Dans l’ombre de Jorge Donn par Aliocha Itovich

Aliocha Itovich signe à Avignon un hommage bouleversant à Jorge Donn, son oncle légendaire

Il y a des destins qui ne se choisissent pas entièrement, des noms qui vous précèdent et des silhouettes qui vous suivent longtemps après leur disparition. Pour Aliocha Itovich, comédien, metteur en scène et scénariste français, cette silhouette a pour nom Jorge Donn, danseur argentin de génie, muse absolue de Maurice Béjart, mort des suites du sida à Lausanne le 30 novembre 1992 à l’âge de quarante-cinq ans. Cet été, à Avignon, Aliocha Itovich monte sur la scène du Roseau Teinturiers pour présenter « Dans l’ombre de Jorge Donn », une comédie dramatique qu’il a écrite avec Élodie Menant et Julia Dorval, dans laquelle il incarne le rôle principal. L’entreprise relevait d’une nécessité intime autant que d’une ambition artistique : rendre à ce nom sa place dans la mémoire collective, et confesser publiquement ce que fut, pendant des années, le fait d’être son neveu.

La famille Itovich baigne dans l’art depuis plusieurs générations. Le père d’Aliocha travaille dans l’éclairage de scène, sa mère est danseuse, et son oncle, Jorge Raúl Itovich Donn, né à El Palomar, dans la province de Buenos Aires, le 25 février 1947, est devenu l’une des figures tutélaires de la danse contemporaine du vingtième siècle. Malgré cet environnement saturé de corps en mouvement, c’est le théâtre qui, dès sa dixième année, s’impose dans la vie d’Aliocha, comme un choix naturel et souverain. À douze ans, il rejoint la troupe des Espiègles, compagnie fondée par Daniel Lacroix, et fait ses premières armes devant le public exigeant du Festival d’Avignon, qu’il retrouve plusieurs étés de suite. La scène ne le quittera plus.

Sa formation passe ensuite par les cours Jean Darnel et le Studio Pygmalion, deux adresses parisiennes réputées pour la rigueur de leur enseignement. Le travail paie : Aliocha Itovich s’installe progressivement dans le paysage théâtral parisien, multipliant les rôles dans des registres variés.

Parmi les collaborations qui ont compté dans sa construction artistique, celle avec la metteure en scène Violaine Arsac mérite d’être soulignée. Dès 2012, Aliocha Itovich participe à « Bien au-dessus du silence », présenté au Festival d’Avignon puis en tournée. Deux ans plus tard, il retrouve la dramaturge pour « Tant qu’il y aura la main des hommes », spectacle composé à partir de textes de Tahar Ben Jelloun, Amin Maalouf, Romain Gary ou Pablo Neruda, dans lequel il incarne un peintre contraint à l’exil en raison de son homosexualité, un rôle qui exige une intériorité sobre et une présence physique maîtrisée. Ces deux expériences avignonnaises installent Aliocha Itovich dans un registre de théâtre engagé, où le texte est au service d’une réflexion sur les identités et les marges.

La collaboration avec Violaine Arsac se prolonge encore dans « J’aimerais arrêt(ée) », d’après le livre de François Wioland, dans lequel il incarne François, bénévole d’une association d’aide aux personnes en situation de prostitution, qui entretient une correspondance épistolaire avec une étudiante en détresse. Le spectacle est présenté plusieurs fois à Avignon, puis en tournée. La pièce est portée par les musiques de Stéphane Corbin, qui se retrouvera également au générique de « Dans l’ombre de Jorge Donn », comme un fil discret entre deux aventures.

Homme souriant avec un t-shirt blanc et une chemise verte, les bras croisés, sur fond blanc.

L’autre grande rencontre artistique d’Aliocha Itovich est celle avec Élodie Menant, comédienne et metteuse en scène avec qui il partage l’affiche de « La Peur », adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig, dont le succès dépasse largement ce que l’on pouvait anticiper. Présenté d’abord à Avignon, le spectacle est repris au Théâtre Michel à Paris à partir d’octobre 2018, et tourne pendant cinq années consécutives. Le duo Itovich-Menant fonctionne avec une évidence et une complémentarité que le public reconnaît immédiatement. La pièce reçoit par ailleurs une nomination aux Molières, consécration supplémentaire pour une aventure née dans les rues d’Avignon. C’est de cette confiance mutuelle, de cette habitude à se retrouver dans un même espace de création, que naîtra l’envie d’écrire ensemble « Dans l’ombre de Jorge Donn ».

Ce parcours théâtral s’élargit rapidement vers d’autres territoires. En 2018, Aliocha Itovich participe à la comédie musicale « Bodyguard, Le Musical » au Palais des Sports, puis rejoint « Le Tour du monde en quatre-vingts jours » mis en scène par Sébastien Azzopardi au Théâtre des Mathurins. En 2020, il joue dans « Le gros diamant du prince Ludwig », qui reçoit le Molière de la pièce comique, avant d’enchaîner « Vive le marié » et « Duos sur canapé » aux côtés de Bernard Menez et Michel Guidoni. En 2025, il incarne César dans « Cléopâtre, la reine louve », d’Éric Bouvron et Benjamin Penamaria, spectacle qui part en tournée et lui offre un rôle de premier plan dans une fresque historique aux accents épiques. Philippe Lioret lui ouvre les portes du grand écran en 2016 avec « Le fils de Jean », et Daniel Cohen le retrouve dans « Le bonheur des uns » aux côtés de Bérénice Bejo et Vincent Cassel. La télévision l’accueille pour trois saisons dans « Balthazar », où il incarne le mari d’Hélène de Fougerolles, ainsi que dans « Astrid et Raphaëlle », « Clem » ou « Paris etc. » de Zabou Breitman. Derrière la caméra enfin, il co-réalise plusieurs courts métrages sélectionnés en festivals. Un parcours pluriel, éclectique et toujours en mouvement, qui n’empêche pas « Dans l’ombre de Jorge Donn » de s’imposer comme le projet le plus nécessaire de sa vie.

Affiche de la pièce 'Dans l'ombre de Jorge Donn' avec des informations sur le spectacle, les artistes et les lieux de représentation.

Pour comprendre ce que représente Jorge Donn dans la biographie d’Aliocha Itovich, il convient de mesurer l’ampleur de la légende. Né à El Palomar, dans la province de Buenos Aires, Jorge Donn commence la danse dès l’âge de cinq ans, se forme à l’école du Teatro Colón de Buenos Aires, et, à seize ans, prend la décision de traverser l’Atlantique pour rejoindre Maurice Béjart, dont il a vu travailler la compagnie lors d’une tournée en Argentine. Cette résolution absolue, ce courage de l’adolescent qui sait ce qu’il veut et va le chercher au bout du monde, est précisément ce qui frappe Aliocha Itovich au moment où il conçoit la pièce. Béjart qui avait refusé sa candidature en Argentine, décide, quand il le voit débarquer en Belgique, de l’intégrer à la compagnie. La rencontre sera celle de deux esprits accordés sur le même diapason, celui d’une danse portée par l’émotion plutôt que par la virtuosité technique. Jorge Donn entre au Ballet du XXe siècle en 1963 et n’en ressortira plus.

Il devient en quelques années le soliste vedette de la compagnie, créant les rôles-titres d’une série d’œuvres majeures du répertoire de Béjart : « La Neuvième symphonie » en 1964, « Roméo et Juliette » en 1966, « Messe pour le temps présent » en 1967, « Nijinsky, clown de Dieu » en 1971, « Notre Faust » en 1975, et, surtout, « Boléro » en 1979. C’est en janvier de cette année-là, au Palais des Sports de Paris, que Béjart confie pour la première fois à un danseur masculin le rôle central du Boléro de Ravel, défiant une tradition établie depuis la création du rôle par Duška Sifnios en 1961. Jorge Donn monte sur la table rouge entouré de quarante danseuses, sans que Béjart n’ait changé un seul geste de la chorégraphie originale. Le ballet change pourtant de signification tout entière, prenant une dimension dionysiaque et sacrée que le public ressent immédiatement. Six mois plus tard, lors d’une représentation au Palais Garnier, une troisième version est tentée : quarante danseurs cette fois entourent Jorge Donn, et c’est le rituel d’un jeune dieu que le public contemple, jusqu’à la transe finale.

La renommée de Jorge Donn atteint une autre dimension en 1981, lorsque Claude Lelouch l’intègre à son film « Les Uns et les Autres ». Jorge Donn y incarne Boris et Sergei Itovitch, un père et son fils pris dans les tourments du siècle, et danse le Boléro de Ravel dans la scène finale, une séquence qui reste l’une des images les plus puissantes de l’histoire du cinéma français. Le grand public, qui n’avait peut-être jamais mis les pieds dans une salle de danse, découvre ce soir-là un danseur hors du commun, dont la présence sur le plateau défie toute analyse rationnelle. En 1980, Béjart lui confie la direction artistique du Ballet du XXe siècle. Puis la compagnie déménage de Bruxelles à Lausanne, et Jorge Donn fonde brièvement sa propre troupe, L’Europa Ballet, avant de rejoindre le Béjart Ballet Lausanne. Il meurt des suites du sida le 30 novembre 1992, laissant derrière lui une œuvre d’interprète sans équivalent.

Aliocha Itovich apprit la mort de son oncle au journal télévisé de treize heures, le lendemain de son décès. Depuis lors, il ne cessa de chercher comment rendre hommage à cet homme qu’il admira toute sa vie et qui fut pour lui davantage qu’un parent : une sorte de mentor, une figure tutélaire dont la trajectoire hors du commun donnait à chacun l’exemple de ce qu’une vocation totalement assumée peut produire.

Mais il y a une face plus difficile liée à cette filiation. Lorsqu’Aliocha Itovich mentionnait sa parenté avec Jorge Donn, il voyait aussitôt le regard de ses interlocuteurs changer, ce moment un peu douloureux où l’on cesse d’exister pour devenir « le neveu de ». Ce phénomène d’effacement de soi sous le rayonnement d’une figure tutélaire est au cœur de la pièce qu’il a construite avec Élodie Menant et Julia Dorval. Le choc déclencheur fut une découverte brutale : le nom de Jorge Donn avait disparu des dictionnaires. Face à cet oubli, il convenait de réagir.

Portrait d'un homme avec une barbe légère, portant une chemise bordeaux, regard intense, fond flou et sombre.

Le travail d’écriture débute juste avant la pandémie de Covid, en 2019, en collaboration étroite avec Élodie Menant. Les réécritures se succèdent, nombreuses, patientes, exigeantes. Il faut trouver l’équilibre entre le récit intime et la fable universelle, entre l’hommage à Jorge Donn et le questionnement qui déborde la seule figure du danseur. En 2023, une première lecture est donnée au Théâtre Michel, ce lieu de toutes les retrouvailles pour cette équipe. La réception est encourageante. La pièce est prête pour Avignon.

L’histoire que raconte « Dans l’ombre de Jorge Donn » est à la fois celle de Jorge Donn et celle de Daniel, personnage de fiction construit à partir de la propre expérience d’Aliocha Itovich. Dans la pièce, Daniel est un homme qui, très jeune, rêvait de danser comme son oncle, et qui a renoncé à ce rêve en comprenant qu’il n’y aurait pas deux génies danseurs dans la même famille. Une trentaine d’années plus tard, les hasards de la vie font revenir la danse à sa porte. Si Aliocha Itovich a choisi de transposer son propre désir de devenir comédien dans le domaine de prédilection de Jorge Donn, la danse, c’est par une évidente nécessité dramaturgique. La tension entre l’hommage et l’aspiration personnelle, entre la fidélité à une mémoire et la revendication d’une identité propre, est ainsi rendue plus immédiate, plus viscérale.

