L’opéra de Sarah


Au théâtre, avec du talent, on peut faire des merveilles et
embarquer le spectateur dans une épopée magnifique avec un minimum de choses.
Le texte d’Alain Marcel sur la vie de Sarah Bernhardt réussit ce prodige. Un
acteur magnifique (Jérôme Pradon) et un pianiste (Damien Roche), et voilà l’un
des plus étonnants spectacles de cette saison.

 

Nul besoin d’être un fan d’art dramatique pour s’intéresser
à la vie d’une très grande actrice, quand l’histoire est restituée avec autant
de bonheur. Le texte d’Alain Marcel (il est aussi comédien à l’affiche de Perthus au Petit Marigny) fait revivre
la tragédienne au travers d’une narration de folie, mettant en avant des
aspects peu connus de sa vie, et on se régale ! Les dialogues, entrecoupés
de nombreux airs, donnent vie à cette saga musicale d’une vivacité et d’une
drôlerie peu communes. Et il faudrait être bien blasé pour ne pas voir dans ce
spectacle chanté, d’une incroyable richesse scénique, une inépuisable source de
jubilation. C’est aussi l’occasion de redécouvrir l’art de Jérôme Pradon qui
fait ici une prestation hors du commun et que les comédies musicales
londoniennes ont trop souvent tenu éloigné de Paris. Pour le reste, nous vous
laissons les joies de la surprise. Sachez seulement qu’il s’agit la première
partie de la vie de celle qui s’immortalisa aussi dans des rôles travestis,
dont celui de l’Aiglon. Une existence extravagante, amoureuse, mais toujours
marquée par le sceau de la générosité (Sarah Bernhardt prit le parti de Dreyfus
et se consacra aux blessés durant la guerre de 1870). Vigoureux démenti à ceux
qui pensent que la création a du plomb dans l’aile, L’Opéra de Sarah est indiscutablement un spectacle populaire tout
public synthétisant ce qui fait la beauté et la noblesse du théâtre.

Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr

 

Photo ERIC DEVERT

Théâtre de l’œuvre :
55, rue de Clichy 75009 Paris

Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h 30

01 44 53 88 88

 

La Framboise Frivole : Furioso


Elle a beau se donner de grands airs, la musique classique
n’en prête pas moins à rire. Peter Hens le prouve et vient plonger de nombreux
tubes musicaux dans un bain de folie furieuse dont les spectateurs sortent tout
ragaillardis.

La Framboise Frivole et les Parisiens, c’est une aventure de
plus de quinze ans. Quinze ans de délire sur de grands compositeurs classiques,
prétextes à des balades musicales nous faisant aller de Rossini à Dalida en
passant par Joe Dassin, Camille Saint-Saëns ou Edvard Grieg. Dans Furioso, son nouveau spectacle tout
public, Peter Hens raconte comment il a failli devenir cuisinier et commence
par entonner un lieder de Schubert (Leader
Maximo
) dont le texte, très loin de Goethe, semble copié sur la carte d’une
pizzeria. Quelques facéties plus tard, son Alléluia
de Haendel est soudain détourné par Freddy Mercury et tout le spectacle se
construit autour d’un mélange inattendu et réussi des styles musicaux les plus
divers. Peter Hens, accompagné de son violoncelle (qui parle !) et par les
doigts agiles du pianiste Yves Gourmeur (qui ne parle pas !), saute
allègrement d’une musique à une autre ; en l’espace d’une demi-seconde, il
change de style, d’époque et de voix. On reste subjugué et l’on s’amuse de ce
magistral mélange des genres. Étant ici entre mélomanes, personne ne nous
reprochera d’apporter un petit bémol, à savoir l’excès de calembours dont
visiblement Peter Hens raffole. Si l’on excepte ce petit travers, la balade
gastronomico-musicale de la Framboise Frivole mérite une excellente note.
Lorsqu’au moment de se séparer, le public, debout, est appelé à reprendre le
final de Traviatata de Verdi avec des
sonorités loufoques de basses wagnériennes sur la digestion, on peut entendre
dans ce délire commun toute la joie de l’assistance de s’être retrouvée
là !

