La Rivière rouge

Si comme moi, vous êtes amateur de westerns classiques, la nouvelle va vous ravir !
A partir du mercredi 17 janvier, à Paris, au Christine 21, « La Rivière Rouge » d’Howard Hawks est reprise en version restaurée. Sorti en 1948, ce film en noir et blanc met à l’affiche John Wayne, Montgomery Clift (qui tourne là son premier long-métrage et sur lequel nous allons revenir à l’occasion de la sortie d’un livre qui lui est consacré) et Joanne Dru, notamment
C’est un classique que l’on n’a pas l’occasion de voir souvent et que Télérama résume bien ainsi :
« Le génie de Hawks est d’avoir réuni tous les ingrédients du western, d’y avoir ajouté une évidente dimension psychanalytique, sans perdre pour autant ni son brio ni son humour ».
J’ajouterai que le génie de Hawks est aussi d’avoir choisi John Wayne et Montgomery Clift, le second prouvera, sans attendre, l’étendue de son talent (il va s’épanouir dans les années 50), qui va lui permettre de gagner l’estime et le respect du premier, ce qui, vu les différences d’âge, de formation, de sensibilité, et le degré d’exigence qui caractérisait John Wayne, n’était pas couru d’avance !

Philippe Escalier

Christine 21 : 4 Rue Christine, 75006 Paris – 01 43 25 85 78

76La riviere rougeLa riviere rouge

La mort de Jean d’Ormesson

Les hommages se multiplient. Jean d’Ormesson était ce qui symbolise le mieux l’esprit français, la culture d’abord et surtout, la faconde, la joie de vivre et une chose qui aujourd’hui fait tant défaut et qui va nous manquer tellement : l’élégance.
Normalien, agrégé de philosophie, dandy, professeur de vie, lucide mais toujours pétillant et souriant, il s’était battu comme un beau diable pour faire élire Marguerite Yourcenar première femme académicienne.
Né en 1925 dans une grande famille, élevé à l’ombre du château familial de Saint-Fargeau dont il raconta si bien l’histoire dans « Au plaisir de Dieu », cet héritier d’un nom prestigieux, comte de son état, travailla à rendre vivante la citation d’André Malraux selon laquelle « la culture ne s’hérite pas, elle se conquiert ».
Nommé directeur du Figaro, il reçut cet adoubement de Raymond Aron : « Il n’est pas trop idiot, ça ira ! ».
Rentré de son vivant dans La Pléiade, (un privilège rare), fou de Chateaubriand, il avait en lui ce profond goût de la vie qui lui faisait dire : « Il y a toujours des larmes mais il y a toujours de l’espérance ».
Son élection sous la Coupole en 1973 en fait le plus jeune des académiciens. Jusqu’à hier, il en était le doyen. Jean d’O. s’en va à 92 ans, sur la pointe des pieds et nous fait de la peine pour la première fois.Capture d_écran 2017-12-05 à 10.53.55Capture d_écran 2017-12-05 à 10.54.59

RUBENS PORTRAITS PRINCIERS

DSC_8561 (1)

Dans le cadre du musée situé dans l’enceinte du palais du Luxembourg (l’actuel Sénat) que Marie de Médicis fit édifier en 1615 et pour lequel Rubens a beaucoup travaillé, l’exposition consacrée au grand peintre flamand présente des tableaux princiers de la cour espagnole (avec des commandes de Philippe IV, dont notamment un magnifique portrait équestre du souverain espagnol) et de la cour de France (avec, autour de Marie de Médicis, son fils, Louis XIII et sa belle-fille, Anne d’Autriche, espagnole elle aussi par son père).
L’exposition a une taille réduite mais ne comporte que des chefs-d’œuvre et (sur un plan plus pédagogique), un grand arbre généalogique permettant de mieux visualiser les ramifications de la famille Habsbourg dont Marie de Médicis était issue par sa mère. On y découvrira également un superbe auto-portait de l’artiste. Elle comporte aussi quelques tableaux d’Antoine Van Dyck consacrés à la Reine-mère et quelques toiles que Philippe de Champaigne (qui travailla aussi pour le palais du Luxembourg et fut le peintre attitré du Cardinal de Richelieu) a réalisées du Roi Louis XIII.
Rubens a su rendre vivants les puissants. Peintre des princes, l’exposition nous donne à découvrir ou revisiter quelques-unes des grandes toiles du prince des peintres.