La note de mise en scène révèle un dispositif à la fois sobre et ambitieux. La scénographie conçue par Christophe Auzolles est dépouillée, sans décor monumental : un petit escalier, une porte amovible, trois pans de mur en tulle qui se déplacent pour délimiter les espaces et accueillir les projections. C’est sur ces surfaces mouvantes que seront projetées des images d’archives tirées des ballets de Béjart filmés sur scène et de films tels que « Le danseur » ou « Lettre à un jeune danseur ». La technique de la surimpression sur tulle donnera parfois l’illusion d’un hologramme, faisant apparaître Jorge Donn comme un fantôme bienveillant, présence spectrale qui traverse la vie de Daniel sans jamais tout à fait le laisser en paix.

La chorégraphie est confiée à Olivier Bénard. La création lumière, signée Antonio de Carvalho, oscille entre le registre théâtral, la danse et un troisième état que le metteur en scène qualifie de magie. La création musicale est de Stéphane Corbin, fidèle compagnon de plusieurs aventures. La mise en scène d’Aliocha Itovich aspire à une fluidité totale, sans véritable noir entre les scènes, passant d’un univers à l’autre par les seuls mouvements du décor, les lumières changeantes et les apparitions de Jorge Donn sur les pans de tulle.

L’auteur incarne lui-même Daniel, le neveu aux rêves enfouis qui va devoir décider s’il peut encore se permettre de vivre selon ses aspirations profondes. À ses côtés, deux remarquables actrices, Hélène Degy, qui l’a accompagné dans « La Peur », joue Florence, et Vanessa Cailhol (Molière de la meilleure comédienne) qui tient les rôles d’Anna et d’Edwige. La collaboration artistique est assurée par Pascal Faber, garant d’un regard extérieur sur l’ensemble du projet.

Ce qui rend « Dans l’ombre de Jorge Donn » particulièrement précieux, c’est qu’Aliocha Itovich a su dépasser l’anecdote familiale pour toucher quelque chose d’universel. La question que pose le spectacle, il la formule lui-même avec une clarté désarmante : a-t-on le droit de réaliser ses rêves d’enfant à tout âge, quel que soit le milieu dont on est issu ? Cette interrogation, qui pourrait sembler abstraite ou anodine, est en réalité d’une profondeur singulière dans notre époque, où les injonctions à la rationalité, à la sécurité et à la conformité pèsent lourd sur les existences. Jorge Donn, lui, avait choisi la radicalité : partir seul, à seize ans, de l’autre côté de l’Atlantique, frapper à la porte d’un chorégraphe qu’il admira depuis l’enfance. Il avait eu la bonne fortune de se voir ouvrir cette porte.

La pièce est aussi un acte de mémoire. Aliocha Itovich mentionne notamment que des cousins argentins ont ouvert à Buenos Aires un centre culturel portant le nom de Jorge Donn. Sylvie Icart-Barat a publié un livre de souvenirs intitulé « Jorge Donn par le Ballet du XXe siècle ». Lui ajoute sa voix à ce chœur de ceux qui refusent l’oubli, mais par la voie qui lui est propre : la scène, la chair vivante du théâtre, la présence de l’acteur face au public. Signe d’une symbiose entre l’oncle et le neveu, c’est encore à Avignon qu’Aliocha Itovich choisit de présenter ce travail, Avignon où tout a commencé pour lui à l’âge de dix ans, Avignon où Jorge Donn hante encore les mémoires de ceux qui l’ont vu danser.

Une avant-première est prévue le 8 juin au Théâtre Saint-Georges, à Paris, avant les représentations estivales.

Philippe Escalier – Photos @ Benoît Maréchal


Chronologie

1947 — Naissance de Jorge Raúl Itovich Donn, le 25 février, à El Palomar (province de Buenos Aires, Argentine).

1963 — Jorge Donn rejoint le Ballet du XXe siècle de Maurice Béjart à Bruxelles.

1964 — Jorge Donn crée le rôle-titre de « La Neuvième symphonie » de Béjart.

1966 — Création de « Roméo et Juliette » de Béjart.

1967 — Création de « Messe pour le temps présent ».

1971 — Création de « Nijinsky, clown de Dieu ».

1975 — Création de « Notre Faust ».

1979 — Jorge Donn crée la version masculine du « Boléro » de Béjart au Palais des Sports de Paris. Première représentation mixte au Palais Garnier six mois plus tard.

1980 — Jorge Donn devient directeur artistique du Ballet du XXe siècle.

1981 — Claude Lelouch intègre Jorge Donn dans son film « Les Uns et les Autres », où il danse le Boléro de Ravel.

1992 — Mort de Jorge Donn des suites du sida, le 30 novembre, à Lausanne. Il avait 45 ans.

vers 1985 — Naissance d’Aliocha Itovich, en France. Son père est éclairagiste, sa mère est danseuse. Il est le neveu de Jorge Donn.

vers 1997 — À douze ans, Aliocha Itovich rejoint la troupe des Espiègles de Daniel Lacroix et fait ses premières armes au Festival d’Avignon.

Années 1997-2005 — Parcours de formation et premiers rôles professionnels au théâtre : « Cabaret Pauvre », « Les Femmes savantes », « Le Malade imaginaire », « Ferdinando » au Théâtre du Rond-Point, « Les Fourberies de Scapin » au Théâtre du Gymnase, « Le Cid » au Comédia (mise en scène Thomas Le Douarec).

2004 — Rôles dans les séries « Police district » (Olivier Marchal) et « Une femme d’honneur ».

2007 — Rôle dans la série « R.I.S, police scientifique ».

2012 — « Bien au-dessus du silence », mise en scène Violaine Arsac, Festival d’Avignon, tournée.

2013 — « Tapage en coulisses » de Michael Frayn, mise en scène Didier Caron, tournée. Rôle dans la série « Section de recherches ».

2014 — « Tant qu’il y aura la main des hommes », mise en scène Violaine Arsac, Festival d’Avignon. « Les aventures de la Princesse Aurore », mise en scène Aliocha Itovich, Théâtre Reine Blanche.

2015-2019 — « La Peur » de Stefan Zweig, mise en scène Élodie Menant, Théâtre Michel, Festival d’Avignon, tournée. Nomination aux Molières.

2016 — Rôle de Nicolas dans « Le fils de Jean » de Philippe Lioret, au cinéma.

2017 — « J’aimerais arrêt(ée) » de François Wioland, mise en scène Violaine Arsac, Festival d’Avignon. « Poisson et Petits Pois », mise en scène Aliocha Itovich et Slimane Kacioui, Festival d’Avignon.

2018 — « Bodyguard, Le Musical », mise en scène David Eguren, Palais des Sports de Paris. Mariage avec l’actrice Julia Dorval.

2019 — Début de l’écriture de « Dans l’ombre de Jorge Donn » avec Élodie Menant. « Le tour du monde en quatre-vingts jours », mise en scène Sébastien Azzopardi, Théâtre des Mathurins.

2019-2022 — Rôle dans la série « Balthazar » (3 saisons), France 2. Rôles dans « Astrid et Raphaëlle » où il joue le père d’Astrid pendant 3 saisons, « Clem », « Tandem ».

2020 — « Le gros diamant du prince Ludwig », mise en scène Gwen Aduh, Le Palace (Molière de la pièce comique). « Le bonheur des uns » de Daniel Cohen au cinéma, avec Bérénice Bejo et Vincent Cassel. « Vive le marié », mise en scène Jeoffrey Bourdenet (tournée jusqu’en 2022).

2022 — « Duos sur canapé » de Marc Camoletti, mise en scène Bernard Menez, Alhambra.

2023 — Première lecture de « Dans l’ombre de Jorge Donn » au Théâtre Michel. « Les guêpes », mise en scène Didier Caron, tournée. « J’aimerais arrêt(ée) » reprend en tournée et à Avignon. « La présidente », mise en scène Jeoffrey Bourdenet.

2024 — Rôle dans la série « Marianne » (saison 2). Tournée de « J’aimerais arrêt(ée) » et reprise au Festival d’Avignon.

2025 — « Cléopâtre, la reine louve », mise en scène Éric Bouvron, tournée.

Juin 2026 — Avant-première de « Dans l’ombre de Jorge Donn » au Théâtre Saint-Georges, Paris, le 8 juin.

Été 2026« Dans l’ombre de Jorge Donn », mise en scène Aliocha Itovich, au Festival d’Avignon, Espace Roseau Teinturiers, 45 rue des Teinturiers, Avignon. À 16 h 40, relâche les jeudis.

James Norton, un acteur anglais aux multiples facettes

James Geoffrey Ian Norton est né le 18 juillet 1985 à Lambeth, dans le sud de Londres. Son père, natif de Tanzanie, enseignait à la Hull School of Art and Design, et sa mère exerçait également dans l’éducation. La famille s’installera rapidement à Malton, dans le district de Ryedale, aux confins des Howardian Hills, cette campagne du Yorkshire du Nord que James Norton évoque volontiers comme le décor idyllique de son enfance.

Sa scolarité au prestigieux Ampleforth College, pensionnat bénédictin du Yorkshire, lui forge une culture religieuse rigoureuse et un sens aigu de la discipline. Il y reçoit l’enseignement de moines et y expérimente ses premiers émois scéniques, avant un stage révélateur au Stephen Joseph Theatre de Scarborough, à quinze ans à peine.

En 2004, il entre au Fitzwilliam College de Cambridge pour y étudier la théologie, obtenant en 2007 un diplôme avec la mention First Class Honours, la plus haute distinction du système britannique. Ses recherches portent principalement sur l’hindouisme et le bouddhisme – une inclination spirituelle qui ne le quittera plus. Une bourse de voyage lui permet de rejoindre le nord de l’Inde pour enseigner et se produire dans seize écoles. Durant ses années cambridgiennes, il s’investit dans la célèbre Marlowe Society et interprète Posthumus dans une production de « Cymbeline » dirigée par Trevor Nunn, metteur en scène avec lequel il collaborera à nouveau au Theatre Royal, Haymarket, dans « Le Lion en hiver ».

Il intègre ensuite la Royal Academy of Dramatic Art (RADA), qu’il quitte en 2010 six mois avant l’obtention de son diplôme, appelé par un premier engagement professionnel.

Ses premiers pas au cinéma se font dans « An Education » (2009) aux côtés de Carey Mulligan. Mais c’est sur scène qu’il forge l’essentiel de son métier. En 2010, il fait partie de la distribution originale de « Posh » au Royal Court Theatre, puis incarne Henry dans « That Face » au Crucible Theatre de Sheffield. La critique du « Independent » salue une « interprétation frappante » d’un jeune homme « comme un animal en cage ». La même année, le rôle du capitaine Stanhope dans « Journey’s End » – drame de la Grande Guerre – le mène du circuit de tournée britannique jusqu’au Duke of York’s Theatre dans le West End.

La grande éclosion date de 2014. James Norton y déploie simultanément deux registres radicalement opposés, signant l’une des dualités les plus saisissantes de la télévision britannique. D’un côté, le révérend Sidney Chambers dans « Grantchester », série d’ITV où ce vicaire des années 1950, cultivé et tourmenté, résout des affaires criminelles en compagnie de l’inspecteur Geordie Keating (Robson Green). C’est son premier rôle principal. La série connaîtra quatre saisons, jusqu’en 2018.

De l’autre, Tommy Lee Royce dans « Happy Valley », série de la BBC signée Sally Wainwright : un psychopathe brutal, manipulateur, incarné avec une intensité qui laisse le public sans voix. Michael Hogan, du « Telegraph », écrit à son sujet qu’il a joué le personnage « avec une profondeur impressionnante ». James Norton commente lui-même avec une ironie assumée : « Huit millions de personnes souhaitent actuellement ma mort. » Cette performance lui vaut une nomination au BAFTA 2015 du meilleur acteur dans un second rôle. Il reprendra le rôle dans une deuxième, puis une troisième saison diffusée en 2023 – près d’une décennie après ses débuts dans la série.

