Anna attend l’amour

©Philippe Escalier_DSC_8432Ce spectacle, à l’affiche des Mathurins, qui pourrait être sous-titré « Mémoires d’une jeune fille dérangée » mêle histoire familiale et histoires d’amour, psychoses et folie douce, avec une bonne dose de délire et d’humour noir.

Vincent Fernandel et Elisa Ollier, qui est aussi l’interprète du spectacle, ont décidé de s’emparer du sujet de l’impact des dérèglements mentaux sur la vie familiale et sentimentale et plus particulièrement ses effets sur la recherche éperdue de l’amour. Ils l’ont fait d’une manière fort peu conventionnelle, faisant en sorte que la folie soit omniprésente, sous des formes diverses, mais sans lourdeur, allégée par l’indispensable adjuvant fédérateur qu’est le rire, fut-il grinçant. Et de fait, c’est à un objet théâtral non identifié qu’ils nous convient, déroutant certes, mais au final réussi. Ce seul en scène qu’il est impossible de définir et qu’il est préférable de ne pas résumer, présente donc un premier avantage, celui de l’originalité. À quoi il faut ajouter son côté déconcertant, les deux auteurs ayant décidé de ne faire aucune concession et d’aller au bout, à la fois de leur démonstration (de près ou de loin, ils ne seront pas si nombreux ceux qui ne se reconnaîtront dans aucun moment du spectacle), de leur fantaisie débridée et de leur volonté de nous faire rire, sans quoi Anna attend l’amour eut été un texte aux aspects un peu trop « cliniques ». Et ce savant mélange fonctionne bien. Elisa Ollier a le talent de pouvoir tout jouer, elle le fait avec brio, toujours avec délicatesse et une rigoureuse justesse. Samuel Sené a su la mettre en valeur avec une mise en scène au cordeau, faisant vivre le texte avec toute l’intensité qu’il mérite, nous faisant vibrer comme devant l’épisode d’une excellente série. Avec Vincent Fernandel, coach d’acteurs venu de l’audiovisuel, qui signe là son premier texte joué au théâtre, nous avons un trio parfaitement à l’unisson. Leur association permet au spectateur de passer un moment, inoubliable à plus d’un titre, grâce à un texte tempétueux formidablement interprété. Nous ne pouvons par conséquent que vous conseiller de faire cette balade dans un cerveau agité, et ce, sans attendre.

Texte et photos : Philippe Escalier – Photos tous droits réservés

Théâtre des Mathurins – Petite salle : 36, rue des Mathurins 75009 Paris
Jusqu’au 7 septembre : du mardi au samedi à 19 h
Du 9 septembre au 17 décembre : les lundis et mardis à 19 h
01 42 65 90 00 – http://www.theatredesmathurins.com

©Philippe Escalier_DSC_8543AAA def - copie

A propos Sensitif

Journaliste, photographe, éditeur du magazine Sensitif : www.sensitif.fr
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