Avec les garçons de « Encore un tour de pédalos »

Par Johann Leclercq

Trente ans après Essayez donc nos pédalos, Alain Marcel nous propose une vision actualisée, à la fois mordante, drôle et réaliste de notre milieu gay. Séduit par ce nouveau Tour de pédalos, nous avons rencontré les quatre interprètes de ce spectacle musical au théâtre Marigny, Yoni Amar, Philippe d’Avilla, Steeve Brudey et Djamel Mehnane, un cast interethnique de chanteurs-comédiens, généreux et pétillants !

Sur quels critères Alain Marcel vous a-t-il choisis ?

Steeve Brudey : Alain Marcel voulait une cohérence de groupe, vocale et physique, avec quatre personnages pour l’harmonie des voix. Idéalement, il voulait une vraie multiethnicité par souci d’universalisme et pour des raisons également politiques et religieuses. Il voulait des artistes ayant un niveau équivalent de jeu, de chant et complètement à l’aise avec le propos. Hétéros ou homos, on a bien sûr été jugés sur notre « gayttitude », notre ductilité à paraître gay.

En plus d’être auteur et compositeur, Alain Marcel est également metteur en scène de ce spectacle. Sa direction n’est-elle pas trop perfectionniste ?

Yoni Amar : Il est très technique et sait ce qu’il veut musicalement et scéniquement. Il sait ce que le spectacle doit raconter mais veut également nous voir sur scène. Dès les premières répétitions, il nous a laissé libres. Il arrivait toujours dans un esprit de proposition : « Qu’est-ce que vous en pensez ? Quel est votre avis ? » Il a appris à nous connaître au fur et à mesure. Du coup, les chansons nous ressemblent, ça coule de source. Le jeu vient immédiatement par rapport à la mélodie. Ainsi, Bibi est bi devait durer quelques secondes mais est devenu un numéro pour Steeve. Sex Toy est vraiment devenu une évidence pour Djamel.

Pourquoi avoir monté un deuxième Tour de pédalos ?

Djamel Mehnane : Alain Marcel avait notamment écrit le premier Pédalos suite à la violence qu’il avait ressentie en voyant La Cage aux folles et à l’image de l’homosexualité qui s’en dégageait. Trente ans plus tard, le contexte politique et social a changé. L’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie mais l’homophobie existe toujours. On est passé d’une acceptation à une ghettoïsation. Par ailleurs, la vie de beaucoup de gays ne correspond pas toujours à l’image de fête et de paillettes qu’on peut en avoir. Sans même parler d’Iran ou d’Égypte, il y a encore des gens qui en meurent.

Ce spectacle fait-il de vous des artistes engagés ?

Steeve Brudey : À partir du moment où on a accepté d’incarner la voix d’Alain, ce spectacle fait évidement de nous des artistes militants. Mais ce n’est pas qu’une histoire de militantisme anti-homophobie, il y a plein de choses. Toute la fin se soulève et s’ouvre. C’est un spectacle sur toutes les différences, les discriminations, les persécutions…

Certains critiques reprochent à Alain Marcel de tomber un peu dans le cliché. Qu’en pensez-vous ?

Philippe d’Avilla : Le cliché n’est pas négatif. C’est une photo de quelque chose qui existe. En l’occurrence, j’ai parmi mes amis des folles encore plus exubérantes que celles du spectacle, des pédés de droite abominables qui ne pensent qu’au fric, des fiottes qui crachent leur venin sur tout le monde, des gars qui veulent adopter, etc. Ce sont des gens que l’on croise tous les jours ! Et puis, au théâtre tout personnage dramatique est un cliché, ça marche comme ça. Pour parler d’universalité, il faut chercher la particularité.

Votre scène ou chanson préférée et pourquoi ?

Djamel Mehnane : Le début et la fin. Le début parce que c’est réglé au millimètre vocalement et scéniquement et que ça donne le ton du spectacle. La fin parce que les mélodies sont absolument sublimes avec une gradation des voix du plus grave au plus aigu, et avec des textes très forts fondés sur des faits réels.

