Christian Hohn, baryton de « Rêves »

Ses récitals du 17 mai et du 14 juin 2024 sont l’occasion de découvrir Christian Hohn, un jeune baryton, allemand de naissance et parisien d’adoption. Avec lui, nous sommes revenus sur son parcours et le programme des deux soirées sur le thème du rêve, données au Studio L’Accord Parfait à Paris.

Vous avez déjà donné quelques représentations « Träume- Rêves ». Quand et comment ce récital est-il né ?

Nous l’avons créé en février 2023 à Mons dans une salle prêtée par l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie. J’ai rencontré ma collègue et désormais amie, la pianiste Katia Weimann en 2017 sur « Les Noces de Figaro ». L’entente entre nous est parfaite, ce qui est indispensable dans ce genre de concert, où chanteur et pianiste sont si proches. Le fait de travailler ensemble depuis longtemps est précieux.

Au moment de composer notre programme, nous nous sommes donnés beaucoup de libertés. Nous voulions exposer nos deux cultures, Katia étant française même si son nom sonne aussi allemand que le mien, avec des œuvres qui font partie de notre panthéon commun, autour du thème du rêve au sens large (la nuit, l’espoir, la nostalgie). Nous avons rassemblé douze compositeurs, dont Strauss, Brahms, Ravel et Debussy pour dix-sept mélodies qui concrétisent parfaitement le mariage de la musique et de la poésie.

À quand remonte ce désir de chanter ?

Cela m’est tombé dessus un peu sur le tard. Je n’ai pas grandi avec la musique classique pour laquelle j’avais certains a priori comme cela arrive souvent. J’ai toujours eu une passion pour le chant qui se matérialisait à travers la soul ou le jazz. Le déclic se fait en arrivant à Paris en 2010, où j’ai déménagé en même temps qu’une amie chanteuse qui venait y faire ses études. J’ai pu alors assister à ses concerts, découvrir le chant lyrique, ressentir les sensations et les émotions apportées par la voix. À ce moment-là, je faisais un master en médiation culturelle qui devait me permettre de travailler pour la scène. D’évidence, c’était une façon de me cacher derrière mon vrai rêve : être sur scène et chanter.

Après avoir sauté le pas, quelles formations avez-vous suivies ?

J’ai commencé à prendre des cours dans les conservatoires d’arrondissement à Paris. J’ai fait ensuite un cycle spécialisé au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris. J’ai suivi une formation au Pole Lyrique d’Excellence de Lyon avec Cécile De Boever qui a été mon enseignante pendant plusieurs années.

Après ce parcours, j’ai rencontré mon professeur, Neil Semer pour des cours privés ponctuels mais intensifs. Ces formations destinées à des professionnels sont particulièrement utiles quand il s’agit d’aborder un nouveau répertoire ou un nouveau rôle. C’est avec Neil Semer que je me suis préparé à interpréter en août prochain le comte Almaviva dans « Les Noces de Figaro » avec le Lyric Opéra Studio de Weimar. Par ailleurs, je suis aussi des cours à l’Arcal, une compagnie ayant fondée La Jeune Scène Lyrique où sont données des masters class sur des thématiques précises.

Comment envisagez-vous votre progression vocale future ?

Aujourd’hui, on se spécialise moins qu’autrefois. Il est de plus en plus indispensable d’être polyvalent, sans pour autant bruler les étapes. De fait, certains compositeurs comme Verdi ou Puccini demandent une certaine maturité et, de par l’importance des parties orchestrales, exigent une ampleur vocale, sans parler des capacités à jouer des personnages et à se glisser dans des mises en scène pouvant être exigeantes.

Mais concrètement, j’aimerais aborder prochainement des rôles tels que Silvio dans « Pagliacci » (Leoncavallo) ou encore Marcello dans « La Bohème » (Puccini). Les rôles que je rêverais de chanter dans quelques années seraient plutôt Germont dans « La Traviata » (Verdi), Valentin dans « Faust » (Gounod) ou encore le rôle-titre dans Hamlet (Thomas).

Pendant un récital où la proximité avec le public est grande, que ressentez-vous ?

Chaque concert est différent. Je n’ai jamais éprouvé deux fois la même chose. Je ressens beaucoup l’énergie de la salle qui, par définition, varie selon le public.

Seul devant le piano, on se sent comme mis à nu. Le récital est dépourvu de dimension théâtrale et on est là pour partager une musique douce et très intime. Dans notre programme, figurent quatre airs d’opéra mais ensuite, ce sont des mélodies ou des lieder. Le chanteur est plus un conteur qu’un personnage et forcément cette intimité permet un moment de partage toujours très intense. 

Propos recueillis par Philippe Escalier – Photo concert : © Sylvain Crasset – Portraits signés © Gilles Erard

Irish Celtic, Spirit of Ireland

Les plus chanceux ont pu les admirer aux Folies Bergère tout récemment. Le Palais des Congrès offre le 14 avril 2024 une occasion de les revoir à Paris, avant une tournée, forcément triomphale !

