Crime et Châtiment de Dostoïevski revisité à La Huchette

Il y a quelque chose d’audacieux à s’attaquer à « Crime et Châtiment » avec trois interprètes, fussent-ils talentueux. Mais le Théâtre de la Huchette nous a habitué à ces défis et Dominique Scheer-Hazemann l’a magnifiquement relevé en signant une adaptation musicale d’une cohérence remarquable. Le pari est tenu : l’intimité de la Huchette, permet de révéler la substance la plus secrète roman : non le crime, mais ce qui vient après, et qui ne finit pas.

Le dispositif est celui d’une enquête inversée : le meurtrier est connu, la victime identifiée, le commissaire Porphyre en embuscade. Ce qui se joue alors n’est plus la résolution d’un crime mais l’exploration d’une conscience en décomposition. Rodion Raskolnikov, étudiant de vingt-trois ans persuadé d’avoir droit de vie et de mort sur une usurière qu’il juge inutile au monde, se retrouve rattrapé par ses propres failles qui tournent au cauchemar.

La mise en scène de Dominique Scheer-Hazemann traduit ce vertige intérieur avec une précision clinique, construisant un espace scénique où la proximité physique des interprètes et du public transforme chaque spectateur en témoin presque complice du naufrage moral. La scénographie de Bastien Forestier et les lumières de Guillaume Rouchet servent admirablement cette tension, créant une atmosphère fidèle à Dostoïevski, sans emphase superflue.

Ce qui frappe avant tout, c’est la place centrale dévolue à la musique. François Peyrony a composé une belle partition originale qui ne cherche jamais l’illustration mais, au contraire, prolonge le texte, amplifiant chaque fissure de la conscience de Raskolnikov avec une grande intelligence dramaturgique. La chorégraphie de Mariejo Buffon ajoute une couche supplémentaire de tension corporelle à l’ensemble.

La distribution est brillante. Jérémy Petit, formé à l’École Supérieure d’Art dramatique et rompu aussi bien au répertoire classique, Molière et Shakespeare, qu’aux grandes comédies musicales comme « Mamma Mia! » ou « Grease », incarne Raskolnikov avec une densité troublante, habitant la contradiction du personnage, son orgueil blessé et son effondrement progressif, sans jamais forcer l’effet. Milena Marinelli, que l’on retrouve toujours avec un immense plaisir, comédienne-chanteuse dont la carrière s’est construite à la Huchette même depuis « Kiki, le Montparnasse des années folles » et que l’on verra dans « Le Schpountz » à Avignon 2026 , apporte à ses multiples rôles féminins une souplesse et une acuité qui donnent chair à toutes les figures qu’elle incarne. Adrien Biry-Vicente, auteur, compositeur et interprète dont la curiosité artistique s’est exercée de la « Vie Parisienne » d’Offenbach à ses propres créations musicales en passant par « Cabaret » au Marigny, investit le commissaire Porphyre d’une présence à la fois retenue et implacable, faisant de ce personnage la conscience extérieure que Raskolnikov ne peut fuir.

Dostoïevski posait une question que le temps n’a pas abolie : à partir de quel point la certitude d’avoir raison autorise-t-elle à franchir la loi morale ? La réponse, ici, n’appartient qu’au spectateur, seul face à lui-même dans ce théâtre de poche où Raskolnikov lui tend un miroir qu’il serait difficile d’éviter.


Philippe Escalier – Photos © Fabienne Rappeneau

« Crime et Châtiment » de Fiodor Dostoïevski / Adaptation, livret, mise en scène de Dominique Scheer-Hazemann. Avec Milena Marinelli, Jérémy Petit, Adrien Biry-Vicente. Musiques de François Peyrony. Chorégraphie de Mariejo Buffon. Scénographie de Bastien Forestier. Costumes de Julia Allègre. Lumières de Guillaume Rouchet. / Théâtre de la Huchette, 23 rue de la Huchette, 75005 Paris. Jusqu’au 13 juin 2026.

Génération Barber

Il existe des spectacles qui ne vous lâchent pas. Ceux dont on sort avec une joie irréductible, qui tient à la fois de la satisfaction esthétique et du fou rire. « Génération Barber », ce petit bijou que la Compagnie Barber Shop Quartet présente tous les mercredis au Théâtre Essaïon depuis le 28 janvier 2026, est de ceux-là.

Le barbershop, style né dans les arrière-boutiques des coiffeurs de Chicago au tournant du siècle dernier, repose sur une idée d’une beauté simple : quatre voix, aucun instrument, des harmonies tenues à la perfection. La Compagnie Barber Shop Quartet a fait sien ce principe depuis quinze ans et plus de cinq cents représentations, en lui ajoutant une dimension que ses inventeurs n’avaient sans doute pas prévue : une verve comique, une inventivité burlesque et une liberté de ton résolument françaises.

Pour « Génération Barber », leur cinquième opus, Sophie Forte, à la mise en scène, a eu l’intelligence de puiser dans la réalité même du groupe. Les deux fondateurs, Marie-Cécile Robin-Héraud, soprano dont la voix sidère autant que les mimiques désarment, et Xavier Vilsek, basse et bruiteur de génie, qui peut imiter n’importe quel son du monde connu, accueillent deux nouvelles recrues : Clémence Paquier, alto complice, et Guillaume Nocture en alternance avec Damien Dufour, ténors facétieux. De cette cohabitation naît un conflit de générations aussi fictif que savoureux, où les anciens veillent jalousement sur les codes du barbershop pendant que les jeunes entendent bien les bousculer. Scenario classique, mais traité avec une finesse d’écriture et une connivence telles entre les quatre artistes qu’il suffit amplement à tenir une soirée entière sous l’emprise d’une tension joyeuse.

Lookés années quarante, installés derrière leurs micros-pieds au charme délicieusement désuet, les quatre interprètes naviguent avec une aisance confondante entre une vingtaine de chansons, dont certaines signées Charlie Chaplin, Francis Blanche, Pierre Dac ou Charles Aznavour, et plusieurs créations originales dont les textes, ciselés et littéraires, font mouche à chaque fois. La parentalité contemporaine, les travers de la vie de couple, les illusions perdues : les sujets sont ordinaires, le regard posé dessus est extraordinaire, d’une bienveillance malicieuse et désopilante. On pense, par instants, à la grande tradition du cabaret français, à ses textes qui avaient du corps et une pensée derrière les mots.

Mais ce qui frappe surtout, c’est la qualité musicale, absolue, jamais sacrifiée sur l’autel du comique. Les quatre voix s’emboîtent avec une précision et une richesse harmonique qui seraient, à elles seules, un spectacle. Que Xavier Vilsek se mette à imiter un orchestre entier, ou que Marie-Cécile Robin-Héraud laisse tomber le masque de la comédie pour exposer soudain l’étendue d’une voix somptueuse, le plaisir musical est constant, réel, exigeant.

Sophie Forte maintient tout cela dans un équilibre remarquable, donnant au spectacle un rythme soutenu, une progression narrative qui évite tout essoufflement et ménage les moments de grâce au milieu des éclats de rire. À l’Essaïon, salle intime par excellence, la connivence avec le public est immédiate, presque physique. On ne regarde pas « Génération Barber », on y participe et avec quel plaisir !

Philippe Escalier


« Génération Barber » de la Compagnie Barber Shop Quartet / Mise en scène de Sophie Forte. Avec Marie-Cécile Robin-Héraud, Clémence Paquier, Xavier Vilsek, Guillaume Nocture (en alternance avec Damien Dufour) / Théâtre Essaïon, 6 rue Pierre au Lard, 75004 Paris / Tous les mercredis à 20 h 50, jusqu’au 22 avril 2026 (relâches les 11 et 25 mars).

Adèle Berry

Tout commence par une paire de bottines offertes par un mystérieux cordonnier à une jeune fille vivant en chaise roulante depuis l’enfance. Elle les enfile un soir, et le miracle se produit : elle marche ! Londres, 1880, les docks de la vieille ville, un peuple de saltimbanques, de voleurs et de musiciens des rues. Le décor est posé avec cette économie propre aux grands conteurs, et l’on comprend d’emblée, dans cette salle du Déjazet où les Hivernales installent pour la première fois leur festival, que l’on va passer une soirée particulière. Le pari était pourtant ambitieux : six spectacles d’un même auteur réunis sous un même toit, l’univers entier de Yanowski offert en traversée – du conte intime à la comédie musicale de grande ampleur. C’est précisément cette dernière qui ouvre le bal, et elle le fait avec un éclat qui donne envie d’y revenir.

Troupe de comédiens sur la scène du Théâtre Déjazet pour le spectacle de Yanowski. Photo © Philippe Escalier

Yanowski – de son vrai nom Yann Girard, né en 1974 dans l’univers bohème parisien, petit-fils d’anarchiste espagnol, enfant de saltimbanques et de guitaristes de flamenco, fugueur chamanique au Mexique à dix-sept ans avant d’étudier la philosophie – n’est pas un auteur comme les autres. Depuis la fondation du « Cirque des Mirages » avec le pianiste Fred Parker en l’an 2000, ce chantre du cabaret expressionniste n’a cessé d’inventer des mondes habités par des figures hantées, des enfances blessées, des voyages entre ombre et lumière. « Adèle Berry » est à ce titre une œuvre pleinement cohérente avec son imaginaire – mais elle le déploie à une échelle nouvelle, celle du spectacle total, avec orchestre live, troupe de danseurs-chanteurs-comédiens et une mise en scène qui assume sans complexe l’héritage du théâtre musical.

Le sujet est un conte faisant penser à Dickens principalement même si l’on peut aussi songer à Stevenson, à Jack London et à ces récits d’aventure dont Yanowski se nourrit depuis l’adolescence. Adèle, donc, explore la nuit londonienne, s’y lie d’amitié avec Eliot, jeune orphelin, et affronte les ombres menaçantes de Faith Damnable, terrifiant voleur d’enfants. Entre rêve et réalité, fresque sociale et initiation, le spectacle brasse les registres avec appétit sans jamais les confondre : la noirceur est présente, mais la lumière gagne toujours, et c’est là le choix d’un auteur qui croit encore à la vertu du conte.

