L’ARTISHOW

 

En découvrant le nouveau spectacle de l’Artishow conçu par
Xavier Barboteu, on assiste à la transformation réussie d’un café-théâtre ayant
su garder l’esprit convivial et festif qui a fait son succès tout en se hissant
au plus haut niveau. Nouvelle immersion dans l’univers de l’incontournable
cabaret parisien.

 

Depuis des années, l’Artishow a su démontrer que
professionnalisme pouvait se conjuguer avec esprit de troupe et de famille.

C’est la même équipe, légèrement étoffée, que l’on retrouve
au fil des ans avec, pour les habitués, le sentiment de revoir des amis de
longue date. Si l’on découvre l’endroit pour la première fois, l’impression est
toujours la même, un bel étonnement devant ce spectacle unique en son genre.
Dans cette fête, rien de superficiel, tout est généreux et authentique, depuis
l’accueil jusqu’aux remerciements finaux. C’est la troupe qui vous reçoit sur
le perron du cabaret, c’est elle qui assure le service pendant le repas dans
une ambiance déjà un peu survoltée. Avec le pousse-rapière en guise d’apéritif,
tout ce que l’on vous sert est présenté simplement (pas de chichis) mais c’est
indiscutablement bon : du foie gras en entrée, une blanquette de veau avec
des petits légumes et un croustillant au caramel en dessert avec un bon choix
de vins et un pain de campagne bio. Le repas servi, le gong retentit plusieurs
fois : le spectacle peut commencer !

 Loin des numéros qui s’enchaînent, Xavier Barboteu a
toujours voulu s’inscrire dans une thématique et recréer un univers. Que ce soit
ses idées de mise de scène, les costumes (toujours plus riches et plus
étonnants, on pourrait s’imaginer parfois au carnaval de Venise), les
performances des artistes, on devine un travail considérable et le résultat est
(ô combien !) à la hauteur. Les références nombreuses dont chaque épisode
est émaillé plongent, cette fois-ci, leurs racines dans le cinéma. La parodie,
présente avec Framboise (qui unit à jamais Marie-Paule Belle et Sylvie Joly) et
Mamyta (incroyable Bardot et Mme de Fontenay), vient ponctuer des numéros qui
ne sont plus de l’imitation tant l’univers recréé est personnel et fort. Que ce
soit Tina Turner (avec Adam, l’un des deux petits nouveaux), Julie Pietri
(Galipette), Christophe Willem (Antoine), Charles Aznavour (Jean-Yves) ou Marilyn
Monroe, on croit aux personnages avec lesquels on vibre et on salue la
performance. Les danseurs Stéphane, François et Nicolas (qui fait également un
superbe Charlot) servent parfaitement les chorégraphies maison qui allient la
fantaisie, l’humour et la danse sous le regard de Pascal et Gregory, les deux
grooms tout de rouge vêtus, paraissant sortir d’un livre de Tintin et qui
passent de la salle à la scène pour agrémenter la soirée de leurs facéties.

Machine à donner du bonheur, l’Artishow devrait, par les
temps qui courent, être reconnu d’utilité publique ! Un peu caché dans le
XI
e arrondissement, le cabaret transformiste, en quelques années, a
su s’imposer et gagner une notoriété que beaucoup doivent lui envier
aujourd’hui.

Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr


3, cité Souzy 75011 Paris

01 43 48 56 04

http://www.artishowlive.com

Éric TRAONOUEZ

En 2008, à Taïwan, Éric Traonouez est devenu le premier
champion du monde français en patinage artistique sur roulettes. Interview d’un
sportif inconditionnel du roller depuis son enfance, arrivé à moins de trente
ans au sommet de son art et qui s’apprête à se consacrer maintenant à d’autres
activités.

 

Comment tout a
commencé ?

Un peu par hasard, quand j’étais gamin, grâce à mon école.
J’ai essayé et j’ai bien accroché. Un entraîneur m’a remarqué et m’a pris sous
son aile. Un an après, à dix ans, j’étais champion de France. Très investi,
très souple, j’ai beaucoup travaillé (quatre fois par semaine, deux heures
d’entraînement accompagnées d’une préparation physique vraiment intense) et ma
progression a été constante.

