Bô, le voyage musical

Ce sont les étapes de la vie de quelques personnes que nous allons traverser au 13ème Art, en musique et avec des prouesses artistiques et physiques, brillamment mises en scène. Dépaysement et plaisir assurés !

La musique de Catherine Lara est au cœur de spectacle. Elle est la soliste accompagnant l’orchestre incarné par une jeune troupe. Giuliano Peparini les met tous en scène avec un brio incontestable, contribuant à donner à Bô la belle ossature qu’il mérite.
Les thèmes abordés sous la plume de MC Solaar, sont nombreux : l’amour sous toutes ses formes, la guerre, le harcèlement, les migrants. On souligne, on dénonce, la générosité et la tolérance toujours en toile de fond. Les qualités et les personnalités des jeunes artistes permettent de rendre ces évocations, parfois un peu dispersées, très touchantes. Chacun dans son domaine excelle, que ce soit l’acrobatie, le mat chinois ou la danse. Au delà de la performance, l’émotion qu’ils communiquent, amplifiée par la partition musicale et la présence de Catherine Lara, est bien réelle. Adrien Ouaki, Gabriele Beddoni, Jocelyn Laurent, Olivier Mathieu, Brahem Aiache, Grégoire Malandain, Aurore Mettray et Théo Legros-Lefeuvre, sont, tous à leur façon, étonnants. Séduits par cette agrégat de talents, on se laisse volontiers entrainer par Sinan Bertrand, qui fait office de maître de cérémonie et qui jalonne, avec une infinie légèreté, tout le spectacle en apportant sa touche poétique. L’on se prend à penser aux spectacles du Cirque du Soleil où les numéros les plus spectaculaires sont présentés dans l’écrin d’un récit coloré. L’ambition et les moyens de Bô sont forcément moindres mais le résultat est au rendez-vous. Il vous reste encore quelques dates pour aller profiter de cet événement aussi original qu’attachant.

Texte et photos : © Philippe Escalier

Jusqu’au 15 avril 2018
Le 13ème Art : centre commercial Italie 2 75013 Paris
Jeudi, vendredi et samedi à 21 h ; dimanche à 15 h
bo-spectacle.com – 01 53 31 13 13

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Comédiens !

Au théâtre de la Huchette, « Comédiens ! » nous offre un voyage tragi-comique à travers un show théâtral et musical original, parfaitement huilé et réussi grâce au talent de ses trois créateurs et de ses trois interprètes, à la fois comédiens, musiciens… et magiciens, si l’on en juge par l’effet qu’ils produisent sur le public.

Samuel Sené, concepteur de « Comédiens! », aime le mélange des genres. Opéra, théâtre, comédie musicale, ce metteur en scène cuisine tous les ingrédients du spectacle en virtuose. Il se joue de son auditoire avec une dextérité rare, ne dévoile ses intentions que progressivement. C’est en nous faisant beaucoup rire qu’il avance ses pions, un vaudeville échevelé laissant peu à peu la place au drame, toujours avec des scènes bien écrites, bien chantées et admirablement jouées.
Au départ, nous sommes censés assister, dans un petit théâtre, à la répétition d’un spectacle qui doit se jouer dans quelques heures. Définition même de la mise en abime : la pièce que les comédiens sont en train de préparer, à la hâte et assez maladroitement, est la représentation exacte de leur existence. Ce qui provoque de multiples interactions, nous faisant passer de surprise en surprise, jusqu’à découvrir que nos éclats de rire cachent un drame, celui de la jalousie. Cette jalousie insidieuse, qui brule et consume. Pour la décrire, on pourrait plagier ce que Rossini dit de la calomnie : « Elle glisse, elle rôde, s’introduit dans les têtes et les cervelles ». Et n’attend qu’un prétexte pour exploser.
Samuel Sené, en mélomane assumé, a imaginé une sorte de remake de l’opéra italien « Paillasse », telle fut sa base de départ, mais nul besoin de connaître ce bijou du XIXeme pour être happé par un spectacle, qui, disons-le, décoiffe, grâce aussi aux dialogues et aux paroles d’éric Chantelauze et à la musique de Raphaël Bancou. Un parfait et subtil canevas construit sur mesure pour un trio de choc. Marion Préïté Fabian Richard et Cyril Romoli excellent. Chacun dans son registre est parfait. Si le public averti sait les miracles que les deux acteurs sont capables de réaliser, il ne manquera pas de remarquer le talent de Marion Préïté, que beaucoup vont découvrir à la Huchette. Tous trois vont nous embarquer dans une histoire prenante, surprenante et nous laisser, à la toute fin, sans voix. Mais non sans un tonnerre d’applaudissements, car c’est ainsi qu’il convient de saluer un tel spectacle et de tels comédiens !