La mise en scène d’Emmanuel Touchard, complice de longue date, sert cette ambition avec une remarquable économie de moyens : peu de décors, beaucoup de corps, une scénographie de Mélusine Mayance qui suggère l’atmosphère plutôt que de l’imposer. Les chorégraphies de Laurence Perez – vives, précises, collectives – donnent au spectacle son élan et sa respiration, tandis que l’orchestre live, composé de William Fruchaud au piano, Timothée Gesland aux percussions, Emilien Veret à la clarinette et Pauline Buet au violoncelle, tisse une palette sonore d’une étonnante richesse. Les compositions de Yanowski s’y déploient avec cette qualité qui lui est propre : des mélodies qui s’insinuent immédiatement, des harmonies qui tutoient parfois le tango, parfois la chanson d’avant-guerre, parfois même quelque chose de plus slave et de plus sombre.

La distribution réunit une troupe de jeunes interprètes dont la cohésion constitue l’un des atouts majeurs de la soirée. Dans le rôle-titre, Céleste Hauser impose avec grâce et espièglerie la candeur volontaire d’Adèle. Face à elle, Gaspard Coulon campe un Eliot touchant, et leur duo amoureux a le charme discret des choses bien faites. Clément Malet et Zoé Gedicht forment une paire de complices amusants, tandis qu’Alice Pavlidis se distingue au chant avec une belle présence. Eva Tesiorowski compose une gouvernante à la fois rigide et attendrie, Margot Murray une poissonnière dont la gouaille crève la scène, et Pierre Folloppe ainsi que Matilda Germain animent avec brio le moment de foire. Yanowski lui-même, en Faith Damnable, apporte à la pièce sa voix de basse et une présence menaçante qui ne cherche pas l’excès – ce qui est, finalement, plus troublant.

Ce qui frappe au terme de la soirée, c’est la générosité sans calcul de l’entreprise : un auteur qui offre au théâtre ce qu’il a de plus personnel, et une troupe qui y répond avec une énergie communicative rare. Les bottines d’Adèle marchent dans la nuit londonienne et elles emmènent le public loin, très loin du quotidien.

Texte et photos : Philippe Escalier

« Adèle Berry » de Yanowski

Mise en scène d’Emmanuel Touchard. Chorégraphies de Laurence Perez. Avec Céleste Hauser, Gaspard Coulon, Clément Malet, Zoé Gedicht, Alice Pavlidis, Eva Tesiorowski, Margot Murray, Pierre Folloppe, Matilda Germain et Yanowski.

Théâtre Déjazet, 41 boulevard du Temple, Paris 3e. Dans le cadre des Hivernales du Déjazet.

« Amadeus » au Théâtre Marigny : la splendeur et ses longueurs

La pièce de Peter Shaffer, dans l’adaptation spectaculaire d’Olivier Solivérès, offre un bel écrin à un Jérôme Kircher magistral en Salieri.

Affiche de la pièce Amadeus au Théâtre Marigny, mise en scène par Olivier Solivérès, montrant la silhouette de Mozart dans une lumière dorée.

Le rideau ne s’est pas encore levé qu’on est déjà à Vienne. Un violoniste en costume d’époque accueille les spectateurs, le personnel porte des masques, et le Théâtre Marigny tout entier semble avoir remonté le temps jusqu’au XVIIIe siècle. Olivier Solivérès, lauréat du Molière 2024 pour « Le Cercle des poètes disparus », a voulu faire d’« Amadeus » un spectacle total. Le pari est en grande partie tenu. Le chef-d’œuvre de Peter Shaffer, créé à Londres en 1979 et rendu célèbre par le film de Miloš Forman couronné de huit Oscars, revient au Marigny dans une version pour quatorze comédiens qui fait la part belle au spectaculaire.

La scénographie de Roland Fontaine déploie un décor somptueux, les costumes de David Belugou reconstituent avec éclat l’univers de la cour impériale, et les éclairages d’Alban Sauvé composent de beaux tableaux. L’ensemble impressionne et transporte. Il faut cependant le dire : cette mise en scène ressemble parfois trop à une leçon de mise en scène. Le spectacle aurait gagné à davantage de parti pris, d’aspérités, de risques assumés.

L’adaptation française, signée par le metteur en scène, souffre par endroits de faiblesses que la beauté du cadre ne masque pas entièrement. La dramaturgie s’étire, certaines scènes manquent de nerf, le rythme connaît des affaissements notables dans la seconde partie. On aimerait que le texte morde davantage. Car l’histoire, rappelons-le, est entièrement inventée. Les historiens s’accordent à dire que Salieri n’a jamais cherché à nuire à Mozart et qu’il l’a même protégé. Cette liberté romanesque, qui fait le sel de la pièce, en constitue aussi la fragilité : quand le souffle dramatique faiblit, la légende tourne à vide.

C’est un vrai bonheur de théâtre que de voir Jérôme Kircher habiter Salieri avec une telle intelligence. Ancien élève de Michel Bouquet au Conservatoire, nommé à trois reprises aux Molières, ce comédien d’exception – qui a travaillé avec Patrice Chéreau, André Engel, Wajdi Mouawad ou Alain Françon – apporte au personnage une profondeur remarquable. Son Salieri est pathétique et redoutable, rongé de l’intérieur, vibrant d’une douleur qui ne se résout jamais en caricature. Face à lui, Thomas Solivérès compose un Mozart crédible, tout en énergie et en insolence. Autour d’eux, Lison Pennec, Éric Berger, Laurent d’Olce, Philippe Escudié, Romain Pascal, Laurent Arcaro, Artus Maël, Flore Philis, Stella Siecinska, Loïc Simonet, Marjolaine Alziary et Jade Robinot forment un ensemble engagé

Malgré ses longueurs, cet « Amadeus » mérite le détour. Pour le cadre somptueux du Marigny, pour la musique de Mozart qui irradie la salle, et surtout pour la leçon de théâtre que donne Jérôme Kircher. Un grand comédien suffit parfois à transformer une soirée en événement.

Philippe Escalier


« Amadeus » de Peter Shaffer, adaptation et mise en scène d’Olivier Solivérès. Théâtre Marigny, jusqu’au 7 juin 2026. Durée : 2h.

Les Échos-Liés, « Positive Energy » au Théâtre des Variétés

Il suffit de quelques secondes pour comprendre que l’on ne passera pas une soirée ordinaire. Dès les premières mesures, la troupe des Échos-Liés prend ses marques et s’empare du plateau des Variétés avec une fougue qui ne faiblira pas durant les soixante-quinze minutes du spectacle. Fondé en 1998 et révélé au grand public par sa victoire dans l’émission « La France a un incroyable talent » en 2009, ce collectif de danseurs-acrobates revient à ses origines en reprenant « Positive Energy », sa toute première création, après les succès d’« Unclassified » et d’« Une journée à l’école de la vie ».

Lauréats également du Prix du Public d’Avignon, applaudis de Paris à Los Angeles, de Shanghai à Édimbourg, les Échos-Liés ont connu une trajectoire hors norme en ayant donné plus de mille représentations à travers le monde avant de poser leurs valises boulevard Montmartre.

Ortega, fondateur, chorégraphe, metteur en scène et interprète, assisté par Maïlyss Ortega, signe un spectacle total dont il a aussi écrit les textes et composé les musiques. Dès l’ouverture, le plateau s’embrase. Les chorégraphies s’enchaînent avec une précision implacable tandis que les corps défient l’apesanteur. La danse urbaine dialogue avec l’acrobatie, la comédie et le chant, ce, dans un registre inclassable qui transforme la prouesse technique en moment de grâce. Entre deux tableaux, l’humour surgit, spontané et fédérateur, tandis qu’Ortega cisèle des textes qui résonnent comme autant de déclarations d’espoir : « Dans la vie, tout est possible ! »

Cette conviction irrigue chaque séquence. Le rythme ne connaît aucun temps mort, la mise en scène valorise chaque talent individuel tout en célébrant la cohésion du groupe, et l’alchimie opère dans cette générosité scénique qui cultive la bienveillance. Au Théâtre des Variétés jusqu’au 25 avril, ce tourbillon vivifiant et euphorisant confirme que l’audace et le talent peuvent encore réconcilier l’exigence artistique avec le plaisir populaire. Voilà qui est bien joué !

Texte et photos : Philippe Escalier

Les Échos-Liés avec Jérôme Ortega, Maïlyss Ortega, Tom Outters, Remi Boiza, Ramy Aggoun, Matteo Bavestrello, Marwan Bakrou, Jeremy Marie-Joseph, Ian Le Bach, Mohamadou Guidiala, Nouari Hamadou, Arthur Le Roch, Ouali Youssef

Aime-moi

Au Théâtre des Mathurins, Fabien Ducommun poursuit l’épopée intime entamée à La Scala Paris puis au Festival d’Avignon l’été dernier. Avec « Aime-moi », l’artiste suisse qui avait endossé le rôle-titre du « Soldat Rose » de Louis Chédid lors de sa création scénique, mêle récit autobiographique et répertoire des crooners pour proposer une traversée des États-Unis qui devient progressivement exploration de soi. Sur scène, un simple tabouret se métamorphose en Chevrolet baptisée Princesse, véhicule d’une odyssée solitaire de la côte Est au Pacifique.


Le dispositif scénique épuré, signé Christian Kiappe qui cosigne également la mise en scène, privilégie la puissance évocatoire du verbe et de la musique. Accompagné à la guitare électrique par Jean-François Prigent, Fabien Ducommun ponctue son monologue de standards mythiques : « Love Me Tender », « New York, New York », « Nature Boy » surgissent comme autant de jalons mémoriels. Ces neuf chansons constituent bien plus qu’un habillage musical, elles fonctionnent comme déclencheurs d’une remontée progressive vers les scènes fondatrices d’une existence. L’interprétation vocale du comédien, d’une qualité rare, révèle une tessiture cristalline qui accentue la dimension onirique du propos.


Le texte tisse une narration cinématographique où se superposent temporalités et géographies. Les rencontres effectuées au gré des kilomètres font écho aux figures masculines du passé, questionnant en filigrane les modèles de virilité et les héritages familiaux. Sans pathos ni démonstration appuyée, Fabien Ducommun convoque souvenirs d’enfance, accident d’asthme, désirs confus dans un récit qui évite soigneusement l’écueil de l’autofiction complaisante.