Texte et photos : Philippe Escalier

Jusqu’au 14 janvier 2018
Musée du Luxembourg : 19, rue de Vaugirard 75006 Paris
Tous les jours de 10 h 30 à 19 h – Nocturne tous les vendredis jusqu’à 22 h et tous les lundis du 13 novembre au 18 décembre 2017
Dimanches 24 et 31 décembre, ouvert de 10 h 30 à 18 h
Fermé le 25 décembre
Tel : 01 40 13 62 00

DSC_8522DSC_8519DSC_8543DSC_8537DSC_8534DSC_8557DSC_8529DSC_8526DSC_8531DSC_8549DSC_8520

Grâce aux studios Disney, le roman de Rudyard Kipling est devenu mondialement célèbre. La troupe réunie par le metteur en scène Ned Grujic au théâtre des Variétés nous donne à en voir une adaptation musicale réussie.
Il fallait séduire enfants et adultes. Le pari est gagné grâce à une lecture duale de ce spectacle que l’on peut résumer ainsi : un livret plein d’humour (les jeux de mots foisonnent) aux multiples allusions, notamment à l’écologie, propres à réjouir les adultes et des chorégraphies et des scènes de combats faisant la joie des plus petits. Énergie oblige, il convenait de simplifier un peu l’intrigue originelle pour boucler un spectacle en une heure vingt. Tout le monde y gagne, surtout les enfants qui, du coup, vivent pleinement les nombreuses scènes animées, et ce, vous le verrez, de façon touchante. On saluera au passage les très beaux costumes de Corinne Rossi et les chorégraphies de Julia Ledl. Dans de telles conditions, la troupe a toute latitude pour laisser son talent s’exprimer. Tom Almodar est un Mowgli juvénile et convaincant, protégé par une Bagheera interprétée avec beaucoup de classe par Terja Diava. Sébastien Duchange se glisse avec aisance dans la peau d’un Baloo fort amical, forcément plus que le Shere Khan de Cédric Revollon tout en finesse et le très retors Kaa qu’Antoine Lelandais (qui joue aussi le Roi Louis) transforme, avec brio, en grand manipulateur. Autour d’eux, trois excellents chanteurs, danseurs, comédiens qui, tantôt loups, vautours, singes ou éléphants, complètent parfaitement la distribution (Lorna Roudil, Adrian Conquet et Max Carpentier).
Si l’on ajoute une musique pleine d’entrain fort agréable à entendre, signée Raphaël Sanchez, l’on ne s’étonnera pas que le public, jeune ou moins jeune, sorte ravi d’une comédie musicale qui va faire l’unanimité !

Texte et photos : Philippe Escalier

Théâtre des Variétés : 7, boulevard Montmartre 75002 Paris
Samedi et dimanche à 14 h
Durant les vacances scolaires : tous les jours à 14 h, y compris le lundi – 01 42 33 09 92 – http://www.theatredesvarietes.fr

 

 