Texte et photos : © Philippe Escalier

Théâtre de la Huchette : 23, rue de la Huchette 75005 Paris
Du mardi au samedi à 21 h – matinée samedi à 16 h
01 43 26 38 99

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Orphée et Eurydice

Quand la beauté de la musique de Gluck, dirigée par le merveilleux Thomas Hengelbrock, rencontre la mise en scène chorégraphiée de Pina Bausch dans l’écrin du Palais Garnier, on touche au sublime.

Dans la fosse, l’orchestre, le Balthasar-Neumann-Chor & Ensemble, avec son époustouflante sonorité, d’une précision et d’une douceur inégalée, assure la partie musicale. Sur la scène, le corps de ballet de l’Opéra de Paris se mêle aux deux cantatrices interprétant les rôles titres. La chorégraphe allemande a su faire dialoguer les deux chanteuses et les deux étoiles incarnant les deux protagonistes de l’opéra, comme si ces quatre artistes faisaient partie de la partition originelle. L’interaction magique nous montre à la fois un double, un jumeau mais décrit aussi une présence amie, réconfortante, compatissante. Stéphane Bullion, marmoréen, danse Orphée, en miroir avec la cantatrice Maria Riccarda Wesseling, Marie-Agnés Gillot, est l’incarnation parfaite de la voix de Yun Jung Choi. Un quatuor d’une profonde vérité donnant naissance à une fusion entre le chant et la danse qui n’aura jamais été aussi accomplie, aussi exaltante. Dans une mise en scène très épurée, d’une densité profonde, les couleurs blanc, noir et rouge portent messages et participent à l’harmonie de l’ensemble. Beauté, légèreté, noblesse, tout dans les mouvements du corps de ballet exprime et sublime la musique de Gluck, dans un esthétisme exceptionnel, d’une pureté infinie qui permet de comprendre pourquoi ce ballet est considéré comme l’un des plus aboutis de Pina Pausch. Jamais son cri « Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus ! » n’aura été plus vrai. L’émotion qu’elle nous donne à travers cette œuvre (crée en 1975 et entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris en 2005), est si forte qu’elle l’inscrit dans l’éternité !

Texte et photos des saluts : © Philippe Escalier

http://www.operadeparis.fr

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Le Jardin d’Alphonse

En nous offrant un huis-clos familial à la fois drôle, tendre et tourmenté, Didier Caron signe une pièce pleine de vitalité et de subtilité. Portée par une troupe exceptionnelle de neuf comédiens, ce « Jardin d’Alphonse » est un magnifique moment de théâtre.

« Il faut cultiver notre jardin » a fait dire Voltaire à Candide. Didier Caron a eu bien raison de cultiver le sien. Rarement spectateur se sera senti si à l’aise, si heureux de se laisser conter une histoire. Nous sommes après un décès. Une famille se retrouve, avec les très proches, rassemblée pour un ultime adieu à son patriarche. Mais comme dans beaucoup de famille, c’est aussi l’instant où remontent les jalousies, ou se font les bilans et où parfois, émergent des secrets de famille. Didier Caron, a qui l’on doit notamment « Un Vrai bonheur » a montré tout l’art qui était le sien de raconter et décrire les sentiments, les situations les plus personnelles, sans jamais tomber dans la caricature. Autour d’évènements et de personnages ayant quelque chose d’intime et d’un peu universel à la fois, ces instantanées sont précis, cruels par moments, mais toujours emplis de tendresse et d’une grande drôlerie. S’il porte la plume là où ça fait mal, il sait aussi déclencher l’hilarité et désamorcer les situations trop tendues. Résultat, le public est aux anges et ne cache pas sa joie. D’autant que l’on serait bien en peine de faire la moindre critique à une troupe au diapason, dirigée par l’auteur et Véronique Viel. Chacun sur scène a un rôle original, plein et entier à défendre et chacun le fait magistralement. Karina Marimon nous offre un grand numéro d’actrice en épouse juive d’une drôlerie irrésistible et touchante. Julia Dorval, toute en subtilité, en belle blonde croqueuse d’hommes, fait apparaitre des défauts qui cachent mal ses blessures. Jérémy Malaveau et Romain Fleury incarnent, dans des registres différents, mais avec une égale réussite, les deux frères que la vie tente d’opposer. Sandrine Le Berre, avec sa sensibilité, apporte sa voix et sa dégaine fragiles à la fille de la maison qui vit avec sa copine, une originale incarnée avec brio par Gaëlle Lebert. Bernard Fructus dans le rôle du mari cardiologue, tout en finesse, nous donne une leçon d’interprétation. Michel Feder avec beaucoup de vérité, incarne, lui, un père et un mari, sinon comblé, du moins présent et aimaint, face à Christiane Ludo, toujours juste en épouse discrète. Le Jardin d’Alphonse » est une pièce chorale parfaitement accomplie. Retenue, à juste titre, pour les Molières, elle mérite amplement votre visite.

