SOS Homophobie

 

 

Créée il y a 12 ans, comprenant une quarantaine de membres actifs, cette association nationale est à la pointe du combat pour le respect des gays et des lesbiennes. Flannan Obé, son président depuis juin 2005, s’exprime sur les actions menées par SOS Homophobie.

 

Où se déroulent les cas les plus fréquents d’homophobie et comment réagissez-vous ?

Les témoignages font état de difficultés sur le lieu de travail et en second lieu de problèmes de voisinage. On est d’abord là pour entendre les victimes qui ne sont pas entendues dans cette souffrance. C’est pourquoi nous sommes tous formés à l’écoute. Ensuite, nous les conseillons sans jamais prendre de décisions à leur place. Notre angle d’attaque consiste à rendre utile ce qui existe déjà comme l’inspection du travail. SOS peut aussi intervenir par un courrier officiel rappelant que certains agissements tombent sous le coup de la loi.

 

Vous intervenez aussi en justice, comme lors du procès du député Vanneste qu’avec le Sneg et Act-up vous avez gagné en première instance.

Oui, c’est le premier procès utilisant la loi du 30 décembre 2004 condamnant l’homophobie dans la presse. Dans le cadre de l’hémicycle, ses propos étaient couverts par l’immunité parlementaire. Mais il a récidivé dans La Voix du Nord et là, il tombait sous le coup de la loi. C’est un procès emblématique. On ne peut pas laisser un représentant de la nation tenir pareil discours, qui nourrit le sentiment d’impunité des homophobes.

Nous sommes une association de républicains convaincus. On ne demande ni plus de droits, ni à être protégés davantage. Il faut une défense particulière pour des gens discriminés, non des droits particuliers. On veut l’égalité des droits et l’égalité des droits en tout !

 

Votre action n’est pas uniquement répressive ?

Non ! Notre but est de passer par la formation, la répression étant le dernier recours. Depuis 4 ans, nous avons créé l’IMS (Intervention en Milieu Scolaire) pour intervenir à la demande d’un prof ou d’un élève, partout en France. De la même façon, nous gérons un module de sensibilisation dans les écoles de police. Il faut informer, sortir du fantasme et de la peur dans lesquelles l’homophobie se développe comme le racisme ou l’antisémitisme.

 

D’où provient votre financement ?

Vaste programme… enfin, pas si vaste que cela ! Nous n’avons aucune subvention permanente de qui que ce soit ! Il faut redemander, faire des dossiers. SOS organise quelques soirées aux Follivores ou au Tango. Certains spectacles (comme Torch Song Trilogy) donnent des représentations à notre profit. Il y a aussi les adhérents. Enfin, grâce à l’aide discrète et élégante de la Fondation Pierre Bergé, nous pouvons éditer notre rapport annuel.

 

Ce combat n’est pas uniquement celui des homos ?

Non, SOS accueille des hétéros et c’est important. Ce combat est celui de tout le monde. Si les choses vont mieux, comparées à d’autres pays et à quelques années en arrière, il ne faut surtout pas s’endormir car il y a encore trop de situations inacceptables. Pour cela, il faut parler. Aujourd’hui les victimes ne veulent plus se taire. Elles ont raison : le problème c’est l’homophobie, pas l’homosexualité ! Pour ce combat qui est celui de tous, homos et hétéros confondus, il nous faut de l’aide. Alors adhérez ! Adhérez !

 

Propos recueillis par Philippe Escalier pour

Sensitif – www.sensitif.fr

 

http://www.sos-homophobie.org – N° Azur : 0 810 108 135

 

Notre photo : Flannan Obé, Président de SOS Homophobie

 

A propos Sensitif

Journaliste, photographe, éditeur du magazine Sensitif : www.sensitif.fr
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Un commentaire pour SOS Homophobie

  1. Thomas dit :

    Sans vouloir jouer le pessimiste du lot, petit rappel : l\’aborgation de l\’esclavage (et par là même de la traite des noirs) date si mes souvenirs scolaires sont bons de 1848. 150 après, le 21 avril on voyait un certain personnage au second tour de la présidentielle au pays des Lumières… 150 après le raciste existait encore. Alors même si effectivement la situation s\’est beaucoup améliorée au chapitre de l\’homosexualité je crois qu\’il se trouvera toujours de par le monde quelques zigotos pour penser qu\’il faut coller le triangle rose aux taffioles, hélas.
    Sage action que de commencer par l\’éducation, mais ne serait-il pas plus efficace de sensibiliser dans toutes les classes et non juste celles qui en font la demande ? Des cours d\’"éducation sexuelle" sont dors et déjà dispensés en 3ème, ne serait-il pas possible d\’y adjoindre des cours d\’ouverture à la tolérance en allant les présenter directement aux directeurs d\’établissement plutôt que d\’attendre que les profs se proposent ? Ces actions sont-elles déjà menées ?

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