En 2016, James Norton incarne le prince Andreï Bolkonski dans l’adaptation BBC de « Guerre et Paix » signée Andrew Davies, coproduction internationale tournée en partie en Russie. Ce personnage d’aristocrate désabusé, lucide et mélancolique, confirme sa capacité à porter de grandes fresques historiques. La même année, il joue dans l’épisode « Nosedive » de la série anthologique « Black Mirror » et se produit au West End dans « Bug » de Tracy Letts.

En 2018, il tient le rôle principal d’Alex Godman dans « McMafia », thriller international sur la criminalité organisée russo-britannique, pour lequel il étudie le Systema, art martial russe. Sur grand écran, ses apparitions vont de « Mr. Turner » de Mike Leigh (2014) à « Mr. Jones » (2019), où il interprète le journaliste gallois Gareth Jones qui révéla l’Holodomor au monde occidental, jusqu’aux « Filles du docteur March » de Greta Gerwig (2019), dans le rôle de John Brooke.

Depuis 2016, le nom de James Norton revient régulièrement dans les spéculations des bookmakers et des médias britanniques sur l’identité du successeur de Daniel Craig. Cambridge, la RADA, une élégance naturelle, une capacité avérée à incarner des personnages complexes et moralement ambigus : l’acteur coche, sur le papier, nombre des qualités traditionnellement associées à l’agent 007.

La rumeur a connu un regain d’intensité en janvier 2025, à l’occasion de la diffusion de « Playing Nice » sur ITV. Des observateurs ont remarqué que James Norton était le seul homme à ne pas porter de smoking lors d’une scène de gala – détail apparemment anodin, mais qui a alimenté les spéculations : il est de notoriété publique dans le milieu que tout acteur ayant signé un contrat pour incarner Bond se voit contractuellement interdire le port du smoking dans tout autre projet. Lors d’un passage en radio, un auditeur lui ayant directement posé la question, James Norton a esquivé avec une pirouette : « Quand on m’a demandé quel méchant j’aimerais jouer, je me suis dit : « Ne dis pas méchant de Bond, ne dis pas méchant de Bond. » » Une non-réponse qui n’a fait qu’attiser la curiosité.

La situation de la franchise a, entre-temps, considérablement évolué. En février 2025, Barbara Broccoli et Michael G. Wilson ont cédé à Amazon MGM leur droit exclusif de contrôle sur la saga, confiant le développement du vingt-sixième opus à Amy Pascal et David Heyman. Denis Villeneuve a été confirmé à la réalisation. Dans ce nouveau contexte, James Norton demeure l’un des noms cités parmi les candidats sérieux, aux côtés d’Aaron Taylor-Johnson, Richard Madden, Harris Dickinson ou encore Paul Mescal – aucune annonce officielle n’ayant été faite à ce jour.

En 2023, il livre l’une de ses performances les plus exigeantes au théâtre : Jude St. Francis dans l’adaptation scénique de « A Little Life », le roman déchirant d’Hanya Yanagihara, présentée au Harold Pinter Theatre puis au Savoy Theatre. Il remporte le WhatsOnStage Award du meilleur interprète et reçoit une nomination au Laurence Olivier Award du meilleur acteur.

En 2024, il incarne Chris Blackwell dans le biopic « Bob Marley: One Love », puis Robert Edwards dans « Joy », consacré aux pionniers de la fécondation in vitro. En 2025, il s’affirme aussi comme producteur : « Playing Nice », drame ITV en quatre épisodes, est produit par sa propre société, Rabbit Track Pictures. Parallèlement, il tient le rôle-titre de Harold Godwinson dans « King & Conqueror », mini-série historique de la BBC racontant la conquête normande de 1066, et joue Sean Rafferty dans « House of Guinness », série Netflix de style « Succession » centrée sur la famille fondatrice de la célèbre brasserie irlandaise.

Annoncé officiellement en janvier 2025, son entrée dans la troisième saison de « House of the Dragon » (HBO) représente une nouvelle dimension dans sa carrière. Il y incarne Ormund Hightower, seigneur d’Oldtown commandant les armées des « Verts » dans la guerre civile targaryen – personnage décisif d’une saga dont la diffusion est prévue en juin 2026. L’horizon s’étend au-delà : il a été choisi pour jouer Brian Epstein, le légendaire manager des Beatles, dans un ambitieux projet de quatre films dirigés par Sam Mendes, attendu pour 2028.

Atteint de diabète de type 1, James Norton assume publiquement sa maladie avec une bonne humeur communicative – il compare volontiers son diabète à « un gros chien hirsute appelé Bruce ». Bouddhiste pratiquant depuis de nombreuses années, il visite régulièrement des retraites, dont l’une en France en mai 2025. Depuis 2015, il est administrateur du Royal Theatrical Support Trust.

Ses prises de position publiques témoignent d’une conscience civique affirmée : il s’oppose au Brexit, plaide pour la lutte contre le changement climatique et soutient les droits des personnes trans et non-binaires. En mars 2025, il organise un événement caritatif qui récolte plus de 18 000 livres sterling au bénéfice d’un hospice de York.

Sur le plan sentimental, il a été en couple avec l’actrice Jessie Buckley (2015-2017), puis avec Imogen Poots (2018-2023), avec laquelle il s’était fiancé en 2022 avant leur séparation.


Classé 31e sur la liste TV 100 du « Radio Times » en 2024, James Norton s’est imposé comme l’une des personnalités les plus complètes et les plus imprévisibles du cinéma et de la télévision britanniques – vicaire ou criminel, prince ou conquérant, toujours habité par cette ambiguïté morale qui fait les grands acteurs.

Philippe Escalier

Le Comte de Monte-Cristo par Bille August

Quelques mois à peine après le triomphe cinématographique de l’adaptation portée par Pierre Niney et Matthias de la Motte, Alexandre Dumas revient sur les écrans avec une version sérielle de son chef-d’œuvre romanesque. La réalisation a été confiée à Bille August, figure majeure du cinéma nordique. Né en 1948 au Danemark, rompu aux adaptations littéraires de prestige, il appartient au cercle très fermé des neuf réalisateurs doublement palmés au Festival de Cannes, distinction obtenue en 1988 pour « Pelle le conquérant » et en 1992 pour « Les meilleures intentions », sur un scénario d’Ingmar Bergman.


L’acteur britannique Sam Claflin endosse le rôle d’Edmond Dantès avec toute l’expérience acquise lors de ses précédentes incarnations dans des adaptations littéraires d’envergure. Révélé au grand public par son interprétation de Finnick Odair dans la saga « Hunger Games », il a depuis démontré sa polyvalence en enchaînant les registres, du romantisme échevelé d’« Avant toi » aux enquêtes victoriennes d’« Enola Holmes », en passant par l’ambition démesurée du musicien dans « Daisy Jones and The Six ».

Un homme avec une veste en cuir noir et un pull beige, pensif, sur un fond en bois.


Autour de Sam Claflin gravite une distribution soigneusement composée. Jeremy Irons prête ses traits à l’abbé Faria, mentor spirituel et intellectuel d’Edmond Dantès durant sa réclusion au château d’If. Ana Girardot interprète Mercédès. Le Danois Mikkel Boe Følsgaard compose un Gérard de Villefort glaçant tandis que Blake Ritson incarne Danglars. Le casting compte également Karla-Simone Spence dans le rôle d’Haydée, désormais présentée comme une femme forte et courageuse, Michele Riondino en Jacopo, Lino Guanciale en Vampa, Gabriella Pession en Hermine Danglars et Nicolas Maupas en Albert.

Femme en robe marron avec un col en dentelle, se tenant dans un parc avec des arbres verts en arrière-plan.


La structure en huit épisodes permet à la série de déployer l’architecture narrative foisonnante imaginée par Alexandre Dumas et Auguste Maquet lors de la publication du roman-feuilleton entre 1844 et 1846.
Cette version internationale du « Comte de Monte-Cristo », portée par un réalisateur de prestige et des comédiens de talent, offre une lecture classique mais soignée d’un monument de la littérature française. Son ambition européenne, sa fidélité à la complexité narrative de Dumas et son traitement psychologique des personnages en font une proposition digne d’intérêt pour les amateurs de séries historiques et d’adaptations littéraires exigeantes. Et puis, il y a Sam Caflin…!

L’interprétation de Sam Claflin

Sam Claflin incarne Edmond Dantès dans une performance que plusieurs critiques ont qualifiée de remarquable. L’acteur britannique, connu pour ses rôles dans Pirates des Caraïbes, la saga Hunger Games et la série Daisy Jones and The Six, s’approprie le personnage en en révélant les strates psychologiques complexes. Contrairement aux adaptations cinématographiques, le format sériel permet à Claflin de suivre graduellement la transformation de ce jeune marin de dix-neuf ans, injustement emprisonné au château d’If, en justicier impitoyable. La force de son interprétation réside dans ce contraste mesuré : les premiers épisodes le montrent encore proche de l’innocence et de l’espoir, tandis que sa métamorphose en Comte de Monte-Cristo s’opère avec une froide détermination. Claflin capture l’obsession calculée du personnage, cette discipline à laquelle il se soumet pour accomplir sa vengeance contre ses trois bourreaux. Le rôle exigeait notamment une maîtrise remarquable pour conserver une forme de détachement émotionnel dans les scènes finales, particulièrement celles face à Mercédès suppliant Edmond de renoncer à son projet dévastateur. Cette absence d’empathie, ce vide affectif auquel succombe le personnage, constitue une partie délicate du travail de l’acteur. Interrogé sur son approche, Claflin a souligné l’importance du format télévisuel : contrairement au cinéma, la télévision permet au spectateur de ressentir profondément chaque émotion des personnages et de comprendre leurs motivations. Cette absorption progressive dans l’univers du Comte s’avère pédagogiquement efficace, car elle aide à saisir la logique implacable d’une vengeance mûrement réfléchie.

Harold Simon, un talent polyvalent au service du spectacle vivant


Tandis que la comédie musicale française connaît depuis une décennie un renouveau spectaculaire, Harold Simon incarne cette nouvelle génération d’artistes complets qui conjuguent excellence vocale, présence scénique et maîtrise technique. À l’orée de sa seconde apparition sur la prestigieuse scène du Théâtre du Châtelet dans « La Cage aux folles » mise en scène par Olivier Py aux côtés de Laurent Lafitte, ce jeune comédien français a déjà tracé un parcours remarquable dans l’univers exigeant du spectacle musical. Son ascension témoigne d’une génération d’artistes formés à l’excellence, capables de passer avec aisance des productions intimistes aux grandes salles parisiennes, du répertoire pour jeune public aux créations audacieuses destinées aux adultes.


Harold Simon a choisi d’entrer dans l’univers des arts de la scène par la voie royale du théâtre. Sa formation débute à l’École d’Art Dramatique Jean Périmony, institution reconnue pour la rigueur de son enseignement. Très tôt conscient que le théâtre musical contemporain exige une polyvalence absolue, le jeune comédien ne s’est pas contenté d’une formation classique. Il a choisi de développer parallèlement ses compétences vocales en intégrant les ateliers Musidrama, structure parisienne devenue une référence dans la formation aux métiers de la comédie musicale. Cette démarche lui a permis d’acquérir cette double maîtrise indispensable : l’art dramatique d’une part, la technique vocale de l’autre.
Mais la singularité du parcours d’Harold Simon réside également dans ses compétences techniques en coulisses. Graphiste, vidéaste et animateur 3D de formation, il possède une expertise rare dans la création visuelle pour le spectacle vivant. Cette double casquette d’interprète et de créateur technique fait de lui un artiste complet, capable de comprendre intimement la mécanique d’une production dans sa globalité. Cette polyvalence lui a d’ailleurs valu de revenir régulièrement aux ateliers Musidrama, non plus comme élève mais comme intervenant, pour transmettre son expérience et ses compétences aux nouvelles promotions.