Yoni Amar : En règle générale, je préfère les numéros d’ensemble. Il y a une vraie force qui ressort du groupe et que l’on prend en pleine tête. J’ai une légère préférence pour Petite souris de penderie parce que c’est lié à l’enfance et qu’il y a beaucoup de tendresse et d’amour dans ce morceau.

Steeve Brudey : J’aime De cul, de culte et de culture parce que ça chante, ça joue, c’est politique, ça parle de religion. Cette chanson fait réagir et donne une assez bonne idée de ce que fait Alain : l’humour, le côté grinçant…

Philippe d’Avilla : C’est un peu difficile de couper le spectacle en tranches, pour moi, il forme vraiment un tout. Il y en a néanmoins une qui me touche. Il s’agit de la chanson d’un homme qui sourit face à la maladie et qui en remercie un autre de l’y avoir accompagné.

Cette expérience semble vous avoir sincèrement beaucoup apporté !

Philippe d’Avilla : On est effectivement tous devenus très fans du travail d’Alain Marcel. Ce mec a une vraie rigueur dans le travail, une rigueur devenue rare dans le métier. On est également tous spectateurs du travail des autres. Je suis subjugué parce ce que font mes potes sur scène, chose que je n’avais jamais vécue jusqu’ici. C’est aussi un bonheur d’avoir Stan Cramer pour arrangeur et accompagnateur. Si on est tous aussi nickel au niveau vocal c’est grâce à lui, à son travail, à son calme et à sa précision.

Encore un tour de pédalos se joue jusqu’au 24 février au théâtre Marigny : Carré Marigny 75008 Paris, lundi à 20 h 30, du mardi au samedi à 19 h et dimanche à 17 h

01 53 96 70 00 – http://www.theatremarigny.fr

Jean-Luc Lemoine

Par Grégory Moreira Da Silva

Entre sa nouvelle émission  Le bureau des plaintes et son nouveau spectacle  Jean-Luc Lemoine ne chôme guère. À quarante ans, il fait le bilan sur scène et avec nous. Comme il est convaincu d’avoir encore vingt ans, il nous a forcés tout au long de l’interview à le tutoyer. Nous nous sommes bien sûr exécuté. Après tout, on ne sait pas ce qu’il cache sous son ample veste noire…

Ce spectacle, est-ce du vécu  ?
Il y a pas mal de choses qui sont effectivement issues de mes observations personnelles, notamment concernant les enfants puisque je suis moi-même père, ou concernant la vie de couple. Mais je travestis pas mal la vérité dans mes sketchs. Ainsi, quand je dis que je suis avec ma femme depuis quinze ans, en fait, je ne suis avec elle que depuis huit ans.

Justement, comment a-t-elle réagi en découvrant le spectacle ?
J’ai la chance d’avoir une femme qui a beaucoup d’autodérision… Aussi rit-elle lorsque je dis, dans mon spectacle, que si je suis toujours avec elle, c’est parce que je n’ai jamais été sollicité depuis par une autre fille !

En parlant de choses drôles, quels sont les humoristes qui te font particulièrement rire actuellement ?
J’aime surtout les comédiens et les personnes capables de faire des choses très différentes de ce que je fais. J’ai beaucoup d’admiration pour ceux qui font du stand-up, par exemple. Je citerai notamment Tony Saint Laurent ou encore Anne-Sophie Girard. Après, j’ai aussi beaucoup d’empathie pour les grands humoristes comme Timsit. Pour qu’un humoriste me parle, il faut qu’il ait un véritable univers.

Comment définirais-tu ton travail aujourd’hui : humoriste ou animateur télé ?
Mon métier, c’est la scène. Honnêtement, j’espère que c’est comme ça que les gens m’identifient. Quand je suis à la télé, c’est toujours pour faire quelque chose relatif à l’humour. Je n’ai jamais démarché une chaîne pour proposer un projet, sauf la fois où j’avais envoyé ma cassette vidéo à l’émission « La classe » et où je m’étais mangé un râteau !