Philippe Escalier

Photos © Franck Harscouet – Saluts : © Philippe Escalier

Théâtre Michel : 38, rue des Mathurins 75008 Paris
Les jours et les horaires sur le site : http://www.theatre-michel.fr
01 42 65 35 02

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Exposition Jean-Pierre Plundr à l’EBI

A Cergy, l’EBI Ecole de Biologie Industrielle – Ingénieurs Bioindustries va avoir le privilège d’exposer des toiles de Jean-Pierre Plundr. Né en 1957, vivant à Auvers-sur-Oise, on dit de son travail, qui va de l’abstraction à la figuration, que c’est de la poésie écrite à la peinture.
Ouvert à tous, le vernissage le 10 mars 2018 à 17 h de « Passages colorés » permettra aux élèves et aux nombreux participants d’entendre l’artiste parler de son œuvre.

C’est un moment unique que l‘on ne manquera pas.

Jusqu’au 31 mai 2018

Ecole de Biologie Industrielle
49 avenue des Genottes
95895 CERGY CEDEX

Photos © Philippe Escalier

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TINTORET, naissance d’un génie

A l’occasion du 500e anniversaire de la naissance du Tintoret, le Musée du Luxembourg célèbre l’un des plus fascinants peintres de la Renaissance vénitienne.
L’exposition se concentre sur les quinze premières années de sa carrière, période décisive et déterminante pour comprendre comment il se construit. Elle propose ainsi de suivre les débuts d’un jeune homme ambitieux, pétri de tradition vénitienne mais ouvert aux multiples nouveautés venues du reste de l’Italie, décidé à renouveler la peinture dans une Venise cosmopolite. Peinture religieuse ou profane, décor de plafond ou petit tableau rapidement exécuté, portrait de personnalité en vue ou d’ami proche, dessin ou esquisse… les œuvres rassemblées rendent compte de la diversité du travail de Tintoret et de sa volonté de frapper l’œil et l’esprit par son audace.
L’exposition retrace en définitive l’ascension sociale d’un homme d’extraction modeste, fils de teinturier, qui, grâce à son talent, parvient à s’élever dans la société, à s’imposer et à se faire un nom sans rien oublier de ses propres origines.

Photos : © Philippe Escalier

Musée du Luxembourg  : 19 rue de Vaugirard 75006 Paris  –  01 40 13 62 00
Jusqu’au 1er juillet 2018
Du lundi au jeudi de 10 h 30 à 18 h
vendredi, samedi, dimanche et jours fériés de 10 h 30 à 19 h
fermeture le 1er mai
(pas de jour de fermeture hebdomadaire)

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« Montgomery Clift » L’enfer du décor de Sébastien Monod aux Editions LettMotif

A travers la filmographie de Montgomery Clift, Sébastien Monod nous retrace la vie très tourmentée de l’une des plus grandes stars du cinéma américain des années 50 qu’il serait injuste d’oublier.