Jack, l’éventreur de Whitechapel : La révélation au Théâtre Trévise


C’est au Théâtre Trévise qu’Harold Simon fait ses premières armes dans une production d’envergure. De janvier à avril 2018, il incarne Joe Barnett dans « Jack, l’éventreur de Whitechapel », comédie musicale originale créée par Guillaume Bouchède et Jean Franco sur une musique de Michel Frantz. Cette production audacieuse, qui transforme l’une des affaires criminelles les plus célèbres de l’histoire en spectacle musical, lui permet de se produire aux côtés d’une distribution remarquable comprenant notamment Alexandre Jérôme, révélation masculine des Trophées de la comédie musicale 2017.
La mise en scène de Samuel Sené marque profondément le jeune comédien. Cette rencontre avec le directeur pédagogique des ateliers Musidrama s’avère décisive pour la suite de sa carrière. Le spectacle, servi par trois musiciens en direct et une partition exigeante mêlant influences lyriques, classiques et jazz, obtient un accueil critique favorable. Harold Simon y démontre déjà sa capacité à habiter des rôles dramatiques complexes, dans un registre sombre et historique aux antipodes des productions légères qui dominent alors le paysage du musical français.
Ce premier grand rôle parisien lui permet également de mettre en valeur ses talents de créateur : il signe les projections vidéo du spectacle, des créations visuelles qui, selon la critique, parviennent à évoquer l’atrocité des crimes sans verser dans le gore, une prouesse technique et artistique remarquée.


Le K-barré et ses Demoiselles : L’expérience du cabaret déjanté


L’été 2018 voit Harold Simon s’aventurer dans un registre radicalement différent avec « Les Demoiselles du K-barré », cabaret burlesque et déjanté imaginé par Pauline Uzan. Financé en partie grâce au soutien des fans, ce spectacle original se joue à Paris puis au Festival Off d’Avignon à l’Arrache-Cœur. Dans cette production paillettée et festive, le jeune comédien campe Harry del Martini, seul homme au milieu de trois « demoiselles » à fort caractère. Il est excelle, comme d’habitude !
Le spectacle, qui casse les codes du cabaret traditionnel, permet à Harold Simon de révéler une autre facette de son talent : l’humour, la danse, la présence physique dans un registre proche du music-hall. Aux côtés de Vanessa Ghersinick, Roxane Merlin et Pauline Uzan, il apporte fraîcheur et dynamisme à ce spectacle bourré de dérision. La critique souligne son expressivité et sa capacité à jouer le jeu avec autant de ferveur que ses trois partenaires féminines, incarnant tour à tour l’homme objet puis le partenaire idéal, sexy et souriant. Cette expérience confirme sa polyvalence et sa capacité à s’adapter à des registres très variés.


«Un Chant de Noël » : La reconnaissance technique


Fin 2018, Harold Simon signe sa première nomination aux Trophées de la comédie musicale. Non pas comme interprète cette fois, mais pour son travail en coulisses sur « Un Chant de Noël », adaptation du conte de Charles Dickens créée par Samuel Sené au Théâtre Artistic Athévains. Aux côtés d’Isabelle Huchet et François Cabana, il est nommé pour le Trophée de la scénographie grâce à ses créations vidéo qui encerclent la scène et l’animent tout au long du spectacle.
Sa création vidéo, déjà remarquée dans les productions précédentes, atteint ici une nouvelle dimension : fantômes évanescents, vieux livres, flocons de neige, fumée s’échappant délicatement de la cheminée… Ces projections sophistiquées contribuent à créer l’atmosphère féerique et victorienne du conte. Ce travail qui plonge le public dans l’univers de Dickens sans recourir à de lourds décors est unanimement salué. Cette reconnaissance technique confirme la double identité artistique d’Harold Simon, également reconnu pour son travail dans « L’Homme de Schrödinger » du même Samuel Sené.


La Petite Sirène au Funambule Montmartre : Le prince charmant de l’été 2019


L’été 2019 marque un nouveau tournant avec son incarnation du prince Henrick dans « La Petite Sirène » au Théâtre du Funambule Montmartre. Cette adaptation libre du conte d’Andersen, créée par Jonathan Dos Santos et Fred Colas, se distingue par son approche moderne et intelligente du récit originel. Harold Simon y endosse alternativement le rôle du prince et celui de Ganglot le serpent zozotant, esclave de la sorcière, démontrant sa capacité à faire vivre des personnages radicalement opposés au sein d’un même spectacle.
Faisant preuve de qualités vocales exceptionnelles, sa performance est d’autant plus remarquable qu’il parvient à incarner des rôles si différents que le jeune public ne reconnaît pas qu’il s’agit du même comédien. Cette transformation témoigne de sa maîtrise du jeu d’acteur et de son engagement total dans chacun de ses personnages. Sa générosité avec le public, sa disponibilité pour les séances de dédicaces et de photos après les représentations, contribue au succès populaire du spectacle auprès des familles.
Cette production lui offre également l’opportunité de travailler pour la première fois pour un public essentiellement jeune, expérience qu’il renouvellera régulièrement par la suite. Son passage estival à Disneyland Paris dans le festival « Pirates et Princesses », où il incarne Jack Sparrow, confirme son aisance avec les jeunes spectateurs et son talent pour les personnages flamboyants et énergiques.


Le Tour du Monde en 80 jours : Consécration au Théâtre Mogador


Le 8 février 2020 représente un moment charnière dans la carrière d’Harold Simon : il foule pour la première fois la scène mythique du Théâtre Mogador dans le rôle principal de Phileas Fogg, gentleman flegmatique et précis du roman de Jules Verne. Cette production ambitieuse du duo Julien Salvia et Ludovic-Alexandre Vidal, après leur succès avec « Les Aventures de Tom Sawyer », bénéficie d’une mise en scène fluide de David Rozen, de chorégraphies signées Johan Nus et d’orchestrations de Larry Blank et Antoine Lefort.
Aux côtés de Guillaume Sentou dans le rôle de Passepartout, Harold Simon compose un Phileas Fogg très britannique, méthodique et secret, qui se lance dans un pari fou autour du monde. La distribution de onze comédiens-chanteurs, tous remarquables, forme un ensemble cohérent où chacun apporte sa pierre à l’édifice d’une comédie musicale familiale qui reprend avec brio les codes de Broadway. Le spectacle, créé le 6 décembre 2019 en avant-première au Blanc-Mesnil avant son installation au Mogador, rencontre un accueil chaleureux du public et de la presse. La partition entraînante de Salvia, le livret rythmé plein de rebondissements de Vidal, l’humour et la fluidité de la mise en scène sans aucun temps mort font de cette production une réussite artistique.


Au-delà de ses rôles sur scène, Harold Simon se distingue par sa polyvalence exceptionnelle. Ses compétences techniques en création vidéo, animation 3D et graphisme font de lui un artiste à part dans le paysage de la comédie musicale française. Cette double casquette lui permet de comprendre intimement les enjeux d’une production, tant du point de vue artistique que technique. Son travail de créateur visuel, notamment dans « Jack, l’éventreur de Whitechapel » et « Un Chant de Noël », témoigne d’une maîtrise des technologies numériques au service de la narration scénique.
Cette expertise technique lui vaut d’être régulièrement sollicité pour des interventions et conférences aux ateliers Musidrama, où il transmet son expérience aux nouvelles générations d’artistes. Son parcours démontre qu’il est possible de conjuguer excellence artistique et compétences techniques, deux domaines trop souvent cloisonnés dans le spectacle vivant traditionnel.

Un groupe de personnes chantant joyeusement autour d'une table avec une bouteille de champagne et des verres, dans une ambiance festive.


Retour au Châtelet : La Cage aux folles, décembre 2025


Six ans après ses débuts sur les grandes scènes parisiennes, Harold Simon retrouve le Théâtre du Châtelet dans « La Cage aux folles », comédie musicale emblématique de Jerry Herman créée en 1983 sur un livret d’Harvey Fierstein d’après la pièce de Jean Poiret. Cette nouvelle production en français, mise en scène par Olivier Py, directeur du théâtre, se veut résolument contemporaine et militante, explorant la dimension politique de l’œuvre à l’heure où les droits LGBTQI+ sont remis en question partout dans le monde.
Aux côtés de Laurent Lafitte, qui incarne Albin/Zaza dans ce qui constitue pour lui un « rêve d’enfant », Harold Simon rejoint une distribution prestigieuse comprenant Damien Bigourdan, Gilles Vajou, Emeline Bayart, Daniel Loeillot, Maë-Linh Nguyen et Jean-Luc Baron. Le spectacle, présenté du 5 décembre 2025 au 10 janvier 2026, marque le grand retour de cette œuvre culte à Paris, vingt-six ans après une première adaptation française au Mogador qui n’avait pas rencontré le succès escompté.
Cette participation à une production d’une telle envergure, dans un théâtre de 2034 places dirigé par l’une des figures majeures de la scène française, confirme la trajectoire ascendante d’Harold Simon. Sa présence dans ce casting témoigne de la reconnaissance dont il jouit désormais dans le milieu de la comédie musicale parisienne, aux côtés de grands noms du théâtre français.


À travers son parcours, Harold Simon incarne parfaitement cette nouvelle génération d’artistes français de comédie musicale : excellemment formés, polyvalents, capables de passer d’un registre à l’autre avec une aisance déconcertante, et possédant une conscience aiguë des enjeux techniques et artistiques du spectacle vivant contemporain. De « Jack, l’éventreur de Whitechapel » à « La Cage aux folles », des créations intimistes aux grandes productions, du jeune public aux spectacles pour adultes, il a su construire méthodiquement une carrière cohérente et ambitieuse.
Son engagement dans des productions originales françaises, aux côtés des duos créatifs Salvia-Vidal ou de l’équipe Musidrama, démontre également sa volonté de participer au renouveau du genre en France, plutôt que de se limiter aux reprises de classiques anglo-saxons. Cette démarche, associée à ses compétences techniques uniques, fait de lui un artiste complet et moderne, parfaitement adapté aux exigences du spectacle musical du XXIe siècle.
Son retour sur la scène du Châtelet en cette fin d’année 2025 constitue une étape majeure dans une carrière qui, manifestement, ne fait que commencer. Pour les amateurs de théâtre musical, Harold Simon représente l’avenir d’un genre en pleine effervescence, porté par des artistes talentueux, engagés et résolument contemporains.


Philippe Escalier

Photos au Châtelet : © Thomas Amouroux – Portrait : © Philippe Escalier

Louis Delort dans « Le Roi Soleil, le retour »

Dôme de Paris

Révélé par « 1789 : les amants de la Bastille », Louis Delort s’est imposé comme l’une des voix les plus sensibles et les plus habitées de la scène musicale française. Son timbre singulier et sa présence scénique en font le choix naturel pour incarner Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, aux côtés d’Emmanuel Moire, dans « Le Roi Soleil », comédie musicale emblématique qui avait enflammé 1,6 million de spectateurs en 2005. Vingt ans plus tard, l’aventure renaît : un pari audacieux et une promesse d’émotion renouvelée, que Louis Delort s’apprête à relever avec la passion qu’on lui connaît.

J’ai été contacté par Bruno Berberes à la fin de l’été pour passer un casting. Le rôle de « Monsieur, frère du Roi » m’intéressait vraiment. Nous avons échangé des vidéos avec Dove Attia et Kamel Ouali avant que je ne fasse des essais à Paris. Cette comédie musicale mythique a bercé mon enfance : j’entendais souvent ses chansons à la radio. La qualité de ses costumes et de ses décors est restée dans les mémoires. Je ne pouvais pas laisser passer une si belle opportunité qui me permet de retrouver mon ami de longue date Flo Malley, avec qui j’ai participé à The Voice en 2012, ainsi que Vanina Pietri.


C’est une préparation à la fois mentale et physique. Philippe d’Orléans est un prince énergique, et je sais que Kamel Ouali a pour lui des ambitions chorégraphiques. Je travaille donc beaucoup le cardio. Dans « Starmusical », avec la chorégraphe Delphine Attal, j’ai bénéficié d’une excellente formation à la gestion du mouvement scénique et de la danse.