 

N’avez-vous jamais
hésité avec le patin à glace ?

Le patinage sur glace ne m’a pas attiré au départ. La glace
est un sport qui coûte très cher et qui demande de très gros sacrifices,
notamment pour les entraînements. J’avais envie d’un sport un peu plus
accessible !

 

Le in-line est une
discipline très récente ?

Oui, quand j’ai arrêté le quad (un patin à quatre roues) en
2002 pour faire un break, ont été organisés en Allemagne les premiers
championnats du monde de in-line (patin avec trois roues alignées). J’ai trouvé
le in-line rigolo. La fédération m’a offert un équipement pour que je le teste
et j’ai beaucoup aimé. Après quatre années sans patiner, j’ai repris en 2006
avec le in-line et j’ai fini cette année-là champion d’Europe et troisième au
championnat du monde. Deux ans après, je termine premier dans les deux
compétitions !

 

Pouvez-vous nous
raconter un bon et un mauvais souvenir ?

Un mauvais souvenir : j’avais dix-neuf ans et le
passage de junior à senior s’est accompagné d’une année vraiment terrible. En
senior, le niveau est sensiblement différent. J’ai un peu perdu pied et il m’a
fallu un an de préparation pour rattraper ce retard.

J’ai eu au moins deux très bons souvenirs. Le premier, mes
derniers championnats de France en quad en 2002 pendant lesquels j’ai retrouvé
mon ancien entraîneur et où j’ai fait un programme parfait devant ma famille
venue pour la première fois me voir patiner en compétition. Le second (c’est le
meilleur), c’était il y a quelques semaines, en championnat du monde à Taïwan.
Moment inoubliable quand j’ai compris que j’étais devenu champion du monde en
voyant le petit 1 s’afficher sur l’écran devant mon nom.

 

Tous les pays sont
présents dans ces compétitions ?

Non, certains pays ne sont pas représentés comme la Russie,
par exemple, tellement focalisée « glace » qu’elle ignore les autres
disciplines sœurs. Au Canada, c’est un peu pareil, il fait froid, ils font de
la glace. En Europe, tous les pays sont représentés (notamment l’Italie qui a
toujours un peu dominé ce sport), mais aussi les pays d’Amérique du Sud, les
États-Unis, les pays asiatiques, mais aussi d’autres comme l’Iran et l’Irak.

 

Dans quelques mois,
quand la compétition sera terminée pour vous, comment cela va-t-il se
passer ? Vous allez entraîner ?

Devenir entraîneur ne m’attire pas du tout ! J’irai
voir les autres en compétition, je donnerai des galas et surtout je vais faire
autre chose. Pendant sept ans, j’ai été prof de fitness et là aussi, j’ai tout
arrêté pour me consacrer à mon activité d’intermittent du spectacle comme chanteur,
danseur et comédien.

 

Cela se passe
bien ?

Oui, j’ai joué dernièrement dans un opéra pour enfants, L’Arche de Noé, au théâtre des
Champs-Élysées. Je passe des castings pour les comédies musicales, même si
cette activité a ralenti du fait de la crise. À côté de ça, je suis assistant
de prod sur des émissions télé, figurant dans des films, danseur dans des clips
vidéo. Là aussi on peut dire que ça roule !

Photo Fred Leschallier

L’INSPECTEUR WHAFF

Il est impossible de résumer l’intrigue de L’Inspecteur Whaff pour une simple
raison : il n’y a pas d’intrigue dans la pièce déjantée de Tom Stoppard où
plus on avance et plus on s’enfonce dans le brouillard (anglais !). Le
délice de la pièce réside dans le plaisir de n’avoir rien à comprendre et de
déguster une mise en scène de folie signée Jean-Luc Revol, servie par une
superbe troupe.

