L’éventail de Lady Windermere

 

 

Nous sommes dans les salons de la meilleure société londonienne. Un jeune mari prend le risque de perdre sa femme pour lui cacher un secret de famille qu’elle doit ignorer. Mais peu importe le sujet, les héros d’Oscar Wilde paradent sur une scène devenue une arène où les sourires s’accompagnent de formules assassines.

 

Dans sa première comédie, Oscar Wilde dévoile un art dans lequel il excelle, celui de la conversation, où aphorismes et paradoxes sont rois. Le plaisir est ici accru par une interprétation remarquable. Geneviève Casile triomphe dans un rôle qu’elle maîtrise avec une insolente facilité. Loin de pâlir devant elle, Élisa Sergent toute en douceur est magistrale. Sébastien Azzopardi séduit en lord sophistiqué, superficiel et cynique. Sa mise en scène précise et efficace, entre dérision et réalisme, souligne les travers d’un monde en perpétuelle représentation. Avec Franck Desmedt, Marie-France Santon, Jean-Philippe Beche, Jean-François Guilliet, Frédéric Imberty et Anaïs Harté, le divertissement s’exprime avec une grande subtilité. Tel Oscar Wilde disant pouvoir résister à tout sauf à la tentation, il nous semble bien difficile de résister à pareil spectacle.

 

Philippe Escalier

 

Bouffes Parisiens : 4, rue Monsigny 75002 Paris – M° Quatre Septembre

Du mardi au samedi à 21 h et dimanche à 15 h

01 42 96 92 42

 

 

 

Chantal Ladesou

 

Un phénomène ! Chantal Ladesou a donné aux Amazones de Jean-Marie Chevret (jouées neuf cents fois) une telle dimension comique que, pour elle, l’auteur a écrit une suite, Les Amazones, trois ans après, actuellement à l’affiche du théâtre de la Renaissance où la comédienne offre à son public ébahi et heureux un véritable festival.

 

 

Vous connaissez Jean-Marie Chevret depuis longtemps ?

On s’est connu aux cours Simon. Il était comme moi élève comédien et déjà très drôle ! Malheureusement, un jour je lui ai demandé de l’argent pour un sandwich et je ne l’ai jamais remboursé. C’est pour cela que depuis, je suis obligée de jouer ses pièces gratuitement !

 

Pour vous venger, vous arrive-t-il d’improviser dans la pièce ?

Quand la situation le permet et en entraînant mes camarades. Jean-Marie Chevret m’a laissée d’ailleurs une ouverture au début, au moment où, face au public, je résume ce qui s’est passé dans la pièce précédente.

 

Auparavant, vous aviez fait plusieurs comédies ?

Oui, j’ai joué un Feydeau avec Martin Lamotte, ensuite un one-woman show écrit par Pierre Palmade avec des personnages de femmes que j’adorais, après quoi j’ai joué Ma femme est folle. Je vais certainement retourner au one-woman show, d’ailleurs je suis prête, j’ai mon propre texte, un peu plus personnel car maintenant, j’ai moins envie de me cacher derrière les femmes que je joue.

 

Quand on vous voit tellement faite pour la comédie, vous avancez un pied et tout le monde rit…

Quand j’avance la main aussi ! (Rires)

 

… on se dit qu’on ne va jamais vous proposer un rôle tragique !

C’est vrai que les gens ont envie que je les fasse rire et moi, j’adore ça. Mais maintenant, si on me le proposait, j’accepterais volontiers de changer de registre, ce serait aussi une bonne chose pour la comédienne que je suis.

 

Y a-t-il quelque chose qui vous fasse peur sur scène ?

Non, sur scène rien ne me fait peur ! J’y suis à l’aise, je me sens chez moi, je pourrais descendre dans le public, grimper aux rideaux… Par contre, un peu avant de jouer, là, au moment où je me mets en condition, j’ai souvent un peu peur. Je suis très trackeuse en fait.

 

Dans l’intimité, quel type de femme êtes-vous ?