Oui, dans « 1789 », je jouais un personnage fictif. C’est passionnant de se plonger dans sa biographie et de comprendre qui était ce prince. On imagine souvent « Monsieur » exubérant, un peu fou, toujours entouré de ses mignons. Mais il avait une vraie profondeur : il était cultivé, aimait l’art. C’est un rôle jubilatoire. Pour le travailler, j’ai la chance d’être accompagné par François Chouquet, qui a co-écrit le livret et avec qui j’avais déjà collaboré sur 1789. J’ai en lui une grande confiance.


La voix est le domaine où je me sens le plus à l’aise. Mon registre est rock-pop, mais la musique du « Roi Soleil » m’attire tout autant. La complexité du rôle tient à son amplitude vocale : il faut pouvoir monter haut, avec moins de souffle qu’à l’accoutumée, en raison des sollicitations physiques que demande le spectacle.

Un spectacle de danse avec un artiste en costume extravagant au centre, entouré de danseurs en robes colorées. L'arrière-plan présente une scène décorative en rose et violet.


J’ai arrêté de l’écouter (rires) ! Il a tellement marqué ce rôle qu’il m’a fallu m’en détacher pour trouver ma propre interprétation. C’est à moi d’écrire mon histoire.


Ce n’est pas toujours simple. Un spectacle comme « Le Roi Soleil » exige une forte implication, et je tiens aussi à garder du temps pour mon fils et ma compagne. Parmi les projets à venir, il y a « Soundsfromanima », un duo que nous formons ensemble. Nous donnons des concerts et mettons en ligne nos titres depuis quelque temps.


Louis Delort incarne Philippe d’Orléans dans Le Roi Soleil, le retour

Un artiste sur scène, habillé en costume violet avec des cheveux blonds, levant les bras devant des nuages décoratifs.

Louis Delort : parcours d’un artiste entre rock et comédie musicale

Louis Delort incarne une génération d’artistes qui a su bâtir sa carrière à la croisée des chemins entre télévision, comédie musicale et création personnelle. Révélé au grand public lors de la première édition française de The Voice en 2012, ce jeune homme de dix-huit ans a depuis déployé un parcours remarquable où se mêlent succès populaires et démarches artistiques plus intimes. De l’imposant Palais des sports de Paris où il incarna Ronan dans 1789 : Les Amants de la Bastille jusqu’au retour triomphal du Roi Soleil en 2025, Louis Delort a su conquérir le public des comédies musicales tout en préservant une sensibilité rock et une indépendance créative qui le distinguent dans le paysage musical français. Sa nomination aux NRJ Music Awards en 2013 comme Révélation francophone de l’année témoigne d’un talent reconnu tant par ses pairs que par le public. Aujourd’hui professeur de chant et père de famille, l’artiste poursuit une carrière multiple qui conjugue scène, pédagogie et création, trouvant dans le rôle de Philippe d’Orléans une nouvelle occasion de briller sur les planches nationales.


Deux hommes souriants s'enlacent sur scène, portant une grande cape bleue ornée de motifs dorés, avec une bordure en fourrure blanche.

Enfance et adolescence dans l’Ain

Louis Delort voit le jour le 5 août 1993 à Écully, dans le Rhône, mais grandit à Saint-Trivier-sur-Moignans, petite commune de l’Ain où il construit ses premières aspirations artistiques. Fils de Laurent Delort, guitariste professionnel également connu sous le nom de scène Al, le jeune Louis baigne dès l’enfance dans un environnement où la musique règne en maître. Cette filiation artistique s’avérera déterminante pour l’orientation de sa vie. Dès l’âge de treize ans, il commence à composer ses propres chansons, fasciné par les groupes anglo-saxons qu’il écoute dans sa chambre. Des Beatles à Radiohead, en passant par Jeff Buckley et The Doors, il se forge un univers musical éclectique, apprenant l’anglais en décryptant les livrets et la guitare en reproduisant les riffs de ses artistes favoris.

Cette passion le conduit, à seize ans seulement, à prendre une décision radicale qui marquera le début de sa carrière professionnelle : il quitte le lycée Edgar Quinet de Bourg-en-Bresse pour intégrer le conservatoire. Ce choix audacieux témoigne d’une détermination précoce et d’une confiance en son talent que les événements ultérieurs viendront amplement justifier. Au conservatoire de Mâcon, il suit une formation en chant lyrique et décroche rapidement le statut de lauréat avec mention très bien après une seule année d’études, démontrant une aptitude remarquable pour la technique vocale classique qui enrichira plus tard sa palette artistique.

La naissance de The Sheperds : premiers pas sur scène

C’est également au lycée, en classe de seconde, que Louis Delort rencontre les complices qui formeront avec lui le groupe The Sheperds. Lucas Goudard à la batterie et Victorien Berger (dit Victo) à la basse constituent le noyau initial de cette formation, rapidement complétée par Quentin Bozonnet au trombone, Cyril Bozonnet à la trompette et Quentin Deneuve au saxophone. Le nom du groupe, qui signifie « Les Bergers » en anglais, provient du patronyme du bassiste. Ensemble, les jeunes musiciens se lancent dans la composition et l’écriture de leurs propres morceaux, développant un répertoire ancré dans le rock avec des influences qui vont de Radiohead à Jeff Buckley.

Dans un garage aménagé en studio d’enregistrement, ils produisent leur premier EP baptisé The Gold Taste, qui sort le 7 juin 2011. Cette production entièrement autogérée leur permet d’enchaîner les petites scènes locales, notamment à La Tannerie, où leurs concerts commencent à attirer l’attention. À dix-sept ans à peine, Louis Delort fait preuve d’une maturité impressionnante en assurant lui-même la production et le mixage de cet album, acquérant une maîtrise technique qui lui sera précieuse tout au long de sa carrière.


Une participation décisive en 2012

L’inscription à la première saison française de The Voice ne relève pas du hasard. C’est Laurent Delort, le père de Louis, qui travaille alors comme guitariste avec Stéphan Rizon, qui suggère à son fils de tenter l’aventure aux côtés de ce dernier. Ce concours de circonstances fait que les deux amis se retrouveront face à face jusqu’à la finale du télé-crochet. Lors des auditions à l’aveugle diffusées du 25 février au 12 mai 2012, Louis Delort choisit d’interpréter une version personnelle de Video Games de Lana Del Rey. Sa prestation suscite un événement rare : les quatre coachs – Garou, Florent Pagny, Jenifer et Louis Bertignac – se retournent simultanément, conquis par son timbre vocal reconnaissable entre mille et son interprétation sensible. Sans hésitation, le jeune chanteur rejoint l’équipe de Garou, dont le style correspond davantage à ses aspirations artistiques.

Au fil des épreuves, Louis Delort impose sa personnalité et sa voix éraillée, marquant particulièrement les esprits lors de sa reprise de Dans le port d’Amsterdam de Jacques Brel. Cette performance vocale sidère littéralement les quatre coachs et le public, confirmant l’étendue de son talent et sa capacité à s’approprier des répertoires exigeants. Opposé à Damien Schmitt lors de la battle sur One de U2, il remporte l’épreuve avec les encouragements des autres coachs. Sa progression jusqu’à la finale témoigne de la force de son empreinte vocale et de sa capacité à émouvoir. Le 12 mai 2012, lors de l’ultime affrontement qui l’oppose à son ami Stéphan Rizon, Louis Delort obtient 29,9 % des votes du public et termine à la deuxième place. Garou salue alors son potentiel exceptionnel et sa belle personnalité.

Un tremplin vers la notoriété

Bien que battu en finale, Louis Delort sort de l’aventure avec une exposition médiatique considérable et un public déjà fidèle. Pas moins de sept des titres qu’il a interprétés durant l’émission se retrouvent dans les meilleures ventes françaises, dont Unchained Melody qui approche le top 20. Un album compilation intitulé simplement Louis Delort, rassemblant ses performances vocales de The Voice, paraît en juin 2012 et atteint une honorable trente-deuxième place dans les classements nationaux. Cette reconnaissance immédiate ouvre les portes du monde du spectacle professionnel et attire l’attention de producteurs prestigieux.

C’est précisément ce qui se produit lorsque Dove Attia, le célèbre producteur de comédies musicales et ancien juré de Nouvelle Star, repère le jeune artiste. Séduit par son charisme et sa voix, il voit en Louis Delort le profil idéal pour incarner un personnage révolutionnaire dans son prochain spectacle. Le passage dans The Voice aura ainsi constitué bien plus qu’un simple tremplin médiatique : il a permis à Louis Delort d’acquérir une professionnalisation rapide, de se confronter à des exigences de performance élevées et de développer une présence scénique face à des milliers de spectateurs.


L’arrivée impromptue dans le rôle principal

L’histoire de la participation de Louis Delort à 1789 : Les Amants de la Bastille comporte une dimension fortuite qui ajoute au caractère romanesque de son parcours. À l’origine, le rôle principal masculin du spectacle, baptisé Lazare, était destiné à Mathieu Carnot, chanteur du groupe de rock grenoblois Caravage. Celui-ci se présente aux auditions après avoir subi une opération des cordes vocales, informant la production que son rétablissement demeure incertain. Néanmoins sélectionné pour incarner l’amant de la Bastille aux côtés de Camille Lou, il doit finalement renoncer au rôle principal quelques semaines avant le début des répétitions, toujours éprouvé par son intervention chirurgicale. La production lui propose alors un personnage secondaire, celui du comte de Peyrol, l’un des antagonistes, tandis que le personnage principal est rebaptisé Ronan Mazurier.

Louis Delort, fraîchement sorti de The Voice, est alors contacté par Bruno Berberes, le directeur de casting de la comédie musicale, et Claude Peruzzi. Dans un premier temps, le jeune artiste hésite, souhaitant se concentrer sur son projet personnel avec The Sheperds. Mais les rencontres avec l’équipe artistique finissent par le convaincre. Dove Attia s’enthousiasme publiquement de cette acquisition : selon ses propres termes rapportés par la presse, il voit en Louis un « vrai gavroche, un révolutionnaire », précisément le profil recherché pour le personnage. Le jeune homme fait une apparition discrète à la fin du clip de Je veux le monde, troisième extrait de la bande originale, interprété par Nathalia dans le rôle de Solène. Son arrivée officielle est annoncée le 27 juillet 2012.

L’immersion dans le spectacle musical

Lorsqu’il rejoint la troupe en juillet 2012, Louis Delort n’a que dix-huit ans et doit faire face à un défi considérable : incarner le rôle principal d’une comédie musicale ambitieuse produite par Dove Attia et Albert Cohen, mise en scène par Giuliano Peparini. Le personnage de Ronan Mazurier, jeune paysan révolutionnaire qui monte à Paris au printemps 1789, participe aux côtés de Danton et Desmoulins (interprétés par Rod Janois) à la prise de la Bastille et combat pour les idées qui mèneront à la Déclaration des droits de l’homme. Cette histoire d’amour impossible avec Olympe (Camille Lou), gouvernante de Marie-Antoinette, constitue le fil rouge émotionnel du spectacle.

Dans une interview accordée au Parisien en août 2012, alors que les répétitions battent leur plein au gymnase du lycée de Vanves, le jeune homme confie avoir initialement appréhendé son arrivée dans ces conditions. Prendre le relais d’un comédien déjà annoncé, intégrer une troupe constituée, s’approprier un rôle en quelques semaines : les défis sont nombreux. Mais l’accueil chaleureux qu’il reçoit dissipe rapidement ses craintes. Aux côtés de Camille Lou, Rod Janois, Roxane Le Texier, Sébastien Agius et Nathalia, il s’immerge totalement dans l’univers du spectacle musical. La première représentation officielle a lieu le 10 octobre 2012 au Palais des sports de Paris, marquant le début d’une aventure qui durera jusqu’au 5 janvier 2014.

