Myriam Boyer dans La Corde

Studio Marigny

Cette pièce de Patrick Hamilton, donnée pour la première fois à Londres en 1929, est rendue célèbre par le film d’Alfred Hitchcock. Elle est créée en France pour cette rentrée 2025 dans une mise en scène de Guy-Pierre Couleau et une belle distribution à laquelle participe Myriam Boyer.

Myriam Boyer

C’est sur le tournage des « Misérables » de Fred Cavayé que Myriam Boyer a pris le temps de nous parler de la pièce. « L’opportunité de la jouer m’a été donnée par Lilou Fogli, qui est ma belle-fille et qui en est l’adaptatrice avec Julien Lambroschini. Après la lecture, j’ai trouvé que c’était une belle adaptation. Mon personnage, la mère de l’un des deux garçons, est une vraie bourgeoise, c’est vraiment un contre-emploi, ce qui est toujours très excitant à jouer. Et je trouve intéressant et très singulier le fait que le public sache ce que nous, sur scène, nous ignorons. »
Avec sa générosité habituelle, Myriam Boyer nous confie : « Dans « La Corde », je retrouve le plaisir que j’ai eu dans « Chère Elena » au Théâtre de Poche », à savoir être entourée de jeunes artistes. Qui plus est, nous sommes nombreux sur scène (cela devient rare!) et avec le talent de Guy-Pierre Couleau nous allons faire un spectacle très théâtral ». Une performance qui se situera dans la continuité de tous les grands moments qui ont émaillé la carrière de Myriam Boyer. Au cinéma comme au théâtre, elle a toujours su toucher le public au cœur comme ce fut le cas avec « Juste un souvenir », seul en scène très personnel dans lequel elle interprète en comédienne de grands textes de la chanson, et qu’elle entend reprendre bientôt. Incontestablement, cette magnifique actrice qui affiche avec un grand sourire ses 77 ans, tient la corde !

Guy-Pierre Couleau, metteur en scène

Portrait d'un homme aux cheveux bruns, portant une chemise noire, assis devant un mur violet.

Cet acteur de formation, qui a très vite fait de la mise en scène son terrain de prédilection, a monté les plus grands auteurs, classiques ou contemporains. D’entrée de jeu, « La Corde » ce thriller (genre rare au théâtre) l’a séduit par son sujet, un affrontement idéologique allant jusqu’au meurtre. « Cette pièce nous propose une exploration de la face sombre de la psychologie humaine, avec la tentation du mal, le complexe de la supériorité intellectuelle ou de la suprématie raciale, couronnée par la transgression morale et les conséquences qui en découlent. L’adaptation a permis de la réactualiser en la situant dans les années 50 à Paris, dans une période perturbée par des guerres coloniales ».
« La Corde », et c’est son originalité, joue sur trois registres, suspens, humour et horreur. Construite comme un épisode de « Colombo », le public assiste à l’enquête en connaissant d’entrée les meurtriers qui, sûrs d’eux-mêmes et dominateurs, multiplient les provocations. Les tensions du premier acte sont atténuées par les moments d’humour assez grinçants qui traversent le second. Le tout porté par un magnifique sextuor sur lequel Pierre-Guy Couleau dit n’avoir eu aucune hésitation. « Les deux jeunes acteurs principaux sont terriblement doués et ont la beauté du diable, Thomas Ribière qui jouait Laerte dans ma mise en scène d’Hamlet en 2021 et Audran Cattin, une révélation qui a déjà un superbe parcours. Grégori Derangère qui va mener l’enquête est un atout pour ce spectacle tout comme Myriam Boyer, Lucie Boujenah et Martin Karmann ».

Philippe EscalierPhotos © André Muller

La Corde au Studio Marigny

Cette pièce de Patrick Hamilton, donnée pour la première fois à Londres en 1929, a été rendue célèbre par le film d’Alfred Hitchcock avec James Stewart en 1948. Sa création en France pour cette rentrée 2025, avec une superbe distribution dans une mise en scène de Guy-Pierre Couleau, donne lieu a un huis-clos d’une formidable intensité.

Si la pièce est ancienne, les thèmes qu’elle aborde restent d’actualité. Pour les résumer, une paraphrase de Rabelais, « pouvoir sans morale n’est que ruine de l’âme », conviendrait parfaitement. « La Corde » explore la face sombre de la psychologie humaine en lui apportant, autour de l’éthique et du pouvoir, une touche philosophique qui se conjugue avec des dialogues souvent très drôles et un suspens digne des meilleurs thrillers. Impossible d’en dire plus, le genre supportant mal que l’on déflore le sujet. Laissons donc le spectateur aller de surprises en surprises en découvrant une intrigue enrichie par l’adaptation signée Lilou Fogli et Julien Lambroschini qui ont su la remettre au goût du jour et lui donner une belle dynamique.

Le travail de Guy-Pierre Couleau séduit par sa subtilité et son efficacité. Sa mise en scène permet à la remarquable distribution de donner le meilleur. Les deux acteurs principaux, Audran Cattin et Thomas Ribière, en jeunes cadres surs d’eux-mêmes et dominateurs, transformant un crime en jeu mondain, s’imposent avec un brio confondant et portent ce spectacle à des sommets que l’on croyait inaccessibles. Myriam Boyer est, comme toujours, magnifique et touchante dans un rôle délicieux à contre-emploi. Grégori Derangère qui mène l’enquête, Lucie Boujenah et Martin Karmann sont à l’unisson. Cette pièce qui commence et se termine par deux moments forts a l’art de séduire un public heureux de commencer la saison pour un spectacle de cette trempe où, si l’on meurt, ce n’est assurément pas d’ennui !

Philippe Escalier – Photo © Bertrand Exertier

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