R & J

La vision totalement originale et déjantée de Roméo et Juliette de la compagnie Los Figaros n’est pas seulement terriblement drôle, elle est aussi très aboutie. 

Le travail des Los Figaros, compagnie montée par Alexis Michalik, nous avait déjà séduits avec La Mégère à peu près apprivoisée, cette première rencontre ayant eu pour effet de nous transformer sur-le-champ en groupies prêts à se précipiter à chaque nouveau (ou ancien) spectacle. R & J a confirmé tout le bien que nous pensions de cette troupe, ne nous posant au passage qu’un seul problème : comment parler de ce spectacle inventif, décalé, émouvant, joué par trois acteurs qui endossent avec virtuosité une dizaine de rôles, en trouvant les mots justes ?

L’idée de départ de R & J est de replacer l’histoire dans un contexte actuel, en maniant l’humour, la farce et la dérision, en jouant cartes sur table sans rien cacher des changements de décors, de costumes… et même de sexe ! Du coup, le public, pris pour complice, participe plus encore à un spectacle dont il est quasi-partie prenante, et ce pour son plus grand plaisir. Tout fonctionne avec une redoutable précision et le résultat est étonnant… ce qui n’étonnera personne quand on saura que les trois comédiens sur scène sont juste exceptionnels. À commencer par Anna Mihalcea, une actrice (la meilleure que nous ayons vue depuis longtemps) dont on peut dire qu’elle a la grâce, aussi parfaite en petit loubard qu’en Juliette éplorée. Régis Vallée est lui aussi une valeur sûre, capable de donner à la nourrice et au curé toute leur dimension comique. Quant à Alexis Michalik, autant l’avouer sans détour, il est agaçant, tant les choses pour lui semblent faciles, qu’il prenne les habits de Roméo ou de la mère de Juliette. Ces trois réunis pourraient interpréter tout le répertoire (y compris le plus rébarbatif) sans jamais nous lasser. Avec R & J, ils nous offrent un moment tout à fait à part qui aurait déjà été réussi s’il n’avait été qu’une simple succession de gags. En vérité, nous sommes là devant un spectacle homogène faisant alterner les moments de rire et de véritable émotion. Car le challenge de ces trois joyeux acteurs qui nous émerveillent n’est pas mince : avec quelques costumes et quasiment pas de décor, en voulant s’éloigner de Shakespeare, ils l’ont rendu plus proche de nous que jamais. Chapeau bas !

 

Studio des Champs-élysées : 15, avenue Montaigne 75008 Paris

Du mardi au samedi à 20 h 45 et dimanche à 16 h 30

01 53 23 99 19

La Mégère à peu près apprivoisée

Par Philippe Escalier pour Sensitif : http://www.sensitif.fr

« OMG!* » aurait dit Shakespeare s’il avait assisté à une représentation de cette Mégère peu catholique faisant hurler… de rire un public qui raffole de cette production !

Musical, comique, dansé, chanté, le spectacle d’Alexis Michalik est un cocktail explosif qui réussit la gageure d’être parodique, bourré de références, énergétique, totalement fou et pourtant précis et juste comme les grandes comédies savent l’être. Bref, on ne cachera pas son enthousiasme pour le travail d’Alexis Michalik et sa compagnie Los Figaros que les habitués d’Avignon connaissent bien, ni sa surprise de trouver autant de maîtrise et de talent dans une équipe toute jeune, semblant sortir tout droit d’une dernière année au Cours Florent et qui pourtant détient déjà toutes les recettes permettant de concocter ces spectacles impossibles à oublier.

Dépoussiérer une œuvre n’a rien de nouveau. Mais que ce soit fait avec autant de bonheur, voilà qui est rare. Ce brave William est ici très secoué, sa pièce étant devenue davantage un prétexte qu’un texte, mais à vrai dire, qui s’en plaindra ? Les rimes comme les répliques sont d’une superbe drôlerie, souvent aux limites de l’absurde, les trouvailles sont aussi nombreuses qu’excellentes et l’énergie dépensée sur scène (jamais en pure perte) diablement communicative. Qui plus est, au final, on s’aperçoit que la débauche d’idées sert l’œuvre au moins autant que certaines mises en scène très « comme il faut ». Et ce, pas uniquement parce que le rire ferait oublier certaines faiblesses (ici inexistantes) mais du fait que la pièce a été pensée d’un bout à l’autre, sans l’adjonction d’idées gratuites et autres facilités coupables. Si l’on ajoute que l’interprétation est parfaite, vous comprendrez alors toute la magie de ce spectacle inspiré.