Philippe Escalier pour : http://www.sensitif.fr

 

Théâtre des Bouffes Parisiens : 4, rue Monsigny 75002
Paris

Du mardi au samedi à 21 h et matinée le samedi à 16 h 15

01 42 96 92 42

 

 

 

 

 

L’ARTISHOW

 

En découvrant le nouveau spectacle de l’Artishow conçu par
Xavier Barboteu, on assiste à la transformation réussie d’un café-théâtre ayant
su garder l’esprit convivial et festif qui a fait son succès tout en se hissant
au plus haut niveau. Nouvelle immersion dans l’univers de l’incontournable
cabaret parisien.

 

Depuis des années, l’Artishow a su démontrer que
professionnalisme pouvait se conjuguer avec esprit de troupe et de famille.

C’est la même équipe, légèrement étoffée, que l’on retrouve
au fil des ans avec, pour les habitués, le sentiment de revoir des amis de
longue date. Si l’on découvre l’endroit pour la première fois, l’impression est
toujours la même, un bel étonnement devant ce spectacle unique en son genre.
Dans cette fête, rien de superficiel, tout est généreux et authentique, depuis
l’accueil jusqu’aux remerciements finaux. C’est la troupe qui vous reçoit sur
le perron du cabaret, c’est elle qui assure le service pendant le repas dans
une ambiance déjà un peu survoltée. Avec le pousse-rapière en guise d’apéritif,
tout ce que l’on vous sert est présenté simplement (pas de chichis) mais c’est
indiscutablement bon : du foie gras en entrée, une blanquette de veau avec
des petits légumes et un croustillant au caramel en dessert avec un bon choix
de vins et un pain de campagne bio. Le repas servi, le gong retentit plusieurs
fois : le spectacle peut commencer !

 Loin des numéros qui s’enchaînent, Xavier Barboteu a
toujours voulu s’inscrire dans une thématique et recréer un univers. Que ce soit
ses idées de mise de scène, les costumes (toujours plus riches et plus
étonnants, on pourrait s’imaginer parfois au carnaval de Venise), les
performances des artistes, on devine un travail considérable et le résultat est
(ô combien !) à la hauteur. Les références nombreuses dont chaque épisode
est émaillé plongent, cette fois-ci, leurs racines dans le cinéma. La parodie,
présente avec Framboise (qui unit à jamais Marie-Paule Belle et Sylvie Joly) et
Mamyta (incroyable Bardot et Mme de Fontenay), vient ponctuer des numéros qui
ne sont plus de l’imitation tant l’univers recréé est personnel et fort. Que ce
soit Tina Turner (avec Adam, l’un des deux petits nouveaux), Julie Pietri
(Galipette), Christophe Willem (Antoine), Charles Aznavour (Jean-Yves) ou Marilyn
Monroe, on croit aux personnages avec lesquels on vibre et on salue la
performance. Les danseurs Stéphane, François et Nicolas (qui fait également un
superbe Charlot) servent parfaitement les chorégraphies maison qui allient la
fantaisie, l’humour et la danse sous le regard de Pascal et Gregory, les deux
grooms tout de rouge vêtus, paraissant sortir d’un livre de Tintin et qui
passent de la salle à la scène pour agrémenter la soirée de leurs facéties.

Machine à donner du bonheur, l’Artishow devrait, par les
temps qui courent, être reconnu d’utilité publique ! Un peu caché dans le
XI
e arrondissement, le cabaret transformiste, en quelques années, a
su s’imposer et gagner une notoriété que beaucoup doivent lui envier
aujourd’hui.

Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr


3, cité Souzy 75011 Paris

01 43 48 56 04

http://www.artishowlive.com

L’INSPECTEUR WHAFF

Il est impossible de résumer l’intrigue de L’Inspecteur Whaff pour une simple
raison : il n’y a pas d’intrigue dans la pièce déjantée de Tom Stoppard où
plus on avance et plus on s’enfonce dans le brouillard (anglais !). Le
délice de la pièce réside dans le plaisir de n’avoir rien à comprendre et de
déguster une mise en scène de folie signée Jean-Luc Revol, servie par une
superbe troupe.