La danse, la musique, l’humour et une troupe au taquet, les Irish Celtic ont tout pour rendre leur public heureux. Les danses irlandaises sont connues pour le rythme fou et la formidable énergie qu’elles dégagent, si emblématique de la fougue de la nation celtique.. En talons renforcés, la troupe de danseurs se dépense sans compter sur scène : chacune de leur prestation est une compétition chorégraphiée pendant laquelle les figures les plus spectaculaires sont réalisées. Qu’ils valsent, qu’ils fassent des claquettes, en solo ou en groupe, c’est toujours avec la même force qu’ils viennent virevolter sous nos yeux, nous laissant admirer un jeu de jambes d’une agilité confondante.

Leurs numéros se déroulent dans un grand pub typique, dont le patron, le vieux Paddy, un peu porté sur la boisson (truculent Toby Gough), avec une faconde étourdissante, vient raconter, l’histoire. Il se trouve que c’est également celle de ce magnifique pays ayant résisté à toutes les catastrophes, les anglais étant inclus dans le lot ! À la danse se mêle donc un récit plein de jovialité, qui raconte aussi une transmission, celle que réalise Paddy en faveur de son fils, Diarmuid, jeune et insouciant comme il se doit, interprété par le talentueux Ciaran Mac Manus. Autour d’eux, c’est tout un ensemble de danseurs qui nous en mettent plein la vue. Plus extraordinaires les uns que les autres, il est impossible de résister à l’incroyable ambiance qu’ils font régner tout du long devant un public subjugué. Derrière eux mais bien présents, cinq musiciens rendent le spectacle plus vivant encore, si tant est que ce soit possible. Tout est réuni pour que, l’espace de deux heures, le public français s’évade vers une Irlande belle et fière que l’on ne quitte qu’à regret.

Irish Celtic sera en avril 2024 : à Bayonne le 16 – à Pau le 18 – à Toulouse le 21 avril

Texte et photos : Philippe Escalier

Marc Tourneboeuf

Théâtre du Marais

Avec « L’impatient ou le fol optimisme de ceux qui se mangent des murs », Marc Tourneboeuf signe son deuxième seul en scène et confirme son talent et son goût pour les sous-titres à rallonge !

Une chose est sure : on serait bien en peine d’accuser Marc Tourneboeuf d’autosatisfaction. Son sens de l’autodérision est, encore une fois, tout entier mis au service de formules assassines (et si drôles) qui ponctuent sans relâche son dernier spectacle. Après nous avoir conté sa Berezina sentimentale dans son premier opus, le voilà qui revient pour nous narrer sa vie de comédien ressemblant à une salle d’attente où serait projetée en boucle la bataille de Waterloo. Rien de tout ce qui est prévu n’arrive. Le producteur est plus difficile à déplacer que la Tour Eiffel, son agent atteint d’un Alzheimer précoce, ne se souvient jamais de lui, son psy s’évertue à lui laisser faire le boulot, tous ces grands moments de solitudes s’accompagnent de scènes de la vie quotidienne que le comédien, qui ne manque pas d’imagination, a l’art de rendre irrésistibles. La copine espiègle, la petite amie frivole, l’intervention du beau-frère par caméra vidéo interposée en plein rendez-vous coquin, les petits et grands épisodes groquignolesques ne manquent pas. Tous sont marqués par un remarquable sens de la formule. Magicien du lexique, dompteur de mots, Marc Tourneboeuf adore jouer sur les consonances qui déroutent allégrement un public hilare. Nul n’a plus que lui l’art de la situation improbable, ni la capacité de dépeindre les absurdités que l’on rencontre tous les jours. Son spectacle, mené à un rythme d’enfer, a pour particularité d’être une description extraordinaire de tout ce qui pourrait faire son ordinaire. Cette aptitude à utiliser l’humour pour dépeindre ses semblables de façon aussi imagée et jubilatoire est l’une des nombreuses qualités d’un artiste que nous sommes toujours impatients de retrouver sur scène !

Texte et photo : Philippe Escalier

«The Rocky Horror Show» au Lido 2 Paris

Rencontre avec le metteur en scène Christopher Luscombe

50 ans après sa création, le rock’n’roll musical culte de Richard O’Brien revient enchanter les Parisiens. Son metteur en scène, Christopher Luscombe, aborde avec nous son parcours et nous parle de cette grande fête contagieuse et transgressive autour des fiancés Brad et Janet, du docteur Frank-N-Furter et sa créature musclée, Rocky.

Christopher, vous qui avez travaillé au théâtre, à l’opéra et dans la comédie musicale, diriez-vous que le mélange des genres est l’une de vos caractéristiques ?

