Quand l’Espagne continue à montrer l’exemple

Dans Le Monde de ce dimanche 11 juin

Le juge d’instruction
antiterroriste espagnol chargé des dossiers visant l’ETA et son bras politique
Batasuna, Fernando Grande-Marlaska, a dévoilé sa vie de couple homosexuel marié
dans un entretien inédit au magazine dominicial du journal El Pais.

Le magistrat de 43 ans
confie s’être marié en octobre avec Gorka, le compagnon – basque comme lui –
qui partage sa vie depuis neuf ans, profitant de la légalisation du mariage
homosexuel entrée en vigueur l’été 2005 en Espagne à l’initiative du
gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero.

Soumis à rude pression
politico-médiatique en cette période controversée de début de processus de paix
avec l’ETA, le juge de l’Audience nationale raconte avoir eu comme beaucoup
d’homosexuels du mal à faire accepter son inclination.

"Il y a des gens
qui vivent des situations vraiment très dures. Sincèrement, c’est pour cela que
je me suis décidé à accorder cette interview
", déclare ce juge qui ne
s’exprime jamais dans les médias.

"Je ne me sens un
modèle pour personne, mais il y a beaucoup de jeunes qui vivent dans de petits
villages et qui ont la vie difficile. Je pense qu’avec cela, il se peut qu’ils
se disent, regarde, ce type dont parlent tellement les journaux est comme moi,
alors je ne suis pas si bizarre ni mauvais
".

Le magistrat assure
n’avoir pas souffert de son homosexualité dans sa vie professionnelle et se
sent "très aimé à l’Audience nationale" et n’en avoir pas fait
mystère auprès de ses amis, "sans prosélytisme ni exhibitionnisme".

Mais l’aveu de son
homosexualité à sa mère, "un de ces jours qui ne s’oublient pas", le
3 février 1998, fut en revanche un choc mal accepté et "la vie nous a
séparés un temps (…), jusqu’à ce que, en 2004, les choses ne se normalisent
complètement", confie le magistrat.

Le juge Grande-Marlaska
explique aussi avoir quitté en 2003 le Pays basque avec son futur
"mari" pour échapper à son pesant climat politique": "Nous
sommes Basques, mais dans cette société, tout gravite avec excès autour du
nationalisme. Les relations professionnelles, personnelles, l’air que nous
respirions dans la rue, tout était pris dans la dialectique nationalisme oui,
nationalisme non, ETA oui, ETA non. A 40 ans, nous avons décidé de vivre dans
une société où existaient d’autres horizons
".

Anniversaire

Le 6/6/1606 naissait Pierre Corneille

Pourquoi n’y aurait-il que Mozart qui aurait droit à des commémorations fastueuses ?

Et puis, 6/6/1606 fait un excellent excercice de prononciation!

Marie-Antoinette

D’abord Versailles qui s’enflamme avec les banlieues, et maintenant le film sifflé à Cannes, «
Marie-Antoinette » est plus que jamais d’actualité. Il ne nous en
fallait pas davantage pour vouloir un entretien très personnel avec la
dernière Reine de France.

Majesté,
on vient de fêter le 250éme anniversaire de votre naissance, on écrit
des tas de livres sur vous, des articles, (des interviews !), une
américaine produit un film dont vous êtes l’héroïne, vous voici à la
mode !

J’ai
toujours été à la mode : au début encensée, ensuite haïe mais l’on ne
parlait que de moi …J’ai essayé de m’émanciper du statut d’esclave de
luxe que constitue le métier (infernal) de Reine. Quant au film, ma
foi, qu’une américaine parle d’Histoire, n’est-ce pas comme si une
anorexique faisait des livres de recettes ?

Il
est surprenant de constater que vous avez été largement victime de
rumeurs en tous genres, de libelles remplis de propos orduriers
imaginables aujourd’hui. Finalement, vous avez été la première
princesse, pourchassée par la presse, quelle modernité !

