La Rivière rouge

Si comme moi, vous êtes amateur de westerns classiques, la nouvelle va vous ravir !
A partir du mercredi 17 janvier, à Paris, au Christine 21, « La Rivière Rouge » d’Howard Hawks est reprise en version restaurée. Sorti en 1948, ce film en noir et blanc met à l’affiche John Wayne, Montgomery Clift (qui tourne là son premier long-métrage et sur lequel nous allons revenir à l’occasion de la sortie d’un livre qui lui est consacré) et Joanne Dru, notamment
C’est un classique que l’on n’a pas l’occasion de voir souvent et que Télérama résume bien ainsi :
« Le génie de Hawks est d’avoir réuni tous les ingrédients du western, d’y avoir ajouté une évidente dimension psychanalytique, sans perdre pour autant ni son brio ni son humour ».
J’ajouterai que le génie de Hawks est aussi d’avoir choisi John Wayne et Montgomery Clift, le second prouvera, sans attendre, l’étendue de son talent (il va s’épanouir dans les années 50), qui va lui permettre de gagner l’estime et le respect du premier, ce qui, vu les différences d’âge, de formation, de sensibilité, et le degré d’exigence qui caractérisait John Wayne, n’était pas couru d’avance !

Philippe Escalier

Christine 21 : 4 Rue Christine, 75006 Paris – 01 43 25 85 78

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LES FRANGLAISES

Il n’est pas faux de dire (et vous verrez pourquoi) que cette troupe met le feu à Bobino ! Parti d’un simple jeu entre amis, l’idée de départ s’est révélée diablement efficace. Le principe est simple : traduire littéralement et mot à mot les grands tubes anglo-saxons de la chanson en français. Ce qui donne des textes absurdes (mais fidèles) d’une drôlerie incroyable d’autant que ce spectacle fourmille d’idées. Chant, cirque, théâtre, danse, (et j’en passe!) ces quatre filles et huit garçons un peu déjantés savent tout faire (et ils font tout, ou presque) et le spectateur sans cesse étonné, passe par mille ambiances plus originales et drôles les unes que les autres. La parodie du western sur l’air de Hôtel California est absolument délirante à l’image du spectacle tout entier. Rarement salle aura vu pareille ambiance survoltée et troupe aussi énergique et enthousiasmante. Les Franglaises ont reçu le Molière 2015 du spectacle musical. Vous constaterez vous-même que cette récompense n’était pas usurpée. Alors un conseil : allez vivre ces moments d’euphorie que Bobino vous offre avec les Franglaises ! Et réservez un peu avant, le spectacle est souvent complet.

Texte et photos © Philippe Escalier

Bobino : 14-20 rue de la Gaîté 75014 Paris 
Du mercredi au samedi à 21 h et samedi matinale à 16 h 30
http://www.bobino.fr – 01 43 27 24 24

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Les Jeunes ont la Parole au Louvre

Au Musée du Louvre, dernier vendredi en nocturne pour Les Jeunes ont la parole  ou comment se laisser raconter l’histoire d’une œuvre par un étudiant ou une étudiante. Quatre cents jeunes mobilisés. Mariage réussi de l’Art et de la passion  : il faudra renouveler l’expérience !

Photos : © Philippe Escalier – Vendredi 15 décembre 2017DSC_2229DSC_2229bDSC_2229cDSC_2229dDSC_2229eDSC_2231DSC_2233DSC_2239DSC_2241DSC_2242DSC_2243DSC_2245DSC_2246DSC_2269DSC_2272DSC_2274DSC_2275DSC_2276DSC_2278DSC_2279DSC_2281DSC_2282DSC_2284DSC_2286DSC_2288DSC_2289DSC_2290DSC_2291DSC_2293DSC_2295DSC_2297DSC_2299DSC_2302DSC_2308DSC_2309DSC_2312

Jeanne

Jean-Robert Charrier a voulu aborder le thème de la vieillesse sous un angle comique. Les quatre acteurs que met en scène Jean-Luc Revol au Petit Saint-Martin nous font vivre son texte d’une belle façon.

Jeanne est à la retraite depuis des années. Protégée par quatre grosses serrures, elle vit au rythme de ses manies de mamie. L’arrivée d’une responsable venue lui annoncer qu’un jeune employé de mairie allait lui apporter un plateau repas tous les jours va bouleverser son existence.