Imaginez les Monthy Python menant une enquête dans le style Le cœur a ses raisons pour « Au
théâtre ce soir » et vous aurez une toute petite idée de ce qui se trame
sur la scène du Tristan Bernard où deux critiques de théâtre commentent une
pièce policière jouée par des acteurs ringards. Les deux critiques ne se
préoccupent que de leur ego jusqu’au moment où ce qui se déroule sous leurs
yeux les rattrape. Mais qu’importe ! L’essentiel est dans la mise en scène
de Jean-Luc Revol qui réussit le prodige de faire de L’Inspecteur Whaff un petit chef-d’œuvre, décalé, décapant et
surtout irrésistiblement drôle. L’on reste sidéré par l’exploit consistant à
rendre palpitante une pièce prétexte, écrite pour le seul plaisir de faire du
théâtre et de se moquer avec force de ceux qui en vivent. Il fallait une
distribution de choc et elle est là. Le vrai comique ne fonctionne qu’avec des
acteurs capables de faire dans la dentelle comme Jacques Fontanel (incroyable
en critique vaniteux), Anne Bouvier (en jeune nympho hystérique), Pierre
Deladonchamps (intense et tellement juste), Valérie Moureaux (excellente, et
après elle, vous ne prendrez plus le thé de la même manière !), Viviane
Marcenaro, Elrik Thomas et Éric Théobald. Tous nous font visiter un monde
excentrique, insensé et égoïste qui est, au fond, celui dans lequel nous
vivons !

Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr

Théâtre Tristan Bernard : 64, rue du Rocher 75008 Paris

Du mardi au samedi à 21 h et matinée le samedi à 18 h

01 45 22 08 40

L’Opération du Saint-Esprit

 

Au Ciel, rien ne va plus : Dieu ne supporte plus les
voix de castrat des anges, saint Pierre picole, Marie a envie de revenir sur
terre et Jésus est jaloux de saint Sébastien dont la plastique attire trop le
regard de certains hommes. Quant au Saint-Esprit (un peu comme Nicolas
Sarkozy), il court partout pour essayer de ramener la paix – sans grand
succès – et finit dans le coma à l’Hôtel-Dieu !

Cette comédie de Michel Heim (le papa des Caramels Fous et
l’auteur de La Nuit des reines
notamment) est un divertissement d’une heure qui chatouille allègrement la
question divine avec un texte truffé d’une multitude de citations (parfois un
peu cachées), d’allusions et de références diverses. Elle déclenche l’hilarité
en traitant la question qui n’en finit pas de faire trembler les religions, à
savoir le sexe. Comme toujours quand Michel Heim manie la plume, on entend un
texte savoureux, léger, pétillant mais disant toujours ce qu’il convient de
dire (pour les athées que nous sommes, c’est du pain béni !). Ici Dieu
jure copieusement, saint Pierre est un inactif confirmé, l’ange Gabriel réserve
bien des surprises  et Jésus, aux allures
de Dalida, en personnage édulcoré et dévêtu, désireux de se réincarner en
superstar, vaut son pesant d’hosties. Quant au diable, pragmatique, il est
avant tout soucieux de continuer « à
faire bouillir sa marmite
 ».

Autour de l’auteur, mis en scène par Jean-Pierre Rouvellat,
Laurent Plessi, Vincent Baillet, Jean-François Dewulf, Franck Isoart et Laury
André mènent cette comédie à un train d’enfer. Du coup, pour plébisciter L’Opération du Saint-Esprit, nos fidèles
(lecteurs) vont se faire une joie de mettre en pratique le fameux On ira tous au paradis !

Philippe Escalier pour http://www.sensitif.fr

Théâtre Clavel : 3, rue Clavel 75019 Paris

Jusqu’au 28 mars 2009 : mardi et mercredi à 21 h 30

Vendredi et samedi à 20 h

01 43 45 55 38

Aurélien WIIK


Enfant de la balle, à vingt-huit ans Aurélien Wiik compte
déjà plus de seize ans de métier. Après Frontière(s)
de Xavier Gens, Secret défense de
Philippe Haïm et Un homme et son chien de
Francis Huster, Étienne Faure, avec qui il a tourné In extremis en 2000, lui confie un premier rôle dans Des illusions, sorti le 4 février.
Rencontre avec un des comédiens marquants de la nouvelle génération.

