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Jannik Schümann, l’acteur qui préférait les livres

Portrait d’un comédien allemand formé sur les plateaux et non dans les écoles, homosexuel assumé et lecteur obstiné.

Le 26 décembre 2020, un jeune homme de vingt-huit ans publie une photographie en noir et blanc. Une prairie d’hiver, deux silhouettes, un baiser déposé sur le front. Aucune légende, aucun communiqué, aucune confession. Un cœur rouge, et rien d’autre. Cinq minutes plus tard, toute la presse allemande avait mis l’information en ligne. Jannik Schümann a raconté depuis qu’il avait préparé ce geste minutieux comme on prépare un plan de tournage, avec un compte à rebours, du champagne, son compagnon et quelques amis autour de lui. Il ne voulait ni entretien exclusif ni phrase historique. Il voulait, dit-il, « faire entrer » sa vie dans une image, latéralement, sans que personne ait à prononcer le mot. Voilà l’homme, tout entier dans ce refus du théâtral appliqué à sa propre existence, lui dont le métier consiste pourtant à en faire.

Jannik Schümann naît à Hambourg le 22 juillet 1992 et grandit à Kirchwerder, dans l’arrondissement de Bergedorf, une campagne maraîchère traversée de canaux, à une demi-heure du port et à mille lieues des couloirs d’agents. La famille n’a rien d’un milieu d’artistes. Le père et les deux frères aînés sont maçons. L’enfant, lui, danse, jazz et hip-hop, et joue du piano. C’est cette gymnastique qui lui vaut, à neuf ans, d’être distribué dans la création allemande du musical Mozart ! à la Neue Flora de Hambourg, où il incarne le petit Amadé.

Ce qui se produit ensuite tient de la légende, mais il l’a répété assez souvent pour que l’on puisse la tenir pour vraie. Une agente le repère dans une station-service, alors qu’il achète une barre chocolatée, et lui glisse sa carte. Elle le prend sous contrat et lui paie des cours d’art dramatique. Jannik Schümann tourne à onze ans dans un épisode de la série Die Rettungsflieger, prête sa voix à douze ans au héros de la version radiophonique allemande d’Oscar et la dame rose d’Éric-Emmanuel Schmitt, chante à quinze ans dans Ich war noch niemals in New York à l’Operettenhaus. Il obtient son baccalauréat au Luisen-Gymnasium de Bergedorf en 2010, monte à Berlin en 2011, et n’entrera jamais dans une école supérieure d’art dramatique.

C’est le point de départ de tout. Le comédien allemand type sort d’une Hochschule, d’Ernst-Busch ou d’Otto-Falckenberg, avec quatre années de corps, de voix et de répertoire dans le sang. Jannik Schümann s’est fabriqué autrement, en travaillant, dès l’enfance, dans les interstices d’une industrie. Trois piliers, et ils sont singuliers. Le musical, qui lui a donné la scène, le chant, l’endurance et une idée très concrète du public. Le doublage, où il prête sa voix aux versions allemandes de Die drei ??? – Das Geheimnis der Geisterinsel, de WinneToons, du Lorax, d’Eddie the Eagle et de Shadowhunters. Et le Hörspiel, cette institution allemande de la fiction radiophonique, où il travaille sans visage, sans corps, avec la seule respiration.

Depuis 2009, il est la voix de Justus Jonas dans la série Die drei ??? Kids, soit dix-sept années de fidélité à un personnage que des générations d’enfants allemands connaissent sans savoir à quoi ressemble celui qui le parle. Il a enregistré Cioran, Vom Nachteil, geboren zu sein, sous la direction de Kai Grehn, Le Mystérieux Étranger de Mark Twain, Orgueil et Préjugés de Jane Austen, et, à l’automne 2024, le Winston Smith de 1984 pour une production Audible. Il en parle comme d’une discipline en soi, tout faire passer par la voix, la peur, le désir, l’effondrement, sans la moindre béquille du regard. Peu d’acteurs de sa génération auront autant appris de l’invisible.

Reste le paradoxe qui a bien failli lui coûter sa carrière. Jannik Schümann est très beau, d’une beauté nette, régulière, presque encombrante, et l’Allemagne cinématographique s’en est longtemps méfiée. Il a raconté sans amertume avoir essuyé des refus au motif explicite qu’il était trop beau, comme si la souffrance à l’écran exigeait une disgrâce préalable. Il ne comprend toujours pas cette arithmétique. Pour la démentir, il a fallu qu’il se rase le crâne et qu’il se laisse balafrer le visage dans 9 Tage wach, où il incarne un comédien ravagé par la méthamphétamine.