Une grande amoureuse ! Mais j’espère que vous n’attendez rien de moi… Mon mari va arriver, il est en train de garer la voiture et puis je suis comme mes deux labradors, très fidèle, autant en amour qu’en amitié, j’ai des amis de trente-cinq ans que je vois toujours. En fait, je suis une bonne camarade. Par moment, je gueule un peu, parce que je suis soupe au lait, mais une fois que les choses sont dites, c’est terminé !  Comme le dit ma fille, je suis cash !

 

Vous voit-on bientôt à la télé ?

Oui, pas plus tard que le 28 mars dans Le Ciel sur la tête, un téléfilm sur France2 avec Charlotte de Turckheim et Bernard Lecoq. Le DVD sortira dès le lendemain pour ne pas faire languir mes fans ! Je joue une amie de la famille qui tâche d’expliquer que l’homosexualité du fils n’a vraiment rien de bien grave. Là aussi, mon personnage est sympathique et assez tendre.

 

Après le théâtre, la caméra n’est pas trop réductrice ?

Non, il faut juste faire attention à ne pas sortir du cadre. (Rires, sur scène Chantal Ladesou bouge beaucoup !) Le réalisateur m’avait dit “vas-y, lâche-toi !”. Après m’avoir vu faire, il m’a suggéré “peut-être un peu moins quand même” !

 

Philippe Escalier

 

Théâtre de la Renaissance

20, boulevard Saint-Martin 75010 Paris – M° Strasbourg Saint-Denis

Du mardi au samedi à 20 h 30 et à 16 h 30 samedi et dimanche

01 42 08 18 50

 

 

Interview de Fred Goudon pour Sensitif

Le photographe Fred Goudon  interviewé par Philippe Escalier pour le magazine Sensitif (www.sensitif.fr)

 

Auteur de trois livres et du calendrier des Dieux du stade 2006, Fred Goudon est à classer parmi les meilleurs photographes actuels, certainement l’un de ceux qui savent le mieux représenter le corps masculin.

Généreuses, d’une grande beauté, les photos de Fred Goudon se caractérisent par un subtil équilibre entre sensualité et virilité, tout en laissant apparaître le modèle sous son meilleur jour.

À côté de ses nombreuses qualités d’artiste, l’homme, originaire de Cannes, est d’une incroyable gentillesse, doté d’un esprit optimiste, marqué par une douceur et une joie de vivre constantes.

Après Bedtime Stories et Aqua, il vient de publier Sunday Morning aux Éditions Bruno Gmünder. Nous qui le connaissons et l’apprécions pour avoir la chance de travailler avec lui depuis les débuts de Sensitif, nous avons souhaité lui donner la parole, avec d’autant plus de plaisir que ce grand monsieur, toujours très pudique, s’exprime peu.

 

 

Comment est venue l’idée de faire le tout premier livre ?

Pour Bedtime Stories, mon premier recueil de photos, j’ai été démarché par l’éditeur Bruno Gmünder. Leur découvreur de talents ayant vu mes photos lors d’une exposition dans le Marais, ils m’ont proposé Bedtime Stories, sorti en 2000. Une fois ce premier livre réalisé, j’ai pensé aux suivants ! Aqua en 2005, Sunday Morning aujourd’hui. J’ai eu beaucoup de chance d’être repéré par lui et tu sais, le jour où tu reçois le premier exemplaire de ton livre, c’est un moment incroyable de fierté et de satisfaction. Notre travail est devenu très fusionnel, je lui suis fidèle et lui fais totalement confiance ; du reste, c’est lui qui a trouvé le titre Sunday Morning.

 

Les photos ont été faites où ?

Partout ! Beaucoup à Paris, dans le Sud, à Los Angeles, et puis à Barcelone.

 

Quels sont les rapports que le photographe entretient avec son modèle ?

Je veux que ce soit une envie réciproque d’avancer ensemble. D’une part, je sais ce que je veux, où je vais, je suis créatif… donc directif. D’autre part, c’est aussi le résultat d’un travail fait en commun.

 

Si tu devais faire un portait-robot de tes modèles ? Quelle est la proportion d’homos parmi eux ?