Je
m’en serais bien passé ! On a tout dit sur moi, y compris que j’avais
couché avec mon fils ! C’était une vraie chasse à courre, on m’a livré
aux chiens ! Mais vous savez que les peuples ont toujours besoin de
boucs émissaires. Nous sommes, Louis et moi, tombés au plus mauvais
moment : une situation économique terrible, un royaume très endetté, il
fallait tout réformer et personne ne voulait bouger…..cela ne vous
rappelle rien ?

Ainsi donc, vous avez maintenant la tête politique !

Ne soyez pas impertinent… ! Mais
je vais vous donner un scoop : là où nous sommes, Karl Marx a insisté
pour me donner des cours particuliers… Ce brave homme (très macho soit
dit en passant) est tombé amoureux de moi !

Puisque vous abordez le thème de l’amour, plane le doute sur vos liens avec Axel de Fersen…

Un gentilhomme ne poserait pas pareille question !

Je ne suis qu’un roturier !

Ce
fut l’homme de ma vie, cependant les passions ne s’accommodent pas
toutes de la même façon…J’avais pour le Roi une vraie tendresse et il
savait tout, la franchise a toujours été mon plus grand défaut ! Si je
ne lui ai jamais rien caché, il n’a jamais rien eu à connaître qui
aurait pu l’offenser.

Vous considérez-vous comme responsable de la Révolution ?

Que de pouvoirs, Monsieur, vous prêtez aux femmes !

Mis à part ces questions, qu’est ce qui vous amuse avec le recul ?

Qu’après
mille ans d’un même régime, notre pays ait connu 15 constitutions, que
votre République soit si régalienne (et pratique toujours le droit de
grâce !) que votre Premier ministre ait une particule, qu’une de vos
femmes politiques ayant le vent en poupe porte le nom de Royal et
qu’enfin, que les Français achètent en masse des journaux où il n’est
question que de têtes couronnées. Si je vivais aujourd’hui, je serais
une star !

Mais vous l’êtes, Madame, vous l’êtes !

Propos recueillis par télépathie (c’est moins cher que par téléphone !) par Philippe Escalier

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À lire :

Marie-Antoinette. Correspondance (1770-1793), établie et présentée par Evelyne Lever, aux éditions Tallandier – 912 pages – 35 €

Un violon sur le toit

inoubliable !

 

Connu grâce au fameux Ah, si j’étais riche, cette comédie musicale ayant triomphé durant des années à Broadway a été remise au gout du jour au Casino de Paris avec une très jeune troupe qui nous offre un magnifique spectacle, auréolé par deux nominations aux Molières.

 

Tous fans ! Ceux qui ont eu la chance de voir la première série de représentations fin 2005 en sont ressortis l’enthousiasme chevillé au corps. Car il ne manque rien à ce spectacle : ni une histoire émouvante — jamais déformée, un exploit pour une comédie musicale —, ni une troupe unie et convaincante à 200 % ! 

 

Dans le petit village d’Anatevka, Tévye, un laitier juif, tente de marier sa fille aînée tout en essayant (non sans mal) de mettre en harmonie sa vie et ses principes religieux. La communauté juive à laquelle il appartient survit cahin-caha mais dans la bonne humeur, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, avec l’humour salvateur de ceux que la vie malmène sans parvenir à leur ôter l’espoir ni la joie de vivre. Un ordre du tsar les oblige à abandonner leurs maisons pour prendre les chemins de l’exil. Ce récit, inspiré des pogroms russes du xxe siècle naissant, donne lieu à un mélange formidablement réussi, fait de scènes de danses, de chants, d’humour et d’émotion dans lequel la troupe menée par Franck Vincent (remarquable Tévye) s’épanouit pleinement, méritant d’être saluée avec ferveur. Les spectacles musicaux capables de nous apporter autant de bonheur sont rarissimes. Autant dire qu’il convient de s’y précipiter sans tarder !