Cette assignation explique en partie ses choix. Ses premiers rôles marquants sont des rôles de nuisibles. Dans Homevideo, en 2011, il est Henry, l’adolescent qui met en ligne la vidéo intime d’un camarade et le pousse au suicide. Dans Spieltrieb, d’après le roman de Juli Zeh, il est Alev, manipulateur sans scrupule qui traite ses semblables en marionnettes. La beauté servait le venin. Il a fallu du temps, et Die Mitte der Welt, en 2016, d’après le roman d’Andreas Steinhöfel, pour que le même visage devienne celui d’un objet de désir amoureux, face à Louis Hofmann. Un an plus tôt, dans Mein Sohn Helen, il avait déjà pris le risque d’interpréter une adolescente transgenre revenant d’une année à San Francisco, en refusant, expliquait-il, de jouer un garçon déguisé.

Jannik Schümann a une conception du métier qui doit peu au mystère et beaucoup à l’enquête. Interrogé sur les personnages détestables, il répond que personne ne naît méchant, que l’on le devient sous l’effet d’un entourage et de circonstances, et qu’incarner quelqu’un suppose de comprendre par quel enchaînement il en est arrivé là. Il ajoute, avec une lucidité désarmante, que ce noyau de bonté qu’il postule chez chacun n’est probablement jamais récupérable dans la vie réelle, mais qu’il faut bien s’accrocher à quelque chose.

Son entrée dans un rôle passe d’abord par la matière. Il dit apprendre davantage sur une époque en lisant les recherches d’une costumière qu’en ouvrant un manuel d’histoire, et tenir le costume et le décor pour ses meilleurs véhicules mentaux. Sur le tournage de The Aftermath, dans un village tchèque où des rues entières semblaient sortir de 1948, il lui a suffi de la brume artificielle, des gravats et des vêtements pour se croire réellement occupé à déblayer Hambourg. Il y incarnait un adolescent des ruines, ancien membre d’un réseau clandestin nazi, marqué au bras du chiffre 88. Il a confié que murmurer un « Heil Hitler ! » en postsynchronisation lui avait laissé une sensation détestable.

Ce rapport à la responsabilité de l’acteur, il l’a formulé une fois pour toutes en 2018, à vingt-cinq ans, dans un entretien où il refusait de séparer l’exercice du métier et la position que l’on tient dans la cité. « Je crois que toute forme d’art peut être une forme de résistance. Je pense même que l’art est fait pour cela par endroits, et qu’il en porte alors la responsabilité. Je n’exerce pas ce métier seulement pour m’amuser à endosser des rôles. Je l’exerce aussi pour les autres, pour les emmener en voyage, les arracher à leur quotidien, leur faire voir des territoires qu’ils ne connaissaient pas, et les amener à réfléchir sur la vie. » Il ajoutait, sans illusion, que les films sérieux ne touchent en Allemagne que ceux qui sont déjà convaincus, et qu’il fallait donc utiliser la notoriété gagnée dans des productions commerciales pour attirer l’attention sur ce qui compte.

Il se juge par ailleurs avec une sévérité peu commune. Il assure ne pas s’aimer lorsqu’il se découvre sur un écran, avoir besoin de deux ou trois visions pour parvenir simplement à se regarder, et de deux ou trois de plus pour être capable d’évaluer son travail.

À partir de 2016, la mécanique s’emballe. Die Diplomatin l’installe durablement à la télévision publique aux côtés de Natalia Wörner. Jugend ohne Gott, d’après Ödön von Horváth, transporte le roman de 1937 dans une société de performance où les faibles restent au sol, et High Society, la même année, lui offre son premier terrain comique aux côtés d’Iris Berben. En 2019, il tourne face à Keira Knightley et Alexander Skarsgård dans The Aftermath, produit par Scott Free, sa première expérience d’un budget international, dont il retient surtout la démesure des moyens et l’étrangeté de reconstruire une rive de l’Elbe en studio.