Je veux que mes photos montrent des mecs qui soient beaux, virils et naturels ; leur sexualité, quelle importance ? Ce qui me touche c’est qu’un homme robuste puisse aussi être doux et vulnérable. Quand je vois un beau garçon dans la rue, je l’imagine toujours dans un moment de tendresse. Il m’importe de l’amener à exprimer cette sensibilité. Il faut tout de même dire que la plupart des modèles que je photographie sont hétéros.

 

Est-ce le genre de situation que tu as trouvée avec les Dieux du stade ?

Non, pas vraiment. En temps normal, je tiens à ce que mes modèles prennent des poses et des attitudes les plus naturelles possibles. Les photos pour le calendrier des Dieux du stade sont très dirigées, très encadrées et pas spontanées. Je trouve que les photos des rugbymen ne leur ressemblent pas vraiment et c’est dommage ! Je crois que l’on peut faire des photos d’hommes qui restent virils, sans qu’il soit besoin de les mettre dans des positions aussi sophistiquées et ambiguës. C’est ce que je reproche à l’évolution de ce calendrier. En revanche, je suis plus qu’admiratif du génie de Max Guazzini, instigateur des Dieux du stade.

 

Comment recrutes-tu ?

Je reçois beaucoup de candidatures spontanées, parfois avec des photos prises à la maison, mais c’est très bien car la photogénie d’un modèle se voit vite. Il faut que je sois charmé, on ne photographie bien que ce qui nous plaît. Sinon, je fais aussi des castings sauvages dans la rue. Je prends quelques secondes pour expliquer ce que je fais et laisser ma carte avec l’adresse de mon site Internet pour que la personne puisse voir mon travail. C’est comme ça qu’un jour j’ai abordé un policier en service en bas de chez moi ; maintenant on travaille ensemble !

 

Es-tu déjà allé au-delà de la relation de travail ?

C’est comme partout. Il y a de belles rencontres. Elles sont rares mais fortes. Je peux citer les trois plus belles. Il y a d’abord Gilles, mon égérie (c’est lui qui est sur la couverture), nous nous sommes rencontrés il y a dix ans ; il est ma plus grande source d’inspiration et nous sommes les meilleurs amis du monde. Il y a aussi Brice (le modèle de Sensitif en janvier), avec qui j’ai fait des photos au Brésil. On a vraiment créé des liens, et nous sommes devenus très copains. Et puis, il y a des rencontres comme celle avec Greg, qui est dans mes trois livres. Je me souviens encore de ce casting dans une agence de mannequins à Nice, il avait vingt-deux ans, tout débutant. Dés que je l’ai vu, j’ai eu un coup de foudre incroyable. On a tout de suite fait une séance photo et ça a été très fort. On a continué à se rapprocher et on est devenu amant ! Ensemble nous avons vécu plusieurs années à Barcelone et à travers le monde, depuis nous nous sommes séparés. Aqua lui était dédié, je lui rends aussi hommage dans Sunday Morning parce que ces années ont été un beau cadeau.

Lorsqu’on est amoureux, est-on aussi productif ?

Il est vrai que j’ai besoin de vibrer pour faire mes photos, et là, j’étais moins disponible, plus accaparé par cette histoire affective très forte. Ceci dit, de cet amour, sont nés plein de projets, dont Aqua et Sunday Morning.

 

L’envie de faire des photos est apparue quand ?

J’avais seize ans, j’étais à New York, je suis allé voir une exposition de Bruce Weber. Il y avait des photos splendides faites à Rio justement. J’ai été touché par son travail qui a été une source d’inspiration pour moi, avec notamment cet équilibre entre virilité et sensibilité. Par la suite j’ai développé mon style, mais je lui dois une fière chandelle !

 

Et le premier que tu as photographié ?

À Los Angeles en 1984, mon premier amour, David, devient mon premier modèle ! Avec un appareil amateur, j’ai fait des photos de lui dont il s’est servi pour rentrer dans une agence qui m’a ensuite proposé de faire des photos pour leurs modèles… Voilà comment tout a commencé. Cela m’a permis d’avoir de nombreux contacts, de rencontrer des mannequins et de faire ma première exposition au cours de laquelle mon éditeur m’a repéré. La boucle est bouclée !