Je le crois en effet. J’ai toujours essayé de continuer à faire des choses différentes. J’ai été acteur pendant 17 ans et je suis metteur en scène depuis plus longtemps encore, et vous avez raison, j’ai un penchant pour varier les plaisirs. Cette année, j’ai fait « Rocky Horror » à Sydney, « Gypsy » à Tokyo en passant par « Le Barbier de Séville » à Garsington et « Private Lives » à Londres soit une comédie musicale rock, une comédie musicale de Broadway en japonais, un opéra en italien et une pièce de théâtre. Je suppose que ce qui les unit tous, c’est la comédie. J’ai tendance à travailler avec du matériel comique, quoique dans des genres très différents. Cela dit, mon prochain opéra est « Tosca », c’est effectivement très sérieux, mais j’ai pensé qu’il serait bien pour moi de faire quelque chose qui ne repose pas sur le rire !

Pour quelle raison avez-vous choisi « Rocky » ?

Je n’avais jamais vu « Rocky Horror » lorsqu’on me l’a proposé il y a 18 ans, et je n’aurais jamais imaginé le réaliser. Mais j’en suis tombé amoureux de ce show où Richard O’Brien a si bien mêlé le glamour et la fantaisie macabre. Cela a été le spectacle le plus heureux et le plus gratifiant sur lequel j’ai travaillé, partout dans le monde. Il m’a ouvert des portes et un nouveau public tout en générant de nombreuses opportunités. Je pense qu’il est bon de se lancer dans des projets inattendus, car ils vous lancent des défis et vous font travailler plus dur, c’est idéal pour moi qui aime bousculer les choses.

Comment avez-vous fait votre casting pour Paris ?

Les acteurs qui vont jouer à Paris font partie du spectacle depuis un certain temps, jouant dans le West End de Londres et en tournée au Royaume-Uni. Certains d’entre eux sont en production depuis plusieurs années et ils sont si merveilleux que nous les avons invités à continuer, et ils n’ont pas eu besoin de beaucoup de persuasion ! Nous plaisantons en disant que c’est comme une famille, et parfois les gens s’éloignent et font autre chose, avant de revenir au bercail. « Rocky » crée une certaine dépendance, je pense. Nous avions besoin d’artistes capables de chanter, de danser et de jouer à un très haut niveau, nous sommes très chanceux d’avoir trouvé des interprètes aussi talentueux.

Vous avez beaucoup tourné avec « Rocky ». Avez-vous observé des différences de réactions selon les pays ?

Oui, cela varie énormément, même d’une ville à l’autre au Royaume-Uni, le nord étant généralement plus explosif que le sud ! Il y a un énorme public pour « Rocky » en Italie, en particulier dans une ville comme Milan, et ils étaient incroyablement enthousiastes en Israël. Barcelone l’a découvert récemment mais le coup de cœur a fonctionné à plein et nous avons toujours un accueil très chaleureux en Australie et en Afrique du Sud.

Philippe Escalier – Photos : Nathan Kruger (portrait de Christopher Luscombe) et Philippe Escalier

Peter McPherson, acteur généreux et militant

Ses multiples talents, à l’écran ou sur scène et la sortie en France du film « Dans la mêlée », nous ont donné envie de nous intéresser à un acteur, artiste dans l’âme, au parcours déjà riche et à la personnalité très attachante.

Artiste je serai !

Contrairement à ce que son nom peut laisser penser, Peter McPherson a des origines irlandaises.  Ses débuts sont conditionnés par sa personnalité : il n’est pas issu d’une famille d’artistes mais sa manière de surmonter la grande timidité qui marque sa jeunesse consistera à intégrer une école d’art dramatique. « Certains choisissent ce métier car ils veulent réussir et briller, pour moi cela a été une porte ouverte sur le monde, une façon de m’exprimer et de me réaliser. À l’école, je ne savais pas ce que je voulais faire mais j’avais déjà en moi cette énorme envie de jouer ». Pour ce faire, à 17 ans, il quitte Hartlepool, sa ville natale du nord de l’Angleterre pour rejoindre la capitale et suivre des cours dans un théâtre musical et s’inscrire, pour une formation d’acteur, au Drama Centre London.

Acteur, représentant de sa communauté

Aujourd’hui, si ses affinités avec le théâtre restent essentielles, il apprécie toujours davantage de tourner pour la télé ou le cinéma. Sa pièce favorite « Afterglow » qu’il a joué deux fois et dans deux rôles différents, est une histoire moderne sur la complexité et la spécificité des relations gays (non exclusives) donnée récemment au Southwark Playhouse. Dans son dernier film, « Dans la mêlée » (« In from the Side »), réalisé en quelques semaines, Matt Carter ayant préparé avec soin les épisodes de tournage, il est victime d’un adultère suite à l’arrivée d’un nouveau joueur très sexy au sein d’un club de rugby gay. Tout n’y est pas rose, loin de là, mais les scénaristes sont sortis des sujets un peu habituels pour se concentrer sur les relations affectives, fussent-elles turbulentes, ce que Peter trouve très rafraichissant. De nombreux acteurs réunis pour tourner ce film sont gays. Pour Peter, il est naturel et important que des récits construits pour façonner l’histoire d’une communauté puissent être interprétés (du moins le plus souvent) par des artistes qui en sont issus. Comme dans la belle série « Fellow Travelers » avec les emblématiques Jonathan Bailey et Matt Bomer.