La même année, la deuxième saison de Charité lui confie Otto Marquardt, infirmier militaire revenu du front, qui tombe amoureux d’un soignant de l’hôpital berlinois sous le régime du paragraphe 175. Il faut mesurer ce que représente, pour un acteur qui n’est alors pas encore sorti publiquement, l’acceptation d’un tel rôle dans une série vue dans le monde entier. La même année encore, Dem Horizont so nah, adapté du récit autobiographique de Jessica Koch, lui fait incarner Danny Taylor, kickboxeur et mannequin détruit par les violences de l’enfance et séropositif à une époque où les traitements n’existaient pas. Face à Luna Wedler, il livre un travail d’une âpreté que peu attendaient de lui.

Puis vient l’empereur. De 2021 à 2024, sur quatre saisons, Jannik Schümann est un inoubliable François-Joseph d’Autriche dans Sisi, face à Dominique Devenport, série présentée à Cannes avant sa diffusion et devenue l’une des grandes réussites de la plateforme RTL+. Le rôle lui apporte une popularité d’une autre échelle, et le risque, classique, d’y rester enfermé. Il en est sorti par le bas, ou plutôt par le rire, en princier crétin dans la comédie Chantal im Märchenland au printemps 2024, et par la danse dans la mini-série Disko 76, où il incarne un danseur ayant fui la République démocratique allemande.

Les trois dernières années le montrent en pleine expansion. En 2025, il est Vincent, mentor trouble et amoureux dominateur, dans High Stakes, six épisodes conçus par Orkun Ertener pour ZDFneo, où une étudiante en astrophysique musulmane s’enfonce dans les cercles du poker pour financer un stage à la NASA. En janvier 2026, il rejoint enfin l’univers qui l’accompagne depuis l’enfance, en jouant Olin, assistant d’expédition inquiétant, dans Die drei ??? : Toteninsel, tourné quatre semaines aux îles Canaries. Il en parle comme d’une boucle bouclée, lui qui écoutait ces aventures enfant, qui a doublé Justus Jonas au cinéma, qui le parle depuis dix-sept ans dans les fictions sonores, et qui se retrouvait enfin devant la caméra dans le même monde. En juin 2026 est sorti Cyberpunk Romance, film de science-fiction amoureuse où il incarne Milo, plongé dans un coma neurotechnologique dont sa compagne tente de le tirer en pénétrant sa conscience. À l’automne 2026 doit paraître Jossi, comédie en six épisodes pour la SWR et Arte, imaginée par le comédien Dimitrij Schaad et réalisée par Wolfgang Groos, tournée à Prague à l’automne 2025. Jannik Schümann y joue Wanja Germann, acteur allemand originaire de Russie, si peu employé qu’il vit dans un escape game, et qui se prétend juif pour décrocher un rôle soumis à des quotas de diversité. Il s’agit, de son propre aveu, de son premier grand rôle comique.

La vie privée de Jannik Schümann n’a jamais été un secret pour ses proches. Il s’est ouvert à sa famille à dix-huit ans. Vis-à-vis du public, il a pris son temps, et il a expliqué pourquoi avec une netteté qui vaut mieux que bien des manifestes. « Un coming out a toujours à voir avec l’amour que l’on se porte. Je ne pouvais pas le rendre public avant, parce que je n’en étais pas encore là moi-même, parce que je n’avais pas encore à mes côtés le compagnon avec lequel j’aurais pu le faire, et parce que je n’avais ni le courage ni l’assise nécessaires pour dire : si vous trouvez cela nul et que la profession ne m’accepte pas, alors cette profession n’est pas faite pour moi. »

Le compagnon en question s’appelle Felix Kruck. Ils ont récidivé en octobre 2021 en montant ensemble un tapis rouge, geste plus rare qu’il n’y paraît dans le cinéma allemand. En mars 2024, Felix Kruck a fait tatouer sur sa cuisse une question et deux cases à cocher, l’une portant « oui », l’autre une formule nettement plus enthousiaste. Jannik Schümann a saisi le dermographe et coché la seconde. Le couple vit à Berlin, du côté de Kreuzberg, l’acteur partageant encore son temps avec Hambourg. Il avait déclaré au printemps 2024 vouloir se marier l’année suivante. Aucune source publique ne permet à ce jour de dire si la cérémonie a eu lieu.