Doublement nommé aux Trophées de la Comédie Musicale 2025 dans les catégories « Spectacle Musical » et « Artiste Interprète Masculin », « Aime-moi » s’impose comme une proposition singulière dans le paysage théâtral contemporain. Déjà publié aux Éditions de L’Avant-Scène Théâtre, le texte témoigne d’une écriture qui parvient à universaliser l’intime. Avant sa tournée helvétique qui le mènera notamment à Montreux, le spectacle illustre à Paris comment Fabien Ducommun métamorphose la confession personnelle en histoire d’amour partagée.

Philippe Escalier

Photo : © Shirley Monsarrat

Le Roi Soleil, le retour

Au Dôme de Paris jusqu’au 18 janvier, la comédie musicale culte de Dove Attia et Kamel Ouali fait son retour triomphal dans une version remaniée triomphal dans une version remaniée qui éblouit le public.

Vingt années se sont écoulées depuis que Louis XIV prenait possession du Palais des Sports dans un tourbillon de perruques poudrées et de mélodies pop-baroques. Le pari était audacieux en 2005, il demeure jubilatoire en 2025. Le Roi Soleil retrouve les planches du Dôme de Paris avec cette énergie particulière des spectacles qui ont su traverser le temps sans jamais vraiment quitter l’imaginaire collectif. Dès les premières mesures, on sait qu’on ne viendra pas simplement revisiter un souvenir : on assiste à une célébration vivante, portée par une troupe qui honore l’héritage tout en s’en emparant avec une fraîcheur bienvenue.

Kamel Ouali a repensé sa mise en scène avec une approche résolument contemporaine. Les écrans numériques déploient Versailles en images monumentales, projetant jardins à la française et galeries des glaces dans une scénographie qui oscille entre le spectaculaire et le cinématographique. Certes, on aurait parfois préféré la matière tangible des décors d’antan à ces surfaces digitales, mais l’ensemble fonctionne avec efficacité, particulièrement lors des grandes scènes de cour où la lumière sculpte l’espace avec une précision remarquable. Les costumes signés David Belugou surprennent par leurs tonalités pastel, loin de l’opulence dorée qu’on attendrait d’un règne aussi fastueux, mais cette sobriété trouve sa cohérence dans une lecture modernisée du mythe royal.

Emmanuel Moire reste l’âme du spectacle. Vingt ans après sa première couronne, il incarne Louis XIV avec une autorité naturelle que la maturité n’a fait qu’affiner. Sa voix n’a rien perdu de sa puissance cristalline, et sa présence magnétique traverse la salle avec cette évidence qui fait les grandes figures scéniques. À ses côtés, Louis Delort relève, et avec quel brio, le défi considérable de succéder à Christophe Maé dans le rôle de Monsieur, le frère fantasque du roi. Il y parvient avec une élégance qui lui est propre, apportant au personnage une fougue théâtrale qui fait merveille dans les numéros comiques et dansés. Lou Jean rayonne en Marie Mancini, déployant une maturité vocale impressionnante et un charisme scénique qui capte instantanément l’attention. Margaux Heller campe une Madame de Montespan pleine de tempérament, Clara Poulet apporte dignité et profondeur à Madame de Maintenon, tandis que Vanina touche par sa sincérité dans le rôle d’Isabelle, la fille du peuple. Flo Malley, au timbre si reconnaissable, compose un François de Vendôme vibrant d’énergie.

Le véritable coup de maître de cette nouvelle version tient dans l’équilibre trouvé entre fidélité et renouvellement. Les tubes qui ont marqué une génération entière — « Être à la hauteur », « Je fais de toi mon essentiel », « Tant qu’on rêve encore » — résonnent dans leurs arrangements originaux, preuve que ces compositions n’ont pas pris une ride. Dove Attia a enrichi la partition de quelques nouveautés, dont « Il est à moi » magnifiquement porté par Margaux Heller, qui s’intègre naturellement à l’ensemble. La quarantaine d’artistes présents sur scène déploie une énergie collective impressionnante, particulièrement dans les chorégraphies où Kamel Ouali fait briller sa signature en privilégiant le mouvement et l’exploit physique.

Ce retour du Roi Soleil prouve qu’un spectacle populaire bien conçu peut défier le temps sans se renier. La salle vibre, chante, applaudit avec cet enthousiasme communicatif qui signe les grands rendez-vous collectifs et ils sont nombreux, à la toute fin, à aller se coller à la scène, portables en main, pour saluer les artistes. On ressort de cette représentation avec la conviction d’avoir assisté à bien davantage qu’une simple opération nostalgie : à un spectacle qui continue d’écrire sa légende, porté par des artistes qui en défendent l’esprit avec passion et talent.

Philippe Escalier

Distribution complète du Roi Soleil 2025 au Dôme de Paris :

Solistes principaux

Emmanuel Moire Louis Delort Lou Jean Flo Malley Margaux Heller Clara Poulet Vanina Laure Giordano Marie Goudier Beni Uzumaki

Comédiens

François Feroleto Claude Perron Cédric Chupin

Ensemble (danseurs et chanteurs)

Riya Baghdad Soukeyna Boro Florian Bugahlo Baptiste Copin Antoine Dubois Inès Ferdinand Julien Gabier Aurélie Giboire Thomas Goutorde Amaury Gravel Simon Gruszka Reilly Jean Brassard Jade Joste Romane Lamblin Roméo Langlois Flavie Leveque Morgane Marlange Julien Michea Caitlin Rae Killian Taillasson Roméo Traetto

Enfants

Nathan Dupont Léandro Faria Vilas Boas Nolan Ouali Lenny Gelle Attal Zacharie Marchand Perarnau Rafael Philippe Liwen Si Regnard

Le spectacle réunit ainsi quarante artistes sur scène, composant une troupe qui allie figures issues de The Voice (Louis Delort, Lou Jean, Flo Malley, Margaux Heller, Vanina) et nouveaux talents.

Rêves

Le cirque ukrainien INSHI à l’honneur à La Scala Paris

Quand les artistes du cirque INSHI entrent en piste, c’est toute l’âme de la valeureuse et éternelle Ukraine que nous aimons tant qui s’élève dans les airs. Ce collectif de Kyiv, révélé au public français lors du Festival d’Avignon Off 2025, compose avec « Rêves » un spectacle d’une force poétique rare, où la prouesse physique devient langage universel, où la résistance et la beauté ne font qu’un.


Outre la beauté du spectacle, l’auteur de cet article ne cachera pas l’émotion ressentie à voir et à parler de cette troupe magnifique. Ces acrobates, équilibristes et jongleurs ont choisi de poursuivre leur art malgré la guerre qui déchire leur pays. Leur présence sur scène résonne comme un acte de foi en la vie, en la création, en cette capacité humaine à transcender le chaos par l’imaginaire. « Rêves » porte bien son titre : il matérialise cette aspiration profonde à dépasser les ténèbres, à faire triompher la grâce sur la barbarie.

Mis en scène par Roman Khafizov, Vladyslav Holda, Maksym Vakhnytskyi, Artem Kreksha Ruslan Kalachevskyi, Sofiia Soloviova, Bob Gvozdetskyi, Mykhailo Makarov et Tetiana Petrushanko déploient un vocabulaire circassien d’une richesse époustouflante. Les numéros s’enchaînent dans une grande fluidité, comme autant de tableaux qui dialoguent entre virtuosité technique et charge émotive. On découvre des portés aériens d’une audace folle, où les corps semblent défier les lois de la pesanteur avec une légèreté confondante. Les équilibres sur mains, d’une précision millimétrique, fascinent par leur maîtrise absolue. Chaque geste respire l’excellence d’une formation rigoureuse, héritière de la grande tradition du cirque d’Europe de l’Est.


Mais INSHI ne se contente pas d’aligner les prouesses. Le collectif inscrit chaque exploit dans une dramaturgie sensible, tissée de moments suspendus où le temps semble s’arrêter. La scénographie épurée laisse toute la place aux interprètes, dont les visages racontent autant que les acrobaties. On perçoit cette intensité particulière, cette présence totale que seuls possèdent les artistes qui ont traversé l’épreuve. Leur regard porte une gravité sereine, une détermination lumineuse qui transforme chaque figure en manifeste silencieux.


La musique accompagne cette odyssée avec justesse, alternant élans lyriques et instants de recueillement. Elle souligne sans jamais écraser, dialogue avec les corps en mouvement, amplifie l’émotion sans jamais la surligner. L’ensemble compose une symphonie visuelle où chaque silence compte autant que chaque envol.
Dans « Rêves », cette capacité à conjuguer l’excellence artistique et la puissance du témoignage nous touche profondément. Les artistes d’INSHI ne font pas de leur origine ukrainienne un argument commercial, encore moins un prétexte à l’apitoiement. Ils affirment simplement, par leur talent éclatant, que la culture demeure un rempart contre l’obscurité. Leur spectacle célèbre la vie, l’entraide, la solidarité qui unit les membres de la troupe dans chaque pyramide humaine, chaque voltige partagée.


Le public sort bouleversé de cette représentation qui transcende largement le cadre du divertissement circassien. INSHI prouve que le cirque contemporain peut porter un propos fort sans renoncer à sa dimension féerique. « Rêves » émeut, éblouit et laisse une trace durable. Ces artistes nous rappellent que face à l’adversité, l’art possède cette vertu irremplaçable de relier les êtres par-delà les frontières et les tragédies. Un spectacle nécessaire, lumineux, inoubliable.


Philippe Escalier 💙💛


https://lascala-paris.fr


Mise en scène : Roman Khafizov


Interprètes : Vladyslav Holda, Maksym Vakhnytskyi, Artem Kreksha
Sofiia Ruslan Kalachevskyi, Soloviova, Bob Gvozdetskyi, Mykhailo Makarov, Tetiana Petrushanko Chorégraphie : Mykhailo Makarov


Création et régie lumière : Claudia Hoarau


Construction décor : Volodymir Koshevoy


Création costumes : Galyna Kiktyeva et Viktoriia Burdeina


Création sonore : Anton Delacroix
Texte : Bohdan Pankrukhin


Voix off : Romain Châteaugiron, Clément Gaucher, Vincent Ronsse

Harold Simon


Tandis que la comédie musicale française connaît depuis une décennie un renouveau spectaculaire, Harold Simon incarne cette nouvelle génération d’artistes complets qui conjuguent excellence vocale, présence scénique et maîtrise technique. À l’orée de sa seconde apparition sur la prestigieuse scène du Théâtre du Châtelet dans « La Cage aux folles » mise en scène par Olivier Py aux côtés de Laurent Lafitte, ce jeune comédien français a déjà tracé un parcours remarquable dans l’univers exigeant du spectacle musical. Son ascension témoigne d’une génération d’artistes formés à l’excellence, capables de passer avec aisance des productions intimistes aux grandes salles parisiennes, du répertoire pour jeune public aux créations audacieuses destinées aux adultes.