 

 

Philippe Escalier

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Casino de Paris : 16, rue de Clichy 75009 Paris M° Trinité — du mardi au samedi à 20 h, dimanche 16 h — 08 926 98 926 — http://www.casinodeparis.fr

Le temps de tous les dangers

  

Comment ne pas être inquiet par les signes inquiétants et concordants donnés par notre vieille Europe en crise qui peine à s’adapter à la concurrence internationale. Sa frilosité ferait sourire si, partout, elle ne s’accompagnait d’une montée de l’extrême-droite, et ce y compris en Grande-Bretagne, pays pourtant treaditionnellement éloigné des extrémismes en tous genres.

 

La Pologne amène au pouvoir des intégristes catholiques, antisémites et homophobes, l’Autriche reste un pays en proie à de vieux démons, l’Italie fait des risettes à la petite-fille de Mussolini et la France n’en a pas fini avec les idées qui sentent mauvais. Face aux intransigeances d’une gauche arque boutée sur des corporatismes d’un autre âge, d’une droite divisée et d’une opinion perdue et en manque de repère, le navire soumis à toutes les turbulences est dépourvu de capitaine. C’est toujours dans ces moments-là que les discours brutaux trouvent le plus de résonnance dans l’opinion.

 

Jean-François Revel a écrit un jour « La démocratie aura peut-être été dans l’histoire un accident, une parenthèse qui, sous nos yeux, se referme ».

 

Nous devons rester sur nos gardes pour que cette phrase ne devienne pas le signe d’une trop grande lucidité.

 

 

Philippe Escalier

 

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Samedi 6 mai : Les Follivores

 

 

Histoire de vous mettre en boîte !

 

 

Venez communier entre potes au Bataclan sur les défunts hits des Années 80, hystérisez-vous sur les podiums ou allez apprécier depuis les coursives cette foule déjantée qui hurle à tue-tête du Karen Cheryl. Garçons, filles, gays et hétéros, tout le monde est là !

Branchés, snobs et autres prétentieux, passez votre chemin, les Follivores (un samedi sur deux) sont réservées à ceux qui savent délirer et se lâcher sans complexes. Tous les 15 jours, c’est l’indispensable bol de défoulement et de bonne humeur. Qui a dit que Paris ne savait pas faire la fête ?

 

 

http://follivore.free.fr/

 

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Courte revue de presse

Courte revue de presse commentée à partir des titres du Monde de ce dimanche 30 avril :

 

Jean-Pierre Brunois, repreneur de "France Soir", se dit prêt à garder 65 salariés

 

En otage ?

 

 

Mort de Jean-François Revel

 

Il est parti vérifier ce qu’il savait déjà : Dieu n’existe pas !

 

Décès de l’économiste américain John Kenneth Galbraith

 

Cet économiste meurt à 97 ans. L’avantage de mourir à cet âge là, c’est que l’on meurt deux fois : dans l’esprit des gens puis, longtemps après, en réalité !

 

L’Elysée souhaite recourir à la loi pour permettre l’accès au crédit des malades

 

Super, ils vont pouvoir dépenser comme des malades !

 

 

Les élus UMP doutent de l’avenir de M. de Villepin à Matignon

 

Voilà bien un point sur lequel tout le monde est d’accord !

 

 

Le Paris Saint-Germain remporte la Coupe de France, battant Marseille 2-1

 

Les supporters phocéens sont arrivés en disant qu’ils allaient enc… les Parisiens ! Tel est pris qui croyait prendre !

 

Philippe Escalier

Anniversaire d’Elisabeth II

 

Derrière les images d’Épinal, les idées préconçues, les photos des tabloïds, il reste une réalité : le métier de Reine est le plus dur qui soit. Bien sûr, cette affirmation fera sourire ceux qui ont du mal à trouver du travail ou à boucler les fins de mois, c’est-à-dire pas mal d’entres-nous, mais elle reste vraie. D’ailleurs qui changerait sa situation, même la plus précaire pour ce véritable esclavage, et pour plus d’une semaine… ?

 

La Reine d’Angleterre, Élisabeth II, fête ses quatre-vingt ans le 21 avril. On pensera de la personne ce que l’on veut, on l’imaginera, peut-être, plus chaleureuse, meilleure mère de famille, que sais-je… mais on reconnaîtra qu’elle remplit son métier avec un sens du devoir et du sacrifice, une régularité, une impartialité qui imposent le respect.