Avec Étienne Faure, ce
sont des retrouvailles ?

En effet, In extremis
avec Sébastien Roch et Julie Depardieu était son premier long-métrage, il y a
pratiquement dix ans. À l’époque, nous nous étions promis de travailler à
nouveau ensemble. Il m’a appelé pour me dire qu’il voulait faire un film avec
moi sur Ibiza. J’ai tout de suite beaucoup accroché avec ce rôle d’auteur à
succès au physique de jeune premier venu écrire son troisième bouquin sur le
milieu hippie d’Ibiza dans les années 60. L’idée de partir avec une petite
équipe en improvisant au fil du tournage m’a séduit et je suis d’autant plus heureux
que c’est un état d’esprit qui me ressemble.

Ces retrouvailles sont agréables. Étienne est un joli poète
qui travaille quand l’inspiration est là. Avec lui, c’est toujours un mélange
de cinéma et de vie (un film que l’on veut faire mêlé à des expériences que
l’on a envie de vivre). Ses films marchent bien sur la durée et vivent du désir
des gens.

Des illusions correspond au souhait d’être sur des projets un peu
décalés ?

Non, pas forcément, mais là, j’ai eu envie de vivre cette
expérience et de la faire partager. C’est un grand besoin de liberté, de ne pas
avoir de scénario, de faire confiance à quelqu’un, de s’amuser et de sortir du
carcan de la grosse équipe avec beaucoup de moyens. Je suis content que l’on
puisse voir ce film qui pose des questions importantes et qui montre que l’on
peut s’affranchir du statut social pour aller vers des choses plus essentielles
qui font du bien.

Peut-on dire
aujourd’hui que vous êtes centré sur le cinéma ?

Oui, j’ai commencé à refuser pas mal de choses pour la télé
qui stagnaient, alors que pour moi, mon métier est un combat. J’ai un rapport
passionnel avec lui, presque familial puisque j’ai vécu mon enfance sur des
plateaux de cinéma. Je n’ai pas envie d’être indulgent face à des projets qui
ne sont vraiment pas géniaux. Aujourd’hui, on entend dire que l’on veut
transformer la télé en faisant des choses plus fortes. Or c’est faux, dans
l’absolu l’envie existe peut-être, mais on ne va pas au-delà, sauf parfois sur
France 2. Ce n’est jamais simple de choisir, de refuser du travail et de
l’argent pour ne pas faire partie de ces gens qui parlent beaucoup et ne font
pas. De plus, j’ai toujours l’impression que je vais être mauvais si je ne suis
pas intéressé par le scénario. Même si je peux me tromper, j’ai envie de choisir
des films qui vont durer et qui vont interpeler les gens.

Pour autant, le
théâtre reste présent ?

Bien sûr ! J’ai eu envie de me retrouver sur des
one-man shows et les scènes ouvertes que j’organise m’apportent un sentiment de
peur et d’excitation indispensable. Et aussi le plaisir de donner la parole aux
autres.

Comment cela
fonctionne-t-il ?

Le principe consiste en des scènes ouvertes deux fois par
semaine et le jeudi un best of qui fait tourner les meilleurs. Chaque fois,
entre treize et vingt personnes se succèdent pendant cinq minutes avec une
totale liberté. À la télé, impossible de vraiment dire ce que l’on veut. Là,
c’est une petit espace d’expression non censuré, et l’artiste qui arrive avec
son humour et le travail qu’il a fait (ou pas fait !) se débrouille avec
le public.