Harold Simon a choisi d’entrer dans l’univers des arts de la scène par la voie royale du théâtre. Sa formation débute à l’École d’Art Dramatique Jean Périmony, institution reconnue pour la rigueur de son enseignement. Très tôt conscient que le théâtre musical contemporain exige une polyvalence absolue, le jeune comédien ne s’est pas contenté d’une formation classique. Il a choisi de développer parallèlement ses compétences vocales en intégrant les ateliers Musidrama, structure parisienne devenue une référence dans la formation aux métiers de la comédie musicale. Cette démarche lui a permis d’acquérir cette double maîtrise indispensable : l’art dramatique d’une part, la technique vocale de l’autre.
Mais la singularité du parcours d’Harold Simon réside également dans ses compétences techniques en coulisses. Graphiste, vidéaste et animateur 3D de formation, il possède une expertise rare dans la création visuelle pour le spectacle vivant. Cette double casquette d’interprète et de créateur technique fait de lui un artiste complet, capable de comprendre intimement la mécanique d’une production dans sa globalité. Cette polyvalence lui a d’ailleurs valu de revenir régulièrement aux ateliers Musidrama, non plus comme élève mais comme intervenant, pour transmettre son expérience et ses compétences aux nouvelles promotions.


Jack, l’éventreur de Whitechapel : La révélation au Théâtre Trévise


C’est au Théâtre Trévise qu’Harold Simon fait ses premières armes dans une production d’envergure. De janvier à avril 2018, il incarne Joe Barnett dans « Jack, l’éventreur de Whitechapel », comédie musicale originale créée par Guillaume Bouchède et Jean Franco sur une musique de Michel Frantz. Cette production audacieuse, qui transforme l’une des affaires criminelles les plus célèbres de l’histoire en spectacle musical, lui permet de se produire aux côtés d’une distribution remarquable comprenant notamment Alexandre Jérôme, révélation masculine des Trophées de la comédie musicale 2017.
La mise en scène de Samuel Sené marque profondément le jeune comédien. Cette rencontre avec le directeur pédagogique des ateliers Musidrama s’avère décisive pour la suite de sa carrière. Le spectacle, servi par trois musiciens en direct et une partition exigeante mêlant influences lyriques, classiques et jazz, obtient un accueil critique favorable. Harold Simon y démontre déjà sa capacité à habiter des rôles dramatiques complexes, dans un registre sombre et historique aux antipodes des productions légères qui dominent alors le paysage du musical français.
Ce premier grand rôle parisien lui permet également de mettre en valeur ses talents de créateur : il signe les projections vidéo du spectacle, des créations visuelles qui, selon la critique, parviennent à évoquer l’atrocité des crimes sans verser dans le gore, une prouesse technique et artistique remarquée.


Le K-barré et ses Demoiselles : L’expérience du cabaret déjanté


L’été 2018 voit Harold Simon s’aventurer dans un registre radicalement différent avec « Les Demoiselles du K-barré », cabaret burlesque et déjanté imaginé par Pauline Uzan. Financé en partie grâce au soutien des fans, ce spectacle original se joue à Paris puis au Festival Off d’Avignon à l’Arrache-Cœur. Dans cette production paillettée et festive, le jeune comédien campe Harry del Martini, seul homme au milieu de trois « demoiselles » à fort caractère. Il est excelle, comme d’habitude !
Le spectacle, qui casse les codes du cabaret traditionnel, permet à Harold Simon de révéler une autre facette de son talent : l’humour, la danse, la présence physique dans un registre proche du music-hall. Aux côtés de Vanessa Ghersinick, Roxane Merlin et Pauline Uzan, il apporte fraîcheur et dynamisme à ce spectacle bourré de dérision. La critique souligne son expressivité et sa capacité à jouer le jeu avec autant de ferveur que ses trois partenaires féminines, incarnant tour à tour l’homme objet puis le partenaire idéal, sexy et souriant. Cette expérience confirme sa polyvalence et sa capacité à s’adapter à des registres très variés.


«Un Chant de Noël » : La reconnaissance technique


Fin 2018, Harold Simon signe sa première nomination aux Trophées de la comédie musicale. Non pas comme interprète cette fois, mais pour son travail en coulisses sur « Un Chant de Noël », adaptation du conte de Charles Dickens créée par Samuel Sené au Théâtre Artistic Athévains. Aux côtés d’Isabelle Huchet et François Cabana, il est nommé pour le Trophée de la scénographie grâce à ses créations vidéo qui encerclent la scène et l’animent tout au long du spectacle.
Sa création vidéo, déjà remarquée dans les productions précédentes, atteint ici une nouvelle dimension : fantômes évanescents, vieux livres, flocons de neige, fumée s’échappant délicatement de la cheminée… Ces projections sophistiquées contribuent à créer l’atmosphère féerique et victorienne du conte. Ce travail qui plonge le public dans l’univers de Dickens sans recourir à de lourds décors est unanimement salué. Cette reconnaissance technique confirme la double identité artistique d’Harold Simon, également reconnu pour son travail dans « L’Homme de Schrödinger » du même Samuel Sené.


La Petite Sirène au Funambule Montmartre : Le prince charmant de l’été 2019


L’été 2019 marque un nouveau tournant avec son incarnation du prince Henrick dans « La Petite Sirène » au Théâtre du Funambule Montmartre. Cette adaptation libre du conte d’Andersen, créée par Jonathan Dos Santos et Fred Colas, se distingue par son approche moderne et intelligente du récit originel. Harold Simon y endosse alternativement le rôle du prince et celui de Ganglot le serpent zozotant, esclave de la sorcière, démontrant sa capacité à faire vivre des personnages radicalement opposés au sein d’un même spectacle.
Faisant preuve de qualités vocales exceptionnelles, sa performance est d’autant plus remarquable qu’il parvient à incarner des rôles si différents que le jeune public ne reconnaît pas qu’il s’agit du même comédien. Cette transformation témoigne de sa maîtrise du jeu d’acteur et de son engagement total dans chacun de ses personnages. Sa générosité avec le public, sa disponibilité pour les séances de dédicaces et de photos après les représentations, contribue au succès populaire du spectacle auprès des familles.
Cette production lui offre également l’opportunité de travailler pour la première fois pour un public essentiellement jeune, expérience qu’il renouvellera régulièrement par la suite. Son passage estival à Disneyland Paris dans le festival « Pirates et Princesses », où il incarne Jack Sparrow, confirme son aisance avec les jeunes spectateurs et son talent pour les personnages flamboyants et énergiques.


Le Tour du Monde en 80 jours : Consécration au Théâtre Mogador


Le 8 février 2020 représente un moment charnière dans la carrière d’Harold Simon : il foule pour la première fois la scène mythique du Théâtre Mogador dans le rôle principal de Phileas Fogg, gentleman flegmatique et précis du roman de Jules Verne. Cette production ambitieuse du duo Julien Salvia et Ludovic-Alexandre Vidal, après leur succès avec « Les Aventures de Tom Sawyer », bénéficie d’une mise en scène fluide de David Rozen, de chorégraphies signées Johan Nus et d’orchestrations de Larry Blank et Antoine Lefort.
Aux côtés de Guillaume Sentou dans le rôle de Passepartout, Harold Simon compose un Phileas Fogg très britannique, méthodique et secret, qui se lance dans un pari fou autour du monde. La distribution de onze comédiens-chanteurs, tous remarquables, forme un ensemble cohérent où chacun apporte sa pierre à l’édifice d’une comédie musicale familiale qui reprend avec brio les codes de Broadway. Le spectacle, créé le 6 décembre 2019 en avant-première au Blanc-Mesnil avant son installation au Mogador, rencontre un accueil chaleureux du public et de la presse. La partition entraînante de Salvia, le livret rythmé plein de rebondissements de Vidal, l’humour et la fluidité de la mise en scène sans aucun temps mort font de cette production une réussite artistique.


Au-delà de ses rôles sur scène, Harold Simon se distingue par sa polyvalence exceptionnelle. Ses compétences techniques en création vidéo, animation 3D et graphisme font de lui un artiste à part dans le paysage de la comédie musicale française. Cette double casquette lui permet de comprendre intimement les enjeux d’une production, tant du point de vue artistique que technique. Son travail de créateur visuel, notamment dans « Jack, l’éventreur de Whitechapel » et « Un Chant de Noël », témoigne d’une maîtrise des technologies numériques au service de la narration scénique.
Cette expertise technique lui vaut d’être régulièrement sollicité pour des interventions et conférences aux ateliers Musidrama, où il transmet son expérience aux nouvelles générations d’artistes. Son parcours démontre qu’il est possible de conjuguer excellence artistique et compétences techniques, deux domaines trop souvent cloisonnés dans le spectacle vivant traditionnel.


Retour au Châtelet : La Cage aux folles, décembre 2025


Six ans après ses débuts sur les grandes scènes parisiennes, Harold Simon retrouve le Théâtre du Châtelet dans « La Cage aux folles », comédie musicale emblématique de Jerry Herman créée en 1983 sur un livret d’Harvey Fierstein d’après la pièce de Jean Poiret. Cette nouvelle production en français, mise en scène par Olivier Py, directeur du théâtre, se veut résolument contemporaine et militante, explorant la dimension politique de l’œuvre à l’heure où les droits LGBTQI+ sont remis en question partout dans le monde.
Aux côtés de Laurent Lafitte, qui incarne Albin/Zaza dans ce qui constitue pour lui un « rêve d’enfant », Harold Simon rejoint une distribution prestigieuse comprenant Damien Bigourdan, Gilles Vajou, Emeline Bayart, Daniel Loeillot, Maë-Linh Nguyen et Jean-Luc Baron. Le spectacle, présenté du 5 décembre 2025 au 10 janvier 2026, marque le grand retour de cette œuvre culte à Paris, vingt-six ans après une première adaptation française au Mogador qui n’avait pas rencontré le succès escompté.
Cette participation à une production d’une telle envergure, dans un théâtre de 2034 places dirigé par l’une des figures majeures de la scène française, confirme la trajectoire ascendante d’Harold Simon. Sa présence dans ce casting témoigne de la reconnaissance dont il jouit désormais dans le milieu de la comédie musicale parisienne, aux côtés de grands noms du théâtre français.