Loin d’entraver sa carrière, cette clarté l’a rendu utile. En février 2021, il figure parmi les cent quatre-vingt-cinq comédiennes et comédiens de l’initiative #ActOut, qui publient ensemble dans le SZ-Magazin un texte réclamant que l’on cesse de considérer l’orientation sexuelle d’un acteur comme un obstacle professionnel. Le 27 janvier 2023, au Bundestag, lors de la première commémoration officielle consacrée par le Parlement allemand aux victimes homosexuelles du nazisme, il lit le récit de la vie de Karl Gorath, déporté au titre du paragraphe 175, tandis que Maren Kroymann évoque le destin de Mary Pünjer. À l’automne 2024, il constatait, à propos de 1984, qu’Orwell avait écrit son roman dans les années quarante et que le texte n’avait jamais été aussi actuel, ajoutant cette phrase que l’on n’attendait pas d’un homme de trente-deux ans qui avait grandi dans une Allemagne libérale : « J’ai eu toutes les libertés. Nous sentons bien, en ce moment, comment on nous les reprend. »

Il faut en venir aux livres, car c’est peut-être là que Jannik Schümann est le plus lui-même. À vingt-cinq ans, alors qu’il enchaînait les tournages, il s’est inscrit à l’université Humboldt de Berlin, en anglais avec les sciences des médias en seconde matière. Il l’a fait, disait-il alors, parce que les jours sans plateau sont nombreux, et qu’il lui fallait une routine, un lieu, des gens réels, une discipline que le métier d’acteur ne procure pas. L’anglais était son goût d’écolier, le semestre consacré à Shakespeare l’avait ébloui. Il lui aura fallu sept années, entre les saisons de Sisi et les longs métrages, pour boucler sa licence, obtenue le 27 juin 2024 avec une mention élevée. Le titre de son mémoire mérite d’être cité, car il dit tout de l’endroit d’où il regarde son métier : Queer-Coding in Disney Films. A Case Study of Two Iconic Disney Villains. L’acteur assigné aux rôles de méchants a consacré son travail universitaire à démontrer comment l’industrie du divertissement a codé ses méchants en homosexuels.

Le 26 août 2025, il a lancé avec son amie Kara Wolf un club de lecture en forme de podcast, Zwischen Kotti und Kapiteln, du nom du carrefour de Kottbusser Tor où il habite et dont il dit qu’il l’aime comme un lieu de mélange. Le principe est modeste et redoutablement efficace. Un livre par mois, discuté à deux, avec les auditeurs invités à envoyer leurs messages vocaux, et, entre deux séances de club, des entretiens avec des invités et des listes de lectures. On y trouve, au fil des mois, Linea Maja Ernst, Jo Hamya, une conversation sur la fantasy avec Lisa-Marie Koroll, une autre sur le métier de graphiste de couverture avec Miriam Bröckel. Il avait, dit-il, la lecture solitaire et lui manquait l’échange. Il commence et termine chaque journée avec un livre. Il ne s’agit ni d’une opération de communication ni d’une lubie de vedette, mais du prolongement naturel d’une vie où le texte, sous forme de roman, de scénario ou de fiction radiophonique, occupe l’essentiel des heures.

Ajoutons, puisque tout se tient, que cette gravité professionnelle cohabite chez lui avec un goût du jeu qu’il n’a jamais cherché à masquer. Il aime les énigmes au point de visiter les escape games de toutes les villes où il passe, il a dormi trois nuits en Amazonie avec un guide, construisant sa couche et pêchant de nuit en canoë à la lampe frontale, et il se décrit volontiers comme un amateur de toboggans aquatiques. Il y a chez cet homme un enfant préservé qui n’a jamais cessé de considérer un plateau de tournage comme une aire de jeux, et l’on comprend, à l’entendre parler du costume et du décor comme de véhicules mentaux, que la frontière entre le sérieux du métier et le plaisir de faire semblant lui est demeurée poreuse.

Jannik Schümann appartient à une classe d’âge d’acteurs allemands, celle de Jonas Nay, Louis Hofmann, Jannis Niewöhner ou Emilia Schüle, qui a grandi avec la révolution des plateformes et l’internationalisation soudaine de la fiction allemande. Il a bien vu ce qui s’y jouait, notant dès 2018 que Dark avait offert à l’Allemagne le regard et les structures narratives qu’elle attendait depuis des décennies. Ce qui le distingue de ses homologues britanniques ou américains tient à trois choses.