Mon rôle consiste à présenter les spectacles, chauffer la
salle avec laquelle il existe un rapport de franchise, mais dépourvu de
méchanceté. Les artistes se sentent valorisés, respectés et le public est très
fidèle. Ma mère s’occupe des réservations, mon père est à la caisse, c’est une
cour de récréation familiale et conviviale !

www.des-illusions.com

 

Chinchman Comedy Club : chaque lundi et mardi à 20 h 30

Café de Paris, 158,
rue Oberkampf 75011 Paris

M° Ménilmontant ou
Saint-Maur – 06 12 24 23 18

 

Chinchman Cabaret Club : pour les best of du jeudi

Le Pranzo, 35, boulevard Bonne Nouvelle 75002 Paris

ADRIAN CONQUET

Dans Impudique d’Arnaud Devolontat qu’il a joué à Paris durant quatre mois, on pouvait découvrir un acteur tout en retenue, doué pour le théâtre, le chant et l’expression corporelle. Rencontre avec un jeune homme réservé, capable de s’exprimer dans tous les domaines du spectacle vivant et tourné avant tout vers les autres.

« Je n’ai jamais vraiment pris de cours, ni de théâtre ni de chant. Je suis un autodidacte ayant acquis ses techniques sur le tas. » Avec ces quelques mots, Adrian Conquet nous prouve, si besoin était, que la scène reste bien le meilleur des maîtres. Tout en reconnaissant dans la foulée qu’enrichir ses compétences reste un objectif essentiel.

Pour ce Perpignanais de vingt-quatre ans, tout commence après le bac. Sa licence de sport est interrompue par une peine de cœur qui manque de le jeter dans les bras de l’armée. Il résiste (fort heureusement) et un concours de chant lui permet, par le fait du hasard, d’intégrer une troupe pour jouer dans Les Dix Commandements. Dans la foulée, il fera une rencontre marquante, celle de l’auteur et metteur en scène Arnaud Devolontat, fondateur en 1994 de la Compagnie du théâtre d’art. Être membre d’une troupe pluridisciplinaire vouée au théâtre musical ne pouvait que séduire Adrian Conquet, toujours mû par un désir de découvrir et d’apprendre tout en variant les styles et les genres.

On serait bien tenté d’écrire ici que son charme est unique (ses photos comme ses performances d’acteur peuvent en témoigner) ! Mais ce serait oublier qu’il a un frère jumeau lui ressemblant comme deux gouttes d’eau. Avec Joris, Adrian partage la même apparence mais aussi un goût prononcé pour la scène. L’un et l’autre font partie de la Compagnie du théâtre d’art et jouent dans les spectacles du Syppox Théâtre à Argelès-sur-Mer. Là, au sein d’une toute nouvelle structure pouvant accueillir un millier de personnes, sur une scène ouverte, ils interprètent les plus grandes comédies musicales sans qu’on les reconnaisse forcément, leur gémellité étant moins évidente sous des costumes de scène.

La saison estivale 2009 commence dans les jours à venir. Quatre mois de répétitions intenses suivies de représentations entre avril et septembre durant lesquelles, deux soirs par semaine, Adrian se mettra dans la peau de Simba (Le Roi Lion), prendra ses habits de danseur pour Chicago, Cats et Grease, participera à la création de L’Ours’eau et d’Ederlezy sur le thème du cirque et des Gitans. Cette expérience artistique lui permettant de jouer un large répertoire musical, depuis le rôle principal jusqu’à un figurant, elle le passionne tout en lui assurant d’être sur scène durant plusieurs mois d’affilée.

Sa formation sportive est un atout important. Adrian explique : « J’ai toujours fait des activités physiques, ce qui m’a aidé à bien connaître et maîtriser mon corps. Beaucoup de judo et de sports de combat comme le taekwondo, de la gym (notamment pour gagner un peu de souplesse), du badminton, toujours très physique malgré ce que l’on croit parfois ! J’ai aussi travaillé au sein d’une troupe de rue avec laquelle je suis allé faire des combats d’épée, des échasses et de la jonglerie en Allemagne. Enfin, pour L’Ours’eau, j’ai commencé à prendre des cours d’acrobatie à Paris. Tout m’intéresse dans le spectacle vivant, je veux pouvoir toucher à un maximum de choses. » Et d’ajouter en souriant : « Il est impossible que je sois un jour rassasié ou blasé par ce métier ! » Parmi les domaines encore inexplorés figure le cinéma, qu’Adrian regarde avec les yeux de Chimène en attendant son heure. Pour patienter, et comme si ce qu’il faisait ne suffisait pas, il prend des cours de piano, de flute traversière et compose pour son plaisir des ballades un peu mélancoliques.