 

Un journaliste anglais déclarait l’admirer avant d’ajouter qu’il ne pensait pas qu’elle resterait comme une grande Reine. Curieuse affirmation ! Affirmation gratuite pour rester gentil. Ce serait quoi aujourd’hui, pour ce Monsieur, une grande Reine… ? Un Chef d’État qui déclarerait la guerre à la France et la gagnerait (!), qui multiplierait les frasques sentimentales… qui ferait de grands sourires à des journaux en portant des tenues sexy ! Pourrait-on être sérieux plus d’une minute ?

 

Quand on assume cette fonction pendant cinquante ans, d’une telle manière, sans jamais avoir prêté, de son propre fait, le flanc aux scandales ou aux rumeurs, en étant, depuis cinquante ans et sans discontinuer, malgré ce que disent certains "journalistes du dimanche", la personnalité la plus aimée de son pays, que l’on ne dispose d’aucun pouvoir législatif mais que l’on incarne, par sa fonction et le prestige que l’on a su lui conserver, un  élément unificateur d’un pays toujours sensible aux divisions, on est, que cela plaise ou non, une très grande Reine.

 

Bonne Anniversaire Ma’am

 

Philippe Escalier

Les effets spéciaux

  

Enfants de la révolution informatique, les effets spéciaux, nés avec l’apparition du septième art, viennent de connaître, ces quinze dernières années, des avancées prodigieuses, mises en valeur par le cinéma mais aussi la pub et les clips. Dans ce qui est devenu une véritable industrie, la France fait preuve d’un exceptionnel savoir-faire, porté par quelques sociétés œuvrant pour de très grands films dont certains ont été distingués par la sélection cannoise.

Historique et état des lieux d’un secteur primordial en plein essor

 

 

 

1898 : un mauvais fonctionnement de sa caméra à manivelle permet à Georges Méliès de découvrir qu’il est possible de superposer des images. Ingénieux, celui qui est considéré comme le père des effets spéciaux n’en reste pas là et met au point les ralentis et les accélérés que le cinéma utilise toujours. Il invente d’autre part la seconde grande catégorie d’effets, ceux liés, non plus à la caméra mais aux décors. Ces derniers sont soit projetés sur un écran (« transparence »), soit rajoutés après tournage (« Matte shot »), soit mélangés à des décors construits et peints (« glass shot »).

 

Ces techniques présentent la double utilité de permettre la réalisation de films fantastiques, mais aussi d’amoindrir les coûts et d’assurer la sécurité des comédiens. En son temps, Griffith se déclare hostile à tout trucage mais les utilise pourtant, les décors d’Intolérance ayant failli le ruiner ! Le terme « effets spéciaux » apparait pour la première fois au générique du film de Raoul Walsh What price glory en 1927. La grande crise qui survient deux ans après et qui resserre les budgets, leur fera faire un bond en avant.

 

C’est naturellement à la fin des années soixante que l’informatique révolutionne le genre. 2001 l’Odyssée de l’espace en 1968 en sera un bel exemple, suivi en 1977 par le premier épisode de Stars War. En baptisant sa firme Industrial Light and Magic, George Lucas ne pouvait mieux dire à quel point l’art des effets spéciaux s’apparente à cette magie qui fait partie intégrante du cinéma. De fait, aujourd’hui, ils sont partout, certains films ayant été réalisés intégralement en images de synthèse comme Final Fantasy, film où la prouesse reste davantage technique qu’artistique ! En l’occurrence, une surenchère semble se faire jour entre un public toujours plus gourmand et des techniques toujours plus sophistiquées. De fait, l’utilisation d’effets spéciaux touche toutes les catégories de films, la programmation de Cannes en est le meilleur exemple.