Peter McPherson a toujours trouvé un peu tristes ceux qui refusaient d’assumer qui ils étaient et s’obligeaient à vivre dans le silence et parfois le mensonge. Pas question pour lui de prétendre être celui qu’il n’est pas. N’avoir jamais caché son statut de HIV positif a permis à son agent de lui proposer en 2022 « Others », un magnifique court-métrage fantastique de vingt minutes, tourné à Toronto, qui vise à changer la perception que l’on a parfois des personnes séropositives. Le film a été produit par Casey House, fondée en 1988 par un groupe d’activistes communautaires, de journalistes et de bénévoles « consternés » par l’indifférence de la société à l’égard de l’épidémie de sida. Ce tout premier établissement autonome au Canada pour les personnes vivant avec le VIH est devenu depuis un hôpital soignant les personnes atteintes de la maladie, avec une approche marquée par l’attention et la compassion.

Pour Peter McPherson c’était une première absolument passionnante qu’il a accepté avec la grande générosité qui le caractérise, le plus important étant de mettre ses talents au service d’une cause, de faire œuvre utile, quand bien même cela pourrait ne pas forcement doper sa carrière.  Pour autant, il ne se sent pas prisonnier d’un type de rôle, en particulier gay, d’une part parce qu’il a pu interpréter des personnages très différents, mais aussi du fait de la richesse des rôles de personnages homosexuels qui ne sont plus réduits à des caricatures depuis qu’ils sont (enfin !) devenus très visibles.

Peter et la musique

La scène n’est pas uniquement synonyme de théâtre puisque ses compétences de danseur lui ont permis de figurer dans des productions d’opéra comme « Carmen » de Bizet ou « Mithridate » de Mozart à côté des grandes comédies musicales comme « Cats » dans le rôle d’Alonzo en 2006, spectacle avec lequel il fait une tournée en Grande-Bretagne. Il était aussi Peter dans « Jésus-Christ Superstar », Travis dans « Footlose » pour n’en citer que quelques-unes.

On ne peut passer sous silence la vingtaine d’apparition dans des pubs que son physique de mannequin lui permet. Si Peter vient d’atteindre la quarantaine, il n’en a pas moins conservé un physique de jeune premier idéalement musclé.  Dernièrement, sa participation au film publicitaire d’une grande marque le rend visible sur tous les écrans au moment des fêtes de Noël. « On me voyait partout, y compris dans le métro » dit-il en souriant.

Acteur de séries

Comme tous les acteurs, Peter est attiré par les rôles un peu sombres, plus passionnants à jouer. Il donne l’exemple de Gareth qu’il est en train d’interpréter dans le soap-opera « Hollyoaks » dans des épisodes où il est question de dénoncer les pratiques de conversion qui provoquent des ravages chez les jeunes gays. Il a déjà pu tourner 16 épisodes de cette série célèbre dont les débuts remontent à 1995.

Parmi la dizaine de séries à mettre à son actif, il est facile de lui faire parler de « Years and Years » où il côtoie Emma Thompson, une très belle rencontre. « C’est une immense actrice avec un cœur énorme. Elle prenait le temps de connaitre tous les participants qui travaillaient autour et elle connaissait les prénoms de tout le monde. Elle se présentait toujours modestement en disant Hi, je suis Emma Thompson ! comme s’il était possible qu’on ne la connaisse pas. Je l’ai vue faire des pieds et des mains pour qu’une jeune actrice débutante un peu en difficulté puisse avoir ses heures. Cette femme extraordinaire est toujours à l’écoute des autres ! ».

Un homme amoureux

L’on ne saurait conclure ce rapide portrait sans mentionner que depuis plus de dix ans, Peter file le parfait amour avec David qu’il a rencontré alors que celui qui allait devenir son compagnon dansait dans « Starlight Express » écrit par Andrew Lloyd Webber. « David partait en Asie pour une tournée et avant leur dernière répétition, j’ai été invité à faire partie du public. Je me souviens, au premier regard, l’avoir trouvé tellement beau ! J’ai eu un coup de foudre immédiat et je l’ai suivi à Singapour ». 

De notre côté, séduit par les multiples qualités de Peter McPherson, nous allons observer attentivement la suite de sa carrière, que ce soit sur scène ou à l’écran, à Londres ou ailleurs, heureux qu’une telle personnalité vienne embellir le monde du spectacle et du cinéma.  

Philippe Escalier – crédit photos : © PNG PHOTOGRAPHY (Paul Madeley)

Hadrian Lévêque di Savona

Un peu sur tous les fronts, il était sur la scène de l’Opéra de Metz dans « Titanic » fin 2023 et il joue actuellement le Prince Charmant dans « Blanche-Neige » à la Gaité dans la mise en scène d’Olivier Solivérès. Sa capacité à aborder des rôles très différents est le résultat d’une large formation pluridisciplinaire. Avec ce parisien aux origines bretonne et corse, nous sommes revenus sur un parcours déjà riche et prometteur.