Alexis Michalik, qui porte les trois casquettes de metteur en scène, auteur et compositeur (interviewé il y a quelques mois dans ces colonnes), est un artiste complet (simple et modeste, ce qui ne gâte rien) aussi à l’aise sur scène que devant une caméra. Dans la conception du spectacle, il a été secondé par Régis Vallée et Raphaël Callendreau. Gregory Juppin, Dan Menasche, Fanny Aubin, Leilani Lemmet, Olivier Dote Doevi et Louis Caratini complètent une distribution face à laquelle même les plus grincheux ne trouveront rien à redire d’essentiel.

Sans moyens, presque sans pub, le spectacle, après avoir soulevé l’enthousiasme à Avignon, a triomphé au Vingtième Théâtre. Il est actuellement au Splendid où il pourrait bien rester quelque temps. Mais allez le voir sans tarder, les soirées aussi réussies au théâtre ne sont pas si nombreuses.

Le Splendid : 48, rue du Faubourg Saint-Martin 75010 Paris
Du mardi au samedi à 21 h 30 et matinée samedi à 17 h
01 42 08 21 93 – http://www.losfigaros.com

* OMG! : Oh, my God!

STEPHANE BERN

BERN-PREST-AC- A-MONTER-0462-BG-RetLOGO-2.jpg

 

Interview Philippe Escalier pour www.sensitif.fr

 

Après un ouvrage consacré à la gent canine et les grands de ce monde, Stéphane Bern publie chez Flammarion son second roman, Oubliez-moi. Interview avec un homme courtois, visiblement très à l’écoute, qui a su trouver une place durable dans le monde des médias et avec qui nous abordons divers sujets, professionnels et personnels.

 

 

D’où vient l’envie d’écrire ce roman ?

Ce qui m’intéressait, c’était de raconter les vacances de cette famille de Français qui se trouve isolée sur une île grecque. D’autre part, ma démarche a consisté à retracer une histoire un peu tendre sur l’oubli avec ce personnage (inspiré de la vie de l’actrice Giselle Pascal) qui décide un jour de quitter la lumière pour passer dans l’ombre. Il y a comme cela des étoiles qui passent dans le ciel et qui sont oubliées ou se font oublier.

 

Quels sont les auteurs auxquels vous aimeriez ressembler ?

J’aime beaucoup Michel Déon ou David Lodge pour son écriture anglo-saxonne. Ce sont pour moi des modèles, loin d’être atteints. Je n’ai jamais prétendu faire de la littérature. Je prétends raconter des histoires, point ! C’est la seule chose à laquelle je puisse prétendre du reste.

 

La rencontre avec la Grèce s’est faite il y a longtemps ?

Il y a plus de dix ans ; je suis tombé amoureux de ce pays tout de suite. Ce n’est pas innocent si au fronton des temples grecs il est écrit « Connais-toi toi-même ». C’est un pays où l’on vit en harmonie avec soi-même.

 

Vous êtes présent à la télé et à la radio. Qu’avez-vous envie de faire dans les années qui viennent ?

À partir du moment où la télé et la radio seront derrière moi, ce qui finira bien par arriver un jour, je me consacrerai plutôt à l’écriture en passant six mois de l’année sur mon île grecque…

 

qui n’est pas une île déserte ?

Ah, loin de là ! Mais au moins, l’avantage de cette île fait que l’on est amené à être proche des vraies valeurs et donc éloigné des choses un peu futiles et superficielles de la vie parisienne.

 

Quelle place vos activités professionnelles laissent-elles à votre vie privée ?

Oh, j’arrive à trouver, c’est une question d’équilibre. Il y a des moments où il faut donner un coup de collier pour avancer et d’autres où c’est plus calme et où j’ai le temps de me retrouver. Ce qui est dommage, c’est de tout donner à sa carrière et de passer à côté du reste, c’est-à-dire de la vie amoureuse, mais aussi de la vie amicale, associative, culturelle, etc. Tout ce qui nous apporte un enrichissement personnel.

 

Vous avez une réputation de gentil, elle vous colle un peu à la peau, cela transparaît dans vos écrits… Telle est votre nature ?