 

La relation avec eux est-elle toujours un peu amoureuse ?

Oui, un peu quelque part, mais elle est surtout passionnée ! Pour revenir à mes débuts, j’ai rencontré en boîte un garçon duquel je n’arrivais pas à détacher mes yeux. À un moment donné, ça l’a énervé, il est venu me demander pourquoi je le fixais ainsi. Je lui ai répondu que j’étais un jeune photographe et que j’aimerais le prendre en photo. Il a voulu savoir si j’étais homo et si je le désirais, ce à quoi j’ai répondu : « Oui, bien sûr ! » Ça l’a fait rire et il m’a dit qu’on allait faire l’amour, peut-être pas comme je le voudrais, mais à travers l’objectif de mon appareil photo ! Il avait un coup dans le nez, mais je l’ai pris au mot.

Alors, oui, c’est toujours un peu une histoire d’amour avec les modèles. Chez moi, tout passe par le cœur. J’ai un rapport d’affection avec eux et ils me le rendent bien. C’est très particulier et c’est très beau !

 

Y a-t-il un peu plus de nudité frontale dans Sunday Morning que dans les deux autres livres ?

Non, la proportion est la même. Pour moi, le nu est naturel. Et pourtant, je suis quelqu’un de pudique. Mais je ne vois pas pourquoi on ne montrerait pas un homme nu, à partir du moment où cela ne lui pose pas de problème. Ceci dit, j’ai besoin, avant de faire des photos, de voir le garçon déshabillé. La plupart du temps, les modèles sont à l’aise avec ça ! Je dirais que ça fait partie du boulot. Mais je suis loin de fantasmer là-dessus, ce que je trouve de plus attirant chez un homme ce sont ses jambes et ses bras !

 

Pour aborder un autre sujet, quel est le meilleur moyen de se faire connaître pour un photographe ?

Ses photos (Rires) ! Sérieusement, il y a les livres et puis le site, avec plusieurs milliers de visites par semaine, c’est vraiment la grande vitrine de mon travail. Il y a bien sûr les magazines et puis les blogs, ce phénomène assez nouveau qui prend de l’ampleur et qui devient un média à part entière.

Il faut communiquer pour être vu, c’est un gros boulot. Je ne suis pas très fort pour cela… Je suis là pour créer ; Louis Bataille, mon agent, s’occupe parfaitement de moi. Il aime ce que je fais et il démarche des clients potentiels, il travaillait pour l’agence Elite quand je suis arrivé à Paris et il m’a donné ma chance. En fait, il m’en a données deux car, pour la petite histoire, j’avais loupé le premier test !

 

Que fais-tu le dimanche matin ?

Je vais préparer le café ou le thé, accompagné de tartines, d’oranges pressées, etc., pour la personne qui est avec moi (je tiens cela de mon père) ! D’ailleurs, c’est fou ce que je peux faire comme café… c’est presque devenu ma seconde spécialité !

 

www.fredgoudon.com

 

 

Sunday Morning est publié aux Éditions Bruno Gmünder

144 pages, 28,5 x 21,5 cm

 

Points de vente :

Fnac, Les Mots à la bouche, Blue Book Paris

http://www.amazon.fr ; http://www.adventice.com

 

L’adieu à Bécassine

Depuis le début de la campagne, nous n’avons pas pu cacher notre dépit de voir Ségolène Royal porter les couleurs socialistes. Le choix (fait uniquement en faveur des sondages) nous a semblé mauvais pour maintes raisons que l’on résumera en disant que la candidate a toujours fait l’unanimité contre elle (de la part de ce qui l’on vraiment approchés). Son orgueil, son autoritarisme, son manque de qualités humaines et ses lacunes certaines liées à sa façon de travailler, très éparpillée, peu concentrée et parfois je-m’en foutiste, son manque de vision politique faisait, on l’avouera, beaucoup de défauts pour une seule personne. Restait le fait qu’elle est une femme (mais à quoi bon une femme si elle cumule plus de défauts qu’un homme.. !) et qu’elle maitrise (maîtrisait) parfaitement la communication.