Tout commence pour Hadrian Lévêque di Savona par une licence d’Histoire de l’Art à Paris X avant de suivre des cours chez Jean-Laurent Cochet. Désireux de découvrir l’air du large et de se frotter à d’autres expériences, il s’envole pour les Los Angeles. Là, il prend des cours de théâtre tout en passant des castings et en assistant aux tournages de la série « Heroes » de Tim Kring. Les restrictions d’attribution de la Green Card le ramènent en France. Il s’inscrit à l’ECM, l’École de Comédie Musicale de Paris dont Guillaume Bouchède vient de prendre la direction. Il y travaille à la fois la danse, le chant et le théâtre, un panel d’autant plus complet qu’étant issu d’une famille de musiciens, il maîtrise également le piano, le saxophone et la basse. Le public a pu découvrir ses talents, notamment en 2019 dans « Célestine et la Tour des nuages » spectacle familial qui réinvente avec beaucoup d’imagination la construction de la Tour Eiffel dans le style Steam Punk.

Son physique de danseur (1m86 athlétique) permet à son professeur de danse de l’ECM de lui ouvrir les portes de la figuration à l’Opéra de Paris pour les grands ballets classiques, grâce à quoi, il peut obtenir sa première intermittence et découvrir un univers passionnant. C’est dans ce cadre que l’on pourra le voir dans « Giselle » qui sera donnée en mai 2024 à Garnier.

En même temps que ses expériences, il nous dévoile sa vision exigeante et altruiste du métier : « Comédien, je me sens investi d’une mission : partager, avec le public, bien sûr, mais aussi avec ceux qui sont sur scène avec moi. Dans le but de servir au mieux les auteurs ». Une démarche généreuse qui explique ses activités parallèles comme les cours de chant qu’il donne à l’École Perimony et à l’Association ActeVoix. C’est d’ailleurs là qu’il rencontre Vincent Heden qui sera l’un de ses professeurs et qui, tout récemment, lui propose de reprendre un rôle qu’il a tenu quelques années auparavant. C’est ainsi que le public messin a découvert Hadrian Lévêque di Savona lors des fêtes de fin d’année 2023 à Metz, dans « Titanic » de Peter Stone et Maury Yeston, mis en scène par Paul-Émile Fourny. « C’était une formidable aventure, nous étions 65 sur scène, plus les 35 musiciens, tous âges confondus. Il y a eu une entente collective immédiate qui, pour nous aussi, a rendu ce spectacle unique ». Un répertoire musical de haut niveau dans lequel on le reverra certainement, Hadrian, prenant des cours de chant lyrique dans le but d’aborder plus aisément le monde de l’opérette et de ne jamais cesser de se perfectionner. Autant dire qu’il est prêt aujourd’hui à assumer un rôle majeur à l’écran ou sur scène. L’un de ses rêves serait de donner vie à Don Quichotte, un personnage qui lui parle au plus haut point avec ses aspirations idéalistes confortées par une profonde conscience de la réalité et bien décidé à se battre pour ses idées. Quels que soient les rôles qui lui sont réservés, les mois qui viennent ne manqueront pas de réserver des surprises et de nous donner le plaisir de le revoir sur scène.

Philippe Escalier – Photos © Margaux Rodrigues

Blanche-Neige et les Sept Nains

Avec son dernier spectacle musical jeune public consacré à l’un des plus célèbres contes des Frères Grimm, Olivier Solivérès démontre une nouvelle fois, au Théâtre de la Gaité Montparnasse, sa capacité à écrire et mettre en scène un spectacle réussi, à destination des grands comme des plus petits.

Faire un spectacle très visuel, avec les moyens que nous donne la technologie aujourd’hui, mais sans en abuser, avec une écriture tonique, pleine d’humour, truffée de références (notamment à la chanson) et d’anachronismes hilarants, le tout porté par une excellente troupe, telle est la recette qui a permis à Olivier Solivérès d’être plébiscité par le public et par deux fois nommé aux Molières pour « Le Bossu de Notre-Dame » et « Blanche-Neige ». D’entrée, le ton est donné et avant l’ouverture du rideau, les enfants sont appelés à réagir (ils le feront d’ailleurs abondamment, tout au cours du spectacle) face à une reine qui n’est pas encore apparu mais qui manifeste déjà son cruel despotisme. La résistance s’organise dans la salle qui prend naturellement le parti de la malheureuse princesse et de son vaillant Prince Charmant en leur apportant un constant soutien très sonore.