C’est dans ma nature en effet mais je peux être aussi grinçant et mordant.

 

Justement, en bon ami des chiens, on a pu voir que vous aviez aussi la dent dure. Tout récemment, vous avez tenu des propos peu amènes sur Valéry Giscard d’Estaing. Pourquoi lui ?

J’aboie plus que je ne mords en réalité, mais je peux le faire aussi si on vient me chercher, je peux rendre coup pour coup.

Pour VGE, quand on se donne le ridicule d’imaginer une aventure avec la princesse de Galles dans un livre où l’on est réélu, alors que les Français lui ont tout de même dit au revoir…

 

On est dans le roman !

Certes, mais c’est tellement transparent que personne ne peut y croire deux secondes. Je ne suis pas un grand littérateur, mais je sais quand même raconter des histoires plausibles.

 

Il y a quelque temps, on vous a découvert au théâtre dans une pièce de Jean-Marie Chevret. Avez-vous envie de récidiver ?

Il y a des chances pour que cela se produise un jour, peut-être en 2011. J’ai envie de trouver un projet qui me séduise. Après le succès de Numéro complémentaire, je voudrais quelque chose qui m’inspire et soit aussi dans un genre différent, je ne voudrais pas toujours faire la même chose. On m’attend au tournant, je n’ai pas envie de me tromper.

 

Vous avez, sur le plan de la vie privée, revendiqué le droit à l’indifférence. Cela peut paraître un peu paradoxal pour un homme public qui peut avoir vocation à être un exemple, notamment pour les jeunes qui sont parfois en mal de repères, non ?

J’ai accepté de servir de repère en jouant le jeu et en disant ce que j’étais. Par contre, le droit à l’indifférence, cela signifie refuser de poser pour des magazines qui exhiberaient ma vie privée ou ma vie sexuelle. Je n’ai nul besoin de cela pour me faire de la pub et ce serait ridicule autant qu’indécent. Par contre, je ne mens pas. Je pense que les gens peuvent comprendre. Je ne me cache pas derrière mon petit doigt et quand on me pose des questions, je réponds. En même temps, comme tout le monde, je souhaite garder un jardin secret.

 

Vous parliez de relations amicales tout à l’heure. Dans votre métier, est-il facile d’avoir des amis ?

Je ne parlais pas forcément de copains dans ce milieu-là. Vous savez, j’ai des amis de toutes sortes, dans tous les milieux, de tous horizons. Une des chances dans ma vie, c’est d’avoir des amis très différents les uns des autres. Je fais tout pour leur consacrer du temps, l’amitié est une plante qui s’arrose, sinon elle dépérit.

 

Oubliez-moi, Éditions Flammarion – 17 euros

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ALEXIS MICHALIK

Par Philippe Escalier pour : http://www.sensitif.fr

Ce comédien a écrit et mis en scène La Mégère à peu près apprivoisée dans laquelle il joue au Vingtième
Théâtre. Avec la jeune Compagnie Los Figaros, il présente une comédie musicale originale et déjantée très
réussie ayant fait un tabac, trois ans durant, à Avignon. Entretien avec un
artiste dont les débuts sont plus que prometteurs.

 

Le festival d’Avignon
est un peu votre berceau ?

Oui, on est vraiment des coutumiers d’Avignon où la
compagnie est quasiment née. On y arrive en 2005 avec notre première production
et depuis, on y retourne tous les ans avec un ou deux spectacles.

Comment
travaillez-vous ?

Cela change à chaque fois. Je reprends le texte original et
je le traduis, j’ai des origines anglo-saxonnes…

… avec ce nom très
polonais !

Certes, mais ma mère est anglaise. J’ai grandi avec les
grandes comédies musicales américaines : Gene Kelly, Fred Astaire… et
aussi les Marx Brothers qui ont une façon de faire de la comédie avec de la
musique et un humour de dessin animé. On n’est pas dans le jeu de mots ou le
calembour (ce qui est très français), mais au contraire dans un comique de
répétition, de gestuelle, de situation. Je suis fan de l’humour américain des
années 30 et je pense que cela se voit dans La
Mégère
.

Pour revenir à votre question, pendant la traduction et la
réadaptation, je me dis que je vais mettre une chanson ici ou là, puis, en
répétition, nous fonctionnons de façon collégiale avec la troupe (nous
travaillons ensemble depuis notre sortie du conservatoire d’arrondissement, il
y a cinq ou six ans). Je chapeaute le tout, mais chacun a son mot à dire.