Un succès public et critique

1789 : Les Amants de la Bastille rencontre rapidement un immense succès populaire. Plus de 620 000 spectateurs assistent aux représentations, réparties entre deux saisons parisiennes et deux tournées en France, Belgique et Suisse. Louis Delort joue ainsi plus de trois cents représentations dans les Zéniths de France et au Palais des sports de Paris alors qu’il n’a que dix-neuf ans. Le spectacle est sacré « Meilleure Comédie Musicale de l’Année » aux Globes de Cristal en 2013. Le quatrième extrait du spectacle, Tomber dans ses yeux, duo entre Louis Delort et Camille Lou, sort le 12 septembre 2012, accompagné d’un clip dévoilé le 22 octobre qui offre un aperçu des répétitions et des scènes en direct.

Louis Delort interprète également Sur ma peau, cinquième extrait dont il compose la musique avec son père Laurent Delort. Le clip, tourné les 20 et 21 mars 2013 en Camargue, est dévoilé le 8 avril suivant. Cette chanson témoigne de la collaboration artistique entre le père et le fils, une complicité créative qui traverse toute la carrière de Louis. Lors de la seconde série de représentations au Palais des sports de Paris, de novembre 2013 à janvier 2014, le spectacle bénéficie d’une nouvelle version enrichie d’un orchestre de quatre musiciens intervenant sur les titres phares. Deux chansons sont ajoutées : Pic et Pic, interprétée par Louis Delort, Rod Janois, Sébastien Agius et David Ban, ainsi que Les Mots que l’on ne dit pas, chantée par Camille Lou.

Une reconnaissance professionnelle

Cette expérience dans 1789 constitue une formation accélérée aux métiers du spectacle vivant. Comme Louis Delort le confiera plus tard dans un entretien accordé à PureBreak en août 2014, il y apprend « plusieurs métiers » en jouant tous les soirs, parfois plusieurs fois par jour. Cette immersion totale forge sa professionnalisation et sa capacité à tenir un rôle exigeant sur la durée. Le 14 décembre 2013, lors de la quinzième édition des NRJ Music Awards, il reçoit le prix de la Révélation francophone de l’année, consécration suprême qui vient couronner une année extraordinaire. Après une tournée dans toute la France avec la troupe de 1789, le jeune artiste avoue avoir eu du mal à « se réadapter à la vie réelle », tant l’intensité de cette expérience a été marquante.

Le spectacle fait également l’objet d’une captation professionnelle filmée au Palais des sports de Paris le 18 décembre 2012, puis diffusée dans les salles de cinéma en 3D relief du 25 au 28 septembre 2014 via Pathé Live. Cette version filmée permet au spectacle de toucher un public encore plus large et pérennise l’interprétation de Louis Delort dans le rôle de Ronan. Il participe par ailleurs à plusieurs émissions télévisées pour promouvoir le spectacle, notamment 300 chœurs pour les fêtes où la troupe interprète Quand on arrive en ville, et La Chanson de l’année sur TF1, où il chante avec Camille Lou le duo Tomber dans ses yeux, nommé dans la catégorie Chanson francophone de l’année.


Une fidélité aux compagnons de route

Malgré le tourbillon médiatique de The Voice et l’engagement intense dans 1789, Louis Delort n’oublie jamais ses racines rock ni ses amis de The Sheperds. Dès l’annonce de sa participation au télé-crochet, il avait prévenu ses camarades qu’en cas de signature avec une maison de disques, ils signeraient tous ensemble. Cette promesse, il la tient. Après le passage à The Voice, la formation du groupe évolue : le tromboniste et le trompettiste laissent place au violoniste Théo Ceccaldi et au violoncelliste Valentin Ceccaldi, donnant une nouvelle couleur à l’ensemble. Le groupe prend alors le nom de Louis Delort and The Sheperds et commence, en studio, la création d’un premier album avec la maison de disques Mercury.

Durant l’été 2013, avant la reprise des représentations de 1789, Louis enregistre avec ses amis le premier single de leur futur album, Je suis là, qui sort officiellement le 26 août 2013. Ce titre de pop rock français marque le retour de l’artiste à son univers initial, celui d’une musique rythmée et mélodique portée par sa voix si reconnaissable. Entre-temps, Victorien Berger revient dans le groupe à la basse, laissant à Jean-Étienne Maillard le rôle de guitariste. Un an plus tard, le 9 juin 2014, sort le second single, Outre-Manche, qui donne le ton folk rock du projet. Dans une interview à PureBreak, Louis précise que ce morceau a sa place dans l’album mais ne dégage pas tout ce que contiendra le disque complet.

Un album et une tournée nationale

L’album éponyme Louis Delort and The Sheperds sort le 20 octobre 2014 sous le label Mercury. Ce premier opus officiel du groupe révèle un univers musical à la croisée du pop rock et du folk rock, enrichi par les sonorités du violon et de la mandoline. Les textes, écrits pour la première fois entièrement en français par Louis, témoignent d’une volonté de renouveler la chanson française en y insufflant une énergie rock et des arrangements originaux. Une longue tournée dans toute la France et en Belgique accompagne cette sortie, débutant le 16 mai 2014 au Splendid de Lille et s’achevant le 13 juillet 2015 à Pont-Audemer. Ces concerts permettent au groupe de retrouver la scène dans un format plus intime que celui des comédies musicales, créant une proximité directe avec le public.

Mais en 2016, le groupe connaît une rupture douloureuse avec le départ de Lucas Goudard, l’un des membres fondateurs et ami de lycée de Louis. Cette séparation marque la fin d’une époque. Victorien et Louis tentent de poursuivre l’aventure en recrutant successivement deux batteurs : Allan Varnfield (ex-Saturday Sun) puis Cyril Gelly (du groupe Yeast). Avec ce dernier, ils donnent un dernier concert complet le 27 janvier 2017 à Mornant, dans le Rhône, mettant ainsi un terme définitif à l’aventure The Sheperds. Cette dissolution permet à Louis Delort de se concentrer sur sa carrière solo et de prendre une direction plus personnelle.


Un projet financé par les fans

En mars 2017, Louis Delort lance une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule pour produire son premier véritable album solo, La Folie des hommes. Cette démarche illustre sa volonté d’indépendance artistique après quatre années passées chez Mercury. Libre de créer et d’enregistrer sa propre musique sans les contraintes d’une maison de disques, il fait appel à la générosité de ses admirateurs. Le succès dépasse toutes les espérances : la cagnotte atteint 240 % de l’objectif initial, permettant d’augmenter le nombre de chansons présentes dans l’album, qui passe de douze à treize morceaux. Cette démonstration de soutien témoigne de la fidélité d’un public qui a suivi l’artiste depuis The Voice et continue de croire en son talent.

Le 13 avril 2018 sort Le Monde est à rendre, premier extrait de l’album, accompagné d’un clip également financé par une campagne participative. Ce titre annonce la tonalité générale du disque : une musique engagée, portée par des textes introspectifs et une sensibilité à fleur de peau. Le 8 juin suivant, Louis propose un EP intitulé Stockholm, composé de cinq chansons, certaines issues du futur album, d’autres totalement inédites. Cette sortie intermédiaire permet de faire patienter les fans et de tester les réactions du public.

Un album mature et poétique

La Folie des hommes paraît finalement le 29 septembre 2018 sous le label Aria Prod. Louis Delort s’est produit la veille au Café de la Danse à Paris pour en présenter les quinze titres. Cet album de cinquante-deux minutes révèle un artiste parvenu à maturité, capable d’explorer une large palette d’émotions et de styles. Les mélodies alternent entre envolées épiques et ballades intimistes, portées par la voix éraillée si caractéristique de Louis. Les textes, poétiques et engagés, abordent des thèmes universels : le temps qui passe, les relations humaines, la quête de sens dans un monde en perpétuel mouvement. Des titres comme Sunday Afternoon, Le Temps que tu reviennes, On roule trop vite, L’Orage ou encore I Met John témoignent de cette richesse thématique et mélodique.

La critique salue la qualité de ce premier album solo. La presse spécialisée souligne la beauté des arrangements, la justesse des interprétations et le courage d’un artiste qui s’est lancé dans une nouvelle aventure sans le soutien d’une maison de disques. Les auditeurs apprécient particulièrement la dimension poétique et contemplative de l’ensemble, qui invite à faire une pause et à réfléchir en musique au monde environnant. Si certains regrettent une uniformité de tempo sur certains morceaux, l’ensemble demeure largement salué comme une réussite artistique majeure. La Folie des hommes confirme que Louis Delort possède non seulement une voix exceptionnelle, mais également un véritable talent de compositeur et d’auteur capable de toucher le cœur de ses auditeurs.


L’enseignement et la transmission

Depuis 2020, Louis Delort occupe une fonction de coordinateur pédagogique et professeur de chant à l’École Professionnelle des Arts de la Scène (EPAS), située à Mâcon. Cette institution forme de jeunes talents aux métiers du spectacle vivant, et Louis y transmet son expertise vocale et scénique acquise au fil de ses expériences. Déjà parrain de l’école en 2019-2020, il avait accompagné les étudiants dans leurs répétitions, spectacles et sessions en studio d’enregistrement. Son approche pédagogique s’appuie sur sa formation au coaching vocal dispensée par Damien Silvert, coach réputé ayant travaillé avec Mika, Gad Elmaleh ou encore les candidats de The Voice. Cette double casquette d’artiste et de pédagogue lui permet de rester connecté au monde du spectacle tout en cultivant une autre dimension de sa carrière. Son père Laurent Delort, alias Al, intervient également à l’EPAS en tant que professeur de guitare, perpétuant ainsi une transmission artistique familiale.

The Voice All Stars : un retour applaudi

En 2021, Louis Delort participe à l’édition anniversaire de The Voice, intitulée The Voice : All Stars, qui réunit d’anciens candidats marquants de l’émission. Dix ans après sa participation initiale, il revient sur le plateau avec la ferme intention de réitérer l’exploit d’avoir fait se retourner tous les coachs. Pour les auditions à l’aveugle, il choisit le titre poignant To Build A Home du groupe The Cinematic Orchestra, une chanson qui résonne avec émotion et profondeur. Zazie se retourne au premier couplet, suivie rapidement par Florent Pagny qui le reconnaît immédiatement et encourage les autres coachs à se retourner également. Mika, Patrick Fiori et Amel Bent appuient effectivement sur leur buzzer. Louis choisit finalement de rejoindre l’équipe de Patrick Fiori, l’ami de Garou, bouclant ainsi une boucle symbolique.

Lors de la cross-battle, il affronte Anahy, autre ancien talent de l’équipe de Garou lors de la première saison. Il interprète In My Blood de Shawn Mendes et obtient les louanges des coachs lors des répétitions, ainsi que des conseils de Camille Lellouche sur sa posture scénique. Sa prestation enflamme le public, les coachs et même les musiciens. Patrick Fiori félicite son protégé pour son talent et son humilité. Louis obtient finalement 68 % des votes et se qualifie pour la demi-finale. Pour cette étape cruciale, il se retrouve en compétition face à MB14 et Paul, et choisit d’interpréter un titre emblématique de Téléphone, La Bombe humaine. Il frôle l’élimination mais décroche sa place en finale grâce aux votes du public. En tant que sixième et dernier talent finaliste, il donne tout lors de son numéro solo sur Fix You de Coldplay, accompagné d’une danseuse sous un ciel étoilé. La soirée culmine avec ses retrouvailles tant attendues avec Garou, son ancien coach. Louis Delort termine finalement à la deuxième place de cette édition spéciale, reproduisant exactement son classement de 2012.

Vie personnelle et paternité

Sur le plan personnel, Louis Delort partage sa vie avec Angèle Debono. Le 11 septembre 2022, le couple annonce qu’ils attendent un enfant pour décembre. Finalement, le 26 octobre 2022, Angèle donne naissance à un garçon prénommé Léon, arrivé avec un mois d’avance. Cette paternité constitue une nouvelle étape dans la vie de l’artiste, qui découvre alors les joies et les responsabilités familiales. Parallèlement, Louis Delort et Angèle développent un projet musical commun baptisé ANIMA. Ce duo explore de nouvelles sonorités et devrait donner lieu à la sortie d’un EP, initialement prévu pour l’automne 2024. Cette collaboration artistique avec sa compagne témoigne d’une volonté de partager également sur le plan créatif les affinités qui les unissent.