Que ce soit avec l’équipe du Syppox Théâtre ou celle d’Arnaud Devolontat, Adrian Conquet se dit heureux de travailler dans un contexte serein et agréable : « J’ai besoin d’évoluer dans un climat de confiance et d’amitié. Je sais bien que ça n’existe pas partout mais c’est ce que j’ai trouvé jusqu’à présent et ce dont j’ai besoin pour m’épanouir. »

La prochaine occasion donnée aux Parisiens de croiser Adrian (en compagnie cette fois de son jumeau) sera offerte dans quelques jours par le Comptoir du Marais qui organise dans ses murs une exposition de vingt-deux photos de Jean-Baptiste Huong sur le thème de la cigarette. Toujours passionné par l’image, ce photographe a fait des études cinématographiques dans les années 90 avant d’exercer dans l’audiovisuel le métier de monteur-réalisateur. L’envie de produire des images lui fera reprendre un très vieux Canon pour continuer à exercer un œil toujours neuf, vif et émerveillé.

À propos de « The Smoke Exposition », le photographe nous a dit quelques mots : « C’est avant tout le goût du cinéma et des portraits de l’époque des grandes stars d’Hollywood (Louise Brooks, Bette Davis, Marlene Dietrich, Humphrey Bogart, Clark Gable, Marilyn Monroe…) qui m’a donné envie de réaliser ces clichés. Avec ce projet, j’ai souhaité donner un aspect moins dramatique, moins nocif, plus poétique, plus glamour au fait de fumer. Il ne s’agit pas de faire l’apologie de la cigarette mais bien de révéler des émotions et des attitudes liées à son usage. J’ai voulu que chacun de mes modèles apporte davantage qu’une simple pose et enrichisse ces photos de sa personnalité. Venant de divers horizons, tous ont accepté de dévoiler un peu de leur intimité, donnant ainsi cette atmosphère toute particulière qui, je l’espère, touchera les visiteurs. »

 « The Smoke Exposition » sera pour nous l’occasion de découvrir le travail raffiné de Jean-Baptiste Huong tout en retrouvant Adrian Conquet qui pourra, dès lors, prétendre au double titre de comédien-modèle !

 

 « The Smoke Exposition »

Comptoir du Marais du 20 janvier au 8 février 2009

18, rue de Moussy 75004 Paris

01 42 74 06 06

Barack Obama, premier Président noir des Etats-Unis

Cette nuit, avec l’élection du Président Barack Obama, une page de l’Histoire du monde est en train de s’écrire sous nos yeux.
Ce formidable moment de joie et d’espoir ne sera pas de trop dans l’époque agitée que nous traversons. Cette victoire est une magnifique exemple de tolérance, d’ouverture et d’énergie venu des Etats-Unis. Après les huit années sombres de l’analphabète George W. Bush, enfin, une peu de lumière !

Barack Obama a montré qu’il avait assez les épaules assez larges pour porter – au mieux – les espoirs d’un peuple mais aussi de tous les pays de la planète qui attendent du changement.
Un coup de chapeau à John Mc Cain dont le discours de félicitations mardi soir était tout simplement celui d’un grand bonhomme qui aurait pu éviter le pire s’il avait été désigné par les Républicains en 2000 !
Enfin, la victoire d’Obama démontre que rien n’empêche quelqu’un qui travaille et croit en son étoile, de réussir. En ce sens, la volonté de Barack Obama de ne pas mettre sa couleur de peau en avant est aussi une belle leçon.

Nous allons enfin pouvoir reparler des USA avec les yeux qui brillent !

