Aurélien WIIK


Enfant de la balle, à vingt-huit ans Aurélien Wiik compte
déjà plus de seize ans de métier. Après Frontière(s)
de Xavier Gens, Secret défense de
Philippe Haïm et Un homme et son chien de
Francis Huster, Étienne Faure, avec qui il a tourné In extremis en 2000, lui confie un premier rôle dans Des illusions, sorti le 4 février.
Rencontre avec un des comédiens marquants de la nouvelle génération.

Avec Étienne Faure, ce
sont des retrouvailles ?

En effet, In extremis
avec Sébastien Roch et Julie Depardieu était son premier long-métrage, il y a
pratiquement dix ans. À l’époque, nous nous étions promis de travailler à
nouveau ensemble. Il m’a appelé pour me dire qu’il voulait faire un film avec
moi sur Ibiza. J’ai tout de suite beaucoup accroché avec ce rôle d’auteur à
succès au physique de jeune premier venu écrire son troisième bouquin sur le
milieu hippie d’Ibiza dans les années 60. L’idée de partir avec une petite
équipe en improvisant au fil du tournage m’a séduit et je suis d’autant plus heureux
que c’est un état d’esprit qui me ressemble.

Ces retrouvailles sont agréables. Étienne est un joli poète
qui travaille quand l’inspiration est là. Avec lui, c’est toujours un mélange
de cinéma et de vie (un film que l’on veut faire mêlé à des expériences que
l’on a envie de vivre). Ses films marchent bien sur la durée et vivent du désir
des gens.

Des illusions correspond au souhait d’être sur des projets un peu
décalés ?

Non, pas forcément, mais là, j’ai eu envie de vivre cette
expérience et de la faire partager. C’est un grand besoin de liberté, de ne pas
avoir de scénario, de faire confiance à quelqu’un, de s’amuser et de sortir du
carcan de la grosse équipe avec beaucoup de moyens. Je suis content que l’on
puisse voir ce film qui pose des questions importantes et qui montre que l’on
peut s’affranchir du statut social pour aller vers des choses plus essentielles
qui font du bien.

Peut-on dire
aujourd’hui que vous êtes centré sur le cinéma ?

Oui, j’ai commencé à refuser pas mal de choses pour la télé
qui stagnaient, alors que pour moi, mon métier est un combat. J’ai un rapport
passionnel avec lui, presque familial puisque j’ai vécu mon enfance sur des
plateaux de cinéma. Je n’ai pas envie d’être indulgent face à des projets qui
ne sont vraiment pas géniaux. Aujourd’hui, on entend dire que l’on veut
transformer la télé en faisant des choses plus fortes. Or c’est faux, dans
l’absolu l’envie existe peut-être, mais on ne va pas au-delà, sauf parfois sur
France 2. Ce n’est jamais simple de choisir, de refuser du travail et de
l’argent pour ne pas faire partie de ces gens qui parlent beaucoup et ne font
pas. De plus, j’ai toujours l’impression que je vais être mauvais si je ne suis
pas intéressé par le scénario. Même si je peux me tromper, j’ai envie de choisir
des films qui vont durer et qui vont interpeler les gens.

Pour autant, le
théâtre reste présent ?

Bien sûr ! J’ai eu envie de me retrouver sur des
one-man shows et les scènes ouvertes que j’organise m’apportent un sentiment de
peur et d’excitation indispensable. Et aussi le plaisir de donner la parole aux
autres.

Comment cela
fonctionne-t-il ?

Le principe consiste en des scènes ouvertes deux fois par
semaine et le jeudi un best of qui fait tourner les meilleurs. Chaque fois,
entre treize et vingt personnes se succèdent pendant cinq minutes avec une
totale liberté. À la télé, impossible de vraiment dire ce que l’on veut. Là,
c’est une petit espace d’expression non censuré, et l’artiste qui arrive avec
son humour et le travail qu’il a fait (ou pas fait !) se débrouille avec
le public.

Mon rôle consiste à présenter les spectacles, chauffer la
salle avec laquelle il existe un rapport de franchise, mais dépourvu de
méchanceté. Les artistes se sentent valorisés, respectés et le public est très
fidèle. Ma mère s’occupe des réservations, mon père est à la caisse, c’est une
cour de récréation familiale et conviviale !

www.des-illusions.com

 

Chinchman Comedy Club : chaque lundi et mardi à 20 h 30

Café de Paris, 158,
rue Oberkampf 75011 Paris

M° Ménilmontant ou
Saint-Maur – 06 12 24 23 18

 

Chinchman Cabaret Club : pour les best of du jeudi

Le Pranzo, 35, boulevard Bonne Nouvelle 75002 Paris

A propos Sensitif

Journaliste, photographe, éditeur du magazine Sensitif : www.sensitif.fr
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