Imaginez les Monthy Python menant une enquête dans le style Le cœur a ses raisons pour « Au
théâtre ce soir » et vous aurez une toute petite idée de ce qui se trame
sur la scène du Tristan Bernard où deux critiques de théâtre commentent une
pièce policière jouée par des acteurs ringards. Les deux critiques ne se
préoccupent que de leur ego jusqu’au moment où ce qui se déroule sous leurs
yeux les rattrape. Mais qu’importe ! L’essentiel est dans la mise en scène
de Jean-Luc Revol qui réussit le prodige de faire de L’Inspecteur Whaff un petit chef-d’œuvre, décalé, décapant et
surtout irrésistiblement drôle. L’on reste sidéré par l’exploit consistant à
rendre palpitante une pièce prétexte, écrite pour le seul plaisir de faire du
théâtre et de se moquer avec force de ceux qui en vivent. Il fallait une
distribution de choc et elle est là. Le vrai comique ne fonctionne qu’avec des
acteurs capables de faire dans la dentelle comme Jacques Fontanel (incroyable
en critique vaniteux), Anne Bouvier (en jeune nympho hystérique), Pierre
Deladonchamps (intense et tellement juste), Valérie Moureaux (excellente, et
après elle, vous ne prendrez plus le thé de la même manière !), Viviane
Marcenaro, Elrik Thomas et Éric Théobald. Tous nous font visiter un monde
excentrique, insensé et égoïste qui est, au fond, celui dans lequel nous
vivons !

Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr

Théâtre Tristan Bernard : 64, rue du Rocher 75008 Paris

Du mardi au samedi à 21 h et matinée le samedi à 18 h

01 45 22 08 40

L’Opération du Saint-Esprit

 

Au Ciel, rien ne va plus : Dieu ne supporte plus les
voix de castrat des anges, saint Pierre picole, Marie a envie de revenir sur
terre et Jésus est jaloux de saint Sébastien dont la plastique attire trop le
regard de certains hommes. Quant au Saint-Esprit (un peu comme Nicolas
Sarkozy), il court partout pour essayer de ramener la paix – sans grand
succès – et finit dans le coma à l’Hôtel-Dieu !

Cette comédie de Michel Heim (le papa des Caramels Fous et
l’auteur de La Nuit des reines
notamment) est un divertissement d’une heure qui chatouille allègrement la
question divine avec un texte truffé d’une multitude de citations (parfois un
peu cachées), d’allusions et de références diverses. Elle déclenche l’hilarité
en traitant la question qui n’en finit pas de faire trembler les religions, à
savoir le sexe. Comme toujours quand Michel Heim manie la plume, on entend un
texte savoureux, léger, pétillant mais disant toujours ce qu’il convient de
dire (pour les athées que nous sommes, c’est du pain béni !). Ici Dieu
jure copieusement, saint Pierre est un inactif confirmé, l’ange Gabriel réserve
bien des surprises  et Jésus, aux allures
de Dalida, en personnage édulcoré et dévêtu, désireux de se réincarner en
superstar, vaut son pesant d’hosties. Quant au diable, pragmatique, il est
avant tout soucieux de continuer « à
faire bouillir sa marmite
 ».

Autour de l’auteur, mis en scène par Jean-Pierre Rouvellat,
Laurent Plessi, Vincent Baillet, Jean-François Dewulf, Franck Isoart et Laury
André mènent cette comédie à un train d’enfer. Du coup, pour plébisciter L’Opération du Saint-Esprit, nos fidèles
(lecteurs) vont se faire une joie de mettre en pratique le fameux On ira tous au paradis !

Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr

Théâtre Clavel : 3, rue Clavel 75019 Paris

Jusqu’au 28 mars 2009 : mardi et mercredi à 21 h 30

Vendredi et samedi à 20 h

01 43 45 55 38

Les Folies amoureuses


Fallait-il être fou pour prendre le risque de monter
Jean-François Regnard auteur du XVIIème ignoré de (presque) tous
aujourd’hui ? Pari gagné pour Pascal Zelcer et sa troupe qui font de cette
pièce en vers une comédie irrésistible et succulente !