À travers son parcours, Harold Simon incarne parfaitement cette nouvelle génération d’artistes français de comédie musicale : excellemment formés, polyvalents, capables de passer d’un registre à l’autre avec une aisance déconcertante, et possédant une conscience aiguë des enjeux techniques et artistiques du spectacle vivant contemporain. De « Jack, l’éventreur de Whitechapel » à « La Cage aux folles », des créations intimistes aux grandes productions, du jeune public aux spectacles pour adultes, il a su construire méthodiquement une carrière cohérente et ambitieuse.
Son engagement dans des productions originales françaises, aux côtés des duos créatifs Salvia-Vidal ou de l’équipe Musidrama, démontre également sa volonté de participer au renouveau du genre en France, plutôt que de se limiter aux reprises de classiques anglo-saxons. Cette démarche, associée à ses compétences techniques uniques, fait de lui un artiste complet et moderne, parfaitement adapté aux exigences du spectacle musical du XXIe siècle.
Son retour sur la scène du Châtelet en cette fin d’année 2025 constitue une étape majeure dans une carrière qui, manifestement, ne fait que commencer. Pour les amateurs de théâtre musical, Harold Simon représente l’avenir d’un genre en pleine effervescence, porté par des artistes talentueux, engagés et résolument contemporains.


Philippe Escalier

Photos au Châtelet : © Thomas Amouroux – Portrait : © Philippe Escalier

Louis Delort dans « Le Roi Soleil, le retour »

Dôme de Paris

Révélé par « 1789 : les amants de la Bastille », Louis Delort s’est imposé comme l’une des voix les plus sensibles et les plus habitées de la scène musicale française. Son timbre singulier et sa présence scénique en font le choix naturel pour incarner Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, aux côtés d’Emmanuel Moire, dans « Le Roi Soleil », comédie musicale emblématique qui avait enflammé 1,6 million de spectateurs en 2005. Vingt ans plus tard, l’aventure renaît : un pari audacieux et une promesse d’émotion renouvelée, que Louis Delort s’apprête à relever avec la passion qu’on lui connaît.

J’ai été contacté par Bruno Berberes à la fin de l’été pour passer un casting. Le rôle de « Monsieur, frère du Roi » m’intéressait vraiment. Nous avons échangé des vidéos avec Dove Attia et Kamel Ouali avant que je ne fasse des essais à Paris. Cette comédie musicale mythique a bercé mon enfance : j’entendais souvent ses chansons à la radio. La qualité de ses costumes et de ses décors est restée dans les mémoires. Je ne pouvais pas laisser passer une si belle opportunité qui me permet de retrouver mon ami de longue date Flo Malley, avec qui j’ai participé à The Voice en 2012, ainsi que Vanina Pietri.


C’est une préparation à la fois mentale et physique. Philippe d’Orléans est un prince énergique, et je sais que Kamel Ouali a pour lui des ambitions chorégraphiques. Je travaille donc beaucoup le cardio. Dans « Starmusical », avec la chorégraphe Delphine Attal, j’ai bénéficié d’une excellente formation à la gestion du mouvement scénique et de la danse.

Oui, dans « 1789 », je jouais un personnage fictif. C’est passionnant de se plonger dans sa biographie et de comprendre qui était ce prince. On imagine souvent « Monsieur » exubérant, un peu fou, toujours entouré de ses mignons. Mais il avait une vraie profondeur : il était cultivé, aimait l’art. C’est un rôle jubilatoire. Pour le travailler, j’ai la chance d’être accompagné par François Chouquet, qui a co-écrit le livret et avec qui j’avais déjà collaboré sur 1789. J’ai en lui une grande confiance.


La voix est le domaine où je me sens le plus à l’aise. Mon registre est rock-pop, mais la musique du « Roi Soleil » m’attire tout autant. La complexité du rôle tient à son amplitude vocale : il faut pouvoir monter haut, avec moins de souffle qu’à l’accoutumée, en raison des sollicitations physiques que demande le spectacle.


J’ai arrêté de l’écouter (rires) ! Il a tellement marqué ce rôle qu’il m’a fallu m’en détacher pour trouver ma propre interprétation. C’est à moi d’écrire mon histoire.


Ce n’est pas toujours simple. Un spectacle comme « Le Roi Soleil » exige une forte implication, et je tiens aussi à garder du temps pour mon fils et ma compagne. Parmi les projets à venir, il y a « Soundsfromanima », un duo que nous formons ensemble. Nous donnons des concerts et mettons en ligne nos titres depuis quelque temps.


Louis Delort incarne Philippe d’Orléans dans Le Roi Soleil, le retour


Louis Delort : parcours d’un artiste entre rock et comédie musicale

Louis Delort incarne une génération d’artistes qui a su bâtir sa carrière à la croisée des chemins entre télévision, comédie musicale et création personnelle. Révélé au grand public lors de la première édition française de The Voice en 2012, ce jeune homme de dix-huit ans a depuis déployé un parcours remarquable où se mêlent succès populaires et démarches artistiques plus intimes. De l’imposant Palais des sports de Paris où il incarna Ronan dans 1789 : Les Amants de la Bastille jusqu’au retour triomphal du Roi Soleil en 2025, Louis Delort a su conquérir le public des comédies musicales tout en préservant une sensibilité rock et une indépendance créative qui le distinguent dans le paysage musical français. Sa nomination aux NRJ Music Awards en 2013 comme Révélation francophone de l’année témoigne d’un talent reconnu tant par ses pairs que par le public. Aujourd’hui professeur de chant et père de famille, l’artiste poursuit une carrière multiple qui conjugue scène, pédagogie et création, trouvant dans le rôle de Philippe d’Orléans une nouvelle occasion de briller sur les planches nationales.


Enfance et adolescence dans l’Ain

Louis Delort voit le jour le 5 août 1993 à Écully, dans le Rhône, mais grandit à Saint-Trivier-sur-Moignans, petite commune de l’Ain où il construit ses premières aspirations artistiques. Fils de Laurent Delort, guitariste professionnel également connu sous le nom de scène Al, le jeune Louis baigne dès l’enfance dans un environnement où la musique règne en maître. Cette filiation artistique s’avérera déterminante pour l’orientation de sa vie. Dès l’âge de treize ans, il commence à composer ses propres chansons, fasciné par les groupes anglo-saxons qu’il écoute dans sa chambre. Des Beatles à Radiohead, en passant par Jeff Buckley et The Doors, il se forge un univers musical éclectique, apprenant l’anglais en décryptant les livrets et la guitare en reproduisant les riffs de ses artistes favoris.

Cette passion le conduit, à seize ans seulement, à prendre une décision radicale qui marquera le début de sa carrière professionnelle : il quitte le lycée Edgar Quinet de Bourg-en-Bresse pour intégrer le conservatoire. Ce choix audacieux témoigne d’une détermination précoce et d’une confiance en son talent que les événements ultérieurs viendront amplement justifier. Au conservatoire de Mâcon, il suit une formation en chant lyrique et décroche rapidement le statut de lauréat avec mention très bien après une seule année d’études, démontrant une aptitude remarquable pour la technique vocale classique qui enrichira plus tard sa palette artistique.

La naissance de The Sheperds : premiers pas sur scène

C’est également au lycée, en classe de seconde, que Louis Delort rencontre les complices qui formeront avec lui le groupe The Sheperds. Lucas Goudard à la batterie et Victorien Berger (dit Victo) à la basse constituent le noyau initial de cette formation, rapidement complétée par Quentin Bozonnet au trombone, Cyril Bozonnet à la trompette et Quentin Deneuve au saxophone. Le nom du groupe, qui signifie « Les Bergers » en anglais, provient du patronyme du bassiste. Ensemble, les jeunes musiciens se lancent dans la composition et l’écriture de leurs propres morceaux, développant un répertoire ancré dans le rock avec des influences qui vont de Radiohead à Jeff Buckley.

Dans un garage aménagé en studio d’enregistrement, ils produisent leur premier EP baptisé The Gold Taste, qui sort le 7 juin 2011. Cette production entièrement autogérée leur permet d’enchaîner les petites scènes locales, notamment à La Tannerie, où leurs concerts commencent à attirer l’attention. À dix-sept ans à peine, Louis Delort fait preuve d’une maturité impressionnante en assurant lui-même la production et le mixage de cet album, acquérant une maîtrise technique qui lui sera précieuse tout au long de sa carrière.


Une participation décisive en 2012

L’inscription à la première saison française de The Voice ne relève pas du hasard. C’est Laurent Delort, le père de Louis, qui travaille alors comme guitariste avec Stéphan Rizon, qui suggère à son fils de tenter l’aventure aux côtés de ce dernier. Ce concours de circonstances fait que les deux amis se retrouveront face à face jusqu’à la finale du télé-crochet. Lors des auditions à l’aveugle diffusées du 25 février au 12 mai 2012, Louis Delort choisit d’interpréter une version personnelle de Video Games de Lana Del Rey. Sa prestation suscite un événement rare : les quatre coachs – Garou, Florent Pagny, Jenifer et Louis Bertignac – se retournent simultanément, conquis par son timbre vocal reconnaissable entre mille et son interprétation sensible. Sans hésitation, le jeune chanteur rejoint l’équipe de Garou, dont le style correspond davantage à ses aspirations artistiques.

Au fil des épreuves, Louis Delort impose sa personnalité et sa voix éraillée, marquant particulièrement les esprits lors de sa reprise de Dans le port d’Amsterdam de Jacques Brel. Cette performance vocale sidère littéralement les quatre coachs et le public, confirmant l’étendue de son talent et sa capacité à s’approprier des répertoires exigeants. Opposé à Damien Schmitt lors de la battle sur One de U2, il remporte l’épreuve avec les encouragements des autres coachs. Sa progression jusqu’à la finale témoigne de la force de son empreinte vocale et de sa capacité à émouvoir. Le 12 mai 2012, lors de l’ultime affrontement qui l’oppose à son ami Stéphan Rizon, Louis Delort obtient 29,9 % des votes du public et termine à la deuxième place. Garou salue alors son potentiel exceptionnel et sa belle personnalité.

