Vladimir Kornéev chante Dalida

Théâtre des Gémeaux Parisiens

Les 28 et 29 avril 2025 le chanteur Vladimir Kornéev donnera un concert autour de Dalida au Théâtre des Gémeaux Parisiens. Une occasion unique de découvrir un jeune artiste prometteur à la carrière internationale déjà bien amorcée. Avec lui, nous revenons sur sa trajectoire et ses premiers pas sur une scène française.

Vladimir Kornéev est né en Géorgie. À cinq ans, la guerre l’oblige à quitter son pays. Ses parents s’installent à Berlin. Une période difficile que sa carrière artistique lui permet de dépasser : pour cet apatride, la scène est devenue sa patrie. « Mon enfance a été marquée par de nombreux traumatismes et jusqu’à 17 ans, il m’était difficile de parler du fait d’un bégaiement assez prononcé. Le piano d’abord, plus tard le chant et le théâtre m’ont permis de guérir ce défaut. La musique a toujours été mon moyen d’expression le plus profond. Mais elle a été plus que cela en vérité, elle m’a permis de survivre et de surmonter toutes les difficultés. Sur scène, je me connecte à mon public, je peux respirer, je suis apaisé. C’est un point commun avec Dalida que ce besoin de trouver un foyer et une sécurité sur scène. »

C’est à Berlin où il vit qu’il lance, entre 2014 et 2019, ses trois premiers albums récitals, avant de faire, en 2021, ses débuts au Canada avec l’orchestre Philharmonique du Québec. En 2023, les Allemands découvrent son nouveau concert « Le Droit d’aimer » qui deviendra pour la France, l’année suivante, « La Vie en Piaf ».

La venue à Paris de Vladimir Kornéev est d’abord le fruit de sa collaboration avec son manager, Lionel Lavault, un parisien habitant à Montréal. « Il m’a découvert sur You Tube où il a vu mon concert « Youkali » autour de Kurt Weill. Il m’a contacté. Il travaille avec la grande chanteuse Ginette Reno, ce qui m’a permis de donner un très beau concert avec elle. Notre duo intitulé « Le bon côté du ciel » a connu le succès et a rapidement atteint le statut de disque de platine après sa sortie. » Cette étape importante dans sa carrière est aussi l’aboutissement d’une passion pour la langue française et les deux grands noms de la chanson que sont Edith Piaf et Dalida, si présentes dans son parcours. Un choix essentiel pour lui ayant motivé l’envie d’apprendre le français. Il le parle aujourd’hui couramment, comme le russe, l’allemand et l’anglais.

Vladimir Kornéev travaille avec les producteurs Les Lucioles. « Nous avons eu la chance de trouver Les Gémeaux qui ont le double avantage d’avoir une tradition de théâtre et une salle convenant parfaitement à mon spectacle. Je suis acteur et mon spectacle de chant est bien sûr mis en scène. J’ai beaucoup travaillé les arrangements avec Jean-Félix Lalanne ainsi que la création d’un fil dramatique : atmosphères, transitions, ambiance. Les textes et récits entre les chansons, je les ai écrits avec le scénariste berlinois Paul Schulz. Je conçois toujours mes concerts comme un film ! ». Une vision toute particulière mais si naturelle pour un artiste qui est aussi un excellent acteur. Nous avons pu le voir à l’écran à plusieurs reprises, notamment dans la série Netflix « L’Impératrice » où il incarne le tsar Alexandre II.

Vladimir Kornéev confie que Dalida est pour lui bien plus qu’une chanteuse. « C’est une immense actrice ayant vécu entre la lumière et l’ombre qui incarne chaque émotion avec une intensité incroyable. Ses chansons portent une vérité universelle sur l’amour, l’espoir, la solitude aussi et ce, même quand elle est dans un style disco. Elle fait vibrer quelque chose en moi que je ne peux pas expliquer. Avec ce spectacle, je ne rends pas seulement hommage à son héritage, je réponds à un appel intérieur profond qui m’a conduit vers sa musique. « Je suis malade » est la toute première chanson française que j’ai apprise, et la première version que j’ai entendue est celle de Dalida. Ce fut le moment où j’ai compris ce que je voulais faire dans ma vie, être un chanteur qui par sa voix et ses interprétations déclenche chez les autres toutes les émotions que j’ai moi-même ressenties. »

Les deux soirées aux Gémeaux Parisiens seront une occasion unique d’entendre et de découvrir Vladimir Kornéev. En attendant ses prochaines dates en France qui ne manqueront pas de venir très rapidement.

Philippe Escalier – Photo © Lisa Reider

https://www.vladimirkorneev.com

Tangueada – Mosalini-Teruggi Cuarteto

Théâtre de la Ville

Après avoir ébloui le Théâtre des Abbesses en décembre 2024 et avant de partir en tournée, le Mosalini-Teruggi Cuarteto vient fêter ses dix ans d’existence en présentant « Tangueada » leur 3eme et tout nouvel album à Paris. On ne pouvait rêver plus bel anniversaire !