Montgomery Clift, que ses amis surnommaient affectueusement Monty, est né le 17 octobre 1920 dans le Nebraska. Sa mère, issue d’une famille patricienne qui ne l’a jamais reconnue, n’aura de cesse de faire réussir ses trois enfants, Montgomery ayant un frère aîné et une sœur jumelle. Très tôt séparée de leur père, si elle leur donne une éducation soignée, assez élitiste, elle les fait aussi beaucoup voyager, faisant d’eux des déracinés.
Attiré par les planches, il fait ses débuts au théâtre à douze ans. Il est tout de suite décrit comme beau et intelligent.
Sa première rencontre amoureuse a lieu à 18 ans. Pour ce garçon cultivé et secret, mais n’aimant pas le mensonge, il est vite évident que son homosexualité va être son handicap majeur.
Ses véritables débuts ont lieu en 1944, quand Kazan, très homophobe, accepte enfin de le rencontrer. Ses premiers succès auront lieu au théâtre mais dès 1945, il passe des essais à Hollywood qui débouchent sur son premier film, un superbe western, « La Rivière rouge » d’Howard Hawks. Son côté perfectionniste apparait déjà et il travaille beaucoup pour être à la hauteur de ce premier grand partenaire qu’est John Wayne. Son physique d’exception et son talent font de lui l’acteur le plus prometteur de sa génération.
1949, il tourne « L’Héritiére » avec Olivia de Havilland. Il travaille sous la direction d’une actrice, Mira Rostova. Leur relation, sur le plan professionnel, est quasi fusionnelle au point de nuire aux tournages, la présence de Mira faisant parfois de l’ombre au réalisateur et les partenaires féminines de Montgomery se plaignant de passer au second plan.
Cette même année marque sa rencontre avec Elizabeth Taylor qui sera un peu la femme de sa vie. Ensemble, ils tournent « Une Place au soleil », film qui fait de lui une star.
Toujours exigeant, recherchant des rôles qui lui conviennent, désireux de toujours être parfaitement préparé, il refuse certains contrats, faisant, au passage, quelques erreurs majeures comme avec les mythiques « Sunset boulevard » et « A l’est d’Eden » qu’il décline.
Il tourne avec Alfred Hitchcock « La loi du silence » qui sort en 1953. A cette époque, s’il boit beaucoup, il parvient à rester à peu près sobre sur les plateaux. Pourtant, ses rapports avec le maître du suspens ne seront pas bons, les deux hommes ne se comprenant pas. Mais cette année sera un excellent millésime puisqu’il tourne avec Vittorio De Sica puis avec Fred Zinnemann dans le célèbre « Tant qu’il y aura des hommes » pour lequel il ratera de peu l’Oscar en mars 1954. Reconnaissant, le réalisateur lui dédit celui qui vient de lui être décerné.
Dans la vie de Montgomery Clift qui ressemble, malgré tous ses succès, à une lente chute vers l’abime, il y aura un avant et un après. Ses difficultés avec sa sexualité, ses abus d’alcool et de tranquillisants, qui le transforment parfois en homme violent et sadique, notamment dans sa vie sentimentale, le torturent et le détruisent. Le 12 mai 1956, l’année ou sort « L’Arbre de vie » d’Edward Dmytryk, un accident de voiture dû à l’imprudence, qui aurait pu lui être fatal, va le défigurer. Elizabeth Taylor, chez qui il passait la soirée, se précipite sur les lieux de l’accident et lui sauve la vie en lui enlevant les deux dents arrachées qui menaçaient de l’étouffer.
Devenu de plus en plus difficile à gérer sur les plateaux, les propositions se font plus rares. Deborah Kerr saluant son immense talent, « tout en sensibilité et en non-dit », se demande « quels démons le poussent autant vers la destruction ? ». Il est pourtant retenu pour « Le Bal des maudits » (un titre qui pourrait presque servir de sous-titre à sa vie !), en 1957, où il joue aux côtés de Marlon Brando, qui devient un ami, malgré la concurrence dans laquelle les grands studios les avaient placés et qui essaie de l’aider à surmonter ses problèmes d’alcoolisme. L’année suivante, Elizabeth Taylor impose sa présence dans « Soudain l’été dernier ». 1960 sera son chant du cygne avec le tournage des « Misfits » qui marque sa rencontre avec Marilyn Monroe, écorchée vive comme lui et qui dira à son propos : « Il est le seul être qui soit encore plus perdu que moi ». Après ce qui restera comme son plus grand film, John Huston lui demande d’ incarner le célèbre psychanalyste dans « Freud, passions secrètes » qui sort en 1962. Les rapports entre les deux hommes, difficiles, vont s’envenimer jusqu’à devenir exécrables. Monty sera même blessé à l’œil durant le tournage et les comédiens se divisent entre ses partisans et ceux de Huston qui n’a jamais supporté l’homosexualité de l’acteur. Le clap de fin sera accueilli comme une délivrance, mais l’expérience aura été si difficile que Montgomery devra prendre du champ durant quelques années. Il faudra un peu de temps à John Houston pour reconnaître toutes les qualités de l’acteur.
Montgomery Clift revient au théâtre mais son état mental et physique, tout comme la nouvelle génération d’acteurs qui émerge, lui donne le sentiment cruel d’être fini. Il tourne dans son dernier film « L’Espion » du français Raoul Levy qui sort en 1966. Définitivement épuisé, il ne quitte plus son domicile new-yorkais où son compagnon le trouve mort d’une crise cardiaque, le 23 juillet 1966. Elizabeth Taylor qui avait réussi à l’imposer dans « Reflets dans un oeil d’or » devra tourner en l’absence de son cher Monty !