Starmusical : un hommage au patrimoine de la comédie musicale

En 2024, Louis Delort rejoint la distribution de Starmusical, spectacle produit par Claude Cyndecki de Cheyenne Production. Ce show rend hommage à plus de cinquante ans de comédies musicales françaises, réunissant une trentaine d’artistes issus de différentes générations. Louis y interprète notamment Sur ma peau, extrait de 1789 : Les Amants de la Bastille, dans une version repensée qui ne reprend ni la chorégraphie ni les textes d’avant-scène originaux. Comme il l’explique dans une interview accordée à Pozzo Live, il ne s’agit pas de plagiat mais d’une redécouverte des chansons avec les artistes originaux dans de nouvelles interprétations. Ce spectacle, présenté à l’AccorArena de Paris le 27 mars 2024 puis en tournée dans toute la France jusqu’au 27 avril, permet à Louis Delort de renouer avec l’univers des grandes productions musicales tout en célébrant le patrimoine de cette forme d’art qu’il affectionne particulièrement.


La genèse du revival de 2025

En septembre 2025, une annonce officielle fait grand bruit dans le monde de la comédie musicale française : Louis Delort rejoint la distribution du revival de Le Roi Soleil, spectacle culte créé en 2005 par Dove Attia et Albert Cohen, mis en scène et chorégraphié par Kamel Ouali. Vingt ans après sa création au Palais des sports de Paris, cette comédie musicale qui a rassemblé 1,6 million de spectateurs en trois cent quatre-vingts représentations effectue un retour triomphal. Le spectacle raconte de façon romancée la vie de Louis XIV, suivant le fil d’une histoire d’amour impossible entre le Roi-Soleil et Marie Mancini, nièce du cardinal Mazarin. Parmi les tubes du spectacle figurent Je fais de toi mon essentiel, Être à la hauteur et Tant qu’on rêve encore, devenus des classiques repris en chœur par le public.

Cette nouvelle version, désormais produite par Décibels Productions, bénéficie d’une mise en scène actualisée tout en conservant l’esprit original qui a fait le succès du spectacle. Emmanuel Moire, qui avait créé le rôle de Louis XIV en 2005, reprend son personnage emblématique, apportant continuité et légitimité au projet. Le casting s’enrichit de nouveaux talents issus notamment de The Voice, témoignant de l’impact durable de ce télé-crochet sur le monde de la comédie musicale française. Lou Jean incarne Marie Mancini, Flo Malley interprète François de Vendôme (rôle créé par Merwan Rim), tandis que Vanina (choriste pour Slimane et Lara Fabian, également entendue dans Vaiana 2) et Margaux Heller complètent la distribution dans le rôle de Madame de Montespan.

Philippe d’Orléans : reprendre l’héritage de Christophe Maé

Louis Delort hérite du rôle de Philippe d’Orléans, dit Monsieur, frère cadet de Louis XIV. Ce personnage central du spectacle avait été créé en 2005 par Christophe Maé, alors totalement inconnu du grand public. Le Roi Soleil avait constitué pour lui un tremplin décisif vers une carrière solo couronnée de succès, tout comme le spectacle avait lancé Emmanuel Moire. Reprendre ce rôle représente donc un défi de taille pour Louis Delort, qui doit à la fois honorer l’interprétation originale devenue iconique et apporter sa propre sensibilité au personnage. Philippe d’Orléans, frère fantasque et flamboyant du roi, incarne dans le spectacle une figure complexe, partagée entre l’ombre du monarque et sa propre quête d’identité. Le personnage chante notamment Ça marche, morceau emblématique qui ouvre le spectacle sur une note ironique et décalée.

Sur les réseaux sociaux, Louis Delort exprime son enthousiasme face à cette nouvelle aventure : selon ses propres mots rapportés par la presse, il se dit ravi de reprendre le rôle de Monsieur dans le retour du Roi Soleil et donne rendez-vous très bientôt au public. Cette nomination témoigne de la reconnaissance de son talent et de son expérience dans le domaine des comédies musicales. Après avoir incarné Ronan dans 1789 et participé à Starmusical, Louis Delort possède désormais la maturité et la stature nécessaires pour endosser un rôle aussi emblématique. Récemment devenu père, il perçoit dans ce retour au monde de la comédie musicale un nouveau défi artistique qui s’inscrit dans la continuité logique de son parcours.

Une tournée nationale ambitieuse

Le spectacle est présenté en première le 28 novembre 2025 au Millesium d’Épernay, avant une résidence parisienne au Dôme de Paris – Palais des Sports du 4 décembre 2025 au 18 janvier 2026. Cette longue série de représentations dans la capitale permet au public parisien de découvrir ou redécouvrir le spectacle dans sa nouvelle mouture. La billetterie connaît un succès retentissant avec plus de 250 000 billets vendus avant même le début des représentations, témoignant de l’engouement persistant pour cette œuvre devenue culte. Après Paris, le spectacle entame une vaste tournée nationale dans les plus grands Zéniths de France : Marseille (Dôme de Marseille, 24-25 janvier 2026), Rouen (Zénith, 31 janvier-1er février 2026), Caen (Zénith, 6-8 février 2026), Montpellier (Zénith Sud, 12-14 février 2026), Dijon (Zénith, 19-22 février 2026), Amiens (Zénith, 28 février-1er mars 2026) et Orléans (Zénith, 7-8 mars 2026).

La tournée se poursuit ensuite dans d’autres grandes villes françaises, incluant notamment Fréjus, Nantes, Lille, Clermont-Ferrand, Toulouse, Pau, Poitiers, Brest, Saint-Étienne, Amnéville, Strasbourg, Bordeaux, Nice, Lyon, Nancy et Reims. Ce calendrier ambitieux promet une large accessibilité géographique et permet au spectacle de toucher un public étendu sur l’ensemble du territoire national. Cette dimension nationale de la tournée rappelle celle de 1789, où Louis Delort avait également sillonné la France pour plus de trois cents représentations. L’expérience acquise lors de cette première aventure en comédie musicale s’avère donc précieuse pour affronter les exigences d’une telle tournée.

Une production somptueuse entre nostalgie et modernité

Le revival du Roi Soleil ne se contente pas de reproduire à l’identique le spectacle de 2005. Kamel Ouali et Dove Attia ont repensé certains aspects de la mise en scène pour l’adapter aux attentes du public contemporain tout en préservant l’esprit qui a fait le charme de l’original. Les costumes somptueux, les décors flamboyants et les tubes mythiques demeurent au cœur du dispositif, mais sont rehaussés par une démesure et une énergie renouvelées. Une nouvelle chanson vient enrichir la partition originale, signe que les créateurs souhaitent également surprendre les spectateurs qui connaissent le spectacle par cœur. Le Dôme de Paris se transforme en Versailles pop, recréant l’atmosphère du Grand Siècle avec les codes esthétiques de la comédie musicale moderne.

Cette production se situe à la croisée entre nostalgie scintillante et plaisir assumé. Elle s’adresse aussi bien aux spectateurs qui ont découvert le spectacle en 2005 et souhaitent retrouver les émotions de l’époque qu’à une nouvelle génération d’amateurs de comédies musicales qui découvriront l’œuvre pour la première fois. Louis Delort, avec sa double légitimité d’ancien de 1789 et de finaliste de The Voice, incarne parfaitement ce pont entre générations. Son profil correspond à l’esprit du spectacle : une fusion entre talent brut, charisme scénique et capacité à émouvoir un large public. Le retour du Roi Soleil marque ainsi une nouvelle étape dans sa carrière, confirmant son statut d’artiste incontournable du paysage de la comédie musicale française.


5 août 1993 : Naissance à Écully (Rhône)

2009 : Quitte le lycée Edgar Quinet à Bourg-en-Bresse à l’âge de seize ans pour intégrer le conservatoire de Mâcon

Juin 2010 : Formation du groupe The Sheperds avec Lucas Goudard et Victorien Berger

7 juin 2011 : Sortie du premier EP The Gold Taste

25 février – 12 mai 2012 : Participation à la première saison de The Voice, termine deuxième

Juin 2012 : Sortie de l’album compilation Louis Delort rassemblant ses performances de The Voice

Juillet 2012 : Annonce de son intégration à la troupe de 1789 : Les Amants de la Bastille

10 octobre 2012 : Première représentation de 1789 au Palais des sports de Paris

12 septembre 2012 : Sortie du single Tomber dans ses yeux (duo avec Camille Lou)

8 avril 2013 : Dévoilement du clip de Sur ma peau (coécrit avec son père Laurent Delort)

26 août 2013 : Sortie du single Je suis là (Louis Delort and The Sheperds)

14 décembre 2013 : Prix de la Révélation francophone de l’année aux NRJ Music Awards

5 janvier 2014 : Dernière représentation de 1789 : Les Amants de la Bastille

9 juin 2014 : Sortie du single Outre-Manche

20 octobre 2014 : Sortie de l’album Louis Delort and The Sheperds

16 mai 2014 – 13 juillet 2015 : Tournée nationale avec The Sheperds

2016 : Séparation du groupe The Sheperds

27 janvier 2017 : Dernier concert complet à Mornant (Rhône)

Mars 2017 : Lancement d’une campagne de financement participatif pour l’album solo

13 avril 2018 : Sortie du single Le Monde est à rendre

8 juin 2018 : Sortie de l’EP Stockholm

29 septembre 2018 : Sortie de l’album solo La Folie des hommes

2019-2020 : Parrain de l’École Professionnelle des Arts de la Scène (EPAS)

Depuis 2020 : Coordinateur pédagogique et professeur de chant à l’EPAS de Mâcon

2021 : Participation à The Voice : All Stars, termine deuxième

26 octobre 2022 : Naissance de son fils Léon

27 mars 2024 : Participation au spectacle Starmusical à l’AccorArena de Paris

Septembre 2025 : Annonce de sa participation au revival du Roi Soleil dans le rôle de Philippe d’Orléans

28 novembre 2025 : Première représentation du Roi Soleil au Millesium d’Épernay

4 décembre 2025 – 18 janvier 2026 : Résidence au Dôme de Paris – Palais des Sports

Janvier-mars 2026 : Tournée nationale du Roi Soleil dans les Zéniths de France


Annexes : discographie et filmographie

Discographie

Albums

  • Louis Delort (2012) – Compilation des performances de The Voice
  • 1789 : Les Amants de la Bastille (2012) – Album studio du spectacle musical
  • Louis Delort and The Sheperds (2014) – Premier album avec le groupe
  • La Folie des hommes (2018) – Premier album solo

Singles

  • Je suis là (2013) – Louis Delort and The Sheperds
  • Sur ma peau (2013) – Extrait de 1789
  • Tomber dans ses yeux (2012) – Duo avec Camille Lou, extrait de 1789
  • Outre-Manche (2014) – Louis Delort and The Sheperds
  • Le Monde est à rendre (2018) – Premier extrait de La Folie des hommes

EPs

  • The Gold Taste (2011) – The Sheperds
  • Stockholm (2018)

Filmographie et spectacles

Comédies musicales

  • 1789 : Les Amants de la Bastille (2012-2014) – Rôle de Ronan Mazurier
  • Starmusical (2024) – Hommage aux comédies musicales françaises
  • Le Roi Soleil (2025-2026) – Rôle de Philippe d’Orléans

Télévision

  • The Voice : La plus belle voix (2012) – Finaliste, deuxième place
  • The Voice : All Stars (2021) – Finaliste, deuxième place
  • 300 chœurs pour les fêtes (2012) – Avec la troupe de 1789
  • La Chanson de l’année – Interprétation de Tomber dans ses yeux avec Camille Lou

Captation cinéma

  • 1789 : Les Amants de la Bastille (2014) – Pathé Live, projection en 3D relief

Récompenses et distinctions

  • NRJ Music Awards 2013 : Révélation francophone de l’année
  • Globes de Cristal 2013 : Meilleure Comédie Musicale de l’Année (avec 1789)
  • Conservatoire de Mâcon : Lauréat mention très bien en classe de chant

Louis Delort incarne une génération d’artistes qui refusent de se laisser enfermer dans une seule étiquette. Tour à tour rockeur, interprète de comédies musicales, auteur-compositeur indépendant, professeur et père de famille, il a su construire une carrière polymorphe qui témoigne d’une soif constante de découverte et de renouvellement. De ses débuts dans un groupe de lycée à sa participation imminente au revival du Roi Soleil, il a traversé les univers musicaux avec une constance remarquable : celle d’une voix unique, reconnaissable entre mille, et d’une sincérité artistique qui touche le public au cœur.