JULIEN COTTEREAU dans Imagine-toi

Venu du théâtre, ce comédien fait ses débuts de clown en
1994 en intégrant le prestigieux Cirque du Soleil et oscille depuis entre ces
deux univers complémentaires. Avec Imagine-toi,
spectacle vraiment magique à l’affiche des Bouffes Parisiens jusqu’au
10 janvier 2009, il a décroché le Molière de la révélation masculine 2007.

 

D’où vient l’idée de
ce spectacle ?

Des aléas de la vie ! Il fallait remplacer en 1994 le
clown du Cirque du Soleil, René Bazinet, et mon professeur Jean-Marie Binoche
m’a contacté pour me préparer à l’audition. Engagé, j’ai joué mille cinq cents
fois le même personnage de clown-mime-bruiteur un peu partout dans le monde.
Par la suite, avec Imagine-toi, j’ai
eu carte blanche pour créer un spectacle muet faisant appel à la participation
du public.

 

Le Molière est une
belle surprise ?

Déjà, il était important de rester trois mois au théâtre des
Mathurins afin de permettre aux professionnels notamment de découvrir mon
travail qui s’inscrit dans la tradition de l’Arlequin, de la commedia dell’arte
ou des Enfants du paradis. Le fait
d’être nominé était incroyable quand je songe au nombre de spectacles en
compétition et à la qualité des artistes retenus avec moi. Je craignais aussi
qu’Imagine-toi soit une création un
peu trop personnelle. Naturellement, c’est une joie immense de voir son travail
reconnu en sachant ce qu’il a nécessité d’énergie et de prise de risques.

 

On n’atteint pas la
simplicité et la pureté de votre performance sans efforts !

Je ne sais pas si je les atteins mais j’ai beaucoup
travaillé, seul d’abord, puis avec mon metteur en scène Erwan Daouphars qui est un artiste doué pour créer des passerelles
entre les arts. J’ai joué à Avignon, en Australie, en Allemagne, toujours
fasciné par ce que me donnent ce jeu et cette complicité avec le public. Que
l’on vienne me dire à la fin de la représentation que j’ai apporté de
l’émotion, du rire et du bonheur est ma plus grande récompense.


Théâtre
des Bouffes Parisiens

4,
rue Monsigny 75002 Paris M° Quatre-Septembre

Du mardi au samedi à 19 h

01 42 96 92 42

Crédit Photo : Roux-Voloir

RICHARD DESCOINGS, directeur de Sciences-Po


Depuis 1996, il est le directeur de l’Institut d’études
politiques de Paris. Sous sa direction, Sciences-Po a confirmé sa modernisation
et son ouverture vers une société française de plus en plus diversifiée, mais
aussi vers l’international. À la tête d’une fondation réunissant
800 salariés et 8 400 étudiants, Richard Descoings, dont
l’influence dans le monde de l’éducation est considérable, a accepté de nous
parler de son action au sein de l’école mythique qu’il dirige.

 

 

Comment se présente
Sciences-Po aujourd’hui ?

Nous sommes une université sélective tournée vers
l’enseignement et la recherche, très active dans la compétition internationale.
Parmi nos diplômés, 30 % en 2007 travaillent hors de France. Un diplômé
français de Sciences-Po sur cinq travaille à l’étranger.

Depuis huit ans, notre cursus a été aligné sur celui des
autres universités européennes. Il faut noter en outre que tous les élèves
doivent passer leur troisième année hors de France. D’une manière générale, le
corps étudiant, le corps enseignant et les débouchés professionnels se sont
largement internationalisés.

 

L’Institut reste-t-il
accessible aux jeunes venant de milieux défavorisés ?

Plus un étudiant est défavorisé financièrement, plus il a
intérêt à venir à Sciences-Po car nous augmentons de 50 % le montant de
leurs bourses d’État. 20 % des étudiants sont boursiers, 25 % ne
paient aucun droit de scolarité et 50 % bénéficient de droits réduits.
Maintenant, je ne vous dis pas que tout est parfait !