Si l’on excepte la toute fin, l’humour reste omniprésent dans « Jeanne » et n’exclut nullement la description de la détresse engendrée par la solitude. L’une des surprises vient de Nicole Croisille, choisie pour camper, tout en sobriété, cette retraitée, râleuse professionnelle et insatisfaite chronique (vieillesse oblige !). Après un non de principe, elle se laisse rapidement emporter par les arguments de la représentante municipale venue lui servir un discours intergénérationnel altruiste et convenu non dépourvu d’arrière-pensées électorales. Florence Muller incarne avec une facilité déconcertante et une truculence rare cette responsable, capable de lapsus à répétition hilarants. Marin, qu’elle introduit pour apporter un peu de compagnie au domicile de Jeanne, est joué par Charles Templon qui se transforme, pour notre plus grand plaisir et avec un art consommé, en jeune homme, renfermé et gauche. Le nouvel arrivant et l’aïeule vont forcément trouver quelque réconfort à se fréquenter mais cet apport inattendu de nouveautés, forcément déstabilisateur, n’est pas sans dangers, celui qui est venu apporter de l’aide n’étant pas menteur !

La plume de Jean-Robert Charrier, l’auteur à peine trentenaire de « Divina » et de « Nelson » (joué par Chantal Ladesou), est alerte et prometteuse. Avec le temps, un peu plus de maturité rendra ses études de personnages plus fouillées encore En attendant, nous ne bouderons pas notre plaisir d’autant que la direction d’acteur et la mise en scène astucieuse de Jean-Luc Revol permettent aux quatre comédiens de s’épanouir (avec Geoffrey Palisse qui rejoint à la fin le trio de choc) et surtout de gagner la sympathie du public.

Philippe Escalier – Photos © Christophe Vootz

Petit Saint-Martin : 17, rue René Boulanger 75010 Paris
Du mardi au vendredi à 19 h – Samedi à 16 h 30 et 21 h
http://www.petitstmartin.com – 01 42 08 00 32

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L’ AVARE

Redécouvrir ses classiques reste un plaisir, en particulier quand ils sont présentés avec l’humour et la subtilité d’une mise en scène toute en finesse comme celle proposée par Frédérique Lazarini au Théâtre 14.

Allergique à toute dépense, thésauriseur compulsif, profiteur, égoïste et paranoïaque, Molière nous a fait d’Harpagon un portrait « gratiné ». Le pauvre homme, si l’on ose dire, n’a rien pour lui, prêt à tout pour marier sa fille sans dot et épouser une jeunette, fut-elle la promise de son fils, maltraitant à longueur de journée ses domestiques et promettant tortures et potences à son entourage s’il ne parvient pas à retrouver sa cassette.
Les traits de ce tyran domestique sont dépeints avec l’humour de Molière qui décoche ses flèches avec une certaine tendresse et un vrai sens de la dérision ne l’empêchant nullement de décrire par le menu les drames de l’avarice que seul l’amour va parvenir à circonvenir. Il fallait une happy-end, elle viendra grâce à la victoire de la jeunesse, après plusieurs quiproquos délicieux et un coup de théâtre, comme Molière les aime, qui reconstitue les familles et aplanit les difficultés.

La direction d’acteurs met parfaitement en valeur l’élégance du texte, ciselé, parfaitement précis et rythmé. Les mille trouvailles de la mise en scène accompagnent voire précédent les drôleries qui le façonnent. Frédérique Lazarini a choisi des costumes de ville, actuels, et instille, tout du long, un humour facétieux très subtil, dans un décor unique, sous la forme d’un jardin où alternent orages et éclaircis, faisant de L’Avare une présentation joyeusement moderne et d’une grande légèreté. Dans le rôle titre, Emmanuel Dechartre, plus retors que violent, ne surjoue jamais, trouve très vite son rythme et ne le perd plus. Face à lui, on remarquera, dans les deux rôles masculins principaux, l’excellence de Guillaume Bienvenu et Cédric Colas. Tous trois sont entourés de Charlotte Durand-Raucher (une belle Elise pleine d’énergie), Katia Miran, Michel Baladi, Jean-Jacques Crodival, Didier Lesour et Denis Laustriat. à noter que Frédérique Lazarini fait aussi la démonstration de son savoir-faire de comédienne en campant une Frosine absolument jubilatoire. Tous recueillent, au final, de généreux applaudissements, amplement mérités !

