Marlene Dietrich seule en scène par Cyrielle Clair

Si l’on devait résumer, en quelques mots, le destin de l’un des plus grands mythes du cinéma, il faudrait citer des villes, des films et des hommes. À commencer par Pierre Cardin qui fut à l’origine de ce spectacle, lui qui demanda à Cyrielle Clair de bien vouloir faire revivre sur scène Marlene Dietrich qu’il admirait et qu’il avait eu le plaisir de recevoir, à deux reprises, dans l’Espace portant son nom.

Dans cette balade biographique subtilement travaillée, le spectateur se laisse entrainer sans grande difficulté. Cyrielle Clair incarne avec une réelle aisance, Marie Magdalene qui nait à Berlin au début du siècle et qui, pour la scène, contractera ses deux prénoms pour n’en faire qu’un. D’abord vouée à la musique (au violon), une blessure au poignet l’oriente vers le cabaret et le théâtre. Tout commence très vite, elle a moins de trente ans lorsqu’elle rencontre Josef von Sternberg. Avec lui, une poignée de films, autant de chefs-d’œuvre et le succès. La montée du nazisme auquel elle se heurte frontalement l’amène à quitter son pays pour les Etats-Unis où la grande séductrice rencontrera Gabin, l’homme de sa vie, avec lequel l’idylle fut pourtant de courte durée, ponctuée par le second conflit mondial. Sur le plan du courage et de l’engagement, les deux artistes se ressemblaient : lui se met en danger et rejoint la 2e DB, elle fait une tournée de 60 concerts en Europe pour suivre et égayer les troupes combattantes du général Patton. Dans les années 70, une série d’accidents ralentissent durablement sa fin de carrière et elle trouve refuge à Paris, dans son appartement de l’avenue Montaigne.

Cyrielle Clair nous fait traverser cette vie hors du commun avec un spectacle qui mêle à son jeu d’actrice, le chant et des projections vidéos. Nous alternons les lieux, les époques en même temps que l’actrice change de tenues. Tout est fait pour rendre cette rétrospective particulière vivante et touchante, Marlene Dietrich ne s’étant pas contentée d’avoir une vie de star adulée du public. Refusant les compromis et toute forme d’opportunisme, elle s’est mise au service de ses idées en essayant, sans toujours y parvenir, de concilier sa carrière et ses différentes amours. Avec passion, elle fit toujours en sorte que sa vie ne reste pas cantonnée à une image de femme fatale mais soit aussi, et surtout, un combat en faveur de la liberté à laquelle elle fut si attachée. Après ce beau spectacle en forme d’hommage, ne soyez pas surpris si vous sortez du théâtre des souvenirs plein la tête et en sifflotant « Lili Marleen » !

Philippe Escalier

Théâtre de la Tour Eiffel : 4, square Rapp 75007 Paris
Vendredi et samedi à 19 h et dimanche à 17 h – 01 40 67 77 77

A propos Sensitif

Journaliste, photographe, éditeur du magazine Sensitif : www.sensitif.fr
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