Puisque vous vous
éloignez – avec bonheur – du texte original, pourquoi ne pas avoir créé votre
propre histoire ?

On a l’avantage de pouvoir mettre en avant le nom de Shakespeare
et pour une très jeune compagnie, c’est un atout important. Le fait que ce ne
soit pas sa pièce la plus connue nous a permis de prendre de grandes libertés
avec le sujet. De plus, je crois assez peu en la création pure. Tout est
relecture de mythes, et puis nous sommes ici sur la thématique du couple qui,
je m’en rends compte de plus en plus, est mon sujet de prédilection.

Combien de temps a
pris la création de ce spectacle ?

Il nous a fallu neuf mois, sans moyens, dans un garage avec
deux draps blancs ! Le temps de faire les chansons et les chorégraphies
avant de les jouer dans la foulée trois ans à Avignon où le spectacle a
beaucoup évolué. La troupe se laisse des fenêtres d’improvisation, et puis nous
sommes tout le temps en train de penser à comment rendre les choses plus
percutantes. Nous avons aussi resserré le spectacle : une heure trente,
c’est parfait !

Vous vous sentez plus
directeur d’acteurs qu’auteur ?

Peut-être ! La direction d’acteurs, c’est génial. Du
coup, en jouant, j’ai la chance d’être présent tous les soirs. Je ne peux pas
être objectif sur le spectacle, mais ce que je peux dire, c’est qu’il est drôle
et l’humour ne vient pas de mon écriture mais du fait que l’on se permet de
chercher ce qui construit le gag. Cette liberté nous a permis, par exemple, de
créer des personnages après-coup. Dans la comédie en France, c’est souvent un
texte qui est écrit, l’auteur donne le sien et c’est fini ! Pour nous, le
texte n’est pas la chose la plus importante, parfois on peut tout chambouler.
Ce qui importe, c’est le travail sur le plateau… et le résultat final !

 

 

MARIANNE JAMES

Par Philippe Escalier pour : http://www.sensitif.fr
Photo Stéphane Berthelot

Après la chanson, le one-woman show, la comédie musicale et
la télé, Marianne James arrive au théâtre avec un texte, un vrai, signé Hanokh
Levin. Dans Les Insatiables joués
au Studio des Champs-Élysées
,
fidèle à elle-même, elle surprend et séduit. Quarante numéros après,
une occasion en or de fêter les retrouvailles de
Sensitif avec l’artiste qui
continue à ne laisser personne indifférent.

Comment as-tu
décroché le rôle de Bella ?

Tout part de la metteuse en scène Guilda Braoudé. Elle connaissait
la pièce en hébreu, elle savait qu’elle allait avoir une traductrice
adaptatrice merveilleuse, Lionel Abelanski et son mari Patrick Braoudé comme
acteurs. Elle m’a proposé le rôle tout au début, un an avant Rabbi Jacob. Elle voulait une femme plantureuse
comme les aime l’auteur, autoritaire, franche et naïve. On a fait une lecture
et tout a bien fonctionné. Il a fallu attendre le moment où tout le monde était
libre.

Un premier rôle au
théâtre, n’est-ce pas trop dur ?

Si ! Je suis une show-girl, je viens de la musique et
du chant, mon univers est là. Tout d’un coup, tout change et avec cette
proposition, j’ai compris que j’avais quelque chose d’important à jouer, un
virage à prendre dans ma vie et qu’il fallait y aller fort, pas en faisant
quelque chose de tiède comme mon dernier album, avec lequel j’ai pris une
claque assez douloureuse que je comprends mieux maintenant. Je savais à la
première lecture de ce texte féroce et corrosif que les gens allaient adorer ou
détester. Mais j’ai eu peur au moment de dire oui et de commencer à travailler
le rôle. Pendant les premières semaines de répétition, j’étais tout le temps en
alerte. Après, j’étais plus sereine et j’ai tracé !

Comment s’est passé
le travail de répétition ?