 

L’insertion de jeunes
issus des banlieues que vous avez mise en place et qui a fait beaucoup de bruit
est-elle un succès
 ?

Oui ! Depuis sept ans, nous avons passé des conventions
avec des lycées situés en « zone d’éducation prioritaire ». Il y a
soixante lycées en convention couvrant la France métropolitaine et l’outre-mer.
Parmi les nouveaux élèves français de première année, cent vingt ont été
recrutés par ce biais. Ils réussissent comme les autres. Ce qu’ils gagnent au moment
du diplôme, c’est le droit à l’indifférence.

Concrètement, cent vingt étudiants viennent s’ajouter à ceux
des années antérieures et ils constituent un noyau dont nous sommes fiers. Cela
démontre qu’il n’y a pas de déterminisme social ou ethnique et qu’une action
volontariste menée sur le long terme peut fonctionner. Lorsqu’on veut, on sait
faire, mais je ne suis pas sûr que l’on soit dans une société qui ait envie de
brasser socialement.

 

Si l’on oublie la
qualité de certaines universités ou des grandes écoles, pensez-vous que notre
système éducatif tienne encore la route ?

Vous savez, c’est affreusement compliqué pour tous les pays.
Mais il ne faut pas oublier que 80 % du système primaire et secondaire
marchent bien, et beaucoup mieux qu’aux États-Unis ou en Grande-Bretagne et au
moins aussi bien qu’en Allemagne. Il faut donc travailler sur ce qui ne va pas,
tout en réalisant que l’on demande aux profs de gérer une multitude de choses
parfois bien difficiles.

 

S’il fallait esquisser
un bilan global de votre action, que diriez-vous ?

Nous avons voulu construire un projet éducatif, ce qui est
plus vaste qu’un projet pédagogique. Prenons un exemple simple : pour son
premier cours de droit constitutionnel, Olivier Duhamel a fait écouter la
chanson de Bob Dylan inspirée par l’arrivée du premier Noir dans une université
du Mississippi, lieu symbolique ayant accueilli le premier débat Obama-McCain.

Notre travail consiste à relier les différentes composantes
qui font un individu. Nous avons envie que les jeunes puissent dire qu’ils ont
appris un métier mais pas uniquement. Les équipes de l’Institut font le maximum
pour que nos élèves se sentent heureux. Nous voulons leur dire : « Vous êtes des êtres humains et on vous prend
pour votre humanité. Nous sommes là, non pour résoudre vos problèmes
personnels, mais pour en tenir compte, par exemple avec notre système de
bourses. 
»

 

FaceBook, sur lequel
vous êtes inscrit, a-t-il apporté des changements dans votre vie
professionnelle ?

Certainement, même si j’ai peu de temps à y consacrer. Les
élèves, je les croise souvent mais je ne les vois pas tous les jours. FaceBook
peut contribuer à contourner la barrière du protocole, du rendez-vous qu’il
faut prendre avec mes assistantes qui font barrage pour des raisons d’emploi du
temps. Dans FaceBook, la virtualité de la relation donne un accès doublé d’un
contact direct. C’est comme cela que je peux être amené à répondre au message
d’un étudiant gay qui souhaite me parler de sa situation.

 

 

Votre nom revient
régulièrement quand il s’agit de choisir un ministre de l’Éducation. Cela vous
procure quel sentiment ?

J’en ris intérieurement, et puis j’y trouve l’avantage
d’être un peu protégé. En effet, certains hauts fonctionnaires n’ont pas envie
d’être « trop méchants » avec quelqu’un qui pourrait devenir leur
ministre de tutelle.

Mais c’est une spécificité professionnelle, je pense que
pour être ministre il est préférable d’être élu. Il faut surtout avoir envie de
faire ce métier – tellement ingrat – et ce n’est pas trop mon cas.
D’autre part, mon action à Sciences-Po peut servir l’intérêt général, c’est
aussi de la politique. Je préfère être le premier dans mon village que le
deuxième à Rome. Et mon village est formidable, j’y suis totalement
libre !

 

 

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