Véritable cri contre l’homophobie, cette pièce de Philip Ridley est magnifiée par les prestations de Marianne Épin et de Cyrille Thouvenin.
Depuis la mort de son fils, Anita a remarqué qu’un jeune homme rodait autour de son domicile. Elle finit par obtenir qu’il franchise le seuil de sa porte. Le visage tuméfié, Davey a du mal à dissimuler ses mensonges. Loin d’ignorer (comme il le prétend) qui était Vincent River, il connaît les circonstances précises de sa mort atroce dont il se sent responsable. Au terme d’un huis-clos mouvementé, il aura tout raconté d’une histoire banale et terrifiante comme sait l’être parfois le quotidien.
Philip Ridley a su parler de l’horreur sans manière, avec un style simple. Le dialogue qu’il initie reste empreint de réalisme et se caractérise par des pointes d’humour, donnant encore plus d’ampleur aux moments dramatiques. Marianne Épin et Cyrille Thouvenin, parfaitement dirigés par Jean-Luc Revol se montrent sous leur meilleur jour et donnent au drame toute sa consistance, nous offrant un moment fort et dérangeant, comme nous les aimons. On savait Marianne Épin formidablement douée pour la scène. On découvre que Cyrille Thouvenin n’est pas seulement à l’aise devant une caméra (qui ne se souvient du héros de Juste une question d’amour ?) mais qu’il est aussi capable de s’épanouir et de nous émouvoir sur les planches. Retrouver ces deux comédiens dans la petite salle intimiste du théâtre du Marais, à quelques mètres de nous, est l’un des grands luxes que le spectacle vivant peut nous offrir. Profitez-en !
Philippe Escalier
Théâtre du Marais : 37, rue Volta 75003 Paris M° Arts et Métiers – jusqu’au 23 décembre du mercredi au samedi à 20h30 & dimanche à 16h – 01 44 78 98 90



Laisser un commentaire