J’ai pensé à un coach puisque aujourd’hui, on prend un coach
pour tout, le sport, le boulot, la cuisine… Ce n’était pas évident, pour la
première fois, j’entrais dans des mots qui n’étaient pas les miens. Même dans Rabbi Jacob, Étienne de Balasy et Gérald
Sibleyras m’ont fait du sur-mesure. Là, on remet les compteurs à zéro, il n’y a
pas une virgule, pas une respiration qui soit à toi. Ce n’est pas ta vie, pas
ton pays, pas ton rapport aux hommes, encore moins aux femmes. Et on te demande
de l’endosser à mille pour cent. Jusqu’à présent, je rentrais dans mes
personnages et là, c’est Bella qui me rentre dedans ! Mon corps s’est
retrouvé habité ! Il m’a fallu faire de la place à cette femme. J’ai dû
trouver une voix pour elle, porter des jupes fendues alors que je ne porte jamais
de jupes, me tenir sur des talons, apprendre à me lever, à m’asseoir, savoir
chevaucher un homme… différemment (rires) !

Justement, la scène
érotique, qui est si drôle, est-ce elle qui t’a donné envie de faire la séance
de pose pour Gala ?

Oui, quelque part. Avec le photographe Gilles-Marie
Zimmermann, que je connais depuis deux collections avec La Redoute – il a
juste beaucoup de talent et il photographie les plus beaux mannequins au monde,
mais aussi parfois des femmes comme moi, avec une autre beauté –, on en parlait
souvent. Quand j’ai cru comprendre que Gala
était intéressé par des vêtements de La Redoute qui rencontrent des bijoux de
la place Vendôme, j’ai trouvé cela très actuel. On s’est dit alors que l’on
pouvait inviter une femme ronde, grosse (c’est le mot !), à la table du
luxe.

La photo de couverture, il l’avait dans la tête et il me l’a
vendue. Je lui ai dit : « les
seins nus, oui, mais en dessous, j’ai un pantalon. Je les aime bien, moi, mes
pantalons !
 » Il m’a répondu : « Ce sera Marianne sans la culotte, nue ! » Et il m’a
précisé : « Tu te mettras sur
un tabouret les jambes croisées en hauteur, tu auras mal au dos, mais on le
fera ! 
» J’ai eu peur mais j’ai bien aimé !

Marianne James a un
physique qui fait qu’on lui propose des rôles de femme dominatrice. Tu n’aurais
pas envie de sortir de ce genre de personnage ?

Bella n’est pas que dominatrice, c’est aussi par moment une
enfant qui va réclamer son dû avec des yeux pleins de larmes. J’ai une présence
physique, un caractère. Dès que je cesse de sourire, mon visage est tranquille,
mais il est aussi très austère. Si tu n’as pas la beauté, la beauté attendue,
celle des magazines, il est préférable d’avoir une gueule, une certaine
extravagance, une dureté (ce qu’on m’a demandé à « La Nouvelle Star »).
Cela ne me dérange pas, je suis un peu comme ça dans la vie aussi.

Mais pas
uniquement !

Ceux qui me connaissent bien savent que l’exigence ou une
certaine forme de dureté sont là pour me protéger. Et je dois me protéger parce
que j’ai quelque chose à l’intérieur de moi qui palpite et qui est fragile.
Sinon, je suis bien élevée, mais il ne faut pas m’emmerder ! Assez
rapidement, quiconque s’affronte à moi me trouve tout de suite, je ne tourne
jamais le dos. Parfois je me dis que je vais en prendre une dans le nez, mais
non, personne n’a osé. Je n’étais pas connue que je sauvais des gens dans le
métro soit en criant, soit en chantant, soit en faisant rire. J’ai un côté un
peu Robine des Bois… de la forêt-forêt (rires) ! J’aime les valeurs de courage, ce qui ne m’empêche
pas d’avoir peur. Et je veux bien jouer une soubrette diaphane, mais à
condition qu’à un moment donné, elle empoisonne toute la famille !

 

 

www.comediedeschampselysees.com

MAOR ZNATI dans Sensitif septembre 2009 : www.sensitif.fr

Photos : Thomas Synnamon

EDITO:

Visages bronzés, reposés, il semble que ceux qui ont eu la
chance de prendre des congés aient voulu « s’éclater », comme s’il
était important de reléguer aux oubliettes un premier semestre bien morose.