Son parcours illustre également les mutations du spectacle vivant français, où les émissions de télé-crochet comme The Voice sont devenues de véritables tremplins vers les planches des comédies musicales. Louis Delort a su saisir ces opportunités tout en préservant son indépendance créative, n’hésitant pas à financer son album solo par le biais de ses admirateurs lorsqu’il souhaitait échapper aux contraintes des maisons de disques. Cette double dimension – popularité médiatique et exigence artistique – fait de lui un artiste complet, capable de s’adresser aussi bien au grand public qu’aux connaisseurs exigeants.

En endossant le rôle de Philippe d’Orléans dans Le Roi Soleil, Louis Delort franchit une nouvelle étape symbolique. Il reprend l’héritage d’un spectacle qui a marqué toute une génération et a lancé la carrière de figures majeures de la chanson française. Cette responsabilité, il l’aborde avec la maturité d’un artiste qui a déjà prouvé sa capacité à incarner des personnages emblématiques et à émouvoir des milliers de spectateurs soir après soir. Le public découvrira ainsi un Philippe d’Orléans nourri de toute l’expérience accumulée depuis 1789, un personnage porté par une voix devenue iconique et une présence scénique affirmée. Le retour du Roi Soleil s’annonce comme l’un des événements majeurs de la scène musicale française des années 2025-2026, et Louis Delort y tiendra une place centrale, confirmant son statut d’artiste incontournable du spectacle vivant contemporain.


Philippe Escalier

Arsène Lupin, gentleman illusionniste

Les Ludiques larcins d’Arsène Lupin

Sur le velours rouge du Théâtre des Variétés, le plus célèbre gentleman-cambrioleur de notre patrimoine littéraire fait aujourd’hui danser l’impossible. Depuis octobre, Grant Lawrens incarne ce prince de l’artifice dans un spectacle qui prouve que le boulevard parisien n’a rien perdu de sa capacité à enchanter les foules de tous âges.

Nicolas Nebot, metteur en scène rompu à l’art des créations familiales, signe ici une partition astucieuse qui transforme la salle à l’italienne en terrain de jeu. Le Paris des années folles s’y déploie à travers une scénographie hybride où décors réels et projections numériques véritablement bluffantes fusionnent avec un naturel déconcertant. Les magiciens Tony et Jordan, les fameux French Twins, font surgir des prodiges visuels qui servent parfaitement le récit. Cette alliance entre magie traditionnelle et technologies contemporaines dessine un univers où chaque effet devient rouage narratif.

L’intrigue file à vive allure : face à la redoutable comtesse de Cagliostro que la magnifique Sophie Tellier campe avec une gourmandise théâtrale réjouissante, Lupin déjoue pièges et poursuites sous l’œil obstiné de l’inspecteur Ganimard. Frantz Morel à l’Huissier compose un policier obstiné qui provoque le rire sans tomber dans la caricature. Autour d’eux gravitent Chiara Bosco, Alice Fleurey, Jérémy Ichou, Théo Lima et Agnès Miguras, troupe alerte qui navigue entre déguisements multiples et transformations express avec une énergie communicative.

Grant Lawrens porte le spectacle avec une aisance souveraine, composant un Lupin tout en élégance malicieuse et en désinvolture aristocratique. Son charisme naturel épouse parfaitement l’essence du personnage, ce mélange d’insolence et de raffinement qui fait du gentleman-cambrioleur une figure éternellement séduisante. Les costumes de Marie Credou et les lumières de Laurent Béal achèvent de plonger le public dans cette atmosphère Art déco où le crime devient chorégraphie.

Deux personnages dans un décor artistique, avec des peintures exposées sur des chevalets, discutent sur scène.

Le texte d’Ely Grimaldi et Igor de Chaillé, habitués des grandes réussites jeune public, n’hésite pas à prendre ses distances avec Maurice Leblanc. Cette liberté narrative permet au spectacle de respirer, d’inventer son propre tempo, sa propre fantaisie. Le rythme ne faiblit jamais durant ces soixante-quinze minutes qui filent comme un tour de prestidigitation. Moyennant quoi, le succès est là et il n’est pas volé !

Le spectacle conquiert autant les enfants, captivés par les rebondissements et les tours de magie, que leurs parents, sensibles aux références culturelles ou liées à l’actualité du moment. Cette double lecture témoigne du savoir-faire d’une équipe qui a toujours refusé la facilité du divertissement formaté. L’interaction avec le public, jamais forcée, transforme chacun en complice potentiel des exploits du héros, instaurant une chaleureuse connivence entre la scène et la salle.

Dans l’écrin historique des Variétés, monument classé qui a vu défiler tant de gloires du théâtre français, ce spectacle trouve sa place naturelle. Il réussit le tour de force de faire vivre une légende littéraire tout en offrant un divertissement contemporain qui fait honneur aux codes du théâtre de boulevard. Une réussite qui donne furieusement envie de redécouvrir les aventures originales du personnage. Mais pour l’heure, varions les plaisirs et fonçons aux Variétés !

Philippe Escalier – Photos © Germaine Wambergue

Peau d’homme

Quand la bande dessinée rencontre la scène musicale

À la Comédie des Champs-Élysées résonne depuis octobre une proposition théâtrale aussi surprenante que réjouissante. Léna Bréban, avec tout le talent qu’on lui connait, a choisi d’adapter pour la scène « Peau d’homme », le roman graphique à succès d’Hubert et Zanzim. Cette transposition scénique préserve toute la force narrative de l’œuvre originale tout en lui offrant une nouvelle dimension grâce à la musique et au brio des comédiens.

Un acteur en costume brillant performe sur scène, entouré de plusieurs interprètes en vêtements colorés, dans une atmosphère théâtrale sous des lumières dramatiques.
© odieux bobby

L’histoire nous transporte dans l’Italie du XVIe siècle, où Bianca, jeune aristocrate, se retrouve confrontée aux impératifs familiaux : épouser un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Face à cette destinée tracée d’avance, la jeune femme découvre, grâce à sa marraine, une mystérieuse peau qui lui permettra de se transformer en homme et d’explorer ainsi un monde qui lui était jusqu’alors interdit. Voilà Bianca partie à la découverte de sa liberté, mais aussi du fiancé qu’on lui destinait, qu’elle pourra observer incognito dans son quotidien.

Léna Bréban signe une mise en scène énergique qui refuse toute lourdeur didactique. « Peau d’homme » parle avec une vivifiante légèreté de sujets sérieux, l’identité de genre, la place de la femme dans la société et les libertés individuelles. La metteuse en scène qui multiplie les trouvailles, a su trouver le ton juste, mêlant burlesque et émotion, réflexion et pur divertissement. Les tableaux s’enchaînent avec fluidité, portés par les chorégraphies de Leïla Ka qui apportent au spectacle une dimension visuelle captivante.

Deux acteurs en train de se tenir dans une scène théâtrale, sous une lumière bleue intense.
© odieux bobby

La mise en scène de Léna Bréban joue habilement avec les codes de la comédie musicale tout en conservant une théâtralité affirmée. Les costumes, la scénographie épurée et les éclairages composent un univers visuel cohérent qui sert admirablement le propos. Dans cette atmosphère particulière, à la fois intemporelle et résolument contemporaine, la Renaissance italienne devient le miroir de nos interrogations actuelles.

La partition musicale confiée à Ben Mazué constitue l’une des grandes réussites du projet. Les chansons, spécialement écrites pour cette création, ponctuent le récit sans jamais l’alourdir. Elles accompagnent les émotions des personnages, soulignent les moments clés de l’intrigue et offrent des respirations bienvenues dans cette fable qui interroge avec finesse notre modernité.

Pauline Cheviller, qui a repris le rôle de Bianca après la création avec Laure Calamy, habite le personnage avec une belle intensité. Elle incarne cette jeune femme en quête d’émancipation avec justesse, passant de la fragilité à la détermination, du doute à l’affirmation de soi. Autour d’elle, toute la troupe déploie une énergie communicative, alternant avec brio les registres comique et dramatique. Emmanuelle Rivière, Valentin Rolland, Aurore Streich, Adrien Urso, Jean-Baptiste Darosey, Vincent Vanhée, Camille Favre-Bulle incarnent leurs personnages avec une force et une conviction envoutantes. Le public se laisse entrainer sans résistance aucune. Du grand art !

Ce spectacle témoigne de la vitalité de la création française contemporaine, de sa capacité à s’emparer de sujets de société tout en offrant un divertissement de grande qualité. Il célèbre l’heureux mariage de l’humour et de la tendresse dont il est impossible de ne pas être le témoin !

Philippe Escalier

Affiche du spectacle 'Peau d'Homme' avec une illustration d'une femme aux cheveux longs, sur fond rose. Détails incluent les noms des artistes et la date de début du spectacle.

Lennon et McCartney

C’est à une surprenante rencontre entre le duo emblématique des Beatles, dix ans après leur rupture et un mois avant la mort de Lennon, que nous propose d’assister le spectacle de Germain Récamier. Un évènement imaginaire qui permet une belle rétrospective musicale, portée par deux excellents comédiens-musiciens durant le festival Off 2025 d’Avignon, au Théâtre du Collège de la Salle.

L’incroyable et fulgurante carrière des Beatles (dont le succès planétaire fait oublier qu’elle s’est déroulée sur à peine plus de dix ans) est bâtie sur les deux piliers que furent John Lennon et Paul McCartney. Germain Récamier s’est emparé de ces deux figures mythiques pour balayer leurs créations musicales, tout en décrivant la relation féconde, riche mais si complexe qui les unissait. L’intrigue permet de mettre en évidence une alliance de talents complémentaires (leur producteur George Martin, dira d’eux : « John apportait le feu, Paul la lumière ») grâce à laquelle ils signent près de 200 chansons. Dans le même temps, s’esquisse le portrait de ces deux personnalités qui s’attirent et se repoussent, jusqu’au clash final quand Paul McCartney voudra prendre la tête du groupe ce que l’indépendant John Lennon, de plus en plus proche de Yoko Ono, n’accepte pas.

Deux acteurs sur scène, l'un penché en avant sur un canapé beige, l'autre assis, dans un décor urbain projeté en arrière-plan.

Cette passionnante histoire nous est racontée à coups de flash-back dans une mise en scène subtile et très imagée signée Joseph Laurent. En bêtes de scène et musiciens accomplis qu’ils sont, Tristan Garnier et Simon Froget- Legendre forment le couple idéal pour faire vivre ce spectacle musical, sans temps morts, ponctués par les plus grands tubes des Beatles. L’on quitte cette pièce-concert particulièrement réussie, avec des airs dans la tête et en repensant, non sans une certaine émotion, à cette phrase de MacCartney prononcée après l’assassinat de John Lennon et qui résume si bien leur relation : « Je n’ai jamais vraiment pu lui dire combien je l’aimais ! ».

Texte et photos : Philippe Escalier

Théâtre du Collège de la Salle
3 place Louis Pasteur 84000 Avignon
Du 5 au 26 juillet 2025 à 17 h 40

Deux musiciens assis sur un canapé gris, jouant de la guitare acoustique. L'un porte un pull gris et des lunettes, l'autre un pull rouge. Une table basse avec une tasse rouge et un carnet est devant eux.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