 

Il nous a semblé qu’avec son amateurisme (qu’a-t-elle fait en 20 ans de politique, sinon laisser un bilan des plus mitigés en région Poitou-Charentes, un bilan sur lequel les médias sont restés fort discret !?) et sa détestable personnalité (face à l’abandon d’éric Besson, elle réagit par le mépris) elle avait peu de chances face à l’animal politique qu’est Nicolas Sarkozy. Certes, les jeux ne seront faits que le soir du second tour, mais pour notre part, nous ne résistons pas au plaisir de dire que nous avions raison lorsque nous proposions au PS de modifier son sigle pour devenir, sous la houlette de Ségolène Royal, PSA (Pas Sorti de l’Auberge !)

 

Philippe Escalier

Fred Goudon

 
 

Auteur de plusieurs livres et du Calendrier des Dieux du stade 2005, Fred Goudon est à classer parmi les meilleurs photographes actuels, certainement l’un de ceux qui sait le mieux représenter les garçons à travers des images sensuelles et artistiques, jamais triviales ou banales mais toujours marquées par le formidable mélange d’une grande force et une extrême sensibilité.

Généreuses, les photos de Fred Goudon ont aussi pour caractéristique de ne jamais oublier de mettre le modèle en valeur, et ce, de la plus belle façon qui soit.

À côté de ses nombreuses qualités d’artiste, l’homme est doté d’un caractère foncièrement agréable et d’un esprit positif, marqué par une douceur et une joie de vivre qu’il est rare de rencontrer.

C’est incontestablement une grande chance de pouvoir travailler avec lui dans les pages du magazine Sensitif.

 
Photos de Brice prises au Brésil pour Sensitif.
 
D’autres photos sont disponibles sur :
 
www.sensitif.fr et sur son site
 
 
 

Julien Baptist incarne Jeffrey

L’AUTEUR AMÉRICAIN PAUL RUDNICK A ÉCRIT UNE COMÉDIE DRÔLE ET PLEINE DE VIE SUR LE DIFFICILE SUJET DU SIDA. DEPUIS 1993, JEFFREY A CONNU DE TRÈS BEAUX SUCCÈS SUIVIS D’UNE ADAPTATION CINÉMATOGRAPHIQUE AVEC UNE BELLE DISTRIBUTION MAIS AU RÉSULTAT MITIGÉ. LE METTEUR EN SCÈNE CHRISTIAN BORDELEAU A DÉCIDÉ DE REVENIR AUX ORIGINES DE LA PIÈCE. APRÈS TORCH SONG TRILOGY, IL S’EST EMPARÉ DE L’OEUVRE POUR EN DONNER, AU THÉÂTRE CLAVEL, UNE ADAPTATION À LA FOIS FIDÈLE, ORIGINALE ET DYNAMIQUE, SERVIE PAR DE JEUNES COMÉDIENS. PARMI EUX, JULIEN BAPTIST INTERPRÈTE LE RÔLE-TITRE.

Il sera bien diffi cile d’enfermer dans une catégorie précise ce garçon volubile et passionné. Lui qui a commencé à apprivoiser les caméras à l’âge de quatorze ans revendique ses ascendances américaines pour clamer son amour du spectacle, toutes frontières confondues. Comédien, danseur, chanteur, ses expériences comme ses envies le poussent à user de toutes les facettes d’un métier qui le rend heureux.

« Aujourd’hui, je sais ce que je veux et je suis capable de l’exprimer durant des heures en interview ! »  Ne surtout pas lui répondre « chiche » ! Sourire en coin, avec une bonne dose d’espièglerie, il aborde chaque question avec une énergie contagieuse. « J’ai envie de toucher à tout, sans vouloir être le meilleur en tout, mais je veux être bon dans tout ce que j’entreprends. »