Philippe Escalier

« Montgomery Clift »
L’enfer du décor de Sébastien Monod aux éditions LettMotif
http://www.edition-lettmotif.com

 

Couverture Montgomery Clift - L'enfer du décorCapture d_écran 2017-09-15 à 21.55.57 copieCapture d_écran 2017-09-15 à 22.01.32Montgomery Clift - Photo de la couverture de Life 1948 (Public Domain) copieMontgomery Clift livres 01

 

Exposition Théâtre du Pouvoir

DSC_8088DSC_8082Musée du Louvre, exposition Théâtre du Pouvoir dans la Petite Galerie, aile Richelieu, le vendredi en nocturne. – photos © Philippe Escalier DSC_7846DSC_7851DSC_7857DSC_7859DSC_7862

L’art et le pouvoir politique ont toujours noué des liens étroits, comme le révèle la nouvelle exposition de la Petite Galerie. Pour sa troisième saison, l’espace dédié à  l’éducation artistique et culturelle du Louvre s’intéresse ainsi aux codes de représentation du pouvoir politique, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

Mettant en scène des oeuvres du Louvre et celles de grandes institutions culturelles françaises, l’exposition présente aussi bien des figures du prince « guerrier », «  bâtisseur » ou « héroïsé », en référence aux modèles antiques, que des objets symbolisant la puissance.

Le parcours montre tout d’abord comment les images sont utilisées pour légitimer le pouvoir, notamment à travers la figure d’Henri IV qui fait l’objet d’une étude particulière, ou quelques célèbres portraits de monarques et d’empereurs comme Louis XVI ou Napoléon. Des objets emblématiques de la monarchie, tels que les regalia, objets du sacre des rois de France, sont également mis en avant. La dernière partie met enfin en lumière les ruptures historiques et iconographiques nées avec la Révolution française.

Commissaire(s) :

Paul Mironneau, directeur du musée national et domaine du Château de Pau, et Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre.

Chef de projet :

Florence Dinet, musée du Louvre.

http://www.louvre.fr

 

LES CARAMELS FOUS : CIRQUE PLEIN D’AIRS

Les temps changent. Les Caramels aussi ! L’arrivée du metteur en scène Stéphan Druet et les costumes fabuleux de Denis Evrard, contribuent grandement à faire de « Cirque plein d’airs » à l’affiche du13eme Art, un musical digne de ce nom, toujours bien déjanté, d’une qualité scénique et visuelle remarquables.

Après le western, pour fêter leurs trente-cinq ans, les Caramels Fous (une quinzaine de spectacles à leur actif), ont décidé de s’attaquer au cirque. Cette compagnie gay d’amateurs reconnus (« Les Dindes Galandes » ont été nommées aux Molières) fait un nouveau pas vers l’excellence. Impossible de résumer sérieusement en quelques mots ce qui leur passe par la tête pour accoucher d’1h40 de folie ! Disons simplement que sous le chapiteau Torticoli, la femme à barbe vient de mourir. Son fils, (Monsieur Loyal), le clown, une dompteuse, une écuyère, un magicien et athlète de foire restent désemparés : comment retrouver un numéro phare de remplacement ce qui ne va pas sans mal ni romances et crêpage de chignons ? Mais il faut faire fissa et voilà que débarque une troupe de tziganes qui pourraient apporter la solution miracle tant espérée. Happy end et rires garanties !