Un tremplin vers la notoriété

Bien que battu en finale, Louis Delort sort de l’aventure avec une exposition médiatique considérable et un public déjà fidèle. Pas moins de sept des titres qu’il a interprétés durant l’émission se retrouvent dans les meilleures ventes françaises, dont Unchained Melody qui approche le top 20. Un album compilation intitulé simplement Louis Delort, rassemblant ses performances vocales de The Voice, paraît en juin 2012 et atteint une honorable trente-deuxième place dans les classements nationaux. Cette reconnaissance immédiate ouvre les portes du monde du spectacle professionnel et attire l’attention de producteurs prestigieux.

C’est précisément ce qui se produit lorsque Dove Attia, le célèbre producteur de comédies musicales et ancien juré de Nouvelle Star, repère le jeune artiste. Séduit par son charisme et sa voix, il voit en Louis Delort le profil idéal pour incarner un personnage révolutionnaire dans son prochain spectacle. Le passage dans The Voice aura ainsi constitué bien plus qu’un simple tremplin médiatique : il a permis à Louis Delort d’acquérir une professionnalisation rapide, de se confronter à des exigences de performance élevées et de développer une présence scénique face à des milliers de spectateurs.


L’arrivée impromptue dans le rôle principal

L’histoire de la participation de Louis Delort à 1789 : Les Amants de la Bastille comporte une dimension fortuite qui ajoute au caractère romanesque de son parcours. À l’origine, le rôle principal masculin du spectacle, baptisé Lazare, était destiné à Mathieu Carnot, chanteur du groupe de rock grenoblois Caravage. Celui-ci se présente aux auditions après avoir subi une opération des cordes vocales, informant la production que son rétablissement demeure incertain. Néanmoins sélectionné pour incarner l’amant de la Bastille aux côtés de Camille Lou, il doit finalement renoncer au rôle principal quelques semaines avant le début des répétitions, toujours éprouvé par son intervention chirurgicale. La production lui propose alors un personnage secondaire, celui du comte de Peyrol, l’un des antagonistes, tandis que le personnage principal est rebaptisé Ronan Mazurier.

Louis Delort, fraîchement sorti de The Voice, est alors contacté par Bruno Berberes, le directeur de casting de la comédie musicale, et Claude Peruzzi. Dans un premier temps, le jeune artiste hésite, souhaitant se concentrer sur son projet personnel avec The Sheperds. Mais les rencontres avec l’équipe artistique finissent par le convaincre. Dove Attia s’enthousiasme publiquement de cette acquisition : selon ses propres termes rapportés par la presse, il voit en Louis un « vrai gavroche, un révolutionnaire », précisément le profil recherché pour le personnage. Le jeune homme fait une apparition discrète à la fin du clip de Je veux le monde, troisième extrait de la bande originale, interprété par Nathalia dans le rôle de Solène. Son arrivée officielle est annoncée le 27 juillet 2012.

L’immersion dans le spectacle musical

Lorsqu’il rejoint la troupe en juillet 2012, Louis Delort n’a que dix-huit ans et doit faire face à un défi considérable : incarner le rôle principal d’une comédie musicale ambitieuse produite par Dove Attia et Albert Cohen, mise en scène par Giuliano Peparini. Le personnage de Ronan Mazurier, jeune paysan révolutionnaire qui monte à Paris au printemps 1789, participe aux côtés de Danton et Desmoulins (interprétés par Rod Janois) à la prise de la Bastille et combat pour les idées qui mèneront à la Déclaration des droits de l’homme. Cette histoire d’amour impossible avec Olympe (Camille Lou), gouvernante de Marie-Antoinette, constitue le fil rouge émotionnel du spectacle.

Dans une interview accordée au Parisien en août 2012, alors que les répétitions battent leur plein au gymnase du lycée de Vanves, le jeune homme confie avoir initialement appréhendé son arrivée dans ces conditions. Prendre le relais d’un comédien déjà annoncé, intégrer une troupe constituée, s’approprier un rôle en quelques semaines : les défis sont nombreux. Mais l’accueil chaleureux qu’il reçoit dissipe rapidement ses craintes. Aux côtés de Camille Lou, Rod Janois, Roxane Le Texier, Sébastien Agius et Nathalia, il s’immerge totalement dans l’univers du spectacle musical. La première représentation officielle a lieu le 10 octobre 2012 au Palais des sports de Paris, marquant le début d’une aventure qui durera jusqu’au 5 janvier 2014.

Un succès public et critique

1789 : Les Amants de la Bastille rencontre rapidement un immense succès populaire. Plus de 620 000 spectateurs assistent aux représentations, réparties entre deux saisons parisiennes et deux tournées en France, Belgique et Suisse. Louis Delort joue ainsi plus de trois cents représentations dans les Zéniths de France et au Palais des sports de Paris alors qu’il n’a que dix-neuf ans. Le spectacle est sacré « Meilleure Comédie Musicale de l’Année » aux Globes de Cristal en 2013. Le quatrième extrait du spectacle, Tomber dans ses yeux, duo entre Louis Delort et Camille Lou, sort le 12 septembre 2012, accompagné d’un clip dévoilé le 22 octobre qui offre un aperçu des répétitions et des scènes en direct.

Louis Delort interprète également Sur ma peau, cinquième extrait dont il compose la musique avec son père Laurent Delort. Le clip, tourné les 20 et 21 mars 2013 en Camargue, est dévoilé le 8 avril suivant. Cette chanson témoigne de la collaboration artistique entre le père et le fils, une complicité créative qui traverse toute la carrière de Louis. Lors de la seconde série de représentations au Palais des sports de Paris, de novembre 2013 à janvier 2014, le spectacle bénéficie d’une nouvelle version enrichie d’un orchestre de quatre musiciens intervenant sur les titres phares. Deux chansons sont ajoutées : Pic et Pic, interprétée par Louis Delort, Rod Janois, Sébastien Agius et David Ban, ainsi que Les Mots que l’on ne dit pas, chantée par Camille Lou.

Une reconnaissance professionnelle

Cette expérience dans 1789 constitue une formation accélérée aux métiers du spectacle vivant. Comme Louis Delort le confiera plus tard dans un entretien accordé à PureBreak en août 2014, il y apprend « plusieurs métiers » en jouant tous les soirs, parfois plusieurs fois par jour. Cette immersion totale forge sa professionnalisation et sa capacité à tenir un rôle exigeant sur la durée. Le 14 décembre 2013, lors de la quinzième édition des NRJ Music Awards, il reçoit le prix de la Révélation francophone de l’année, consécration suprême qui vient couronner une année extraordinaire. Après une tournée dans toute la France avec la troupe de 1789, le jeune artiste avoue avoir eu du mal à « se réadapter à la vie réelle », tant l’intensité de cette expérience a été marquante.

Le spectacle fait également l’objet d’une captation professionnelle filmée au Palais des sports de Paris le 18 décembre 2012, puis diffusée dans les salles de cinéma en 3D relief du 25 au 28 septembre 2014 via Pathé Live. Cette version filmée permet au spectacle de toucher un public encore plus large et pérennise l’interprétation de Louis Delort dans le rôle de Ronan. Il participe par ailleurs à plusieurs émissions télévisées pour promouvoir le spectacle, notamment 300 chœurs pour les fêtes où la troupe interprète Quand on arrive en ville, et La Chanson de l’année sur TF1, où il chante avec Camille Lou le duo Tomber dans ses yeux, nommé dans la catégorie Chanson francophone de l’année.


Une fidélité aux compagnons de route

Malgré le tourbillon médiatique de The Voice et l’engagement intense dans 1789, Louis Delort n’oublie jamais ses racines rock ni ses amis de The Sheperds. Dès l’annonce de sa participation au télé-crochet, il avait prévenu ses camarades qu’en cas de signature avec une maison de disques, ils signeraient tous ensemble. Cette promesse, il la tient. Après le passage à The Voice, la formation du groupe évolue : le tromboniste et le trompettiste laissent place au violoniste Théo Ceccaldi et au violoncelliste Valentin Ceccaldi, donnant une nouvelle couleur à l’ensemble. Le groupe prend alors le nom de Louis Delort and The Sheperds et commence, en studio, la création d’un premier album avec la maison de disques Mercury.

Durant l’été 2013, avant la reprise des représentations de 1789, Louis enregistre avec ses amis le premier single de leur futur album, Je suis là, qui sort officiellement le 26 août 2013. Ce titre de pop rock français marque le retour de l’artiste à son univers initial, celui d’une musique rythmée et mélodique portée par sa voix si reconnaissable. Entre-temps, Victorien Berger revient dans le groupe à la basse, laissant à Jean-Étienne Maillard le rôle de guitariste. Un an plus tard, le 9 juin 2014, sort le second single, Outre-Manche, qui donne le ton folk rock du projet. Dans une interview à PureBreak, Louis précise que ce morceau a sa place dans l’album mais ne dégage pas tout ce que contiendra le disque complet.

Un album et une tournée nationale

L’album éponyme Louis Delort and The Sheperds sort le 20 octobre 2014 sous le label Mercury. Ce premier opus officiel du groupe révèle un univers musical à la croisée du pop rock et du folk rock, enrichi par les sonorités du violon et de la mandoline. Les textes, écrits pour la première fois entièrement en français par Louis, témoignent d’une volonté de renouveler la chanson française en y insufflant une énergie rock et des arrangements originaux. Une longue tournée dans toute la France et en Belgique accompagne cette sortie, débutant le 16 mai 2014 au Splendid de Lille et s’achevant le 13 juillet 2015 à Pont-Audemer. Ces concerts permettent au groupe de retrouver la scène dans un format plus intime que celui des comédies musicales, créant une proximité directe avec le public.

Mais en 2016, le groupe connaît une rupture douloureuse avec le départ de Lucas Goudard, l’un des membres fondateurs et ami de lycée de Louis. Cette séparation marque la fin d’une époque. Victorien et Louis tentent de poursuivre l’aventure en recrutant successivement deux batteurs : Allan Varnfield (ex-Saturday Sun) puis Cyril Gelly (du groupe Yeast). Avec ce dernier, ils donnent un dernier concert complet le 27 janvier 2017 à Mornant, dans le Rhône, mettant ainsi un terme définitif à l’aventure The Sheperds. Cette dissolution permet à Louis Delort de se concentrer sur sa carrière solo et de prendre une direction plus personnelle.