Et si tu n’avais pas choisi ce métier, qu’aurais-tu fais précisément ?
Un truc en rapport avec mes études, sachant que j’ai fait Sup de pub notamment. J’aurais bien aimé faire de la rédac en publicité. Un métier qui laisse la part belle à la création et à l’humour.

Pourquoi es-tu toujours habillé en noir ? Tu tentes de te déguiser en Thierry Ardisson ou tu as quelques kilos superflus à dissimuler ?

C’est avantageux pour cacher les kilos en trop, c’est vrai. Et même si j’ai beaucoup de respect pour Ardisson, je n’irai pas jusqu’à l’imiter. Disons que c’est surtout par paresse. Ça m’évite de me poser la question de ce que je vais mettre comme couleur chaque matin. Je me sens bien en noir. Sur scène, cela permet aussi de se fondre dans le décor. Et puis je trouve ça classe d’être habillé tout en sobriété pour balancer de grosses conneries !

Enfin, la question que tout notre lectorat de quadras se pose : quel est ton secret de beauté pour paraître toujours aussi jeune à quarante ans ?
Je pense que c’est une question de génétique ! Ma mère est vietnamienne et j’ai hérité de ses traits lisses sur le visage. Il faut avouer aussi que j’ai la chance de faire un travail qui physiquement n’est pas d’une grande pénibilité !

Le bureau des plaintes  : Émission de divertissement bimensuelle en deuxième partie de soirée sur France 2

Lemoine man show au théâtre de la Gaîté-Montparnasse : 26, rue de la Gaîté 75014 Paris
         du 6 octobre 2010 au 2 janvier 2011
        Du mardi au samedi à 21 h, matinée samedi 16 h 30 – 01 43 22 16 18

ALEXIS MICHALIK

Par Philippe Escalier pour : http://www.sensitif.fr

Ce comédien a écrit et mis en scène La Mégère à peu près apprivoisée dans laquelle il joue au Vingtième
Théâtre. Avec la jeune Compagnie Los Figaros, il présente une comédie musicale originale et déjantée très
réussie ayant fait un tabac, trois ans durant, à Avignon. Entretien avec un
artiste dont les débuts sont plus que prometteurs.

 

Le festival d’Avignon
est un peu votre berceau ?

Oui, on est vraiment des coutumiers d’Avignon où la
compagnie est quasiment née. On y arrive en 2005 avec notre première production
et depuis, on y retourne tous les ans avec un ou deux spectacles.

Comment
travaillez-vous ?

Cela change à chaque fois. Je reprends le texte original et
je le traduis, j’ai des origines anglo-saxonnes…

… avec ce nom très
polonais !

Certes, mais ma mère est anglaise. J’ai grandi avec les
grandes comédies musicales américaines : Gene Kelly, Fred Astaire… et
aussi les Marx Brothers qui ont une façon de faire de la comédie avec de la
musique et un humour de dessin animé. On n’est pas dans le jeu de mots ou le
calembour (ce qui est très français), mais au contraire dans un comique de
répétition, de gestuelle, de situation. Je suis fan de l’humour américain des
années 30 et je pense que cela se voit dans La
Mégère
.

Pour revenir à votre question, pendant la traduction et la
réadaptation, je me dis que je vais mettre une chanson ici ou là, puis, en
répétition, nous fonctionnons de façon collégiale avec la troupe (nous
travaillons ensemble depuis notre sortie du conservatoire d’arrondissement, il
y a cinq ou six ans). Je chapeaute le tout, mais chacun a son mot à dire.

Puisque vous vous
éloignez – avec bonheur – du texte original, pourquoi ne pas avoir créé votre
propre histoire ?

On a l’avantage de pouvoir mettre en avant le nom de Shakespeare
et pour une très jeune compagnie, c’est un atout important. Le fait que ce ne
soit pas sa pièce la plus connue nous a permis de prendre de grandes libertés
avec le sujet. De plus, je crois assez peu en la création pure. Tout est
relecture de mythes, et puis nous sommes ici sur la thématique du couple qui,
je m’en rends compte de plus en plus, est mon sujet de prédilection.

