Brian Joubert

Un champion qui ne laisse personne de glace !

Une volonté de fer, un optimise à tout crin, un physique athlétique et l’envie de gagner, Brian Joubert pourrait bien être de l’étoffe dont on fait les héros. À 20 ans, il s’est déjà imposé comme l’un des meilleurs éléments du patinage artistique mondial. Entre son avion en provenance de Turin et son train pour Poitiers où l’entraînement reprend dans la foulée, il s’est exprimé sur les derniers Championnats d’Europe qui l’ont vu décrocher une médaille d’argent, mais aussi sur sa vie de sportif. Une interview forcément trop courte à notre goût mais qui nous fait découvrir un garçon décidé, spontané et bourré de charme.  

 

Dans quel état d’esprit rentrez-vous de Turin ?

Il y a eu beaucoup de choses positives pendant ces Championnats d’Europe. Les petits soucis n’ont pourtant pas manqué ces derniers temps. Je me suis retrouvé avec une seule semaine pour préparer l’épreuve. Je ne pensais pas faire une aussi belle compétition et gagner le programme court. Physiquement j’étais un peu juste, mais finalement, ça s’est plutôt bien passé.

Vous avez changé d’entraîneur 10 jours seulement avant le début de cette compétition européenne. Pourquoi ?

Laurent Depouilly, mon ancien entraîneur, était souvent absent. Je devais donc travailler tout seul. Une semaine avant les championnats, je suis revenu vers Véronique Guyon avec qui j’ai bossé pendant 15 ans. Elle me connaît très bien et ce changement ne posera aucun problème particulier.

Vous avez dit qu’il fallait quatre ans pour préparer les Jeux Olympiques, qui auront lieu en 2006 sur cette même patinoire turinoise. Vous sentez-vous prêt aujourd’hui ?

Oh oui ! Il est clair qu’il y a encore des choses à améliorer ; je dois travailler sur tous les plans, mais je suis sur la bonne voie.

Le choix de la musique qui accompagne la chorégraphie du patineur est essentiel. Cette année, vous avez opté pour un extrait de la BO du film « 1492 ». Comment se prend une telle décision ?

Avec la chorégraphe, Tatiana Tarasova. Elle me fait des propositions, et je dis oui ou non. C’est une musique que j’aime beaucoup. Actuellement, je suis en train de rechercher des thèmes pour l’année prochaine que je dois préparer le plus vite possible, vu le peu de temps qu’il reste.

Quel rapport entretenez-vous avec votre éternel concurrent, Evgueni Plushenko, qui vous a encore devancé à Turin ?

On se respecte. Ceci dit, c’est quelqu’un de très distant. C’est vrai que je le dérange. Je le vois bien, il ne reste jamais à côté de moi dans les vestiaires, il essaye de m’éviter et il ne me parle pas. C’est un peu dommage, mais c’est comme ça !

Le système de notation des patineurs s’est complexifié cette année. Qu’en pensez-vous ?

Il a des bons et des mauvais côtés ! Pour moi, ça reste forcément subjectif. Par contre, ce qui est positif, c’est que lorsqu’on est cinquième à l’issu du programme court, avec une différence de points pas trop élevée, on peut toujours remonter. Ça c’est nouveau, et c’est plutôt bien.

Quelles sont vos relations avec la Fédération ?

Je n’ai pas de mauvaises relations avec elle. J’ai un peu de mal avec monsieur Ranvier, le Directeur Technique National. Je fais avec. Par contre, mes rapports avec le Président sont excellents. Finalement, c’est comme dans une entreprise ; on ne peut pas avoir de bons rapports avec tout le monde et ce n’est pas pour autant que la boite fait faillite.

Avez-vous toujours su que vous seriez patineur ?

Dès le plus jeune âge, j’ai voulu me consacrer au patinage : pour moi, à dix ans, c’était déjà évident. Tout de suite, je me suis senti bien dans ce sport. J’ai aussi voulu faire de l’escrime, mais ça faisait beaucoup trop de choses.

Votre famille vous a-t-elle poussé dans cette direction ?

Non, c’est moi qui ait voulu le faire. Mes parents (ils sont tous les deux sportifs) ont respecté mon choix et m’ont encouragé.

Les succès de Philippe Candeloro ont-il joué, eux aussi, un rôle dans votre motivation ?

Je le regardais à la télé. C’est vrai, ce sont de beaux souvenirs de l’avoir vu gagner deux médailles olympiques. Ceci dit, si je devais citer des références et des sources d’inspiration, ce serait plutôt le canadien Elvis Stojko ou le russe Alexeï Yagudin.

La vie d’un sportif de haut niveau est faite de passion mais aussi de multiples contraintes. Y faire face nécessite une vraie maturité. Comment gérez-vous cela à tout juste 20 ans ?

Il ne faut pas se mettre la pression, avec la presse par exemple… Je ne dis pas ça pour vous (Rires) ! La médiatisation est ce qu’il y a de plus dur à gérer. Il faut éviter de songer que l’on est toujours attendu au tournant. Je vois cette contrainte comme un jeu : je veux être un très bon sportif et les médias, du coup, sont incontournables. Ils font partie du lot !

L’entraînement intensif qui est le vôtre vous laisse-t-il des loisirs ?

Oui, il faut tout de même avoir une vie à côté. Je vois les copains, pour jouer au bowling ou au billard. J’ai aussi une passion pour la moto. J’essaye de me changer les idées.

Le fait de plaire à la fois aux garçons et aux filles, cela vous amuse ou au contraire vous agace ?

À partir du moment où je plais à des gens, ça me fait plaisir. Que ce soit pour mon palmarès ou pour mon physique, ça ne me dérange pas du tout !

N’est-ce pas un peu lourd à porter parfois ?

Non, j’ai à cœur de faire plaisir aux gens qui me soutiennent ou qui m’aiment en ramenant de bonnes performances. Quand le public est là, derrière nous, on est transformé. On oublie la fatigue, tout ce qui est dur et on n’a qu’une seule envie, celle de donner le meilleur.

On dit de vous que vous êtes très volontaire. Est-ce le trait de caractère marquant de votre personnalité ?

Oui, c’est vrai. Il est rare que je baisse les bras. Quand je veux un truc, j’y crois toujours et je me donne les moyens pour l’atteindre.

Avec votre emploi du temps, votre vie sentimentale n’est pas trop compliquée ?

Ce n’est pas simple. Je suis souvent en déplacement. Mais je dois dire que pour l’instant, ce n’est pas ma priorité. Ma priorité absolue c’est ma carrière. La vie sentimentale c’est pour plus tard je crois !

Miss France 2005 était particulièrement belle. Ne regrettez-vous pas de ne pas avoir attendu un an de plus ? 

(Rires) C’est la première fois qu’on me la fait celle-là ! Non, non, je ne regrette pas !

Propos recueillis par Philippe Escalier

 

A propos Sensitif

Journaliste, photographe, éditeur du magazine Sensitif : www.sensitif.fr
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Un commentaire pour Brian Joubert

  1. वृश्चिक dit :

    bonjour ! je suis entièrement d\’accord avec vous. Brian Joubert ne laisse personne de glace ! Je ne peux pas affirmer que c\’est le plus doué car ils le sont tous, mais c\’est celui que je préfère. Il a du talent, il patine divinement bien, c\’est la flamme française qui fait fondre tous les icebergs lol !

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