 

Il nous fallait rien moins que les photos de Thomas Synnamon
pour nous consoler de ces congés déjà loin. Les modèles de ce photographe
américain que nous avons découvert il y a peu ont une grâce toute particulière
et nous sommes heureux de placer en couverture Maor, qui vit actuellement à New
York après avoir passé dix-huit ans en Israël, son pays natal. Sa belle
présence est pour nous une façon de dire combien il est difficile d’oublier
l’attentat de Tel-Aviv mais aussi que le gouvernement israélien (comme tous
ceux qui passent des alliances avec l’extrême droite) devrait se souvenir que
l’intolérance et les extrêmes ne sont bons pour personne.

 

Permettez-moi de vous laisser en compagnie de très beaux
modèles. Que leurs charmes ne vous empêchent pas de prendre connaissance de
l’intégralité du magazine. Bonne lecture et bonne rentrée !

__________________________________________________________________________________________________________________

Portrait de Maor Znati (photos de Thomas Synnamon)

mannequin du numéro 38 Sensitif  – septembre 2009

 

Douceur du regard, sensualité des lèvres, beauté du visage,
Maor Znati était fait pour Sensitif.
Ce jeune mannequin très brun aux yeux marron (un brun lumineux et non
ténébreux !) est né le 14 avril 1985 en Israël, où il a fait son service
militaire. À vingt-deux ans, il arrive pour la première fois à New York, en
touriste, et prend rapidement la décision de s’y installer.

 

Ses premières armes de mannequin, Maor les fait dès l’âge de
dix-neuf ans. Il rencontre Thomas Synnamon à New York par le biais d’un ami et
fait avec lui une série de photos d’où sont extraites celles que nous publions.

Très intéressé par la décoration d’intérieur, Maor veut
présenter le concours d’entrée à la NYSID, célèbre école de design d’intérieur
new-yorkaise.

 

Amoureux de la mer et de la musique, adorant faire du bateau
et du jet-ski, Maor Znati est passionné par la danse et plus précisément la
salsa qu’il pratique depuis l’adolescence et que maintenant il enseigne. Nul
doute que cette information ne fasse naître, de-ci de-là, des vocations de
danseur de salsa : on trouvera difficilement professeur plus
stimulant !

AMANDA LEAR

 

Dans Panique au
ministère
, Amanda Lear fait ses premiers pas sur la scène du Théâtre de la
Porte Saint-Martin. La comédienne nous fait partager les joies qu’elle éprouve
dans cette nouvelle aventure.

 

Il s’agit de votre
toute première pièce ?

On peut le dire, les premières expériences étaient à
l’étranger et c’est tellement loin qu’il y a prescription. Pour une débutante
comme moi, me trouver dans le plus grand théâtre de Paris et dans ces
conditions, quel cadeau !

Comment est-il
arrivé ?

Tout à fait par hasard. Jean-Claude Camus m’a appelée pour
les lectures de la pièce, m’offrant l’occasion de rencontrer les auteurs, Jean
Franco et Guillaume Mélanie, et les acteurs. Ils étaient morts de rire et ont
dit « ce sera elle ! ».
Auparavant, j’avais refusé plusieurs propositions (une pièce avec Bernard
Tapie, une autre avec Jérôme Savary) pour pouvoir continuer à faire mon
émission télé en Italie. Là, j’ai eu un coup de cœur (je fonctionne comme ça)
et j’ai signé tout de suite. J’ai appris mon texte pendant les vacances de Noël
pour être une bonne élève et ne décevoir personne. Voilà comment a démarré ce
vrai conte de fées !

Vous pouvez encore supporter
le monde de la télévision ?

Je n’y arrive pas, ou plutôt je n’y arrive plus. C’est
vraiment minable ! Le petit écran a atteint un niveau tellement élevé de
vulgarité en Italie (en France aussi d’ailleurs, mais là-bas, c’est pire) avec
le règne du bling-bling et des paillettes, des bimbos à gros nichons et de la
téléréalité. J’ai dit à mon agent italien que je ne pouvais pas continuer. J’ai
abandonné ce boulot très bien payé pour venir au théâtre et trouver un public
chaleureux. Je n’y retournerai pas sauf si on me propose un téléfilm ou une
fiction qui m’intéresseront vraiment.

La scène n’est pas
une nouveauté pour vous !

Non, cela fait trente ans que j’y suis avec ma musique. Je
vis sur scène. Mais une pièce c’est autre chose, c’est un travail d’équipe. Je
me suis demandé comment j’allais être accueillie ! En fait, j’ai été très
surprise par l’affection de tout le monde. Dans l’univers de la musique on est
plus individualiste, parfois plus envieux.