Combien de temps a
pris la création de ce spectacle ?

Il nous a fallu neuf mois, sans moyens, dans un garage avec
deux draps blancs ! Le temps de faire les chansons et les chorégraphies
avant de les jouer dans la foulée trois ans à Avignon où le spectacle a
beaucoup évolué. La troupe se laisse des fenêtres d’improvisation, et puis nous
sommes tout le temps en train de penser à comment rendre les choses plus
percutantes. Nous avons aussi resserré le spectacle : une heure trente,
c’est parfait !

Vous vous sentez plus
directeur d’acteurs qu’auteur ?

Peut-être ! La direction d’acteurs, c’est génial. Du
coup, en jouant, j’ai la chance d’être présent tous les soirs. Je ne peux pas
être objectif sur le spectacle, mais ce que je peux dire, c’est qu’il est drôle
et l’humour ne vient pas de mon écriture mais du fait que l’on se permet de
chercher ce qui construit le gag. Cette liberté nous a permis, par exemple, de
créer des personnages après-coup. Dans la comédie en France, c’est souvent un
texte qui est écrit, l’auteur donne le sien et c’est fini ! Pour nous, le
texte n’est pas la chose la plus importante, parfois on peut tout chambouler.
Ce qui importe, c’est le travail sur le plateau… et le résultat final !

 

 

Le Cabaret des hommes perdus

 

La surprise de la rentrée

 

Véritable moment de grâce musical et théâtral, Le Cabaret des hommes perdus offre une soirée inoubliable. Un auteur (Christian Siméon), un metteur en scène (Jean-Luc Revol), père du projet, et quatre comédiens (Jérôme Pradon, Alexandre Bonstein, Sinan Bertrand et Denis D’Arcangelo), accompagnés par l’excellent pianiste Patrick Laviosa (compositeur des chansons), et la magie est au rendez-vous. Le public aussi qui, d’entrée, répond présent et plébiscite ce moment magique.

Sensitif et Artisthea reviendront sur la pièce et vous présentent, pour l’heure, deux des quatre comédiens, Denis D’Arcangelo et Sinan Bertrand.

 

Denis D’Arcangelo

 

Chantons dans le placard, La Duchesse de Langeais, Madame Raymonde, c’est lui ! Mais une seule de ses prestations suffit pour ne pas l’oublier. Que ce soit dans ses spectacles pour enfants, ses rôles classiques, son théâtre de rue, Denis D’Arcangelo apporte à ses personnages une vérité et une humanité touchantes. Jean-Luc Revol l’a transformé en maître de cérémonie dans le rôle du Destin. Denis explique : « Le projet a mis trois ans pour éclore. Christian Siméon (un de nos grands auteurs contemporains) a pris le temps de venir voir jouer chacun d’entres nous pour écrire un texte qui nous colle à la peau. »

 

Capable de tout jouer, ce comédien, né en Normandie d’une famille originaire d’Italie, a fait ses débuts au mythique Piano Zinc. « C’était ma deuxième maison, un endroit charnière où j’ai décidé de mon métier, où j’ai rencontré mes amis, ceux avec qui je travaille aujourd’hui. » S’il reconnait que le plaisir du comédien consiste à alterner les genres, il avoue qu’en tant que spectateur, le théâtre musical est celui qu’il préfère. En tant qu’interprète, il y est formidablement à l’aise, avec sa voix atypique, lui qui chante plutôt intuitivement avec une certaine gouaille, tout comme madame Raymonde ! Ce personnage dont il revêt les atours régulièrement date de ses débuts dans le théâtre de rue avec son compagnon Philippe Dilheir. Arletty dans Hôtel du Nord les a inspirés, mais très vite le personnage est devenu indépendant.