GREASE

Disons le tout net : « Grease » est du niveau de Broadway. Et ceux qui pouvaient craindre la traduction française (comme moi !) en seront pour leur frais : l’adaptation de Nicolas Engel est une réussite exemplaire, avec un texte percutant où l’humour se taille la part du lion. Personne n’est oublié et des panneaux de surtitrage permettent à nos amis anglophones de se sentir comme à la maison. Résultat : on ne saurait mieux traduire le musical crée à New-York le jour de la Saint-Valentin, en 1972 et adapté au cinéma en 1978 avec John Travolta et Olivia Newton-John. Qui plus est, la troupe, jeune et bourrée de talent, lui apporte une énergie incroyable. Dans « Grease », l’on chante et l’on danse avec un égal bonheur (Martin Michel signe mise et scène et chorégraphie). La salle rit et vibre sans discontinuer au rythme de cette musique entrainante, forcément familière. On notera aussi les quatre moments jubilatoires que sont les intermèdes menés avec beaucoup de drôlerie (et un petit grain de folie) par Céline Groussard et Alexandre Faitrouni. Si l’on ajoute les belles performances d’Alysée Lalande et d’Alexis Loizon, celles de Yanis Si Ah (quelle énergie !) et de Doryan Ben (un nom à suivre), auxquelles il faut ajouter tout le talent d’une large troupe assez exceptionnelle, l’on comprendra que la superbe salle (l’on n’ose pas dire flambant neuf…) de Mogador laisse sortir aux alentours de 22 h 30, une foule de spectateurs qui ne cachent pas leur joie d’avoir passé leur soirée au lycée de Rydell High !
Mogador : 25, rue de Mogador, 75009 Paris
Du mardi au samedi à 20 h, matinées samedi et dimanche à 15 h
01 53 32 32 32 – www.stage-entertainment.fr
Texte et photo : Philippe Escalier

DSC_5445

Paul «Magic» Distefano

Avec Shadowland, la Compagnie Pilobolus nous offre LE spectacle de danse  de ce début d’année, aux Folies Bergère. Invités d’honneur de la cérémonie des Oscars, cette troupe vient (enfin !) faire vibrer Paris avec son univers ludique, musical et poétique. Pour vous présenter Shadowland, ce moment de rêve actuellement en tournée européenne, le danseur Paul « Magic » Distefano a répondu à quelques-unes de nos questions.

Paul, quel est votre parcours ? 

Je viens du Colorado où ma famille est installée. Au départ, j’ai commencé une formation de danse classique. J’ai fait une école de ballet à New York. En parallèle, j’ai aussi étudié l’art circadien, l’acrobatie est l’une de mes spécialités et j’ai créé un spectacle de rue qui mélange un peu tout ce que je sais faire. Du reste, si Shadowland me plait autant, c’est bien parce qu’il s’agit d’un show très multidisciplinaire.

Vous avez 24 ans. Pour vous, Shadowland est tout nouveau ?

En effet, j’ai rejoint la troupe il y a quelques mois. Il m’a fallu beaucoup m’entrainer pour acquérir la technique spécifique du show. Le travail des ombres est très difficile parce que d’une précision terrifiante. Nous oscillons constamment entre le monde réel et celui des ombres et nous sommes projetés sur un écran géant, donc le moindre petit mouvement se voit parfaitement. Il ne faut surtout pas faire d’erreurs. D’autre part, il faut penser en terme de groupe, on ne peux pas uniquement être concentré sur soi, c’est vraiment un spectacle global.

Quand on vous voit sur scène on comprend votre surnom de « Magic » ! Mais à quand remonte-t-il ? 

Ma famille m’a toujours appelé « Magic » parce que j’ai un gout pour les tours de magie. Quand j’ai commencé à danser, on m’a aussi appelé comme ça et le surnom m’est resté.

Où habitez-vous ?

J’habite à New York, j’étais auparavant à Los Angeles et maintenant je suis en tournée ! Ce sera ma première avec une troupe. Je suis venu déjà quatre  fois à Paris pour y faire mon spectacle de rue, devant Beaubourg, à Saint-Michel et au Trocadero. C’est une ville que j’adore… ! C’est extraordinaire d’être dans Shadowland et j’espère revenir à Paris très vite. Pour moi, c’est une ville spéciale, la première où je me sois produit tout seul en Europe.

Que faites-vous de vos loisirs ?

Je suis tout le temps en train de créer quelque chose. Je ne peux pas rester tranquille. Je prends des cours de danse brésilienne, je travaille mon style et je pense à mes prochains shows en solo.

Shadowland se joue au Folies Bergères : 32, rue Richer 75009 Paris du 13 au 25 mars 2012

www.foliesbergere.com

Pauldistefano.org

witches-ride-bicycles.blogspot.com

Mamma Mia!