Votre personnage de
femme mûre très libérée, c’est un peu vous ?

Non, dans la vie je suis presque le contraire, je ne fume
pas, je ne bois pas. Sur scène je suis heureuse et libre avec ce personnage nostalgique
de 1968 voulant s’éclater et continuer à séduire.

Il y a tout de même
un point commun entre le personnage et vous, c’est votre goût affiché pour les
jeunes gens !

Oui, mais je ne suis pas la seule, on est des millions dans
ce cas, de Demi Moore à Claire Chazal en passant par Madonna. On a admis cette
nouvelle façon de voir les choses. Les femmes peuvent faire (enfin !)
comme les hommes : personne n’a jamais rien trouvé à redire à Johnny Halliday
lorsqu’il sortait avec des midinettes. Les mœurs ont changé,
heureusement !

Vous vous définissez
comme une amoureuse. Aujourd’hui, vous avez un boyfriend ?

En ce moment, je suis mariée, mais au théâtre ! J’y ai
mis toute mon énergie. Je n’ai ni le temps ni d’ailleurs l’envie de penser à
autre chose. J’arrive trois heures avant le spectacle, je vis dans ma loge. On
parle de partir pour au moins deux ans, on va embrayer sur une tournée, puis il
y aura un film, je suis embarquée pour un moment, ce qui élimine d’office tout
voyage en Italie, tout jeunes gens. Bon, ce n’est pas définitif, mais pour le
moment c’est ainsi !

Partie pour deux ans
dites-vous, cela perturbe un peu vos autres projets ?

Oui, j’ai dû renoncer à certaines choses comme une comédie
américaine où je devais incarner une mère juive découvrant que son fils est
gay. Mais tout ne s’arrête pas, je sors un double album fin avril avec des
reprises qui sont assez inattendues. J’ai aussi une exposition de peintures à
Bruges qui démarre le 6 avril au musée Salvador Dalí pour un mois et demi.

Donc Amanda Lear ne
connaît pas la crise ?

Non, j’ai du travail, c’est très bien et d’ailleurs j’espère
que nous sommes dans une crise salutaire pouvant faire revenir les gens vers
des valeurs plus solides, qu’on arrête enfin de dépenser à tout va en foutant
la planète en l’air. Vous savez, c’est un peu comme en amour, la crise peut
être salutaire !

Si j’en crois votre
enthousiasme, on devrait vous revoir au théâtre ?

Avec Panique au
ministère
, on est parti pour un moment. Mais trois autres propositions
m’attendent, dont une comédie et un drame. Je souhaite aborder d’autres
répertoires, pourtant il est bien que pour une première pièce, j’interprète un
personnage qui ressemble à l’image que l’on a de moi, mangeuse d’hommes et grande
gueule. Personne n’est déstabilisé, ce n’est pas comme si je leur avais fait
d’entrée Macbeth ou Hamlet

… ou Le Roi Lear !

Exactement (rires) !

 

Théâtre de la Porte Saint-Martin : 18, boulevard
Saint-Martin 75010 Paris

Du mercredi au vendredi à 20 h ; samedi à 20 h 30 et
dimanche 15 h

01 42 08 00 32

Par Philippe Escalier pour : http://www.sensitif.fr

Le Tibet, encore et toujours !

Nous pleurons sur la crise, mais le Tibet, lui, meurt !

Extrait du Monde du 10 mars 2009 :

"Ces cinquante dernières années
ont été celles de la souffrance et des destructions pour le territoire et le
peuple du Tibet", a dit le lauréat 1989 du prix Nobel de la paix, dans un
discours prononcé devant son temple accroché aux contreforts de l’Himalaya.

Le dalaï-lama accuse. A l’occasion du 50e anniversaire de
l’échec d’un soulèvement antichinois, il accuse la Chine d’avoir fait du Tibet
un ""enfer" et d’avoir tué "des centaines de milliers
de Tibétains"
. De son lieu d’exil de Dharamsala, dans le nord de
l’Inde, le chef spirituel du bouddhisme tibétain, réitère sa revendication
d’une "autonomie significative" pour son pays natal. Après
l’invasion et l’occupation par la Chine du Tibet en 1950-1951, Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama avait
fui le 17 mars 1959 et traversé la frontière indienne le 30, treize jours après
le début d’une insurrection avortée à Lhassa contre le régime chinois.

