciel, les petites formations se nouent et se dénouent comme autant de pièces de chambre, et la troupe entière se rassemble pour un finale d’une ampleur lumineuse.

Il y a quelque justice à voir ce vocabulaire néoclassique, fait de pliés profonds et de lignes pures, fleurir sur la scène même où Le Sacre du printemps souleva la salle en 1913. Stravinsky revient avenue Montaigne, et avec lui un chorégraphe qui fit de Biarritz l’une des capitales de la danse. Il faut aller le saluer.

Philippe Escalier

L’Oiseau de feu sur la musique d’Igor Stravinsky, Boléro sur la musique de Maurice Ravel, Minuit et demi, ou le Cœur mystérieux sur la musique de Camille Saint-Saëns. Chorégraphies de Thierry Malandain. Décors et costumes de Jorge Gallardo. Lumières de François Menou et Jean-Claude Asquié. Par les danseurs du Malandain Ballet Biarritz. Musique enregistrée. Théâtre des Champs-Élysées, 15, avenue Montaigne, 75008 Paris. Mercredi 23 septembre à 15 h et 19 h 30, jeudi 24 et vendredi 25 septembre à 19 h 30. Durée, 1 h 55 entracte compris.

Vous pouvez lire aussi l’annonce détaillée du spectacle ici :

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