Par Philippe Escalier pour : http://www.sensitif.fr

Après le long succès du Roi Lion, le Théâtre Mogador, avec la réussite de Mamma Mia!, est en train de devenir le temple de la comédie musicale à Paris.

On ne va jamais voir un spectacle mythique sans appréhension. Les chanteurs seront-ils à la hauteur, la mise en scène efficace, et surtout la traduction des chansons en français ne relève-t-elle pas d’un crime de lèse-majesté ? Le suspens ne durera pas longtemps, au bout de quelques minutes, on constate que la machine fonctionne parfaitement. L’adaptation de Stéphane Laporte est irréprochable, et puis on ne vient pas entendre des vers mais bien de la musique. Cela tombe bien, les comédiens chanteurs sont plus qu’à la hauteur. Claire Guyot dans le rôle de Donna est parfaite, avec une voix superbe. Face à elle, Jérôme Pradon, habitué des comédies musicales, laisse tout son talent s’exprimer. Karen Gluck et Marion Posta sont deux « vieilles » copines aussi efficaces vocalement que scéniquement. Face à l’équipe senior (à laquelle il faut ajouter Francis Boulogne et Patrick Mazet), les « jeunes » sont assez bluffants. Gaëlle Gautier et Dan Menasche forment un couple talentueux fort bien assorti et dans les seconds rôles, on remarque Tristan Chapelais, tout à la fois chanteur, acrobate et danseur.

L’histoire du groupe Abba, devenu célèbre un soir d’Eurovision en 1974, ne se raconte pas plus que la trame de Mamma Mia! et de Sophie à la recherche d’un père. Le retrouvera-t-elle ? Une chose est sûre, nous sommes tous des enfants d’Abba comme le prouve la fin du spectacle, transformant Mogador en boîte de nuit le temps de deux bis mémorables. Superbe spectacle intergénérationnel, Mammia Mia! a tout de même un défaut : pendant des jours vous n’allez pas cesser de fredonner Dancing Queen ou Money Money !

 

Théâtre Mogador : 25, rue de Mogador 75009 Paris

Du mardi au samedi à 20 h ; matinées samedi et dimanche à 15 h

01 53 32 32 00

 

Les Miséreuses

Par Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr

Imaginez aujourd’hui Victor Hugo plaqué par son ex, en tee-shirt moulant Dolce Gabana, iPhone collé à l’oreille et écrivant l’histoire de Jean Valjean et de Cosette en terrasse de l’Open Café entre deux messages sur Facebook, et vous aurez déjà une petite idée des Miséreuses, spectacle musical désopilant écrit par Christian Dupouy pour la compagnie Les 3 Versatiles.

Avec Les Caramels fous, Les 3 Versatiles ont été à bonne école. Jeux de mots, piratage de grands tubes de la chanson, anachronismes, la recette est un peu la même. Sauf qu’ici, c’est l’œuvre la plus célèbre de la littérature française qu’ils ont décidé de cuisiner à leur sauce. Principal ingrédient qui a fait leur succès : la réécriture bourrée d’humour des chansons de tous horizons, une technique parfaitement maîtrisée provoquant des fous rire qui n’empêchent nullement de rester proche (pas dans la forme certes, mais dans le fond) d’une œuvre culte. Luc Carpentier, Christian Dupouy, Louis Marcillac et Jean-François Dewulf, passés maîtres dans l’art du travestissement, se donnent sans compter. Entre le chant, la danse et la comédie, ils nous offrent une petite comédie musicale sans prétention mais qui démontre qu’avec de l’amour et du savoir-faire, on peut réussir à emporter l’adhésion du public, et c’est bien la seule chose qui importe !

Il vous reste trois courtes semaines pour réserver vos places avant d’aller au Clavel passer deux heures avec Les Miséreuses que vous ne regretterez pas !

Théâtre Clavel : 3, rue Clavel 75019 Paris

Du 3 mars au 9 avril 2011 : jeudi, vendredi et samedi à 21 h 30

01 42 38 22 58

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