 

N’ayant jamais choisi la facilité, toujours défenseur de spectacles, certains modestes mais tous excellents, Denis D’Arcangelo ne cache pas sa joie : pour lui, ce cabaret est une bénédiction, un cadeau tombé du ciel. « Travailler en ce moment avec des gens que j’aime et que j’admire me pousse à donner le meilleur de moi-même. »

 

Sinan Bertrand

 

« On me propose surtout des projets musicaux et j’adore ça. » Ce chanteur né en Turquie, ayant fait son lycée au Caire avant de s’installer en France à l’âge de dix-sept ans, a participé à Zapping, Créatures, Hair et Ali Baba, qui a occupé deux ans de sa vie. « Ce métier que j’aime me permet de vivre, c’est une grande chance ! », dit-il avant de préciser qu’il s’agit de tout sauf d’une existence sédentaire. Avant de s’installer au Rond-Point, il participe à une tournée de six mois en Italie avec Conchita Bonita d’Alfredo Arias. Un emploi du temps ayant des répercutions sur la vie privée, il faut savoir s’adapter, souligne Sinan, « seuls les gens du spectacle peuvent comprendre (et accepter) les rythmes qui sont les nôtres ».

 

Homme de troupe (« mes meilleurs souvenirs sont avant tout liés à de bonnes équipes »), il est comblé par le projet : « Moi qui déteste le faux copinage, ici je suis vraiment heureux. » D’autant que le travail s’est fait uniquement dans la joie, ici personne ne prétend que la création doit passer par la douleur ! Ce bonheur à quatre (avec Denis D’Arcangelo, Jérôme Pradon et Alexandre Bonstein) est partagé par les spectateurs trouvant ici, de l’avis général, un spectacle avec des qualités et un savoir-faire digne de Broadway. Au passage, Sinan lance une fleur à Patrick Laviosa : « Sans parler de ses talents de compositeur, tellement évidents, il est tout de même le meilleur accompagnateur de Paris ! »

Pour Le Cabaret des hommes perdus, Sinan Bertrand doit entrer dans la peau de deux personnages féminins, une drag-queen et une vieille star déchue, haute en couleur et hystérique, née dans l’esprit de Jean-Luc Revol d’une multitude de références cinématographiques. « Un défi ! Il fallait apprendre à se maquiller (on a une costumière hors pair, par contre nous n’avons pas de maquilleuse), à bouger sur des talons (ce n’est pas rien !) ou à chanter avec une voix tronquée. » Sans oublier les changements de costumes fréquents et hyper rapides capables de rendre Arturo Brachetti jaloux ! Allez vous étonner ensuite que les comédiens aient le sentiment de se sentir en apnée durant la représentation et sur les rotules à la fin…

Il n’est pas étonnant non plus que Sinan ait planifié, après les représentations du Rond-Point, des vacances à Londres où ce fou de comédies musicales pourra aller entendre les nouveautés de la rentrée, en songeant que pour une fois, Paris n’a aucune raison de se montrer jaloux !

 www.sensitif.fr

Théâtre du Rond-Point : 2 bis, rue Franklin-Roosevelt 75008 Paris – M° Franklin-Roosevelt

Jusqu’au 22 octobre avec possibilités de prolongation, du mardi au samedi à 21 h et dimanche à 17 h 30

01 44 95 98 00

La dernière nuit pour Marie Stuart avec Isabelle Adjani

Nous avons vu La dernière nuit pour Marie Stuart pour ne pas rater le retour sur scène d’Isabelle Adjani.

 

Disons-le tout net, faire l’impasse sur cette pièce n’aurait rien eu de dramatique. Sans véritable talent, assez plate, parfois triviale, ce n’est pas le genre d’œuvre qui va permettre à Wolfgang Hildesheimer de laisser un nom dans les annales du théâtre !

