C’est à une belle et douce ballade sur les chemins de la curiosité et de l’amour des livres que nous invite Cliff Paillé à l’Essaïon. En compagnie de Pauline Phélix, son histoire est écoutée et vécue par le spectateur avec curiosité et gourmandise.
Si la lecture est à l’esprit ce que l’exercice est au corps comme l’a dit un écrivain britannique, Paul semblait beaucoup plus fait pour pour courir après un ballon que pour effeuiller des ouvrages. Élevé dans un foyer divisé, en proie aux disputes, où les livres étaient inexistants, entouré de copains dotés d’une appétence pour l’écrit proche de zéro, il ne doit sa dévorante passion pour les romans qu’à une institutrice pédagogue et convaincante et une grand-mère, mamie Louise, aimante, protectrice et dévoreuse de bouquins. C’est ce basculement progressif vers la chose livresque (que l’on imagine assez autobiographique) que Cliff Paillé entreprend de nous narrer. Il nous entraine pour ce faire, sur les traces de Paul, âgé de dix ans quand le hasard d’un remplacement lui présente une maîtresse qui redouble d’inventivité pour lui parler du plaisir de lire, utilisant une méthode ludique, proche de la maïeutique. Car il fallait un remarquable savoir-faire pour surmonter le sempiternel et rédhibitoire « j’aime pas ! » habituellement lancé comme fin de non recevoir par les plus jeunes. Syntaxe, grammaire, allégorie, sens caché, vocabulaire, questionnaire, tout est bon pour que notre jeune réfractaire, subitement sollicité, subtilement stimulé réponde à l’appel, s’intéresse enfin avant de finir boulimique, enchaînant livres sur livres. Plus jamais terra incognita, la lecture devient pour lui, aventure, machine à nourrir l’imaginaire et fenêtre ouverte sur le monde.
C’est dire que Tant qu’il y aura des coquelicots raconte une bien belle histoire, de celle que l’on aurait envie de lire, (justement!) bien au chaud dans un grand fauteuil, armé d’une simple tasse de thé. Ici, le récit nous est servi par l’auteur, Cliff Paillé, (avec une dizaine de pièces à son actif, il prouve qu’il n’est pas que lecteur), incarnant le jeune héros et passant allègrement de l’adulte à l’enfant. Face à lui, Pauline Phélix nous séduit par la richesse et la grâce de son jeu. Le duo fonctionne parfaitement, et l’on écoute avec plaisir ce dialogue aux qualités assez protéiformes : à la fois simple, naturel, porteur de messages, didactique sans être pesant, il nous donne ce que l’on aime trouver au théâtre, un beau récit plein d’originalité. Si l’on y ajoute l’hymne au plaisir de lire et les références à la littérature ou à la chanson à texte savamment saupoudrées, l’on comprend qu’il n’y a aucune raison de bouder son bonheur.
Philippe Escalier
Essaïon : 6, rue Pierre au Lard 75004 Paris
Jusqu’au 23 novembre : jeudi, vendredi et samedi à 19 h 30
http://www.essaion.com – 01 42 78 46 42


L’histoire des principales sonates de Beethoven par le pianiste Pascal Amoyel au Ranelagh est un pur enchantement. Car ce récit musical palpitant, loin des sentiers battus, est aussi l’occasion de découvrir un authentique portrait, subtil, émouvant et terriblement attachant du compositeur. Un moment d’une rare intensité !
Sur le thème de la quête d’emploi, Anne Bourgeois a écrit un spectacle original qu’elle met en scène, interprété avec beaucoup de sensibilité par Laurence Fabre. Ensemble, à l’Essaïon, les deux artistes nous offrent un moment drôle et émouvant.
Une mise en scène imaginative et loufoque de Ladislas Chollat et une troupe remarquable rajeunissent cette pièce d’Agatha Christie, donnée à La Pépinière théâtre, pour en faire un moment jouissif et plein d’humour auquel on adhère sans réserve.


Ce spectacle, à l’affiche des Mathurins, qui pourrait être sous-titré « Mémoires d’une jeune fille dérangée » mêle histoire familiale et histoires d’amour, psychoses et folie douce, avec une bonne dose de délire et d’humour noir.

Mélangeant allègrement tous les codes, musical hall, opérette, théâtre, construit aussi bien pour un public jeune que pour les adultes les plus exigeants, L’Amour vainqueur est l’un des moments les plus euphorisants du 73e festival d’Avignon.
Ce roman d’Alexandre Jardin a donné lieu à une superbe adaptation de Fannie Lineros qui met en scène une jeune troupe talentueuse et dynamique venue nous offrir avec une générosité sans limite un moment de théâtre jubilatoire.




La découverte de ce texte, magistralement joué au Théâtre des Barriques par son auteur, Geoffrey Rouge-Carrassat, est un formidable choc ! Du théâtre à l’état pur !