Un projet financé par les fans

En mars 2017, Louis Delort lance une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule pour produire son premier véritable album solo, La Folie des hommes. Cette démarche illustre sa volonté d’indépendance artistique après quatre années passées chez Mercury. Libre de créer et d’enregistrer sa propre musique sans les contraintes d’une maison de disques, il fait appel à la générosité de ses admirateurs. Le succès dépasse toutes les espérances : la cagnotte atteint 240 % de l’objectif initial, permettant d’augmenter le nombre de chansons présentes dans l’album, qui passe de douze à treize morceaux. Cette démonstration de soutien témoigne de la fidélité d’un public qui a suivi l’artiste depuis The Voice et continue de croire en son talent.

Le 13 avril 2018 sort Le Monde est à rendre, premier extrait de l’album, accompagné d’un clip également financé par une campagne participative. Ce titre annonce la tonalité générale du disque : une musique engagée, portée par des textes introspectifs et une sensibilité à fleur de peau. Le 8 juin suivant, Louis propose un EP intitulé Stockholm, composé de cinq chansons, certaines issues du futur album, d’autres totalement inédites. Cette sortie intermédiaire permet de faire patienter les fans et de tester les réactions du public.

Un album mature et poétique

La Folie des hommes paraît finalement le 29 septembre 2018 sous le label Aria Prod. Louis Delort s’est produit la veille au Café de la Danse à Paris pour en présenter les quinze titres. Cet album de cinquante-deux minutes révèle un artiste parvenu à maturité, capable d’explorer une large palette d’émotions et de styles. Les mélodies alternent entre envolées épiques et ballades intimistes, portées par la voix éraillée si caractéristique de Louis. Les textes, poétiques et engagés, abordent des thèmes universels : le temps qui passe, les relations humaines, la quête de sens dans un monde en perpétuel mouvement. Des titres comme Sunday Afternoon, Le Temps que tu reviennes, On roule trop vite, L’Orage ou encore I Met John témoignent de cette richesse thématique et mélodique.

La critique salue la qualité de ce premier album solo. La presse spécialisée souligne la beauté des arrangements, la justesse des interprétations et le courage d’un artiste qui s’est lancé dans une nouvelle aventure sans le soutien d’une maison de disques. Les auditeurs apprécient particulièrement la dimension poétique et contemplative de l’ensemble, qui invite à faire une pause et à réfléchir en musique au monde environnant. Si certains regrettent une uniformité de tempo sur certains morceaux, l’ensemble demeure largement salué comme une réussite artistique majeure. La Folie des hommes confirme que Louis Delort possède non seulement une voix exceptionnelle, mais également un véritable talent de compositeur et d’auteur capable de toucher le cœur de ses auditeurs.


L’enseignement et la transmission

Depuis 2020, Louis Delort occupe une fonction de coordinateur pédagogique et professeur de chant à l’École Professionnelle des Arts de la Scène (EPAS), située à Mâcon. Cette institution forme de jeunes talents aux métiers du spectacle vivant, et Louis y transmet son expertise vocale et scénique acquise au fil de ses expériences. Déjà parrain de l’école en 2019-2020, il avait accompagné les étudiants dans leurs répétitions, spectacles et sessions en studio d’enregistrement. Son approche pédagogique s’appuie sur sa formation au coaching vocal dispensée par Damien Silvert, coach réputé ayant travaillé avec Mika, Gad Elmaleh ou encore les candidats de The Voice. Cette double casquette d’artiste et de pédagogue lui permet de rester connecté au monde du spectacle tout en cultivant une autre dimension de sa carrière. Son père Laurent Delort, alias Al, intervient également à l’EPAS en tant que professeur de guitare, perpétuant ainsi une transmission artistique familiale.

The Voice All Stars : un retour applaudi

En 2021, Louis Delort participe à l’édition anniversaire de The Voice, intitulée The Voice : All Stars, qui réunit d’anciens candidats marquants de l’émission. Dix ans après sa participation initiale, il revient sur le plateau avec la ferme intention de réitérer l’exploit d’avoir fait se retourner tous les coachs. Pour les auditions à l’aveugle, il choisit le titre poignant To Build A Home du groupe The Cinematic Orchestra, une chanson qui résonne avec émotion et profondeur. Zazie se retourne au premier couplet, suivie rapidement par Florent Pagny qui le reconnaît immédiatement et encourage les autres coachs à se retourner également. Mika, Patrick Fiori et Amel Bent appuient effectivement sur leur buzzer. Louis choisit finalement de rejoindre l’équipe de Patrick Fiori, l’ami de Garou, bouclant ainsi une boucle symbolique.

Lors de la cross-battle, il affronte Anahy, autre ancien talent de l’équipe de Garou lors de la première saison. Il interprète In My Blood de Shawn Mendes et obtient les louanges des coachs lors des répétitions, ainsi que des conseils de Camille Lellouche sur sa posture scénique. Sa prestation enflamme le public, les coachs et même les musiciens. Patrick Fiori félicite son protégé pour son talent et son humilité. Louis obtient finalement 68 % des votes et se qualifie pour la demi-finale. Pour cette étape cruciale, il se retrouve en compétition face à MB14 et Paul, et choisit d’interpréter un titre emblématique de Téléphone, La Bombe humaine. Il frôle l’élimination mais décroche sa place en finale grâce aux votes du public. En tant que sixième et dernier talent finaliste, il donne tout lors de son numéro solo sur Fix You de Coldplay, accompagné d’une danseuse sous un ciel étoilé. La soirée culmine avec ses retrouvailles tant attendues avec Garou, son ancien coach. Louis Delort termine finalement à la deuxième place de cette édition spéciale, reproduisant exactement son classement de 2012.

Vie personnelle et paternité

Sur le plan personnel, Louis Delort partage sa vie avec Angèle Debono. Le 11 septembre 2022, le couple annonce qu’ils attendent un enfant pour décembre. Finalement, le 26 octobre 2022, Angèle donne naissance à un garçon prénommé Léon, arrivé avec un mois d’avance. Cette paternité constitue une nouvelle étape dans la vie de l’artiste, qui découvre alors les joies et les responsabilités familiales. Parallèlement, Louis Delort et Angèle développent un projet musical commun baptisé ANIMA. Ce duo explore de nouvelles sonorités et devrait donner lieu à la sortie d’un EP, initialement prévu pour l’automne 2024. Cette collaboration artistique avec sa compagne témoigne d’une volonté de partager également sur le plan créatif les affinités qui les unissent.

Starmusical : un hommage au patrimoine de la comédie musicale

En 2024, Louis Delort rejoint la distribution de Starmusical, spectacle produit par Claude Cyndecki de Cheyenne Production. Ce show rend hommage à plus de cinquante ans de comédies musicales françaises, réunissant une trentaine d’artistes issus de différentes générations. Louis y interprète notamment Sur ma peau, extrait de 1789 : Les Amants de la Bastille, dans une version repensée qui ne reprend ni la chorégraphie ni les textes d’avant-scène originaux. Comme il l’explique dans une interview accordée à Pozzo Live, il ne s’agit pas de plagiat mais d’une redécouverte des chansons avec les artistes originaux dans de nouvelles interprétations. Ce spectacle, présenté à l’AccorArena de Paris le 27 mars 2024 puis en tournée dans toute la France jusqu’au 27 avril, permet à Louis Delort de renouer avec l’univers des grandes productions musicales tout en célébrant le patrimoine de cette forme d’art qu’il affectionne particulièrement.


La genèse du revival de 2025

En septembre 2025, une annonce officielle fait grand bruit dans le monde de la comédie musicale française : Louis Delort rejoint la distribution du revival de Le Roi Soleil, spectacle culte créé en 2005 par Dove Attia et Albert Cohen, mis en scène et chorégraphié par Kamel Ouali. Vingt ans après sa création au Palais des sports de Paris, cette comédie musicale qui a rassemblé 1,6 million de spectateurs en trois cent quatre-vingts représentations effectue un retour triomphal. Le spectacle raconte de façon romancée la vie de Louis XIV, suivant le fil d’une histoire d’amour impossible entre le Roi-Soleil et Marie Mancini, nièce du cardinal Mazarin. Parmi les tubes du spectacle figurent Je fais de toi mon essentiel, Être à la hauteur et Tant qu’on rêve encore, devenus des classiques repris en chœur par le public.

Cette nouvelle version, désormais produite par Décibels Productions, bénéficie d’une mise en scène actualisée tout en conservant l’esprit original qui a fait le succès du spectacle. Emmanuel Moire, qui avait créé le rôle de Louis XIV en 2005, reprend son personnage emblématique, apportant continuité et légitimité au projet. Le casting s’enrichit de nouveaux talents issus notamment de The Voice, témoignant de l’impact durable de ce télé-crochet sur le monde de la comédie musicale française. Lou Jean incarne Marie Mancini, Flo Malley interprète François de Vendôme (rôle créé par Merwan Rim), tandis que Vanina (choriste pour Slimane et Lara Fabian, également entendue dans Vaiana 2) et Margaux Heller complètent la distribution dans le rôle de Madame de Montespan.

Philippe d’Orléans : reprendre l’héritage de Christophe Maé

Louis Delort hérite du rôle de Philippe d’Orléans, dit Monsieur, frère cadet de Louis XIV. Ce personnage central du spectacle avait été créé en 2005 par Christophe Maé, alors totalement inconnu du grand public. Le Roi Soleil avait constitué pour lui un tremplin décisif vers une carrière solo couronnée de succès, tout comme le spectacle avait lancé Emmanuel Moire. Reprendre ce rôle représente donc un défi de taille pour Louis Delort, qui doit à la fois honorer l’interprétation originale devenue iconique et apporter sa propre sensibilité au personnage. Philippe d’Orléans, frère fantasque et flamboyant du roi, incarne dans le spectacle une figure complexe, partagée entre l’ombre du monarque et sa propre quête d’identité. Le personnage chante notamment Ça marche, morceau emblématique qui ouvre le spectacle sur une note ironique et décalée.