Le jeu remarquable des comédiens est indispensable pour capter l’attention des enfants et s’assurer de leur participation. Le résultat dépasse les attentes. Marion Belham une magnifique et exubérante reine. Il est bien difficile de résister à ses effets comiques qu’elle partage avec son valet Victor, l’irrésistible et bouillonnant Thomas Langlet. Clara Hesse qui fait d’excellents début dans le rôle-titre, est parfaite en princesse martyrisée avant de s’épanouir en compagnie des sept mineurs lui offrant l’hospitalité. Le sort tragique que la jalouse et narcissique reine lui réservait sera heureusement contrarié par l’amour du jeune prince auquel Hadrian Levêque Di Savona apporte toutes ses qualités de chanteur et d’acteur, à quoi il faut ajouter une belle prestance (son duo de début avec la reine qui voudrait bien en faire son quatre heure est assez piquant). Cette belle distribution ne serait pas complète sans la présence de Alice Fleurey et Léa Grignon très efficaces sous les costumes et masques de nains.

Ce jeu irréprochable vient porter haut de savoureux dialogues à l’humour très efficace à destination des adultes qui ne sont pas les derniers à s’amuser et à rire. « Blanche-Neige et les Sept Nains » est une joyeuse invitation à découvrir le spectacle vivant et à rester de grands enfants dans un monde où tout fini bien. Un tel plaisir ne se refuse pas !

Texte et photos Philippe Escalier

Pascal Amoyel : musique au cœur

Pascal Amoyel a consacré une part de sa vie de pianiste virtuose à des spectacles de théâtre musical lui permettant d’aller, d’une autre façon, à la rencontre de son public. Quand le pianiste devient conteur, ce sont les grands moments de la vie de ses compositeurs favoris qui nous sont dévoilés. « Le Pianiste aux 50 doigts » évocation de la vie de son maître, Georges Cziffra, permet de découvrir, dans un moment de partage fort et intimiste, le destin hors du commun d’un immense interprète, l’un des plus grands pianistes du XXème siècle. Avec Pascal Amoyel, nous sommes revenus sur un spectacle qui nous a bouleversé et qui fait le bonheur du public du Théâtre Montparnasse*.

Pouvez-vous nous dire quelques mots à propos de votre rencontre avec Georges Cziffra ?

Mon premier rendez-vous a eu lieu en 1984 lorsque j’avais une douzaine d’années. Je suis allé à la Fondation à Senlis (à la Chapelle Royale Saint-Frambourg que Georges Cziffra a fait restaurer ndlr) et en Hongrie où il donnait des master class. Et puis j’ai eu la chance qu’il me propose des cours privés qui étaient des séances d’une richesse extraordinaire qui me permettaient de me recentrer sur la musique mais aussi sur moi-même. Georges Cziffra parlait assez peu de musique. Il jouait et il était tellement en lien avec son instrument que ce qui ressortait c’est que l’on était porté par un souffle qui vous enveloppait et qui faisait que vous ne pouviez plus ressentir les choses différemment.

Parmi vos points communs, j’ai noté que, comme lui, vous aviez joué dans des cabarets !

C’est vrai. J’ai joué dans les cabarets de Montmartre pour gagner ma vie. C’était à la fois sympathique pour les moments d’intimité avec les gens et puis aussi pas très enthousiasmant sur le plan musical, même si, au final, c’était assez formateur.

Il y a beaucoup d’émotions durant tout votre spectacle. En sortant, l’on peut même observer à quel point le public est touché. Sur scène, comment ressentez-vous cette ambiance si particulière ?

Ce qui me touche beaucoup c’est le silence et la qualité de l’écoute. J’essaie de dire les choses de la façon la plus simple et la plus juste possible. Je suis très concentré mais je ressens l’écoute du public, j’entends qu’il est avec moi dans une sorte d’unité. Au fond, quand on parle à une salle toute entière, quand il y a une écoute aussi profonde, sur scène, on est aussi dans un état de réceptivité totale qui donne une énergie considérable. Ces moments de plénitude on ne les retrouve nulle part ailleurs. 

Comment et pourquoi sont nés les magnifiques spectacles de théâtre musical que vous nous donnez régulièrement ?