D’abord une carrière construite sans école, donc sans formatage, à même le travail, avec cette conséquence que sa technique lui appartient en propre. Ensuite une porosité entre les registres que le monde anglo-saxon ne tolère pas toujours, le musical pour enfants, le doublage, la fiction sonore, la série historique de prestige, la comédie populaire, la science-fiction d’auteur, sans hiérarchie ni honte. Enfin une manière d’occuper l’espace public qui ne relève d’aucune stratégie d’image. Il n’a pas fait carrière sur son homosexualité, il ne l’a jamais dissimulée, il a simplement attendu d’être en état de la porter, puis il l’a mise au service de causes précises, le manifeste de 2021, la tribune du Bundestag, la mémoire des déportés du paragraphe 175. Le contraste avec les trajectoires calibrées par les studios, où l’engagement est un poste du plan média, est saisissant.

Il n’y a pas non plus, chez lui, la moindre prétention d’auteur. Il ne réalise pas, il n’écrit pas de scénario, il n’a pas fondé de société de production. Il joue, il lit, il parle de livres avec une amie devant un micro, il a passé sept ans à obtenir une licence dont il n’avait aucun besoin professionnel. Cette absence de calcul est devenue si rare qu’elle finit par ressembler à une position esthétique.

Une chose manque à ce parcours, et il ne s’en cache pas. Le théâtre. Jannik Schümann n’est plus monté sur une scène en tant que comédien depuis l’Operettenhaus de Hambourg, en 2008. Il a laissé entendre à plusieurs reprises son désir de revenir au théâtre musical, et l’a démontré à l’automne 2024 en présentant à Berlin la grande soirée annuelle du théâtre musical allemand, où il chanta et dansa avec un enthousiasme qui ressemblait fort à une candidature. Le premier grand rôle de comédie musicale confié en Allemagne à un acteur ouvertement homosexuel reste à distribuer. On voit mal qui pourrait le disputer.

En attendant, il tourne, il lit, il enregistre. Un acteur de trente-quatre ans qui, après vingt-trois années de métier, continue de dire que chaque jour de tournage lui procure la même joie que le jeu, et qui rentre le soir ouvrir un roman. La suite s’écrira sans doute plus loin de Franz Joseph et plus près de ce qu’il est. À voir Jossi cet automne, on saura vite si l’ironie lui va aussi bien que la mélancolie.

Philippe Escalier


Repères chronologiques

1992 — Naissance le 22 juillet à Hambourg, troisième fils d’une famille de maçons, enfance à Kirchwerder, dans l’arrondissement de Bergedorf

2001 — À neuf ans, rôle du petit Amadé dans la création allemande du musical Mozart ! à la Neue Flora de Hambourg, jusqu’en 2002

2003 — Premier rôle à la télévision dans un épisode de la série Die Rettungsflieger sur la ZDF

2004 — Rôle-titre juvénile dans la version radiophonique allemande d’Oscar et la dame rose d’Éric-Emmanuel Schmitt, aux côtés de Gisela Trowe, et scène dans Oliver Twist à Kampnagel, Hambourg

2007 — Das Glück am anderen Ende der Welt, aux côtés de Heiner Lauterbach, et Tatort : Liebeshunger ; doublage de Justus Jonas dans Die drei ??? – Das Geheimnis der Geisterinsel

2008 — Rôle de Florian dans la création du musical Ich war noch niemals in New York d’Udo Jürgens, à l’Operettenhaus de Hambourg

2009 — Die Pfefferkörner, Stubbe – Von Fall zu Fall ; doublages de Die drei ??? – Das verfluchte Schloss et de WinneToons ; début, la même année, de la série de fictions sonores Die drei ??? Kids, où il prête sa voix à Justus Jonas jusqu’à aujourd’hui

2010 — Baccalauréat au Luisen-Gymnasium de Bergedorf ; Kommissarin Lucas, SOKO Wismar, Garmischer Bergspitzen ; début de la série Emmas Chatroom

2011 — Installation à Berlin ; Homevideo, dans le rôle de Henry, face à Jonas Nay ; Notruf Hafenkante, Der Alte

2012 — Premier long métrage de cinéma, Barbara de Christian Petzold, dans le rôle de Mario ; Mittlere Reife ; Polizeiruf 110 : Eine andere Welt ; doublage de Ted dans Le Lorax