 

Face à cette tendance quasi incontournable, des mouvements de résistance se sont organisés. En 1998, Thomas Vinterberg en présentant sur la Croisette Festen avec lequel il obtient le Prix du Jury ex-æquo, a signé avec Lars von Trier un document solennel, le Dogma 95. À cette occasion, les deux réalisateurs s’engagent à respecter « des vœux de chasteté » : tourner en extérieur, ne pas produire un son séparé et filmer caméra sur l’épaule font partie des « commandements » que Lars von Trier mettra en application, de son côté, avec Les Idiots. Reste que l’emprise du numérique est irrésistible, et que Sony n’a pas hésité à profiter du festival de Cannes pour annoncer le lancement de la haute définition numérique.

 

Des sociétés et des hommes se cachent derrière les réalisations époustouflantes chargées d’éblouir le spectateur. Parmi elles, Buf et Duran Duboi, deux noms français, à la pointe de leur spécialité. Doit s’y ajouter un incontournable, un mythe vivant, Stan Winston.

 

 

Les exceptions françaises

 

Buf a bâti sa renommée sur ses capacités créatives et l’animation en 3 D. La société travaille sur deux sites en région parisienne et dispose d’un bureau sur Los Angeles. Ses effectifs en constante augmentation, oscillent entre 200 et 250 personnes. Seule boite capable d’assumer l’ensemble des effets spéciaux d’un film, Buf, pour Angela de Besson, a réalisé entre 120 et 150 plans ce qui est considérable quand on sait, qu’en moyenne, un film se compose de 1200 plans. Il a fallu pour cela des semaines de travail occupant plus d’une dizaine de personnes. Privilège rarissime, la société est associée à de très grandes productions anglo-saxonnes, (Harry Potter, Batman, 2046…) et ce, malgré le handicap conjugué de la langue et des couts de production, où la France se distingue également ! Ce qui n’empêche pas les grands studios américains de venir frapper à la porte de Buf, souvent poussés par les réalisateurs, comme cela a été le cas récemment avec Oliver Stone pour Alexandre.

 

Membre de la société Duran, créé en 1983 par Pascal Hérold et Benoît Maltaverne à un moment où l’on reste encore sceptique sur l’influence de l’ordinateur sur le septième art, Duboi s’est spécialisée dans les effets spéciaux. Dans un premier temps, son domaine d’action reste très européen mais s’est élargi à l’international, depuis l’arrivée en son sein de Quinta Industries. À son actif, quelques grands films français comme Jeanne d’Arc, Astérix et Obélix, Taxi2 et l’Alien de Jeunet. Avec ce réalisateur, c’est une longue histoire d’amour commencée avec le tournage de Delicatessen en 1990 et dont Un long dimanche de fiançailles constitue le dernier épisode en date.

 

 

Stan Winston : une légende

 

Celui qui restera dans l’histoire du cinéma comme le spécialiste des effets spéciaux, couronné dans sa catégorie par quatre Oscars, débarque à Hollywood en 1968 pour y entamer une carrière de comédien qui n’aura guère de succès. Il entre alors chez Dysney comme apprenti maquilleur où il se découvre un goût pour la fabrication de créatures effrayantes. James Cameron lui confie le maquillage de Terminator 2. Jurassik Park, où il donne aux dinosaures numériques des allures réalistes et où il parvient à mélanger images de synthèses et images réelles, lui apporte un succès « monstre ». Des prouesses lui valant de collaborer avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT) sur le projet d’ordinateur le plus « intelligent » de tous les temps.

 

 

Basées sur des logiciels construits sur mesure pour des ordinateurs spéciaux parfois installés dans des pièces réfrigérés, la technique des effets spéciaux a proprement révolutionné le cinéma. Pourtant, on ne peut s’empêcher de songer que les horribles créatures qui ont, naguère, terrorisé des générations de spectateurs, étaient fabriquées avec trois fois rien. La peur qu’elles suscitaient, nourrie par une ambiance kitch si particulière, avait l’avantage de leur donner des allures presque réelles. Une évidence (teinté d’une certaine nostalgie) qu’avec ses mots Tim Burton a bien résumé : « Ironiquement, plus les effets numériques s’approchent du réalisme, moins ils sont réalistes. »

 

Photo Orly Films

 

Philippe Escalier

 

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