 

Dés les premières secondes, on pressent une belle réussite.
Lara Neumann, dont il faut saluer la prestation hors du commun, dans une énorme
robe rouge bien ridicule, chante et déjà le ton loufoque et décalé est donné.
Avec une économie de moyens mais une foule d’idées, Pascal Zelcer assisté
d’Élodie Kugelmann a su illustrer de la plus moderne des façons (avec chansons kitch
des années 80, imitations et vidéos-gags) un texte justement remis à l’honneur dont
il laisse entendre le style savoureux et vivant.

 

L’intrigue nous replonge un peu dans L’école
des Femmes
 : Agathe, une jeune et plantureuse pupille veut échapper à
un vieux tuteur transformé en geôlier. Pour se libérer de son enfermement et se
donner à un fringant jeune homme, elle recourt au stratagème de la folie.

 

Autour de Lara Neumann, les comédiens sont à l’unisson.
Laurent Richard (avec un talent qui nous fait regretter de ne pas le voir plus
souvent au théâtre) campe le vieil égoïste forcené qui doit céder aux assauts (et
au toupet) d’Eraste joué par le brillant et toujours juste Frédéric Chevaux secondé
ici d’un valet et la servante du maître, heureuse de rejoindre le complot (Benjamin
Guillard et Anne Saubost font merveille dans ces deux rôles).

 

Excellent moyen de conjuguer pièce classique et pure comédie,
il faut aller voir ces Folies dont
nous sommes tombés amoureux !

 

Philippe Escalier – Photo Matthieu Salas

    

Vingtième
Théâtre

7,
rue des Plâtrières 75020 Paris ‑ M° Ménilmontant

jusqu’au
26 octobre 2008, du mercredi au samedi à 21 h 30

dimanche
à 17h30 ‑ 01 43 66 01 13

Perthus au théâtre du Rond-Point


Perthus mis en scène par Gilbert Désveaux, qui sera jouée au
Rond-Point à partir du 9 septembre 2008, est une pièce signée Jean-Marie
Besset, l’un des piliers du théâtre contemporain français. Deux jeunes
comédiens, Robin Causse et Jonathan Drillet se partagent l’affiche avec
Jean-Paul Muel et Alain Marcel. Faisons  les présentations.

 

Jean-Marie Besset

Je ne sais pas si
c’est un thème que j’ai choisi ou si c’est le thème qui m’a choisi. C’est en
tout cas une façon de revenir sur le premier amour, le seul qui pourrait être
qualifié de pur en définitive.”
Avec ce qu’il définit comme des scènes de
la vie de province (où l’on verra forcément une trace d’autobiographie),
Jean-Marie Besset présente une pièce profondément humaine construite sur les
relations mères-fils et retraçant l’histoire d’une rencontre et d’un amour
impossible entre deux garçons.

Lorsqu’il revient sur ses vingt ans de carrière, l’auteur
exprime avant tout une certaine reconnaissance. “J’ai été inventé par la critique, je suis un provincial, je ne
connaissais personne dans ce métier. Cela n’empêchera nullement ma première
pièce  
Ce
qui arrive et ce qu’on attend 
d’être jouée en 1993 et de recevoir un prix.
J’ai été dix fois nommé aux Molière. J’ai le sentiment que j’ai été soutenu par
des critiques dont le jugement m’importait beaucoup comme Michel Cournot. Sans
oublier les producteurs qui ont toujours été fidèles à mon travail.”

Parmi ses succès, on citera Commentaire d’amour, Grande
École
, Rue de Babylone ou Marie Hasparren. Outrages aux mœurs, L’Oncle
Paul
, La Souris verte
figurent parmi ses nombreuses
adaptations.