2013 — Rôle principal d’Alev dans Spieltrieb, d’après le roman de Juli Zeh, réalisé par Gregor Schnitzler ; Tatort : Gegen den Kopf ; Bella Block : Angeklagt ; fictions sonores d’après Cioran, Vom Nachteil, geboren zu sein, et Mark Twain, Le Mystérieux Étranger, sous la direction de Kai Grehn

2014 — Katie Fforde : Das Meer in dir ; Die drei Federn

2015 — Rôle principal de Finn, devenu Helen, dans le téléfilm Mein Sohn Helen ; Schuld nach Ferdinand von Schirach ; Die kalte Wahrheit

2016 — Die Mitte der Welt, dans le rôle de Nicholas, face à Louis Hofmann, d’après le roman d’Andreas Steinhöfel ; LenaLove ; début de la série Die Diplomatin, aux côtés de Natalia Wörner, poursuivie jusqu’en 2023 ; doublage de Matti Nykänen dans Eddie the Eagle

2017 — Jugend ohne Gott, d’après Ödön von Horváth ; High Society, aux côtés d’Iris Berben ; Submergence ; fiction sonore TKKG : Ein Paradies für Diebe

2018 — Tatort : Wir kriegen euch alle ; inscription à l’université Humboldt de Berlin, anglais et sciences des médias

2019 — Deuxième saison de Charité, dans le rôle d’Otto Marquardt ; The Aftermath, face à Keira Knightley et Alexander Skarsgård ; Dem Horizont so nah, dans le rôle de Danny Taylor, d’après le récit de Jessica Koch ; Rate Your Date ; Tage des letzten Schnees ; doublage de Jonathan Morgenstern dans Shadowhunters ; lectures enregistrées de Die drei ??? … und der Phantomsee et du recueil Love Her Wild d’Atticus

2020 — 9 Tage wach, dans le rôle du comédien Eric Stehfest ; Deine Farbe ; Monster Hunter ; le 26 décembre, publication sur Instagram de la photographie avec Felix Kruck, reçue comme un coming out public

2021 — Tribes of Europa ; Westwall ; début de la série Sisi, où il incarne François-Joseph d’Autriche face à Dominique Devenport, présentée en avant-première au festival international des séries de Cannes ; en février, participation à l’initiative #ActOut dans le SZ-Magazin ; en octobre, première apparition en couple sur un tapis rouge ; lecture enregistrée de Noah de Takis Würger

2022 — Fiction sonore Orgueil et Préjugés d’après Jane Austen, sous la direction de Kai Grehn ; lecture enregistrée de Wir sind das Licht de Gerda Blees

2023 — Le 27 janvier, au Bundestag, lecture d’un texte consacré à Karl Gorath lors de la première commémoration parlementaire des victimes homosexuelles du nazisme ; fiction sonore Die Causa Jeanne d’Arc ; Die Diplomatin : Vermisst in Rom

2024 — Chantal im Märchenland, dans le rôle du prince Bechtold ; mini-série Disko 76 ; en mars, fiançailles avec Felix Kruck ; le 27 juin, licence obtenue à l’université Humboldt de Berlin, mémoire intitulé Queer-Coding in Disney Films. A Case Study of Two Iconic Disney Villains ; à l’automne, présentation à Berlin de la soirée annuelle du théâtre musical allemand ; à partir du 1er novembre, voix de Winston Smith dans la fiction sonore 1984 pour Audible ; en décembre, diffusion de la quatrième et dernière saison de Sisi

2025 — En août, lancement du club de lecture en podcast Zwischen Kotti und Kapiteln, coanimé avec Kara Wolf ; en septembre, diffusion de la série High Stakes sur ZDFneo, dans le rôle de Vincent ; de septembre à novembre, tournage à Prague de la comédie Jossi pour la SWR et Arte

2026 — En janvier, sortie en salles de Die drei ??? : Toteninsel, dans le rôle d’Olin ; en juin, sortie de Cyberpunk Romance, dans le rôle de Milo ; diffusion attendue de Jossi à l’automne


Jannik Schümann est représenté par l’agence berlinoise Die Agenten. Il tient un compte Instagram personnel, @jannik.schuemann, et anime le podcast Zwischen Kotti und Kapiteln.

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