La solution miracle, les Caramels la détiennent depuis longtemps : pirater les grands airs du répertoires (un peu de classique, beaucoup de variétés : Abba, Claude François, Michaël Jackson, France Gall…) et en réécrire les paroles. Ces détournements sont réjouissants. Si l’on ne retrouve pas toujours l’irrésistible subtilité de Michel Heim qui fut le parolier jusqu’en 2010, Anthony Puiraveaud malgré quelques faiblesses s’en sort pas trop mal et nous délivre quelques pépites. Plus encore, les connaisseurs auront le plaisir de voir les étoiles de la troupe mises en avant, Thierry Quessada, Vincent Baillet et Jérôme Cuvilliez notamment. Mais c’est l’intégralité de la compagnie qui entraine la salle grâce à un talent qui n’a rien à envier à certains professionnels. Les qualités vocales sont là aussi, profitant sans doute de l’arrivée du coach David Jean. Après mille péripéties, anticipant peut-être une pluie d’éloges somme toute méritées (pour une troupe d’amateurs, redisons-le !), le show se termine par un ballet de parapluies digne de « Singin’in the rain ». Autant dire que le rendez-vous avec Les Caramels Fous est une nouvelle fois réussi. Leur implication, leur travail et leur talent, la mise en scène riche et chatoyante de Stéphan Druet, sans oublier la force de leur message, toujours militant et jamais inutile, « Soyons nous-mêmes » chantent-ils en chœur, sont autant de raisons expliquant pourquoi nous sommes de plus en plus nombreux à les aimer et à leur être fidèles !

Théâtre 13eme Art, centre commercial place d’Italie 2
Voir les dates sur  www.le13emeart.com – 01 31 53 13 13

Texte et photos © Philippe Escalier

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LES VICE VERSA : tout ce qu’on imagine

Magiciens de l’expression visuelle, ils sont aussi des surdoués du bruitage, des mimiques et des contorsions. Belle surprise, le spectacle des Vice Versa à l’Alhambra ressemble à une grande bande dessinée sonore survitaminée qui a tout pour gagner le cœur des spectateurs.

Anthony Figueiredo et Indiaye Zami débutent leur spectacle en listant en humour leurs différences. Mais, en les voyant sur scène, ce sont bien sûr leurs ressemblances qui sautent aux yeux : complémentaires et complices, ce duo de choc était visiblement fait pour se rencontrer et additionner leur fougue et leurs qualités. Capables d’être, tout à la fois, clowns, danseurs et acrobates, ils nous proposent un voyage hilarant à travers leur univers imaginaire, forcément déjanté. Aucun décor, juste deux corps prodigieusement agiles, maîtres dans l’art du mime, accoucheurs de toutes les sonorités, faisant partager leurs histoires folles avec des mots mais surtout une profusion de gestes, de bruits et d’expressions irrésistibles. S’il nous prenait l’envie de pinailler, nous noterions quelques petites baisse de régime, par moment, au niveau du texte. Ce péché véniel sera corrigé avec le temps, la fougue et le talent des deux artistes ne permet pas d’en douter. On retient surtout ces rires incessants, venus de la salle, témoins de l’indéniable réussite d’un show aussi séduisant qu’interactif. Durant plus d’une heure, les numéros s’enchainent avec bonheur pour finir sur un vrai feu d’artifice, Anthony Figueiredo et Indiaye Zami étant diablement à l’aise et terriblement expressifs dans le sans parole, portés par leur seule dextérité et des musiques toujours bien choisies. Dans le lot des spectacles à découvrir, les Vice Versa figurent en bonne place avec ce premier opus, drôle tout du long, qui nous a transformés, comme par enchantement, en supporters acharnés, bien décidés à ne rater aucune des prochaines aventures de ces bêtes de scène.

L’Alhambra : 21, rue Yves Toudic 75010 Paris
Vendredi & samedi à 19 h 30 – 01 40 20 40 25
Un tarif découverte est offert sur : http://www.alhambra-paris.com
Texte et photos : Philippe Escalier, tous droits réservés

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