J’écris une pièce
tous les dix-huit mois. J’alterne les adaptations d’œuvres étrangères que
j’aime avec mes propres pièces. Adapter est avant tout un acte d’amour.”
Un
exercice dont il n’a pas le monopole puisqu’André Téchiné est en train de
porter à l’écran sa pièce RER écrite il y a trois ans et qui aura ainsi la particularité d’avoir
d’abord vu le jour au cinéma.

 

Robin Causse

Arrivé il y a presque deux ans de Montpellier, il s’apprête
à 19 ans à monter la scène du Rond-Point. Enthousiasme, jovialité et énergie
ont émaillé l’entretien.

Comment tout a
commencé ?

J’ai la passion du théâtre depuis tout petit. Mes parents ne
m’ont jamais freiné et m’ont même encouragé dans mes activités extra-scolaires.
À 11 ans, j’avais envie d’apprendre des textes, de jouer des personnages, je
savais déjà faire rire autour de moi. J’ai fait de petits spectacles et puis,
l’été 2006, arrivent Le temps des secrets, le temps des amours et
mon vrai premier rôle. Du coup, mon bac sera suivi de deux mois de tournage
pour la télévision dans le rôle de Marcel Pagnol adolescent. Un superbe
souvenir !

Venir à Paris a été
chose facile ?

J’ai quitté le Sud sans regret. Paris est un choix qui
coulait de source et mes parents l’ont bien compris. Ils m’ont fait confiance,
ils savent que je suis bien entouré. Tout en gardant toujours un petit œil sur
moi !

Que faites-vous une
fois dans la capitale ?

Pas mal de choses : j’ai commencé un BTS en
audiovisuel. En parallèle, j’ai rencontré mon agent et pris des cours de
théâtre sans avoir envie d’entrer dans une école, pour rester libre de faire
tout ce que je voulais. Je pense apprendre plus et plus vite sur le terrain.

La rencontre avec
l’auteur se produit comment ?

J’ai croisé Jean-Marie Besset au cours d’une audition il y a
six mois. Il m’a dit qu’il souhaitait travailler avec moi. Il m’a fait lire la
pièce. J’ai accroché. Ensuite, la lecture s’est bien passée…

Commencer par le
Rond-Point n’est pas donné à tout le monde !

Ce n’est pas évident de réaliser complètement…mais j’ai bien
conscience que j’ai une sacrée chance !

Dans quel genre de
rôle pensez-vous être à l’aise ?

Il faut que j’essaie un peu tout avant de répondre (rires) ! Cela dit, j’aime bien
Feydeau, le vaudeville est très amusant à jouer, je suis attiré par le
classique, mais d’une façon générale, je n’ai pas de réticence particulière. La
comédie me convient bien aussi.

Oublions le
travail ! Quels sont vos loisirs ?

Je fais du sport, de l’escrime. Je me régale… et puis au
théâtre, ça peut toujours servir. Je me défoule, je n’aime pas trop les sports
collectifs et je trouve que manier le fleuret est assez classe ! Sinon, Je
peins (j’adore les portraits, les lignes simples et les couleurs, le tout entre
réalisme et abstrait) et je dessine, pour me détendre.

Jonathan Drillet

Les répétitions se
passent très bien et l’on va assez vite. Pour moi,
Perthus, c’est un travail
d’acteur qui va trancher avec ce que j’ai fait ces deux dernières années.”

Visiblement heureux d’être partie prenante à ce projet, Jonathan Drillet
explique ainsi un retour sur la scène, après une formation un peu
particulière : deux ans de cours à l’École
du Louvre avant de s’inscrire au Conservatoire du XXe. Sa première pièce, Beautiful
Guys
, sera la seule montée par Christophe Honoré et donnera lieu à
trois représentations au festival Frictions de Dijon. Il a ensuite
collaboré à Paris avec le metteur en scène Alexis Fichet. Depuis, il a beaucoup
travaillé pour  des chorégraphes en
intégrant la compagnie Moving Theater à New York
et ce, bien qu’il ne soit pas danseur. “Je tourne un spectacle de Raimund Hoghe et je m’apprête à travailler
avec Daniel Larrieu”,
nous dit cet électron libre avant d’ajouter : “J’ai l’impression de n’avoir jamais fait
d’auditions, j’ai toujours rencontré les gens par hasard. C’est par des amis
américains que j’ai croisé Jean-Marie Besset.”
Esprit libre s’il en
est, il a fondé un groupe de performances avec l’actrice Marlène Saldana (The
United Patriotic Squadrons of Blessed Diana) et s’en va régulièrement hanter,
dans des tenues cocasses, quelques lieux très divers pour y lire sur un ton
badin des textes politiques (très actuels !) dont il entend, par ce
procédé, faire ressortir toute l’énormité. Entrer dans la peau de Paul,
littéraire sensible tombant amoureux d’un matheux, devrait lui aller comme un
gant, tant on le voit bien interpréter des personnages désireux d’aller au bout
de leurs passions.

