LES CARAMELS FOUS : CIRQUE PLEIN D’AIRS

Les temps changent. Les Caramels aussi ! L’arrivée du metteur en scène Stéphan Druet et les costumes fabuleux de Denis Evrard, contribuent grandement à faire de « Cirque plein d’airs » à l’affiche du13eme Art, un musical digne de ce nom, toujours bien déjanté, d’une qualité scénique et visuelle remarquables.

Après le western, pour fêter leurs trente-cinq ans, les Caramels Fous (une quinzaine de spectacles à leur actif), ont décidé de s’attaquer au cirque. Cette compagnie gay d’amateurs reconnus (« Les Dindes Galandes » ont été nommées aux Molières) fait un nouveau pas vers l’excellence. Impossible de résumer sérieusement en quelques mots ce qui leur passe par la tête pour accoucher d’1h40 de folie ! Disons simplement que sous le chapiteau Torticoli, la femme à barbe vient de mourir. Son fils, (Monsieur Loyal), le clown, une dompteuse, une écuyère, un magicien et athlète de foire restent désemparés : comment retrouver un numéro phare de remplacement ce qui ne va pas sans mal ni romances et crêpage de chignons ? Mais il faut faire fissa et voilà que débarque une troupe de tziganes qui pourraient apporter la solution miracle tant espérée. Happy end et rires garanties !

La solution miracle, les Caramels la détiennent depuis longtemps : pirater les grands airs du répertoires (un peu de classique, beaucoup de variétés : Abba, Claude François, Michaël Jackson, France Gall…) et en réécrire les paroles. Ces détournements sont réjouissants. Si l’on ne retrouve pas toujours l’irrésistible subtilité de Michel Heim qui fut le parolier jusqu’en 2010, Anthony Puiraveaud malgré quelques faiblesses s’en sort pas trop mal et nous délivre quelques pépites. Plus encore, les connaisseurs auront le plaisir de voir les étoiles de la troupe mises en avant, Thierry Quessada, Vincent Baillet et Jérôme Cuvilliez notamment. Mais c’est l’intégralité de la compagnie qui entraine la salle grâce à un talent qui n’a rien à envier à certains professionnels. Les qualités vocales sont là aussi, profitant sans doute de l’arrivée du coach David Jean. Après mille péripéties, anticipant peut-être une pluie d’éloges somme toute méritées (pour une troupe d’amateurs, redisons-le !), le show se termine par un ballet de parapluies digne de « Singin’in the rain ». Autant dire que le rendez-vous avec Les Caramels Fous est une nouvelle fois réussi. Leur implication, leur travail et leur talent, la mise en scène riche et chatoyante de Stéphan Druet, sans oublier la force de leur message, toujours militant et jamais inutile, « Soyons nous-mêmes » chantent-ils en chœur, sont autant de raisons expliquant pourquoi nous sommes de plus en plus nombreux à les aimer et à leur être fidèles !

Théâtre 13eme Art, centre commercial place d’Italie 2
Voir les dates sur  www.le13emeart.com – 01 31 53 13 13

Texte et photos © Philippe Escalier

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A propos Sensitif

Journaliste, photographe, éditeur du magazine Sensitif : www.sensitif.fr
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