Originaire d’Angers (une mère soutien indéfectible et un père militaire un peu plus réticent), Julien Baptist est parti vers Londres puis vers Paris pour respirer l’air du large et apprendre son métier. Sa participation à « La Nouvelle Star » lui a laissé un souvenir ému en même temps qu’une première (et importante) reconnaissance médiatique. « J’ai tenu à y participer, du moins aux premiers stades, parce que l’émission moins scénarisée, bien plus spontanée que sa concurrente sur TF1, fait la part belle au chanteur. » Et d’ajouter : « J’aime la prise de risques, la confrontation avec le public. » S’il le fallait, il y trouve confi rmation de sa vocation à laquelle il consacre tout son temps libre. Perfectionniste, il travaille à compléter sa formation, en suivant actuellement les cours de l’académie musicale Richard Cros dont la philosophie pluridisciplinaire le comble. Sport, théâtre, yoga… Si le chant demeure essentiel, ce qui contribue à façonner un artiste épanoui n’est pas oublié.

Sa rencontre avec Christian Bordeleau s’est faite lors de la première série de représentations de Torch Song Trilogy en 2005. Il devient vite évident qu’il va participer à la distribution de Jeffrey.Durant la série d’auditions passées pour compléter le casting, il tient le rôle-titre sans savoir qu’il va fi nalement devoir l’assumer

su scène. Divine surprise que ce personnage dans la peau duquel il rentre bien volontiers tout en gardant ses distances. « Je me demande comment je réagirais confronté aux situations dans lesquelles il se trouve », s’interroge-t-il, avant de résumer d’une phrase sa joie de se retrouver sur scène aussi bien entouré : «spectateurs vont avoir de la musique, de la danse, en bref, show dans le théâtre et ce mélange génial nous oblige à nous dépasser ! Tout ce que j’aime ! »

Théâtre Clavel  : 3, rue Clavel 75019 Paris – M° Pyrénées

Du 8 janvier au 29 mars : lundi, mardi, mercredi et jeudi à 21 h 30

01 42 38 22 58

 

Un si joli monde

 

Les gens de la télé sont sur tous les fronts. Stéphane Bern n’échappe pas à la règle et après avoir joué au théâtre Saint-Georges dans Numéro complémentaire, l’animateur radio et télé vient de publier son premier roman. À l’instar des pièces de Laurent Ruquier, faut-il s’attendre au pire ?

On ne cachera pas que l’animateur nous est sympathique, sachant faire rire sans blesser, doté de culture, ce qui est rare (et souvent inutile) à la télé. Nous avons entamé son livre avec un bon a priori. Sans oublier qu’il s’agit d’un premier pas, nous aurions du mal à en dire du bien, tant l’histoire de cet univers mondain et pailleté est répétitive, l’intrigue mince et le style banal.

Il est évident que Stéphane Bern a voulu fustiger un monde qu’il connaît parfaitement avec beaucoup de bonne volonté. Mais depuis la célèbre formule de Gide, l’on sait que l’on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments. Ce livre en est la preuve. On retiendra qu’il a été écrit sans prétention, ce qui fait au moins une chose à mettre au crédit de l’auteur.

Philippe Escalier

 

Flammarion – 345 pages – 14 euros  

Paris en liberté : Doisneau

 

 La mairie de Paris expose plus de 280 photos de Robert Doisneau formant, sans aucun souci chronologique, un libre parcours à travers la capitale. Soixante ans séparent la première photo de la dernière, prise le 25 septembre 1993 par cet amoureux de la Ville lumière.

 

Il s’agit de la première grande rétrospective consacrée au photographe depuis 1995, quand, un an après sa mort, le musée Carnavalet lui rendait hommage.

« Ma photo, c’est le monde tel que je souhaite qu’il soit », avait coutume de dire Doisneau. De fait, cette exposition se veut comme une promenade dans son imaginaire parisien et apporte la démonstration que nul autre mieux que lui n’a su redonner l’illusion de l’instantané. Mêlant une grande majorité de clichés pris sur le vif avec quelques images recomposées, l’artiste, pour qui la photo était indispensable, aimait à brouiller les pistes avec un talent hors du commun.

 

Salle Saint-Jean

5, rue Lobau 75004 Paris

Tlj sauf dimanches et fêtes de 10 h à 19 h

Jusqu’au 17 février 2007

Entrée gratuite

 

Crédit Photo : Atelier Robert Doisneau

Cyrille Thouvenin

 

Le théâtre : une question d’amour !