Au départ, avec le comédien Jean Piat que j’ai eu la chance de connaitre, je faisais des concerts autour de la correspondance de Franz Liszt et Marie d’Agoult. Je me suis rendu compte que le public mélomane était curieux de découvrir certains des aspects les moins connus de la vie des compositeurs et que cela pouvait aussi intéresser ceux qui voulaient aller à la rencontre de la musique. Un jour, avec mon épouse, la violoncelliste Emmanuelle Bertrand, nous avons découvert les témoignages passionnants de deux musiciens qui ont réussi à survivre à Auschwitz grâce à la musique. Il nous a paru indispensable de les faire connaitre. Ce que nous avons fait à travers « Le Block 15, ou la musique en résistance » donné notamment aux « Jeunesses Musicales de France ».En 2010, on m’a appelé pour me dire qu’à l’occasion de l’ouverture de l’auditorium Cziffra à La Chaise-Dieu, festival qu’il avait créé, l’on souhaitait que je lui rende hommage. Je ne me voyais pas faire un discours, donc fort de ma première expérience avec « Le Block 15 », j’ai créé les prémices de ce spectacle. Je n’imaginais pas que même transformé, il vivrait toujours quinze ans après. En racontant les principaux épisodes de la vie de Cziffra, j’aborde la thématique de l’artiste sauvé par son art. La musique lui a servi de refuge et l’a chaque fois ramené à son humanité. Georges Cziffra était un homme d’une gentillesse et d’une bienveillance absolue. Il fait partie de ces grands hommes dont on connait souvent mal le destin, tout comme Franz Liszt, la première immense star de l’Histoire qui déplaçait les foules et les têtes couronnées et qui à 35 ans s’arrête en pleine gloire en disant qu’il veut rester chez lui pour composer. Ou encore Beethoven, le sujet de mon précédent spectacle. Autour de ces génies, il est toujours intéressant de se pencher sur le pourquoi de la création, question qui nous renvoie à une dimension philosophique et spirituelle du monde et qui nous aide à vivre et à réfléchir sur notre propre condition. Ce que j’ambitionne de faire, c’est moins de montrer la beauté des œuvres que de dire ce qui me touche à travers elles. C’est ce que je ferai aussi dans mon prochain spectacle qui aura lieu, probablement en 2024 au Ranelagh autour de Chopin.

Vous êtes toujours resté fidèle à Christian Fromont pour la mise en scène !

Oui, avec lui, c’est une longue histoire, il était déjà présent comme coach d’acteur sur le « Block 15 ». Depuis, il a mis en scène tous mes spectacles. Pour la petite histoire, pour Cziffra, je lui avais dit que je voulais contacter un acteur. Sa réaction a été que cela n’avait pas de sens et que j’étais le seul à pouvoir raconter ce que j’avais vécu. Je lui en sais gré, en effet, c’est beaucoup plus naturel comme ça ! Preuve qu’il est à mes côtés dans toutes mes folies, il m’a même accompagné dans « L’Étrange concert » qui navigue entre magie et musique que j’ai fait pour satisfaire ma passion de la magie et du mentalisme.

Comment partagez-vous votre temps entre concerts et spectacles ?

Il m’arrive, en effet, d’être un pianiste normal comme ce sera le cas, début février pour les « Folles Journées » de Nantes où je donne un concert. Il se trouve que j’y reprendrais aussi le spectacle « Le jour où j’ai rencontré Franz Liszt ». Mon activité se partage donc entre concert et spectacle. J’apprécie cette diversité : j’ai toujours envié les acteurs qui investissent un lieu où ils sont comme chez eux pendant plusieurs semaines alors que, pour nous musiciens, les lieux sont différents, les instruments qui nous y attendent aussi. Les spectacles me permettent cette appropriation d’un théâtre, d’un instrument, d’une acoustique, tout en m’investissant sur une certaine durée. Même si cette année, en novembre, avec le festival « Notes d’automne » que j’organise au Perreux-sur-Marne, j’ai dû faire pas mal de navettes. Être sur scène du 28 septembre au 31 décembre, avec parfois cinq représentations par semaine, n’en demeure pas moins un marathon qui exige beaucoup d’endurance, physique et mentale. Mais l’histoire de Cziffra est si importante pour moi que j’éprouve toujours le même plaisir : quel que soit le nombre de représentations, être sur scène pour parler de lui est toujours un moment unique !   

Philippe Escalier

*« Le Pianiste aux 50 doigts » est actuellement à l’affiche au Théatre Montparnasse (grande salle) les jeudis et vendredis à 20 h, les samedis à 17 h et 20 h et les dimanches à 17 h 

Pascal Amoyel, quelques dates de tournée 2024 :

23 janvier à 20 h 30 : Fosses, « Une leçon de piano, avec Chopin »

1er février : La Folle journée de Nantes, « Le jour où j’ai rencontré Franz Liszt »

6 février : Cognac, « Une leçon de piano, avec Chopin »

13 février : Soyons, « Une leçon de piano, avec Chopin » 

15 février à 20 h 30 : Privas, « Looking for Beethoven » 

1er mars : Le Chesnay, « Looking for Beethoven » 

4 mars : Paris, « Une leçon de piano, avec Chopin »

6 mars 2024 à 20 h : Courbevoie, « Une leçon de piano, avec Chopin »

17 mars : Versailles, « Duel », avec Dimitris Saroglou

24 mars 2024 à 20 h 30 : Coppet (Suisse) « Une leçon de piano, avec Chopin » 

28 mars 2024 à 20 h : Meaux, « Looking for Beethoven »  

18 avril 2024 à 21 h : Pont-St-Esprit, « Looking for Beethoven »  

10 mai 2024 à 20 h : La Trinité sur Mer, « Looking for Beethoven » 

Guignol

À la Gaité Montparnasse, le spectacle « Guignol », imaginé et mis en musique par Sorel, redonne vie à la marionnette mythique et se révèle être une réussite musicale et théâtrale propre à enchanter tous les publics.