 

Reste Adjani. Le texte est visiblement façonné pour sa personne. Ne gravitent autour d’elle que de petits rôles (bien joués certes) servant de faire valoir. À la fin, le public se lève pour une ovation. Même grand, pour y voir quelque chose, vous êtes alors obligé de faire comme tout le monde, un peu affligé de cet hommage quasi automatique rendu à une star, dont le talent n’est pas discutable, mais qui, en tous cas, ici, n’a rien de surnaturel ou d’unique. Sceptique, on reste partagé et surtout sur sa faim en songeant que l’on aimerait bien voir, enfin, Isabelle Adjani dans une pièce digne de ce nom.

 

Philippe Escalier

 

Théâtre Marigny : Carré Marigny M° Champs-Élysées-Clémenceau 75008 Paris – du mardi au samedi à 20h30, matinées samedi et dimanche à 16h – 01 53 96 70 20

Royal ment !

 

C’est aux petits détails que l’on peut juger de l’intégrité d’une personne. Affirmer, comme vient de le faire Ségolène Royal que le pouvoir ne la changera pas, c’est mentir effrontément. Parce que le pouvoir change les individus, tout comme de nouvelles fonctions transforment les gens, c’est quasiment une donnée mathématique ! Les exemples sont innombrables et pourraient faire l’objet de développement sur les changements subies ou voulues entrainés par l’évolution d’une situation.

 

En affirmant une chose aussi improbable – (elle aurait dû dire "j’espère que le pouvoir ne me changera pas" ce qui aurait tout changé (!) – Madame Royal se place donc forcément dans l’affirmation fausse. Quand on sait que celle qui dirige la région Poitou-Charentes en autocrate plaide à longueur de journées pour la démocratie participative, on ne s’en étonnera pas.

 

Enfin pour finir, je dirais que tout discours policé, gentil, bien propre sur lui comme celui de Madame Royal ne peut qu’être la preuve d’une personnalité éminemment faux-cul ! On attend d’un discours responsable qu’il comprenne sa part de promesses de choses difficiles au lieu d’affirmer que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et que demain, naturellement, on rasera gratis !

 

Un peu de cran et un peu d’honnêteté…. que diable !

Yoann Moess : l’audace et le charisme

 

La première chose qui frappe lorsqu’on le voit arriver et s’installer à la table du café, une fois passé le choc d’une coiffure totalement explosée (!), c’est l’énergie qui se dégage du personnage. Et visiblement, ce jeune homme n’aime pas rester sans rien faire.

 

Jouer, c’est sa vie. L’envie de se déguiser, de faire rire ou pleurer a toujours été présente. La preuve en est qu’à vingt-deux ans, Yoann Moess a multiplié les expériences. Ce curieux, passionné et enthousiaste, a incarné Napoléon pour un cinéaste japonais amoureux de reconstitutions historiques, Musset dans une pièce contemporaine, un prince romantique, héros d’une épopée pour ados. Son visage fin et ses yeux bleu-vert lui ont valu d’être choisi comme mannequin par la marque Mont-Blanc (les stylos, pas les crèmes !). à côté de ces expériences variées, il participe à la saga de l’été en jouant un fou dans Le Maître du zodiaque (un de ces rôles qui poussent à se dépasser et qu’il affectionne) et garde, c’est bien naturel, un souvenir ému du tournage de Grabuge aux côtés de Michel Serrault et de Charles Berling.

 

Toujours ravi d’avoir deux fers au feu, il a fait rire dans Le four aboie, comédie déjantée de Sébastien Charron donnée durant l’été au Point Virgule, tout en se préparant à reprendre Un cœur sauvage de Christophe Botti. Dans la foulée, il va incarner le rôle titre d’Un incompris de Montherlant que Lionel Fernandez, une valeur sure, met en scène.