Sur les réseaux sociaux, Louis Delort exprime son enthousiasme face à cette nouvelle aventure : selon ses propres mots rapportés par la presse, il se dit ravi de reprendre le rôle de Monsieur dans le retour du Roi Soleil et donne rendez-vous très bientôt au public. Cette nomination témoigne de la reconnaissance de son talent et de son expérience dans le domaine des comédies musicales. Après avoir incarné Ronan dans 1789 et participé à Starmusical, Louis Delort possède désormais la maturité et la stature nécessaires pour endosser un rôle aussi emblématique. Récemment devenu père, il perçoit dans ce retour au monde de la comédie musicale un nouveau défi artistique qui s’inscrit dans la continuité logique de son parcours.

Une tournée nationale ambitieuse

Le spectacle est présenté en première le 28 novembre 2025 au Millesium d’Épernay, avant une résidence parisienne au Dôme de Paris – Palais des Sports du 4 décembre 2025 au 18 janvier 2026. Cette longue série de représentations dans la capitale permet au public parisien de découvrir ou redécouvrir le spectacle dans sa nouvelle mouture. La billetterie connaît un succès retentissant avec plus de 250 000 billets vendus avant même le début des représentations, témoignant de l’engouement persistant pour cette œuvre devenue culte. Après Paris, le spectacle entame une vaste tournée nationale dans les plus grands Zéniths de France : Marseille (Dôme de Marseille, 24-25 janvier 2026), Rouen (Zénith, 31 janvier-1er février 2026), Caen (Zénith, 6-8 février 2026), Montpellier (Zénith Sud, 12-14 février 2026), Dijon (Zénith, 19-22 février 2026), Amiens (Zénith, 28 février-1er mars 2026) et Orléans (Zénith, 7-8 mars 2026).

La tournée se poursuit ensuite dans d’autres grandes villes françaises, incluant notamment Fréjus, Nantes, Lille, Clermont-Ferrand, Toulouse, Pau, Poitiers, Brest, Saint-Étienne, Amnéville, Strasbourg, Bordeaux, Nice, Lyon, Nancy et Reims. Ce calendrier ambitieux promet une large accessibilité géographique et permet au spectacle de toucher un public étendu sur l’ensemble du territoire national. Cette dimension nationale de la tournée rappelle celle de 1789, où Louis Delort avait également sillonné la France pour plus de trois cents représentations. L’expérience acquise lors de cette première aventure en comédie musicale s’avère donc précieuse pour affronter les exigences d’une telle tournée.

Une production somptueuse entre nostalgie et modernité

Le revival du Roi Soleil ne se contente pas de reproduire à l’identique le spectacle de 2005. Kamel Ouali et Dove Attia ont repensé certains aspects de la mise en scène pour l’adapter aux attentes du public contemporain tout en préservant l’esprit qui a fait le charme de l’original. Les costumes somptueux, les décors flamboyants et les tubes mythiques demeurent au cœur du dispositif, mais sont rehaussés par une démesure et une énergie renouvelées. Une nouvelle chanson vient enrichir la partition originale, signe que les créateurs souhaitent également surprendre les spectateurs qui connaissent le spectacle par cœur. Le Dôme de Paris se transforme en Versailles pop, recréant l’atmosphère du Grand Siècle avec les codes esthétiques de la comédie musicale moderne.

Cette production se situe à la croisée entre nostalgie scintillante et plaisir assumé. Elle s’adresse aussi bien aux spectateurs qui ont découvert le spectacle en 2005 et souhaitent retrouver les émotions de l’époque qu’à une nouvelle génération d’amateurs de comédies musicales qui découvriront l’œuvre pour la première fois. Louis Delort, avec sa double légitimité d’ancien de 1789 et de finaliste de The Voice, incarne parfaitement ce pont entre générations. Son profil correspond à l’esprit du spectacle : une fusion entre talent brut, charisme scénique et capacité à émouvoir un large public. Le retour du Roi Soleil marque ainsi une nouvelle étape dans sa carrière, confirmant son statut d’artiste incontournable du paysage de la comédie musicale française.


5 août 1993 : Naissance à Écully (Rhône)

2009 : Quitte le lycée Edgar Quinet à Bourg-en-Bresse à l’âge de seize ans pour intégrer le conservatoire de Mâcon

Juin 2010 : Formation du groupe The Sheperds avec Lucas Goudard et Victorien Berger

7 juin 2011 : Sortie du premier EP The Gold Taste

25 février – 12 mai 2012 : Participation à la première saison de The Voice, termine deuxième

Juin 2012 : Sortie de l’album compilation Louis Delort rassemblant ses performances de The Voice

Juillet 2012 : Annonce de son intégration à la troupe de 1789 : Les Amants de la Bastille

10 octobre 2012 : Première représentation de 1789 au Palais des sports de Paris

12 septembre 2012 : Sortie du single Tomber dans ses yeux (duo avec Camille Lou)

8 avril 2013 : Dévoilement du clip de Sur ma peau (coécrit avec son père Laurent Delort)

26 août 2013 : Sortie du single Je suis là (Louis Delort and The Sheperds)

14 décembre 2013 : Prix de la Révélation francophone de l’année aux NRJ Music Awards

5 janvier 2014 : Dernière représentation de 1789 : Les Amants de la Bastille

9 juin 2014 : Sortie du single Outre-Manche

20 octobre 2014 : Sortie de l’album Louis Delort and The Sheperds

16 mai 2014 – 13 juillet 2015 : Tournée nationale avec The Sheperds

2016 : Séparation du groupe The Sheperds

27 janvier 2017 : Dernier concert complet à Mornant (Rhône)

Mars 2017 : Lancement d’une campagne de financement participatif pour l’album solo

13 avril 2018 : Sortie du single Le Monde est à rendre

8 juin 2018 : Sortie de l’EP Stockholm

29 septembre 2018 : Sortie de l’album solo La Folie des hommes

2019-2020 : Parrain de l’École Professionnelle des Arts de la Scène (EPAS)

Depuis 2020 : Coordinateur pédagogique et professeur de chant à l’EPAS de Mâcon

2021 : Participation à The Voice : All Stars, termine deuxième

26 octobre 2022 : Naissance de son fils Léon

27 mars 2024 : Participation au spectacle Starmusical à l’AccorArena de Paris

Septembre 2025 : Annonce de sa participation au revival du Roi Soleil dans le rôle de Philippe d’Orléans

28 novembre 2025 : Première représentation du Roi Soleil au Millesium d’Épernay

4 décembre 2025 – 18 janvier 2026 : Résidence au Dôme de Paris – Palais des Sports

Janvier-mars 2026 : Tournée nationale du Roi Soleil dans les Zéniths de France


Annexes : discographie et filmographie

Discographie

Albums

  • Louis Delort (2012) – Compilation des performances de The Voice
  • 1789 : Les Amants de la Bastille (2012) – Album studio du spectacle musical
  • Louis Delort and The Sheperds (2014) – Premier album avec le groupe
  • La Folie des hommes (2018) – Premier album solo

Singles

  • Je suis là (2013) – Louis Delort and The Sheperds
  • Sur ma peau (2013) – Extrait de 1789
  • Tomber dans ses yeux (2012) – Duo avec Camille Lou, extrait de 1789
  • Outre-Manche (2014) – Louis Delort and The Sheperds
  • Le Monde est à rendre (2018) – Premier extrait de La Folie des hommes

EPs

  • The Gold Taste (2011) – The Sheperds
  • Stockholm (2018)

Filmographie et spectacles

Comédies musicales

  • 1789 : Les Amants de la Bastille (2012-2014) – Rôle de Ronan Mazurier
  • Starmusical (2024) – Hommage aux comédies musicales françaises
  • Le Roi Soleil (2025-2026) – Rôle de Philippe d’Orléans

Télévision

  • The Voice : La plus belle voix (2012) – Finaliste, deuxième place
  • The Voice : All Stars (2021) – Finaliste, deuxième place
  • 300 chœurs pour les fêtes (2012) – Avec la troupe de 1789
  • La Chanson de l’année – Interprétation de Tomber dans ses yeux avec Camille Lou

Captation cinéma

  • 1789 : Les Amants de la Bastille (2014) – Pathé Live, projection en 3D relief

Récompenses et distinctions

  • NRJ Music Awards 2013 : Révélation francophone de l’année
  • Globes de Cristal 2013 : Meilleure Comédie Musicale de l’Année (avec 1789)
  • Conservatoire de Mâcon : Lauréat mention très bien en classe de chant

Louis Delort incarne une génération d’artistes qui refusent de se laisser enfermer dans une seule étiquette. Tour à tour rockeur, interprète de comédies musicales, auteur-compositeur indépendant, professeur et père de famille, il a su construire une carrière polymorphe qui témoigne d’une soif constante de découverte et de renouvellement. De ses débuts dans un groupe de lycée à sa participation imminente au revival du Roi Soleil, il a traversé les univers musicaux avec une constance remarquable : celle d’une voix unique, reconnaissable entre mille, et d’une sincérité artistique qui touche le public au cœur.

Son parcours illustre également les mutations du spectacle vivant français, où les émissions de télé-crochet comme The Voice sont devenues de véritables tremplins vers les planches des comédies musicales. Louis Delort a su saisir ces opportunités tout en préservant son indépendance créative, n’hésitant pas à financer son album solo par le biais de ses admirateurs lorsqu’il souhaitait échapper aux contraintes des maisons de disques. Cette double dimension – popularité médiatique et exigence artistique – fait de lui un artiste complet, capable de s’adresser aussi bien au grand public qu’aux connaisseurs exigeants.

En endossant le rôle de Philippe d’Orléans dans Le Roi Soleil, Louis Delort franchit une nouvelle étape symbolique. Il reprend l’héritage d’un spectacle qui a marqué toute une génération et a lancé la carrière de figures majeures de la chanson française. Cette responsabilité, il l’aborde avec la maturité d’un artiste qui a déjà prouvé sa capacité à incarner des personnages emblématiques et à émouvoir des milliers de spectateurs soir après soir. Le public découvrira ainsi un Philippe d’Orléans nourri de toute l’expérience accumulée depuis 1789, un personnage porté par une voix devenue iconique et une présence scénique affirmée. Le retour du Roi Soleil s’annonce comme l’un des événements majeurs de la scène musicale française des années 2025-2026, et Louis Delort y tiendra une place centrale, confirmant son statut d’artiste incontournable du spectacle vivant contemporain.


Philippe Escalier

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