 

Curieusement, cet ancien élève du Conservatoire a d’abord été connu grâce à la télé et au cinéma. Il s’attaque au théâtre, la saison dernière, avec Vincent River avant de faire l’affiche du Gardien d’Harold Pinter, un défi majeur qu’il aborde avec humilité et générosité.

 

Avec Vincent River, vous n’avez pas choisi la facilité !

C’est vrai, mais cette pièce a eu l’avantage de me faire « grandir ». Elle m’a fait comprendre, avec ses émotions, sa force, parfois sa violence, que mon envie était d’être sur scène.

 

Que s’est-il passé après Vincent River ? Des vacances ?

Non, j’ai eu la grande chance de pouvoir réaliser une adaptation de L’Avare avec Michel Serrault dans le rôle titre pour une diffusion télé prévue durant les fêtes. J’ai dû faire un travail de dingue. Molière est mon auteur fétiche (je sais, ça fait pas très branché !), mais vraiment, c’était un rêve absolu.

 

Depuis vos débuts, comme ici dans Le Gardien où vous jouez en compagnie de Robert Hirsch et de Samuel Labarthe dans une mise en scène de Didier long, vous avez eu la chance de ne participer qu’à des projets de grande qualité !

Lorsque la proposition est arrivée, je n’ai pas eu à réfléchir très longtemps avant de dire « oui » ! Effectivement, je choisis, et donc j’ai refusé plusieurs propositions (venues de la télé surtout) qui me paraissaient médiocres. Quand je rentre et qu’exténué je regarde un peu n’importe quoi, ce n’importe quoi, je veux bien le voir mais surtout pas le tourner ! Le seul qui pourrait s’en plaindre c’est mon banquier !

 

Le cinéma est plus porteur ?

Oui, je suis sur plusieurs projets et je croise les doigts afin qu’ils se réalisent. Mais rien n’est plus fragile que de vouloir tourner un long métrage de qualité sans tête d’affiche…

 

Vous avez un fan-club. Comprenez-vous l’admiration que beaucoup de jeunes vous portent ?

Pas vraiment ! Et puis, est-ce bien raisonnable ? Je crois que j’ai encore tellement de choses à prouver et de défauts à travailler !

 

Quels sont vos petits plaisirs quand vous ne travaillez pas ?

Je relis l’intégrale des Rougon-Macquart ! Non, sérieusement, j’ai une vraie tendance à l’oisiveté, on m’a dit que c’était dû à mon signe (Taureau)… Je cherche à construire ma vie, à la remplir, notamment par des lectures. Je suis curieux, avec l’envie de connaître le maximum de choses. J’adore m’informer et suis un grand consommateur de podcast.

 

J’ai le sentiment que vous abordez la trentaine avec sérénité.

J’ai eu, à une époque, mon lot de peurs ; là, tout va bien. Je ressens le sentiment (non partagé par ma voisine qui me prend encore pour un adolescent attardé) d’avoir grandi. Aujourd’hui je me sens plutôt apaisé, même si quelque part, tout reste à faire.

 

Sur le plan privé : heureux ?

Oui, je crois que j’ai un peu tout ce qui contribue à l’équilibre. Ceci dit, comme tout le monde, j’ai mes périodes de joies et d’autres un peu moins gaies !

 

Comme dans le travail en somme ?

Oui, et quand je travaille, je suis un moine… enfin je n’ai pas encore prononcé mes vœux !

 

 

Philippe Escalier

www.sensitif.fr

 

 

Le Gardien au théâtre de l’œuvre : 55, rue de Clichy 75009 Paris – M° Place de Clichy

du mardi au samedi à 21 h, matinée samedi 18 h – 01 44 53 88 88

 

Photo Vincent Fleuret

La Nuit blanche

Ce qui a incontestablement eu le plus de succès au cours de cette cinquième édition, si l’on en juge par les interminables files d’attentes qui n’ont pas diminué de toute la nuit, ce sont de simples et grands piquets de fer portant à leur extrémité l’inscription :

TAXIS
 
 

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