L’opéra de Sarah


Au théâtre, avec du talent, on peut faire des merveilles et
embarquer le spectateur dans une épopée magnifique avec un minimum de choses.
Le texte d’Alain Marcel sur la vie de Sarah Bernhardt réussit ce prodige. Un
acteur magnifique (Jérôme Pradon) et un pianiste (Damien Roche), et voilà l’un
des plus étonnants spectacles de cette saison.

 

Nul besoin d’être un fan d’art dramatique pour s’intéresser
à la vie d’une très grande actrice, quand l’histoire est restituée avec autant
de bonheur. Le texte d’Alain Marcel (il est aussi comédien à l’affiche de Perthus au Petit Marigny) fait revivre
la tragédienne au travers d’une narration de folie, mettant en avant des
aspects peu connus de sa vie, et on se régale ! Les dialogues, entrecoupés
de nombreux airs, donnent vie à cette saga musicale d’une vivacité et d’une
drôlerie peu communes. Et il faudrait être bien blasé pour ne pas voir dans ce
spectacle chanté, d’une incroyable richesse scénique, une inépuisable source de
jubilation. C’est aussi l’occasion de redécouvrir l’art de Jérôme Pradon qui
fait ici une prestation hors du commun et que les comédies musicales
londoniennes ont trop souvent tenu éloigné de Paris. Pour le reste, nous vous
laissons les joies de la surprise. Sachez seulement qu’il s’agit la première
partie de la vie de celle qui s’immortalisa aussi dans des rôles travestis,
dont celui de l’Aiglon. Une existence extravagante, amoureuse, mais toujours
marquée par le sceau de la générosité (Sarah Bernhardt prit le parti de Dreyfus
et se consacra aux blessés durant la guerre de 1870). Vigoureux démenti à ceux
qui pensent que la création a du plomb dans l’aile, L’Opéra de Sarah est indiscutablement un spectacle populaire tout
public synthétisant ce qui fait la beauté et la noblesse du théâtre.

Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr

 

Photo ERIC DEVERT

Théâtre de l’œuvre :
55, rue de Clichy 75009 Paris

Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h 30

01 44 53 88 88

 

La Framboise Frivole : Furioso


Elle a beau se donner de grands airs, la musique classique
n’en prête pas moins à rire. Peter Hens le prouve et vient plonger de nombreux
tubes musicaux dans un bain de folie furieuse dont les spectateurs sortent tout
ragaillardis.

La Framboise Frivole et les Parisiens, c’est une aventure de
plus de quinze ans. Quinze ans de délire sur de grands compositeurs classiques,
prétextes à des balades musicales nous faisant aller de Rossini à Dalida en
passant par Joe Dassin, Camille Saint-Saëns ou Edvard Grieg. Dans Furioso, son nouveau spectacle tout
public, Peter Hens raconte comment il a failli devenir cuisinier et commence
par entonner un lieder de Schubert (Leader
Maximo
) dont le texte, très loin de Goethe, semble copié sur la carte d’une
pizzeria. Quelques facéties plus tard, son Alléluia
de Haendel est soudain détourné par Freddy Mercury et tout le spectacle se
construit autour d’un mélange inattendu et réussi des styles musicaux les plus
divers. Peter Hens, accompagné de son violoncelle (qui parle !) et par les
doigts agiles du pianiste Yves Gourmeur (qui ne parle pas !), saute
allègrement d’une musique à une autre ; en l’espace d’une demi-seconde, il
change de style, d’époque et de voix. On reste subjugué et l’on s’amuse de ce
magistral mélange des genres. Étant ici entre mélomanes, personne ne nous
reprochera d’apporter un petit bémol, à savoir l’excès de calembours dont
visiblement Peter Hens raffole. Si l’on excepte ce petit travers, la balade
gastronomico-musicale de la Framboise Frivole mérite une excellente note.
Lorsqu’au moment de se séparer, le public, debout, est appelé à reprendre le
final de Traviatata de Verdi avec des
sonorités loufoques de basses wagnériennes sur la digestion, on peut entendre
dans ce délire commun toute la joie de l’assistance de s’être retrouvée
là !

Philippe Escalier pour : http://www.sensitif.fr

 

Théâtre des Bouffes Parisiens : 4, rue Monsigny 75002
Paris

Du mardi au samedi à 21 h et matinée le samedi à 16 h 15

01 42 96 92 42

 

 

 

 

 

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