Le personnage de Guignol, créé au début du XIXe par le lyonnais Laurent Mourguet, ancré dans l’imagerie populaire comme la marionnette nationale, a fait la joie de générations d’enfants. Il connait actuellement sur scène une résurrection musicale éclatante. Sorel, entouré par le librettiste Anthony Michineau et le metteur en scène Ned Grujic, sont les artisans de cette renaissance. Pour cela, ils ont imaginé donner chair à Guignol, Gnafron et Madelon. À Lyondres où se passe l’action, les visées cupides de Betty sont sur le point de mettre à bas le théâtre de nos trois marionnettes. Il y a péril en la demeure : pas d’autre choix que de recourir à une formule magique (aux conséquences risquées) leur permettant de se transformer en humains et de prendre en mains leur destin. 

© Philippe Frétault

Sorel, dont les succès ne se comptent plus (« Mozart », « Le Roi Soleil » ou « 1789 » pour n’en citer que quelques-uns) leur a concocté un univers musical avec des sonorités pouvant faire penser parfois aux sixties, mais suffisamment riche et original pour se situer hors du temps. Un régal pour nos oreilles qui fait que l’on se surprend à sortir du théâtre en sifflotant les thèmes principaux. Sur ces mélodieuses fondations, le livret s’épanouit et, aussi simple qu’efficace, parvient à être drôle et intelligent, simple et subtil à la fois, audible par tous les âges. Il ne manquait plus que six excellents comédiens-chanteurs pour servir avec énergie et délicatesse ce dessert savoureux et léger. Simon Draï en incarnant un Guignol jeune et frais confirme de vraies dispositions pour la comédie musicale, tout comme ses partenaires, Aurore Blineau (souriante Madelon) et Victor Bourigault (Gnafron). Tous trois sont soutenus par les belles prestations de Vincent Gillieron dont on connait l’incroyable présence sur scène, de Margaux Lloret qui nous offre une délicieuse Betty, une véritable peste dont on ne se lasse pas et de Lucie Mantez qui met son talent au service d’Émilie, amoureuse de Guignol. Ces six merveilleux acteurs capables de se changer presque aussi vite qu’Arturo Brachetti, incarnent 15 personnages, qui, pour notre plus grand plaisir, nourrissent les rebondissements du scenario, rendu plus vivant encore par un étonnant mapping vidéo, très coloré à l’image de tout le spectacle. Au final, l’espace d’un moment, les adultes se sentiront peut-être un peu coupables d’avoir pris au moins autant de plaisir que leur progéniture. Autant dire que la transformation de ces célèbres personnages de bois ne laissera personne de marbre !

Philippe Escalier

Jean, une vie de La Fontaine à l’Essaïon

Si son œuvre est l’une des plus connues du Grand Siècle, la vie fabuleuse de La Fontaine est un peu restée dans l’ombre. À l’Essaïon, Thierry Jahn propose un spectacle musical mettant en lumière l’écrivain célébrissime qui fut aussi l’un des sujets les plus attachants du Roi-Soleil.

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La vie de celui « qui se servait des animaux pour instruire les hommes » est marquée par les deux mots liberté et fidélité.  Liberté parce qu’il vécut comme il le voulut une vie souvent impécunieuse, passant d’un cabaret à l’Académie française, de l’écriture de contes licencieux à ses fameuses fables, de la fréquentation des puissants à la critique des dévots. Fidélité à ses amis et à Nicolas Fouquet en particulier, qui fut son protecteur et qu’il défendit quand les rats avaient depuis longtemps quitté le navire et que prendre le parti du Surintendant n’était rien d’autre qu’un crime de lèse-majesté.

De cette riche existence, Thierry Jahn a choisi de nous présenter les moments principaux, dont quelques amours agitées, prétextes à des passages musicaux (blues, jazz) et littéraires (découverte d’écrits peu connus), nous faisant naviguer dans les lieux de vie du fabuliste dont Château-Thierry, sa ville de naissance ou Vaux-le-Vicomte où il s’installa quelques années auprès de Fouquet. Thierry Jahn, Hervé Jouval dans le rôle-titre et Meaghan Dendraël donnent vie aux personnages historiques (ses protecteurs et mécènes) et à quelques intimes qui accompagnèrent La Fontaine. Une mise en scène inventive illustre le récit d’une fort plaisante façon et tire le meilleur parti de l’espace intimiste de la petite salle de l’Essaïon.

Cette traversée de la vie de Jean de la Fontaine nous rappelle quel personnage hors du commun fut cet homme qui sert de précepteur de français à tous les élèves de l’Hexagone et qui poussa la dérision et la facétie jusqu’à faire inscrire sur sa tombe qu’il passa la moitié de sa vie à dormir et l’autre à ne rien faire !

Philippe Escalier – Photo © Fabienne Rappeneau

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