Entre créations originales et interprétations des classiques, Juanjo Mosalini (bandonéon) et Leonardo Teruggi (contrebasse) incarnent ce que le Tango contemporain produit de meilleur. Ces dignes héritiers de Hilario Durán, Alberto Ginastera et d’Astor Piazzolla ont su apporter à leur musique des influences d’autres pays d’Amérique Latine ou de l’univers du jazz. Un mariage aussi réussi que celui qu’ils ont voulu célébrer dans ce troisième album entre le Tango et la musique de chambre française avec Romain Descharmes au piano et Sébastien Surel au violon.

Cet ensemble qui n’aurait pas à rougir devant les meilleures formations classiques, nous laisse à entendre les sonorités les plus envoutantes et les plus vives que le genre puisse produire. Le raffinement et la sensualité de cette musique, traditionnelle et moderne à la fois, emporte le public sur des chemins jamais pratiqués jusqu’alors. Ce voyage musical, agrémenté d’un narratif, d’une remarquable sensibilité, construit autour de l’Histoire du Tango vu par le Quatuor Mosalini-Teruggi est exceptionnel en tous points. Cette expérience unique permet de redécouvrir le Tango dans ce qu’il a de plus original et de plus beau. De la grande musique assurément !

Philippe Escalier

Affiche pour le concert de Mosalini Teruggi Quartet, intitulé 'Tangueda', mettant en avant l'élégance du tango argentin. Dates et lieux des concerts listés en bas.

Carmen d’Antonio Gades et Carlo Saura

Salle Pleyel

Pour les 43 ans du ballet et les 150 ans de la création de l’opéra de Bizet, la Compagnie Antonio Gades entreprend une vaste tournée qui comprend 3 dates à la Salle Pleyel, les 21, 22 et 23 mars 2025.

Après « Don Juan » et « Noces de Sang », « Carmen » est le troisième ballet narratif d’Antonio Gades. Comme tous les autres, il a rencontré en 1983 un immense succès couronnant sa toute première collaboration avec le cinéaste Carlos Saura, qui la même année le porte à l’écran. De fait, l’œuvre s’imposera comme une réalisation majeure du chorégraphe.

Dans « Carmen », Antonio Gades revient à la véritable figure créée par Prosper Mérimée, une femme qui, loin de la séductrice impénitente, est d’abord et surtout le symbole vivant de la libération de la femme. Une modernité et une audace folle pour l’époque qui expliquent le fiasco vécu par Bizet à la création le 8 mars 1875 à l’Opéra-Comique.

Danseurs et danseuses en costumes colorés sur scène, exécutant une chorégraphie rythmée avec des jupes tournoyantes.

Antonio Gades ne se contente pas de reproduire le flamenco traditionnel. Il lui donne un style plein d’énergie et l’intègre dans une narration. Sa danse, sans fioritures, évite toujours l’excès technique et privilégie la force expressive du mouvement. Avec Carlos Saura, il adopte une approche cinématographique et dramaturgique où la danse et le geste théâtral fusionnent, donnant à l’histoire toute son intensité et toute sa dimension. Les jeux de lumière structurent l’espace, laissant apparaitre la simplicité des lignes et des costumes. C’est dans ce cadre que s’exprime la puissante dynamique du groupe, puisant sa force dans la gestuelle populaire et le chœur flamenco.

Deux danseurs s'embrassent passionnément sur scène, l'un en chemise blanche et l'autre en robe rouge, accompagnés de spectateurs en arrière-plan.

Au sein de cet ensemble très homogène, une place particulière est faite aux deux danseurs remarquables que sont Esmeralda Manzanas dans le rôle-titre et Alvaro Madrid qui incarne Don José. Ce dernier a rejoint la compagnie en 2013, tout en continuant quelques collaborations avec le Ballet National d’Espagne. Le danseur étoile a pu travailler ce rôle fondamental dans sa carrière (il l’interprète pour la première fois en 2015) avec l’aide de Stella Arauzo, la directrice artistique du ballet.

Avec « Carmen », la compagnie Antonio Gades qui a toujours su rendre le mouvement si éloquent nous propose de célébrer le mariage d’une figure mythique de la culture espagnole avec l’opéra français le plus célèbre du monde. Dans ces conditions, personne ne doute que Salle Pleyel, dans quelques jours, une fête éclatante sera au rendez-vous !

Philippe Escalier

Photos : © Jesús Vallinas ; © Javier del Real

Argument, chorégraphe et direction Antonio Gades et Carlos Saura
Mise en scène : Antonio Saura
Musique : Gades, Solera, Freire.
Musique enregistrée de Georges Bizet Carmen, M. Penella El gato Montes et José Ortega Heredia/Federico Garcia Lorca Verde que te quiero verde
1 h 35 sans entracte

Affiche de ballet 'Carmen' d'Antonio Gades et Carlos Saura, mettant en avant une danseuse en robe rouge sur fond noir. Informations sur les représentations et les lieux sont indiquées en bas.

Lille : le 8 mars 2025 au Grand Théâtre
Anvers : le 9 mars 2025 au Stadsschouwburg
Lyon : le 11 mars à l’Amphithéâtre 3000
Strasbourg : le 12 mars au Palais des Congrès
Annecy : le 16 mars à l’Arcadium
Nice : le 18 mars au Palais Nikaïa
Marseille : le 19 mars au Silo
Paris : le 21, 22 et 23 mars à la Salle Pleyel
Nantes : le 25 mars au Zénith

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