Philippe Escalier

Photos : Laurencine Lot – Photo des saluts : Philippe Escalier

Théâtre 14 : 20, avenue Marc Sangnier, 75014 Paris
Mardi, vendredi et samedi à 20 h 30 – Mercredi et jeudi à 19 h et matinée samedi à 16 h
Relâche le lundi 25 décembre
Représentation exceptionnelle le 31 décembre à 20 h 3 0

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La mort de Jean d’Ormesson

Les hommages se multiplient. Jean d’Ormesson était ce qui symbolise le mieux l’esprit français, la culture d’abord et surtout, la faconde, la joie de vivre et une chose qui aujourd’hui fait tant défaut et qui va nous manquer tellement : l’élégance.
Normalien, agrégé de philosophie, dandy, professeur de vie, lucide mais toujours pétillant et souriant, il s’était battu comme un beau diable pour faire élire Marguerite Yourcenar première femme académicienne.
Né en 1925 dans une grande famille, élevé à l’ombre du château familial de Saint-Fargeau dont il raconta si bien l’histoire dans « Au plaisir de Dieu », cet héritier d’un nom prestigieux, comte de son état, travailla à rendre vivante la citation d’André Malraux selon laquelle « la culture ne s’hérite pas, elle se conquiert ».
Nommé directeur du Figaro, il reçut cet adoubement de Raymond Aron : « Il n’est pas trop idiot, ça ira ! ».
Rentré de son vivant dans La Pléiade, (un privilège rare), fou de Chateaubriand, il avait en lui ce profond goût de la vie qui lui faisait dire : « Il y a toujours des larmes mais il y a toujours de l’espérance ».
Son élection sous la Coupole en 1973 en fait le plus jeune des académiciens. Jusqu’à hier, il en était le doyen. Jean d’O. s’en va à 92 ans, sur la pointe des pieds et nous fait de la peine pour la première fois.Capture d_écran 2017-12-05 à 10.53.55Capture d_écran 2017-12-05 à 10.54.59

Musée Antoine Bourdelle

A deux pas de la Tour Montparnasse, le musée Antoine Bourdelle est consacré aux œuvres du sculpteur (Antoine Bourdelle, 1861-1929) exposées en intérieur mais aussi dans un beau jardin extérieur. Le musée présente actuellement une superbe exposition :

« Bourdelle et l’antique, une passion moderne »

Ce lieu est à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas. L’exposition permanente est gratuite.

Musée Bourdelle
18, rue Antoine Bourdelle
75015 Paris – 01 49 54 73 73

Le musée est ouvert de 10h à 18h tous les jours sauf le lundi et certains jours fériés. 

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RUBENS PORTRAITS PRINCIERS

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Dans le cadre du musée situé dans l’enceinte du palais du Luxembourg (l’actuel Sénat) que Marie de Médicis fit édifier en 1615 et pour lequel Rubens a beaucoup travaillé, l’exposition consacrée au grand peintre flamand présente des tableaux princiers de la cour espagnole (avec des commandes de Philippe IV, dont notamment un magnifique portrait équestre du souverain espagnol) et de la cour de France (avec, autour de Marie de Médicis, son fils, Louis XIII et sa belle-fille, Anne d’Autriche, espagnole elle aussi par son père).
L’exposition a une taille réduite mais ne comporte que des chefs-d’œuvre et (sur un plan plus pédagogique), un grand arbre généalogique permettant de mieux visualiser les ramifications de la famille Habsbourg dont Marie de Médicis était issue par sa mère. On y découvrira également un superbe auto-portait de l’artiste. Elle comporte aussi quelques tableaux d’Antoine Van Dyck consacrés à la Reine-mère et quelques toiles que Philippe de Champaigne (qui travailla aussi pour le palais du Luxembourg et fut le peintre attitré du Cardinal de Richelieu) a réalisées du Roi Louis XIII.
Rubens a su rendre vivants les puissants. Peintre des princes, l’exposition nous donne à découvrir ou revisiter quelques-unes des grandes toiles du prince des peintres.

Texte et photos : Philippe Escalier

Jusqu’au 14 janvier 2018
Musée du Luxembourg : 19, rue de Vaugirard 75006 Paris
Tous les jours de 10 h 30 à 19 h – Nocturne tous les vendredis jusqu’à 22 h et tous les lundis du 13 novembre au 18 décembre 2017
Dimanches 24 et 31 décembre, ouvert de 10 h 30 à 18 h
Fermé le 25 décembre
Tel : 01 40 13 62 00

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