 

Tout sourire, la bonne humeur en bandoulière, on a du mal à le croire lorsqu’il affirme que le drame c’est aussi son domaine. « Je peux pleurer autant que je veux », dit-il avant d’ajouter : « Je suis à l’aise dans la tragédie. D’ailleurs, ce qui m’a poussé à faire ce métier, c’est l’envie de toucher les gens au fond de leur âme ! »

 

On pourra juger de la véracité de ces affirmations au théâtre de l’Essaïon où il se produit pendant encore quelques jours dans Un cœur sauvage avec Violaine Brebion et Sébastien Siloret. Les retardataires disposeront d’une séance de rattrapage au Vingtième Théâtre le 26 septembre, en attendant d’autres représentations en novembre. La pièce, qui retrace les peurs ressenties par certains jeunes devenus conscients de leur homosexualité, a été écrite dans un but pédagogique, pour un public post-adolescent dont le théâtre, dans son ensemble, se désintéresse assez largement. Belle occasion, quelque soit son âge, de découvrir Yoann Moess !

 

Théâtre de l’Essaïon : 6, rue Pierre au Lard 75004 Paris – M° Rambuteau – jusqu’au 16 septembre du mercredi au samedi à 20 h – 01 42 78 46 42

Vingtième Théâtre : 7, rue des Plâtrières 75020 Paris – M° Ménilmontant – le mardi 26 septembre à 20 h – 01 43 66 01 13

 

Photo Yoann Moess signée Bruno Perroud : www.brunoperroud.com

Voir aussi : www.yoannmoess.com

Photo Un cœur sauvage : Yoann Moess et Sébastien Siloret photographiés par Darius Salini

Un violon sur le toit

inoubliable !

 

Connu grâce au fameux Ah, si j’étais riche, cette comédie musicale ayant triomphé durant des années à Broadway a été remise au gout du jour au Casino de Paris avec une très jeune troupe qui nous offre un magnifique spectacle, auréolé par deux nominations aux Molières.

 

Tous fans ! Ceux qui ont eu la chance de voir la première série de représentations fin 2005 en sont ressortis l’enthousiasme chevillé au corps. Car il ne manque rien à ce spectacle : ni une histoire émouvante — jamais déformée, un exploit pour une comédie musicale —, ni une troupe unie et convaincante à 200 % ! 

 

Dans le petit village d’Anatevka, Tévye, un laitier juif, tente de marier sa fille aînée tout en essayant (non sans mal) de mettre en harmonie sa vie et ses principes religieux. La communauté juive à laquelle il appartient survit cahin-caha mais dans la bonne humeur, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, avec l’humour salvateur de ceux que la vie malmène sans parvenir à leur ôter l’espoir ni la joie de vivre. Un ordre du tsar les oblige à abandonner leurs maisons pour prendre les chemins de l’exil. Ce récit, inspiré des pogroms russes du xxe siècle naissant, donne lieu à un mélange formidablement réussi, fait de scènes de danses, de chants, d’humour et d’émotion dans lequel la troupe menée par Franck Vincent (remarquable Tévye) s’épanouit pleinement, méritant d’être saluée avec ferveur. Les spectacles musicaux capables de nous apporter autant de bonheur sont rarissimes. Autant dire qu’il convient de s’y précipiter sans tarder !

 

 

Philippe Escalier

www.sensitif.fr

 

Casino de Paris : 16, rue de Clichy 75009 Paris M° Trinité — du mardi au samedi à 20 h, dimanche 16 h — 08 926 98 926 — http://www.casinodeparis.fr

Marianne James à visage découvert sur SENSITIF

 

Pour les fans, et ils sont nombreux, mais aussi pour tous les autres, l’interview de Marianne James est en ligne sur le site de Sensitif.fr

 

Soit vous téléchargez le magazine, (il n’est pas très lourd, cela prend quelques secondes) soit vous allez dans l’onglet Interview du mois. Dans tous les cas, bonne lecture…

 

Et merci pour votre visite !

 

 

 

Philippe

http://www.sensitif.fr

A magazine is born

Plus de 70 000 visites sur ce blog !

 

 

Et dans quelques jours, le 17 mars exactement, un nouveau magazine gratuit qui sort à Paris (il sera téléchargeable sur le site internet). Encore imparfait, demande à être amélioré au fil des mois… Pour des infos, des suggestions pour sortir, des regards differents, l’envie de se sentir plus solidaires. Etre utile, tout simplement.

 

 

 

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