 

Jean-Paul Muel

Ce comédien expérimenté que nous avons vu récemment dans Good
Canary
sous la direction de John Malkovich débute au théâtre dans les
années 70, époque où il participe à tous les spectacles du grand Magic Circus.

Impossible à classer, il excelle tant dans le répertoire
classique (Molière, Musset, Rostand,) que contemporain (Pirandello, Claudel,
Alan Bennet, Neil Simon).

Il aborde également le théâtre musical avec une Périchole
remarquée sous la direction de Jérôme Savary. Il tourne pour la télévision et
le cinéma (il joue dans La Môme d’Olivier Dahan) et met en
scène des auteurs vivants. La saison dernière, il a dirigé Claire Nadeau au
Festival d’Avignon dans La Divine Miss V. de Mark Hampton et
Mary Louise Wilson, spectacle programmé à Paris pour la rentrée 2008.

 

Alain Marcel,

Élève du Conservatoire et d’Antoine Vitez, ce comédien
jouera au cinéma, pour la télé et au théâtre. Mais c’est principalement vers la
mise en scène (qu’il aborde pour la première fois en 1975) qu’il va se tourner
et en particulier dans le domaine musical qui l’attire comme le prouve les deux
spectacles dont il est l’auteur, Essayez donc nos pédalos et Rayons
femmes fortes.

En 1983, il met en scène Le Barbier de Séville à
l’opéra de Genève. Suivront une dizaine de grands titres du répertoire lyrique
dont L’Italienne
à Alger, La Vie parisienne,
L’Élixir d’amour.  Par ailleurs, il signe l’adaptation et la
mise en scène de comédies musicales américaines. Il vient de terminer
l’écriture d’un nouveau spectacle musical, L’Opéra de Sarah.

Philippe Escalier pour Starter Tatouvu

Photo Robin Causse par Mathieu Dorthomb



Jupe courte et conséquences

 

Et si tout d’un coup, il nous était donné de voir les
sentiments sous un autre angle ?

Résumer Jupe courte et
conséquences
est inutile (il faut d’abord aller au théâtre pour y être
surpris), du reste, ce qui se passe importe peu, tout le charme de ce spectacle
résidant dans la façon dont il se déroule. Hervé Devolder, musicien, comédien
et auteur du célébrissime Chance,
joue ici l’un de ses textes écrit il y a quelques années. On y retrouve la
poésie et la joie de vivre qui le caractérisent, une philosophie positive et
portée vers l’amour, tellement utile quand on sait combien certains de nos
semblables peuvent parfois être tordus !

Avec la pièce que l’auteur joue avec la pétillante et
convaincante Stéphanie Caillol pendant une heure, nous nageons dans le bonheur,
allant de rebondissement en rebondissement. On se surprend à tout oublier,
riant généreusement face à des interrogations qui essayent de déterminer si
l’amour existe ou pas et surtout s’il est soluble dans le quotidien.

Hymne à l’amour, le texte d’Hervé Devolder parlera au plus
grand nombre. Il a su nous séduire en montrant comment draguer, désirer et
aimer peuvent être non seulement la preuve d’un état particulier mais encore
une activité que certains pratiquent avec un sens artistique développé.

Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr


Le Lucernaire : 53, rue Notre-Dame-des-Champs 75006
Paris

Du mardi au samedi à 20 h et dimanche 17 h

01 45 55 57 34

Les Fourberies de Scapin

 

De cette pièce célèbre, La Compagnie de la Chimère (qui nous a habitués à des spectacles réussis, capables de redonner le goût du théâtre aux plus blasés) nous offre une version décoiffante, propice à de belles interprétations. Personne ne pourra résister !

Arnaud Denis est mû par le désir de faire revivre de grands textes sans les trahir. Une fois encore, il réussit son pari en signant une mise en scène de folie, faisant de la pièce une énorme farce interprétée néanmoins avec beaucoup de finesse. Le rire dans la salle est permanent, déclenché par des comédiens qui n’économisent ni leurs effets, ni leurs efforts. Le metteur en scène, qui assume aussi le rôle-titre, réalise d’ailleurs une prestation remarquable confinant à l’exploit sportif (entre l’art du jeu et la résistance physique, l’on ne sait ce que l’on doit admirer le plus!). Fort bien entouré des formidables Jean-Pierre Leroux et Bernard Métraux (les deux « vieillards » qu’il va rouler dans la farine), il pousse le sens comique jusqu’à ses limites, non sans être capable de nous toucher en montrant que dans cette invraisemblable comédie, le pathétique n’est jamais loin.

Il fallait bien une troupe aussi fraîche et talentueuse (ayant obtenu le prix du jury au festival d’Anjou 2007) pour retracer avec autant de brio les frasques d’une « jeunesse impertinente ». Après son premier succès il y a quelques mois, la pièce fait l’objet d’une reprise fort à propos. On est définitivement séduit et on en redemande !

 Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr


Le Petit Montparnasse : 31, rue de la Gaîté 75014 Paris

Du mardi au samedi à 21 h et le dimanche à 15 h 30

01 43 22 77 74 – http://lescompagnonsdelachimere.com

MARIE STUART

Par Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr


 

Adaptateur et metteur en scène inspiré, Fabian Chappuis nous
propose une Marie Stuart servie comme
une reine par une distribution parfaite.

 

Tout les oppose et pourtant elles sont appelées sur le même
trône. Marie la catholique, ancienne reine d’écosse,
a toujours fait primer le cœur tandis qu’Élisabeth d’Angleterre, la
protestante, a tout sacrifié à la raison d’état.
Si elles auraient pu se comprendre, notamment parce qu’Élisabeth n’était pas la
souveraine odieuse que l’on décrit parfois, la religion et le pouvoir
sépareront irrémédiablement les deux femmes. Face aux Anglais, refusant de
devenir papistes, Marie n’avait que peu de chance dans ce combat où le
fanatisme religieux prend une large part.

 

Dans un langage très subtil (fluidifié par une traduction et
une adaptation remarquables), la pièce de Friedrich Schiller démonte avec
subtilité les rouages politiques et humains de ce combat royal. La beauté du
texte et la dimension humaine du drame pourraient bien transformer le
spectateur en voyeur d’autant que l’art souverain d’Isabelle Siou (le
rôle-titre) et Marie-Céline Tuvache (Élisabeth) nous permet de croire, sans
retenue aucune, à leurs deux personnages. À coté de Jean Tom et de Stéphanie
Labbé, qui magnifient deux seconds rôles, la distribution masculine
(Jean-Christophe Laurier, Benjamin Peñamaria, Sébastien Rajon, Aurélien
Osinski, Paul et Philippe Ivancic) s’accorde sans fausse note, soutenue, comme
toute la troupe, par la mise en scène exemplaire, sobre et majestueuse de
Fabian Chappuis.

 

N’écoutant pas Schiller selon qui le silence est le dieu du
bonheur, nous entendons faire grand bruit autour d’un spectacle qu’il faut
avoir vu !

 

Théâtre 13 : 103 A, boulevard Auguste Blanqui 75013
Paris – M° Glacière

Jusqu’au 20 avril 2008 à 20 h 30 mardi, mercredi, vendredi,
à 19 h 30 jeudi et samedi et 15 h 30 le dimanche

01 45 88 62 22

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